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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:36

Le Dr Kameleddine Fekhar est mis sous mandat de dépôt, nous apprend l'agence Siwel. Il est accusé entre autres "d'atteinte à la sûreté de l'Etat" et de "port d'armes".

Sept jours après son arrestation dans la nuit de jeudi dernier, le Dr Kameleddine Fekhar a été présenté, aujourd’hui mercredi, devant le procureur de la République à Ghardaïa. Il a été transféré avec ses codétenus. Quatre avocats attendaient sur place pour assurer leur défense Me Dadi Oubekka Mounir, Me Fatiha Rahmouni, Me Bouhali Dhayaeddine et Me Chalabi Rafik, nous apprend Siwel.info. A l’extérieur, les services de sécurité ont quadrillé tous les accès, selon des sources locales, empêchant de fait familles et Mozabites d’approcher le tribunal.

De lourdes charges auraient été retenues contre ce militant de la cause mozabite en détention préventive depuis une semaine. L'agence Siwel parle d'"atteinte à la sûrete de l'Etat". D'autres sources évoquent l'accusation de "détention d'armes" et de meurtre. La fondation Tifawt (proche des militants mozabites) estime dans un communiqué qu'il est sacrifié "comme le mouton de l'aid". La fondation estime que le sort fait à Fekhar est un avertissement clair pour les défenseurs de la minorité mozabite.

Kameleddine Fekhar a dénoncé publiquement à maintes reprises "la politique d'extermination dont le peuple amazigh du M’zab est victime». Pendant les affrontements meurtriers qui ont touché le M’zab, ce militant des droits de l’homme a appelé l’Onu pour intervenir. Le Dr Kameleddine Fekhar a toujours agi publiquement. Militant des droits de l’homme, ancien cadre du FFS, on ne lui connaît pas une déclaration appelant à l’émeute, voire au meurtre. Ses communiqués sont des cris d’alarme d’une voix révoltée, meurtrie par ce qu’il observe. En clair un témoin gênant pour tous ceux qui mettent le feu à la vallée du M’zab. Aussi, son arrestation en lieu et place de tous ces personnes qu’on voient sur les vidéos en train de piller, d’agresser de brûler des biens mozabites a jeté un coup de froid dans la rue mozabite.

Que fera la justice en effet de toutes ces images de voyous qui s’abritent derrière des gendarmes ?

De fil en aiguille, une éventuelle condamnation de ce militant des droits de l’homme et des autres détenus ne fera qu’ajouter suspicion de la part de la communauté mozabite vis-à-vis de l'Etat central.

L. M.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:36

L’Aïd El-Fitr, c’est ce week-end, probablement le vendredi et les familles algériennes, hantées par le spectre des pénuries à venir, essayent d’anticiper au mieux les manques à venir, en stockant au maximum, de tout et de rien.

Il faut dire que les fêtes religieuses dans la capitale et la majorité des grandes villes d’Algérie, sont toujours synonymes de disette et de privations, en raison du diktat des commerçants qui font fi de l’intérêt général et de la réglementation qui les obligent à ouvrir leurs commerces pendant ces journées précises. En dépit des mesures qui seront prises par le ministère du commerce qui, comme à l’accoutumée "va instruire ses directions de wilaya pour établir les listes des permanences des commerçants", le doute plane, d’ores et déjà, quant à la disponibilité, en quantités suffisantes, des produits alimentaires durant l’aïd et les deux ou trois jours qui suivront.

Le ministre du Commerce, l’inénarrable Amara Benyounes, ne manquera certainement pas d’affirmer, en plastronnant, qu’il "durcira" les sanctions contre les commerçants réfractaires qui ne respecteront pas "l’obligation de permanence" ! Nous serons intraitables avec ceux qui ne suivront pas les consignes d’ouverture de leurs commerces pendant l’aïd, avait-il déjà avertit, l’année passée à la même période. Le résultat, les Algériens l’ont constaté à leurs dépens : villes mortes, boulangeries fermées, absences de fruits et de légumes, indisponibilité des médicaments et des transports notamment.

Pourtant la loi existe : en cas de fermeture non réglementée du commerce concerné, c’est la fermeture assurée des locaux pendant un mois, assortie d’une amende ! En vertu de ce texte réglementaire qui définit les conditions d’exercice de l’activité commerciale, les commerçants sont, donc, tenus de respecter les conditions de permanence durant les jours fériés, pour assurer un approvisionnement régulier des citoyens, en marchandises et produits de large consommation. Les listes des commerçants concernés par cette permanence sont arrêtées, stipule le texte de loi, en collaboration avec les autorités locales, des associations et des organisations activant dans le domaine du commerce ; elles sont affichées au niveau des places publiques, de chaque commune, pour mettre le citoyen au courant des commerces de permanence le jour de l’aïd. Tout cela, en fait, participe de la théorie dès lors que la réalité sur le terrain est autre !

Boulangeries, restaurants, cafés et épiceries spécialisées en alimentation générale « ferment boutique » en raison de l’indisponibilité des employés, affirment les gérants de ces commerces : « nous ne pouvons pas obliger les employés à travailler le jour de l’aïd et les empêcher, aussi, de passer les fêtes avec leurs familles ! ». Certaines pharmacies baissent leurs rideaux, mais pour une toute autre raison liée, disent les gérants des officines, à l’absence de sécurité !

Il manque un effort d’exploration concernant les causes profondes de cette situation qui se répète, bon an mal an, à chaque fête religieuse. Le ministère du commerce, principal responsable du non-respect de l’obligation d’ouverture des commerces et de la permanence dont il a lui-même fixé les règles, ne réussit, toujours pas, à s’extraire de la méthode Coué : "L’Etat va sévir, on sera sans pitié avec les contrevenants…". Tous les prédécesseurs d’Amara Benyounes, de l’indépendance à ce jour, ont dit vouloir prendre en charge ces fermetures récurrentes des commerces à la veille de chaque fête religieuse. Pour y laisser, en définitive, la preuve de leur inefficacité et de leur perte de crédibilité.

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales a voulu, pour sa part, marquer sa différence ; il vient d’instruire les Walis pour prendre en charge les problèmes récurrents des citoyens qui reviennent chaque été, mais surtout, à chaque rentrée. Un responsable local, a-t-il besoin des consignes du ministre pour mener à bien sa mission, se sont interrogés certains ? Apparemment oui, d’où le sens à donner à l’instruction de Noureddine Bedoui, qui sonne comme un désaveu et qui préfigure d’un vaste mouvement à venir dans les rangs des walis. L’instruction du ministre, qui, faut-il le rappeler, a listé six points noirs récurrents où, la période estivale et la rentrée scolaire se sont taillées la part du lion, a néanmoins, fait l’impasse sur « le ramassage des ordures ménagères ». Une omission qui va, peut-être, obliger le ministre à signer une « instruction-bis » pour obliger les responsables des collectivités locales à s’acquitter de cette mission de « service public ».

Quant aux commerçants, vont-ils passer outre, ou obtempérer aux menaces d’Amara Benyounes ? Va-t-on vers un bis repetita cette année encore ? La question risque, encore une fois, de faire polémique au vu de toutes les affirmations des responsables qui vont s’exprimer, a posteriori et prétendre que tout va bien dans le meilleur des mondes, très loin de la triste réalité vécue par les algériens.

Le ministre du commerce, principal concerné dans cette histoire, a annoncé au titre du bilan de 2014, que 99,3% des magasins ont été ouverts les deux jours suivants l’aïd et seulement 240 commerçants n’ont pas observé les permanences. Il s’est engagé à l’époque, d’appliquer la loi dans toute sa rigueur contre les contrevenants ; l’a-t-il fait, on n’en sait rien ! Depuis, il plaide pour le renforcement de la « grande distribution » à même, a-t-il dit, de régler la disponibilité des produits de grande consommation, en tous lieux et de tous temps.

L’Union générale des commerçants et artisans algériens, impliquée, également, dans cette affaire va, certainement, se « fendre » d’un appel pour le respect de l’ouverture des magasins et de la permanence imposée aux commerçants ; elle avait présenté à l’époque, une proposition de loi portant organisation de l’activité commerciale et la réglementation du secteur des services qui s’imposent, selon elle, aujourd’hui. La non définition des horaires d’ouverture et de travail, y compris par alternance, en période de fêtes, a laissé le champ libre aux commerçants qui ont imposé leur propre loi, ouvrant et fermant leur magasin au gré de leur humeur. La proposition de l’UGCAA est restée en l’état, ce qui ne la dédouane aucunement, elle qui n’a qu’une faible emprise sur ses adhérents ! Sa responsabilité est engagée au même titre que le ministère du commerce, coupable de n’avoir pas déjà, sanctionné, sévèrement, comme il l’a prétendu, les 270 commerçants défaillants de 2014. C’est cette impunité, d’ailleurs, qui va selon certains, encourager d’autres commerçants à récidiver dès ce week-end.

Qui va empêcher les commerces, de toutes sortes, qui font leur meilleur chiffre d’affaires les jours précédant l’aïd et qui baissent, comme par provocation, leurs rideaux pendant et après ces jours précis ? Certainement pas, les services de contrôle du ministère du commerce, entièrement "débordés", peut-être, mais dépourvus de moyens, sûrement.

En attendant l’Aïd, des cohues indescriptibles sont remarquées dans plusieurs bureaux de poste, où de longues files d’usagers sont formées depuis les premières heures de la matinée. Il s’ensuit des scènes incroyables, ponctuées par des pannes d’ordinateur, voire l’absence de liquidités dans certains bureaux. De quoi donner le tournis aux usagers et du souci à notre charmante Ministre des TIC Houda Imène Feraoun qui va connaître, certainement, son premier baptême de feu en ces lieux où, elle pourra mesurer, de visu et par elle-même, la détresse des algériens, notamment les retraités en quête éperdue de leur pension en cette date précise.

Qui dit Aïd El-Fitr, pense par association d’idées à l’essence et la hantise de la pénurie de carburant, qui est déjà perceptible, autour des stations qui sont prises d’assaut ! Ni les propos rassurants des responsables de Naftal, encore moins la disponibilité des produits à la pompe ne rassurent les automobilistes qui s’entêtent à prendre la file, nonobstant la chaleur caniculaire ! Il faut dire aussi que beaucoup d’entre-eux ont été échaudé par la dernière crise des carburants qui a touché beaucoup de wilayas, il n’y a pas longtemps !

Parler de pain la veille de l’Aïd, c’est aussi évoquer sa rareté pendant et après les fêtes. Certains en stockent à volonté, pour jeter presque tout, par la suite. Gabegie ! Les rares boulangeries ouvertes le jour de l’aïd, sont prises d’assaut : il faut se lever à 4h du matin pour espérer en avoir ! Quant aux sachets de lait, à moins de pister les camions de transport, mieux vaut ne pas en parler, ou plutôt si, il faut évoquer la teneur du lait qui est proposé à la commercialisation, de l’eau blanche à en croire un rapport d’analyse des laboratoires « Afaq » (Horizon) d’Oran. Et dire que des producteurs jettent le lait crû faute de pouvoir le stocker ou le vendre ! L’Etat, pendant ce temps-là, consacre 200 millions de $ à importer de la poudre de lait. Gabegie !

C’est ça, en fait, l’Aïd en Algérie : le pays est fermé à tous les étages. Et dans ce méli-mélo sont pointés du doigt tous ces ouvriers besogneux de l’intérieur du pays, dont on ne remarque la présence ou l’absence, c’est selon, que pendant les fêtes. Un ministre avait proposé de former « massivement » dans les filières telles la boulangerie, la coiffure et la restauration entre autres, pour palier au déficit et à l’absence de toutes ces « petites mains ». L’idée n’est pas mauvaise au demeurant, à condition d’associer les banques aux projets des « apprenants » pour les aider à démarrer leur entreprise, une fois le diplôme acquis.

Il faut dire aussi que l’essentiel de la population ouvrière pour ce qui est d’Alger, par exemple, vient des autres régions du pays, de l’Est et de la Kabylie. Et même les familles qui sont originaires de ces wilayas, préfèrent passer l’Aïd, loin de la Capitale. Alger, tout comme Oran, Annaba ou encore Constantine a une composante sociologique différente des autres grandes métropoles. C’est ce brassage qui fait que la ville se vide de ses habitants, à l’occasion des jours fériés et présente l’image d’une ville déserte. Une ville où les rares taxis sont pris d’assaut, juste après la prière de l’Aïd. Quant aux tarifs, mieux vaut ne pas en parler. Globalement, si le transport inter-wilaya fonctionne, peu ou prou, durant les fêtes religieuses, les bus privés qui assurent les liaisons urbaines restent au garage. Pas de recours possible des usagers en l’absence de contrôle de qui de droit sur le terrain.

Sans forcer le trait, c’est la triste situation qui va prévaloir ce vendredi ou samedi, si l’Aïd El-Fitr intervient à cette date. Le consommateur de manière générale, ne défend pas ses droits, dit-on, et les commerçants se disent « chez eux » et ne respectent pas les clients. L’Etat ne fait rien ou presque, pour faire respecter les règles et les lois. Chacun y va de sa lecture de la notion de service public, notion tellement galvaudée qu’elle a perdue tout son sens. On se renvoie la balle : le ministère du commerce, accusant tantôt celui de l’agriculture, ou même les collectivités locales, et à tout ce beau monde de pointer du doigt les consommateurs incapables, selon eux, de discipliner leur boulimie et de stopper leur frénésie d’achat. Il faut que cela cesse et que chacun assume ses responsabilités.

En Tunisie, pays qui fait l’actualité en ce moment, une opération terroriste s’est soldée par 38 morts dans un centre touristique d’El Kantaoui. La première tête à tomber a été celle du gouverneur. Et les réactions en chaîne ont suivies. En Algérie, il y a eu des matchs truqués, des tentatives de corruption d’arbitres de football, une épidémie de fièvre aphteuse qui a failli emporter tout notre cheptel, des tricheries au bac et morts d’hommes à Ghardaïa : silence radio, circulez, il n’y a rien à voir.

C’est bien connu, l’Algérie fait partie de ces pays où le responsable détient le pouvoir absolu, mais n’est comptable de rien. A croire que, le fameux slogan né du scandale du sang contaminé en France, "responsables mais pas coupables !" a été inventé chez nous.

Cherif Ali

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 11:23

Les réserves officielles de change, or non compris, ont plongé de plus de 19 milliards de dollars durant seulement le premier trimestre 2015, tandis que les décaissements du Fonds de régulation des recettes ont atteint l’équivalent de plus de 6 milliards de dollars, selon les données publiées lundi par la Banque d’Algérie.

Baisse des exportations des hydrocarbures en valeur et en volume, transferts de dividendes et autres produits de cession, et appréciation du dollar face à l’euro, autant de facteurs ayant pesé sur les réserves officielles de change, ainsi que sur les équilibres budgétaires. La dernière note de conjoncture de la Banque d’Algérie sur les tendances monétaires et financières, durant le premier trimestre 2015, est plus qu’inquiétante.

Au-delà des déficits que l’on sait se creuser à mesure que les revenus à l’export baissent, ce sont les réserves accumulées qui fondent plus vite que l’on imagine. C’est ainsi que les réserves de change sont passées de 178,938 milliards de dollars à fin décembre 2014, à 159,918 milliards de dollars à fin mars 2015, soit une baisse de 19,02 milliards de dollars. Un chiffre qui inquiète d’autant que si cette tendance à la baisse se maintient, le risque de consommer près de la moitié des réserves d’ici la fin de l’année se dessine. Il est clair que la baisse des revenus pétroliers pèse lourdement sur la situation.

L’Algérie a en effet perdu la moitié de ses revenus issus de l’exportation des hydrocarbures durant les trois premiers mois de l’année, lesquels ne se sont établis qu’à 8,7 milliards de dollars seulement. Il est évident que la baisse des cours du brut aura entraîné cette contre-performance. Selon la Banque d’Algérie, «le prix moyen du baril de pétrole est passé de 109,55 dollars/baril au premier trimestre 2014 à 75,38 dollars/baril au dernier trimestre 2014 (100,23 dollars en 2014), puis à seulement 54,31 dollars/baril au cours du premier trimestre de l’année en cours». Cependant, la situation des marchés n’est pas la seule à peser sur les exportations qui baissent également en volume.

Recul de 9% des volumes exportés

L’autorité monétaire évoque ainsi une contraction de 8,99% des volumes exportés durant le premier trimestre 2015, par rapport à la même période de 2014. La note de conjoncture qui évoque aussi une légère hausse des exportations hors hydrocarbures, précise que celles-ci demeurent structurellement faibles.

De même que la baisse des importations, qui n’a été que de 8,4%, et ce, grâce notamment au déclin des importations de véhicules de tourisme et de poudre de lait, ne compense que très faiblement la forte chute des revenus hydrocarbures.
Il en résulte un creusement du déficit de la balance commerciale qui a atteint 4,2 milliards de dollars en trois mois. La baisse des exportations et des importations peut toutefois révéler un effet positif et insoupçonné, celui de leur impact sur la balance des services. La Banque d’Algérie évoque ainsi une stagnation du déficit de la balance des services, lequel n’a augmenté que de 40 millions de dollars pour atteindre 1,97 milliards de dollars.

Les transferts des dividendes des entreprises étrangères, des associés de Sonatrach notamment, aggravent un peu plus la situation, ceci d’autant plus que la Banque d’Algérie évoque l’effet de «transferts de dividendes cumulés».Tout autant d’éléments qui influent sur le déficit du compte courant lequel se creuse pour atteindre 7,78 milliards de dollars.

A cela s’ajoute l’effet des opérations effectuées sur le compte capital et des opérations financières, qui enregistrent un déficit de 2,94 milliards de dollars, induit par le transfert de «2,34 milliards de dollars au titre d’une opération de cession, par des non-résidents, de parts du capital d’une entreprise», note la Banque d’Algérie. Difficile dans ce contexte de ne pas faire le lien avec l’opération de rachat des actif de Djezzy par le FNI auprès de Vimpelcom, maison mère de l’opérateur de téléphonie mobile.

Le poids de l’opération Djezzy

Il en résulte donc un déficit global de la balance des paiements de 10,72 milliards de dollars. Un déficit qui ne justifie pas à lui seul le déclin de plus de 19 milliards de dollars des réserves de change. A ce sujet, l’autorité monétaire évoque un «effet de valorisation négatif». Autrement dit, cela concerné les fluctuations sur le marché international des changes qui a enregistré une forte appréciation du dollar face aux autres monnaies, et qui induit une réduction de la valeur des réserves de change libellées en euros et autres devises constituant le panier des réserves de change.

A propos du taux de change justement, la Banque d’Algérie, qui note une dépréciation de 11% du taux de change du dinar face au billet vert, souligne que du point de vue du taux de change effectif réel, celui-ci demeure apprécié par rapport à son niveau d’équilibre. Autrement dit, le dinar demeure surévalué.

Le spectre de l’endettement

Sur le plan budgétaire, la note de conjoncture évoque un recul de 28,2% de la fiscalité pétrolière ayant induit une baisse de la capacité du Trésor dans un contexte de creusement du déficit budgétaire. Elle précise que «les ressources du Fonds de régulation des recettes ont été largement entamées pour couvrir le déficit budgétaire qui s’est élargi au premier trimestre 2015», de même qu’elle précise que la capacité de financement du Trésor s’est contractée de 571,6 milliards passant de 4488,1 milliards de dinars à fin décembre 2014 à seulement 3916,5 milliards de dinars à fin mars 2015.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 11:18

Pour le peuple iranien qui souffre depuis tant d’années de l’embargo occidental, l’accord sur le contentieux nucléaire est une grande nouvelle. Ce grand pays va retrouver sa place et sa vitalité dans la région. Mais, en même temps, il faut le dire, cet accord va rendre encore plus délicate la question de la saturation du marché pétrolier mondial, puisque Téhéran est déterminé, dès la levée des sanctions, à retrouver son niveau d’extraction de pétrole et de gaz d’antan afin de rattraper son retard de développement.

Pour empêcher cela – la géopolitique du Proche-Orient étant ainsi faite –, l’Arabie Saoudite, ennemie historique de l’Iran, continuera d’inonder le marché mondial d’or noir alors que le niveau de saturation est déjà atteint à un point tel que les prix chutent de jour en jour. Comme un malheur n’arrive jamais seul – sur le plan énergétique s’entend –, l’Irak s’active également à retrouver son niveau de production d’antan, tout comme la Libye, deux pays en phase de règlement de leurs difficultés politiques internes.

Tout cela se déroule sur fond d’une autre guerre géopolitique, celle opposant les Etats-Unis d’Amérique à la Russie : Moscou a cruellement besoin des ressources tirées de ses exportations en hydrocarbures afin de conserver ses positions internationales et de maintenir son statut de grande puissance face à l’ogre américain que l’exploitation acharnée du pétrole et du gaz de schiste a libéré de sa dépendance vis-à-vis des autres pays, notamment du Moyen-Orient. Les Etats-Unis envisagent même de devenir exportateurs.

Les experts du marché de l’énergie n’hésitent plus aujourd’hui à parler de fin de l’ère du pétrole et du gaz rares et chers, de surcroît dans un monde en crise économique structurelle et qui apprend pour des raisons écologiques à se passer des ressources non renouvelables. La surabondance du pétrole et du gaz, combinée d’un côté avec les calculs géopolitiques des grandes et moyennes puissances, et de l’autre avec la stagnation de la demande font que la chute de ces deux énergies est inexorable.

Elle ne sera freinée que sur un niveau, celui en deçà duquel les intérêts des grandes multinationales pétrolières et gazières occidentales pourront être menacés. On évoque un prix de 40 dollars et même en deçà. Il fut un temps, dans les années 1980 et 1990, où l’OPEP réagissait pour tirer les prix vers le haut.

L’Organisation a perdu aujourd’hui de son poids et de son efficacité. Elle est désertée par l’Iran, l’Irak et la Libye, trois pays obsédés par leur reconstruction, et elle est piégée par l’Arabie Saoudite, hostile à l’Iran et soucieuse de conserver ses parts du marché mondial des hydrocarbures. L’OPEP n’est plus aiguillonnée par le «front de résistance» d’antan réduit aujourd’hui pratiquement à deux pays, le Venezuela et l’Algérie. Deux Etats qui se ressemblent précisément par leur dépendance totale aux exportations d’hydrocarbures, n’ayant pas su mettre en place chacun une économie productive.

Pour se maintenir, les régimes en place ont développé à outrance un système social de redistribution de la rente, et actuellement ils sont dans une situation intenable, porteuse de graves périls. L’Algérie peut financièrement «tenir la coup» encore deux années, le temps de puiser dans ses réserves en devises. Au-delà, ce sera le syndrome de 1986- 1987, le pays qui sombre dans le chaos économique et politique (pénuries, corruption, ajustement structurel) avec son lot inévitable de sang versé (Octobre 1988, puis la décennie rouge).

En réalité, la guerre du pétrole n’est qu’un élément révélateur et aggravant de la crise, elle n’en est pas la cause. Celle-ci est à chercher plutôt dans la gouvernance désastreuse qui caractérise l’Algérie depuis l’indépendance et singulièrement depuis trois décennies. Peut-être qu’il est encore temps d’éviter au pays l’apocalypse, le mot n’est pas fort, mais pour cela il faut de nouveaux dirigeants, un autre pouvoir, un autre système politique et civilisationnel. Bref, une autre façon de diriger quarante millions d’Algériens aux besoins et aux aspirations bien plus complexes que ceux du passé.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 11:16

C’est avec plaisir que je renoue le lien avec les lecteurs du journal après une interruption momentanée. Elle est due, en réalité, à un déplacement à l’étranger pour une série de conférences. Et, comme nous arrivons au terme de nos rencontres, il nous paraît judicieux de proposer, dans une vision prospective, des voies à emprunter afin d’émerger et de respirer un air moins vicié que celui qui nous imprègne. L’air de la religiosité aliénante est confiné sous la cloche des commentaires lénifiants et stupéfiants.

Le modus operandi, qui doit se mettre en place, pour sortir de la crise, aura à passer par trois phases essentielles : la première étant celle de ce qui a été désigné précédemment par «la transgression» avec toutes les implications qu’elle induit. La deuxième phase est celle qui voit l’application d’un concept appelé «le déplacement» dont nous nous proposons de passer en revue les grandes lignes aujourd’hui. Et la troisième, définie comme l’étape du «dépassement» sera explicitée demain.

En réalité, il s’agit d’une triade de portée épistémologique considérable que nous empruntons au regretté professeur Mohammed Arkoun, lui-même l’ayant reprise de son maître et ami Claude Cahen. Il s’agit effectivement d’un triptyque dont les volets sont des verbes à l’infinitif : transgresser, déplacer et dépasser. La transgression des tabous lève les inhibitions imposées quant à l’élargissement du champ d’étude et de recherche. Et s’il faut que l’investigation soit dévastatrice de l’amoncellement de toutes les fadaises et de toutes les impérities, il faudra y aller sans hésitation aucune. C’est même son but recherché.

Parce que, face au sacrilège suprême que sont les attentats contre la vie au nom de la révélation coranique, nous sommes en droit de vouloir comprendre, d’essayer de saisir et de cerner toutes les causes ainsi que les conséquences d’un tel détournement du message révélé qui se veut avant tout un enseignement d’amour, de bonté et de miséricorde. Pour cela, nous devons orienter les préoccupations des chercheurs et des islamologues vers la consolidation des assises de la connaissance au lieu de les voir courir après la confirmation de la croyance. Pour l’heure, ils veulent surmonter leurs inquiétudes devant la filiation des textes en corroborant leur authentification.

Or, il faut savoir «déplacer» l’étude du sacré vers d’autres horizons cognitifs et porteurs de sens et d’intelligence. Quand saurions-nous problématiser les questions relatives à la foi et à la croyance ? Pourtant Saint-Anselme de Cantorbéry (1033-1109) enseignait déjà fides quarens intellectum, la foi est toujours en quête d’intelligence. Sa parole entre en résonance avec l’aphorisme de la tradition islamique qui requiert que tout ce que l’entendement humain n’accepte pas n’est pas religion… toute la batterie de disciplines sera mise au service de cette compréhension intelligente de la foi au même titre que ce que firent les exégètes et les commentateurs de l’époque classique.

Ils surent tirer profit de l’état d’avancement des connaissances en leur temps et aiguiser en même temps l’outillage intellectuel qui fut à leur disposition. Pourquoi, alors avons-nous cryogénisé cette pratique ? Sachant que l’une des définitions de la théologie est l’intelligibilité de la foi mise l’épreuve du temps, outre discourir sur Dieu et tenir un logos sur le divin. Il en est de même pour nous de nos jours, l’islamologie a besoin de toutes les SHS, les sciences de l’homme et de la société, pour progresser sur des bases scientifiquement établies et faire comprendre intelligemment les problématiques de la foi et les caractéristiques de la croyance.

A l’université en contexte islamique d’assumer ses responsabilités et de jouer ce rôle. Ainsi, la sémiotique, l’herméneutique, la médiologie, l’historiographie, la philologie, la grammaire, la linguistique, l’anthropologie du fait religieux, l’exégèse moderne, la paléographie, la codicologie sont-elles autant de disciplines qui doivent concourir à comprendre le patrimoine religieux islamique.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:18

«Toute vérité imposée n’est qu’un mensonge déguisé.» Sammuel Adolph

La problématique communément appelée dans les discours journalistiques et politiques «fuite de cerveaux», ou la migration intellectuelle dans le langage des sciences sociales, ne date pas d’aujourd’hui.

Au contraire, elle est ancienne, ayant une relation directe aux types de dominations successives qu’a connues l’Algérie moderne, notamment depuis le XIXe siècle. Les contextes historiques de la migration intellectuelle algérienne avec toutes ses catégories et typologies depuis cette période du XIXe siècle sont différents et différenciés par les parcours et les trajectoires migratoires.

Le point commun transversal entre ces contextes historiques coloniaux et postcoloniaux est la nature des dominations politiques et idéologiques holistes que ces intelligentsias ont subies en tant que postures sociales et porteuses de savoirs. Des dominations hégémoniques qui sont dans leur essence incompatibles avec les vocations réelles des intellectuels en termes de leur vocation professionnelle et statut social.

L’absence, l’oubli et la crise du Sens

On peut confirmer que la migration intellectuelle algérienne(1) malgré son importance numérique dans l’histoire et ses enjeux géopolitiques contemporains entre E(e)tats, qu’elle est restée jusqu’à nos jours, pour reprendre le langage de Abdelmalek Sayad, une catégorie-objet soumise au silence(2).

Un silence problématique à la fois dans le champ politique et académique de l’Algérie indépendante, à l’exception de rares études sur commande de la tutelle de l’enseignement supérieur réalisées par certains universitaires. Il s’agit exclusivement d’une étude réalisée sur les boursiers algériens à l’étranger par un groupe de chercheurs au cread (Ali El Kenz, Mohammed Benguerna et Hocine Khelfaour)(3) commandée par le regretté Djilali Liabès, alors ministre de l’Education nationale à l’époque.

Un autre rare document réalisé par Mohammed Ferhi sur la formation à l’étranger pendant les années 1970/1980 accompagné par des statistiques détaillées. Même le dernier recensement de population (RGPH) de 2008 n’a pas introduit cette dimension de la migration intellectuelle dans son questionnaire.

Le CNES, Conseil national social et économique a réalisé deux documents publiquement accessibles (2003/2004) sur cette question mais avec des références statistiques générales et non précises inspirées des autres travaux réalisés par des pays étrangers, notamment de l’OCDE.

La question de quantification de cette problématique n’a jamais été, intentionnellement parlant, y compris dans l’université, un objet construit avec un intérêt purement scientifique.

Le problème devient problématique dans le sens où il y a un inconscient académique et un refoulé politique qui paralysent la genèse de l’intérêt scientifique et la volonté politique pour affronter cette dure et complexe réalité de l’histoire nationale qui touche la matière grise algérienne. Une histoire qui va se compliquer davantage pendant les années 1990, où des centaines d’universitaires, intellectuels, écrivains, journalistes... ont été assassinés et d’autres ont subi l’exil vers l’étranger ou un exil intérieur dans leur propre pays, l’Algérie.

Faut-il signaler qu’aucune statistique officielle n’est disponible publiquement par les institutions respectives sur le nombre de compétences professionnelles algériennes qui ont quitté l’Algérie, surtout pendant les années 1990 pour s’installer dans d’autres pays plus attractifs.

Cette absence de quantification va alimenter des spéculations journalistiques et politiques autour de cette problématique restée jusqu’à maintenant dans le silence total. Tellement la nature à horreur du vide, tout le monde peut être expert dans la matière, ce qui complique davantage la compréhension du phénomène en alimentant davantage l’absence et l’oubli.

On peut confirmer que la problématique de la mobilité internationale des compétences algériennes n’est pas un problème de mesure, mais un problème de sens. Tant qu’on n’a pas d’indicateurs qualitatifs on ne peut pas mesurer.

Tant que l’Université et les centres de recherche en sciences sociales ne produisent pas de connaissances accumulatives sur le sujet, la statistique ne peut que renforcer l’illusion de la connaissance sous forme d’une ignorance institutionnalisée sur la question. Au lieu de mésuser le réel, on crée de l’illusion sur la question, présentée comme savoir absolu, évident, indiscutable et légitime pour une large «consommation publique».

Cette même illusion perdue prend une dimension mémorielle transgénerationnelle institutionnellement reconnue, empêchant par la suite toute forme de rupture à cette illusion ou d’adoption d’une démarche compréhensive de l’histoire réelle de la société.

Les risques sont majeurs pour une société otage de ses antagonismes et contradictions sociales, tant que toutes les conditions sociales assurent la reproduction de ses propres illusions perdues sous forme de vérité absolue. Tous les fanatismes trouvent leurs origines dans cette posture de la mémoire non élaborée, incapable de se transformer en Histoire assumée.

De ce point de vue, l’absent se transforme en objet désiré et fantasmé par des personnes comme le confirme la psychanalyse. Dans certaines conditions historiques, l’absent a ses fonctions sociales de remède face au vide et à l’absence de perspectives d’épanouissement social et politique. L’émigration intellectuelle algérienne trouve son sens dans cette perspective épistémologique de l’inconscient collectif. Ceci explique la formation structurelle des foyers migratoires, alimentant continuellement les prédispositions des algériens à l’émigration.


Dynamique historique otage des deux ignorances

Comment une «société d’Iqra» de croyance musulmane arrive à assassiner en «masse» ses intellectuels, notamment pendant les années
1990 ? Quel sens peut-on donner à cette fuite des compétences algériennes qui date depuis plus d’un siècle et demi ? Il s’est avéré que la période des années 1990 n’est qu’un aboutissement des déterminants socio-anthropologiques et idéologiques transgénérationnels, restés refoulés et soumis au silence par l’idéologie unanimiste imposée à la société depuis l’indépendance.

La problématique de la migration intellectuelle algérienne est atypique vu son caractère structurel. Il ne s’agit pas de problèmes de salaire ni de logement, mais de la problématique de la confirmation de soi-même en toute liberté et du je pensant réflexif loin des contraintes communautaristes et idéologiques étouffantes à toutes démarcations autonomes, chères pour tout intellectuel jaloux de sa vocation professionnelle et de son identité personnelle. C’est la dynamique historique propre à la société algérienne caractérisée par un système social communautariste renforcé par une idéologie politique unanimiste depuis l’indépendance pour empêcher toute tentative de la formation des sujets-pensants et autonomes.

Ces conditions structurelles empêchent la formation autonome du champ de la connaissance et de ses porteurs. Il ne peut y avoir d’intellectuels/intelligentsias/élites sans conditions préalables de liberté et d’autonomie. Même les sciences sociales en Algérie, censées être des sciences du sens et de la conscience ont été depuis les années 1970 domestiquées, incapables de rendre intelligible cette réalité socio-anthropologique algérienne que le regretté professeur Mohammed Arkoun a qualifiée sous forme de constat-catégorie d’analyse, fruits de la dynamique historique de l’Algérie et tout le Maghreb, en l’occurrence l’ignorance sacralisée et l’ignorance institutionnalisée(4).

Deux déterminants anthropologiques qui prennent en otage toute dynamique historique réflexive où le sujet pensant, le soi-même réflexif autonome est posé au centre de toute dynamique historique nouvelle. La reproduction sociale autour de cette équation anthropologique (deux types d’ignorance arkounien) met entre autres les intellectuels(5) et tous les autres champs sociaux dans des postures d’externalité et d’aliénation à leurs propres histoires et à l’Histoire de toute la société.

C’est dans ces conditions anthropologiques latentes que l’émigration algérienne est structurée pour toujours en «foyers migratoires dormants» sous forme d’une pépinière de compétences formées ou en formation, prédisposées à saisir toute opportunité à l’émigration.

L’exil de l’intelligentsia algérienne et de ses retours sont déterminés par cette réalité anthropologique. Il ne s’agit pas de conditions économiques qui mettent cette dernière dans des situations d’ auto-marginalisation et d’exclusion systématique, mais dans les conditions de reproduction historique de la formation des conditions sociales et idéologiques hégémoniques.

Les modes référentiels et formes identitaires hégémoniques de type «Nous» sont par essence des conditions sociales réelles qui entravent l’émergence de l’intelligentsia autonome et de la structuration réflexive du champ intellectuel en Algérie. La réalisation de soi-même réflexif reste otage de cette reproduction sociale des deux types «arkounien» de l’ignorance. Libérer l’histoire, c’est avant tout connaître les conditions historiques de cette histoire en tant construction humaine.

Le syndrome de la maladie du pouvoir

Il s’agit comme, je l’ai souligné plus haut, d’une problématique complexe, loin de personnalisation des individus, des groupes sociaux ou des institutions. Il s’agit d’une dynamique historique propre à l’Algérie qui se trouve toujours piégée par ses propres contradictions et choix politico-économiques entamés depuis l’indépendance, loin de toute forme de concertations et partage de pouvoirs.

Le syndrome de la maladie du pouvoir et de sa confiscation est un problème «algéro-algérien», trouvant sa signification dans cette équation anthropologique que j’ai soulevée en haut. Les intellectuels, écrivains, dramaturges, islamologues... qui ont tenté ou osé expliciter cette réalité anthropologique latente ont subi soit l’exclusion systématique ou l’assassinat (le cas des années 1990).

La lutte est infernale. L’exil «intérieur» des intellectuels algériens dans leur propre pays et vers l’extérieur ne sont pas des choix libres mais une émigration subie. La structure du nationalisme comme pur produit de l’histoire du mouvement national se trouve après l’indépendance en crise de régulation et de médiation politique, puisque des pratiques politiques et idéologiques unanimistes sont imposées dès le départ. Des sociétés civiles savantes, d’universitaires, écrivains... qui se voulaient autonomes de leurs vocations professionnelles et identité personnelle se trouvaient systématiquement entre deux choix : être un organique ou un «exilique».

Cette deuxième posture coûte très cher puisqu’elle a mis tous les intellectuels de lumières depuis l’indépendance dans un processus de marginalisation, de déprime, d’auto-marginalisation, de pénalisation...

Bref, tous les noyaux durs des élites intellectuelles formées dans la douleur pendant la période coloniale et postcoloniale se trouvent incapables de s’autonomiser sous forme des ordres professionnels autonomes par rapport au politique dominant. Le résultat : on assiste actuellement à une crise aiguë dans toutes les professions intellectuelles. Les fonctions politiques de la rente pétrolière assurent le déguisement de cette crise et reproduisent systématiquement le piège historique : la régulation et la médiation politique par la violence.

Diagnostics croisés comme remède

Toute mesure passe avant tout par des diagnostics croisés sérieux et une évaluation par des élites intellectuelles et politiques qui sont alimentées par le bon sens et l’éthique dans leurs pratiques professionnelles respectives. L’urgence ne règle pas les problèmes complexes. Complexe par une dynamique nationale, régionale et internationale. Il y a un marché mondial des compétences qui ressemble à un marché international des sportifs de haut niveau.

Ce n’est pas par un discours politique volontariste que le problème sera résolu. Tout est lié à la symbolique politique, à la notion de l’autorité politique et volonté de modifier la raison d’Etat qui se caractérisée toujours par une maladie du pouvoir et de sa confiscation. Plus d’ouverture, de liberté d’entreprendre et de gouvernance transparente et participative feront peut-être graduellement l’affaire, au moins pour stabiliser l’existant, puisque les retours sont liés au préalable à cette dimension nationale algéro-algérienne.

De ce point de vue, la méconnaissance de l’ampleur et les impacts de cette problématique, beaucoup relatée notamment par la presse privée algérienne amplifient davantage l’aliénation de toute la société à son histoire. Il s’agit de toute une mémoire, imaginaire et culture orale qui vont s’instaurer comme une dépendance pathologique à son passé et comme une inertie collective mettant sa substance intellectuelle collective dans un transcendantal historique.

Du coup, des phénomènes sociaux vont se reproduire inconsciemment par l’ensemble des groupes sociaux d’une manière transgénérationnelle. Tant que les mécanismes de domination politique holiste persistent, ils mettront toujours l’ensemble les personnes dans des postures de «mises en scène», faute de conditions d’être soi-même collectivement reconnu et politiquement institué.



1)- Khaled Karim, «La mobilité forcée des intellectuels algériens». El Watan -Idées-Débats- du 07-11-2009
2)- Il s’agit des rares analyses sociologiques sur la migration intellectuelle algérienne dans ces contextes historiques réalisées par le professeur Aïssa Kadri, entre autres «Générations migratoires : Des paysans déracinés aux Intellectuels «diasporiques», Revue Naqd, n°26/27, 2009
3)- Je rends hommage à cet éminent sociologue des sciences, des cadres et des élites professionnelles mort le 30 mars 20 13 dans un anonymat presque total. Ses passages au CRASC et au CREAD ont été une valeur ajoutée pour ces centres de recherche, respectivement en anthropologie et en économie
4)- Khaled Karim, «Mohammed Arkoun : Une lumière entre l’ignorance sacralisée et l’ignorance institutionnalisée», El Watan - Idées-Débats- du 20-09-2010.
5)- Khaled Karim, «Exil et errance des intellectuels algériens», El Watan- Idées-Débats- du 04
-07-20II

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:17

Provocateur, globe-trotteur comme on n’en fait plus, il a rencontré beaucoup de monde pour conclure à l’injustice de ce monde.
Aujourd’hui à presque 88 ans, cet homme aux mille vies continue de s’interroger et d’interpeller les gens en multipliant les mises en garde.

Son dernier ouvrage : L’Occident terroriste : d’Hiroshima à la guerre des drones au titre significatif et ô combien accusateur, est une alerte qui n’est le fait ni d’un génie fauché ni d’un vagabond incompris.

Celui qui veut aiguillonner la révolution des consciences est dépité par «la dégénérescence» des vertus cardinales, gangrenées par les puissances de l’argent. Dédaignant les joutes idéologiques imposées par des intellectuels assujettis, le philosophe cohérent et sincère veut sortir des carcans préfabriqués et des solutions prêt-à-porter. Hussard sur le toit brûlant d’une planète en ébullition voire en feu, ce saltimbanque de la pensée en mouvement perpétuel n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme et sur ceux qu’il considère à l’origine des désastres présents et à venir…Cet homme, c’est Noam Chomsky, ulcéré par le fait que la politique a été supplantée par l’économique. «L’ultralibéralisme économique a ceci de particulier.

En échappant aux institutions et aux régulations, celui-ci trouve un terreau propice à son expansion sauvage. En poursuivant avec la même arrogance son pouvoir si caduc en se déployant davantage de manière hégémonique. On a l’impression de vivre piégés. Cette situation fatale découlerait d’une ‘‘globalisation’’ dont on ne connaît ni les tenants, encore moins les aboutissants».

C’est à peu près autour de ces questions que le professeur en linguistique a consacré une bonne partie de ses travaux. Mais qui est au juste Noam Chomsky ? Il est né en 1928. Après des études studieuses en hébreu, il s’oriente vers la linguistique dont il devient l’une des références les plus en vue.

DE LA RELIGION À L’ANARCHISME

C’est vers 1964 que Chomsky a pris la décision de s’engager publiquement dans le débat politique. Depuis la publication de L’Amérique et ses nouveaux mandarins, en 1969, Chomsky a consacré l’essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des Etats-Unis.

Elle n’est guidée, selon lui, que par la volonté de favoriser coûte que coûte l’expansion ou le maintien de l’empire américain, si bien que «les Etats-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers-monde parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains».

A ce titre, Chomsky pense notamment que l’étiquette de «terroriste» est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités. Il critique largement la politique d’Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des Etats-Unis à cette politique.

Pour lui, loin de conduire à un véritable «processus de paix», le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la résolution 242 par les Etats-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens. En Israël, selon le quotidien Haaretz, Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple. Eveilleur Chomsky ? Il faut bien le croire en suivant son itinéraire chahuté.

En s’interrogeant en permanence sur notre incapacité à réagir, en acquiesçant presque toujours tétanisés, vivant non pas sous l’empire de la fatalité, mais plus banalement sous un régime planétaire dont l’idéologie évacue le principe même du politique et que sa puissance se passe du pouvoir et des institutions étant la source et le moteur des drames planétaires à propos desquels ce pouvoir invisible parvient à n’être même pas mentionné, car s’il détient la gestion véritable de la planète il délègue aux gouvernements soumis l’application.

Aussi, la question n’est pas pour ce régime international d’organiser une société, mais d’accumuler des richesses et des profits, prêt à tous les ravages. «L’Occident, nous prévient-il, voit la démocratie chez les autres à travers un prisme bien singulier. Une démocratie à géométrie variable, penchant au nom de ses intérêts plutôt vers la deuxième conception de la démocratie qui veut que le peuple doit être exclu de la gestion des affaires qui le concernent et que les moyens d’information doivent être étroitement et rigoureusement contrôlés.

On est loin de la participation efficace des citoyens à la gestion des affaires qui les concernent et qui a cours dans les sociétés avancées.» Aussi Noam rappelle-t-il certaines évidences, en allant puiser dans l’histoire tumultueuse de la plus grande puissance mondiale. «Lippmann, figure de proue des journalistes américains et grand théoricien de la démocratie libérale, avait déjà reconnu il y a un siècle l’impact de la propagande censée fabriquer le consentement, c’est-à-dire pour obtenir l’adhésion de la population à des mesures dont elle ne veut pas grâce à l’application de nouvelles techniques de propagande.» Démocratie, que de dégâts a-t-on commis en ton nom ? s’est interrogé Chomsky : «Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le colonialisme et le néo-colonialisme occidentaux ont causé la mort de 55 millions de personnes, le plus souvent au nom de nobles idéaux comme la liberté et la démocratie. Pourtant, l’Occident parvient à s’en tirer en toute impunité et à entretenir aux yeux du reste du monde le mythe voulant qu’il soit investi de quelque mission morale.

Comment y arrive-t-il ?» Chomsky dénonce de façon magistrale l’héritage funeste du colonialisme et l’exploitation éhontée des ressources naturelles de la planète exercée par les pays du Nord. Chomsky parle de la censure avec beaucoup de dérision. «Chez nous, la censure s’exerce aussi d’autres façons.

Nos médias emploient des techniques qui, sans relever précisément de la censure, nous empêchent de dire quoi que ce soit.» Plus sérieusement, l’analyste lucide et au fait des choses livre certaines vérités sur les manipulations et les retournements de situations qu’on a de la peine à croire. «Au début de l’invasion américaine de l’Afghanistan, j’ai séjourné à Islamabad. La capitale pakistanaise était l’endroit le moins éloigné du théâtre des opérations auquel la presse avait accès.

Des hordes de journalistes s’y trouvaient donc pour couvrir l’événement, et j’ai constaté la même chose : ils étaient tous assis au bar de l’hôtel à s’amuser. Quand un missile a détruit les bureaux d’Al Jazeera à Kaboul, ils ont minimisé l’affaire en la qualifiant d’erreur de tir. Tous les journalistes présents s’en moquaient Ils admettaient tous qu’on cherchait à pulvériser cet immeuble, mais aucun d’eux n’a rapporté cette information. Ils ont tous écrit le même texte.

C’était en Afghanistan, mais j’ai constaté la même chose en Cijordanie et en Amérique centrale (…). Nombreux sont les reporters qui ne vont jamais sur le terrain. Il existe cependant de courageuses exceptions qui méritent tout notre respect.»

LE MAL, C’EST L’ULTRALIBÉRALISME

Chomsky évoque les collusions suspectes de l’Amérique. Si l’on s’intéresse aux tribunaux internationaux, on constate que ce sont surtout des Africains qui y sont accusés, ainsi qu’une poignée d’ennemis de l’Occident, tel Milosevic. Et ces Africains font toujours partie du camp auquel nous nous opposons.

Pourtant, d’autres crimes n’ont-ils pas été commis ces dernières années ? «Prenez l’invasion de l’Irak : il n’y a rien là qui puisse être considéré comme criminel — si l’on oublie Nuremberg et le reste du droit international contemporain. Il en est ainsi pour une raison d’ordre juridique peu connue : les Etats-Unis se sont immunisés contre toute poursuite. En 1946, ils ont adhéré à la Cour internationale de justice en imposant une condition : celle de ne jamais y être poursuivis en vertu d’un traité international, qu’il s’agisse de la Charte des Nations unies, de la Charte de l’Organisation des Etats américains (OEA) ou des Conventions de Genève.

Ils se sont donc mis à l’abri de tout procès relatif à ces dispositions, ce que la Cour a accepté. Le cas du Sahara occidental est intéressant. Ses habitants, les Sahraouis, sont de véritables non-personnes ! Il s’agit de la dernière colonie officielle d’Afrique, si bien que les Nations unies ont été chargées de son administration et de sa décolonisation (…) Mais sitôt annoncée la rupture du lien colonial en 1975, le pays a été envahi par le Maroc, un satellite de la France.

La plus récente récrimination a été soulevée au tout début du Printemps arabe. En fait, c’est au Sahara occidental que le Printemps arabe a commencé avant la Tunisie.» Chomsk est formel quant au financement du terrorisme international alors que les Américains laissent faire. «Les Saoudiens financent généreusement les variantes les plus extrémistes de l’islamisme radical — le wahhabisme des madrasas du Pakistan aux groupes salafistes d’Egypte. Les Etats-Unis n’y voient aucun problème et ne font rien pour les en empêcher. La thèse voulant que les Etats-Unis s’opposent à l’islamisme radical est ridicule. L’Etat islamiste le plus fondamentaliste du monde est l’Arabie Saoudite, un favori de Washington. Le Royaume-Uni a lui aussi soutenu l’islamisme de manière assidue.

Cet appui découle de la nécessité de combattre le nationalisme séculier. La relation de proximité qui existe aujourd’hui entre les Etats Unis et Israël s’est établie en 1967 quand l’Etat hébreu a généreusement écrasé le nationalisme séculier.» Le Printemps arabe est une équation complexe, estime Chomsky, «ce n’est qu’au cours de la dernière décennie que l’Amérique latine, pour la première fois depuis les conquistadors, a emprunté le chemin de l’intégration et de l’indépendance.

Ce continent a aussi entrepris de faire face à certains de ses propres problèmes sociaux qui sont terribles. Son évolution récente a une portée historique. Si le Printemps arabe allait dans la même direction, ce qui est encore possible, l’ordre mondial en sortirait radicalement transformé. C’est pourquoi l’Occident fait tout pour l’en empêcher.»

UNE TRIBUNE POUR LES SANS-VOIX

«Je pressens que les gouvernements vont bientôt perdre toute crédibilité, incapables qu’ils sont de régler les problèmes fondamentaux qui ont donné lieu aux soulèvements, à savoir les politiques néolibérales et leurs conséquences. Ils ne font que les reconduire. Leurs pays vont ainsi s’enfoncer davantage dans le marasme. Prenons la Libye, par exemple. Le bombardement de ce pays n’a reçu pratiquement aucun appui au-delà des trois puissances impériales classiques que sont le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis.

On parle de la ‘‘communauté internationale’’, mais il s’agit d’une vue de l’esprit. Si les appuis ont été si rares, ce n’est pas sans raison : en mars 2011, les Nations unies avaient adopté une résolution appelant à l’établissement d’une ‘‘zone d’exclusion aérienne’’, à la protection des civils, à l’imposition d’un cessez-le-feu et à l’ouverture de négociations. Les puissances impériales ne souhaitaient pas emprunter cette voie. Elles voulaient prendre part à la guerre et imposer à la Libye un gouvernement correspondant à leurs attentes. Si le reste du monde s’opposait à l’offensive aérienne, c’est parce qu’il craignait que celle-ci, en menant à une guerre d’envergure, ne débouche sur une catastrophe humaine.

Et c’est ce qui s’est produit. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles plus personne n’en parle ; la Libye n’est plus qu’un champ de ruines.» Le terrorisme international qui semble avoir tissé une toile à travers le globe avec une facilité déconcertante restera comme une tache noire, mais aussi une énigme. «On classe les actes terroristes dans les catégories bien distinctes. Les ‘‘leurs’’ qui sont épouvantables, et les ‘‘nôtres’’ qui relèvent de la vertu». Vous avez dit vertu ? Et puis Chamsky de mentionner l’attaque de novembre 2004 contre Falloudja par les forces armées américaines, un des pires crimes commis dans le cadre de l’invasion de l’Irak. «Cela a commencé par l’occupation de l’hôpital général.

Cela constitue déjà en soi un grave crime de guerre. Des soldats en armes ont forcé les patients et les employés de l’hôpital à sortir des chambres, puis leur ont ordonné de s’asseoir et de se coucher par terre et leur ont ligoté les mains derrière le dos, rapportait l’article. Selon ce dernier, ces crimes étaient non seulement justifiés mais méritoires. En fait, l’hôpital général de Falloudja diffusait régulièrement des rapports sur le nombre des victimes civiles…».

Bio express

Naissance le 7 décembre 1928 à Philadelphie (Etats-Unis). Après avoir fait des études théologiques, il s’oriente vers la linguistique dont il devient un éminent représentant. C’est au Massachusetts Institute Of Techologie qu’il a enseigné toute sa carrière.

Il s’est fait connaître du grand public à la fois dans son pays et à l’étranger par son parcours d’intellectuel engagé de tendance anarchiste. Il mène une campagne virulente contre la guerre du Vietnam, ce qui lui vaut bien des déboires.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 10:14

Par le docteur Ahmed Benbitour

Avertissement

J’avais reçu, durant l’été 2014, un groupe de citoyens de la vallée du M’zab, qui ont sollicité ma contribution pour un projet de sortie de crise dans cette région.

Voici le texte du travail que j’ai réalisé en août 2014, que je propose aujourd’hui, sans modification, à tous ceux qui ont la volonté et l’engagement réels pour collaborer à la mise en œuvre d’une solution juste et durable :

En cette époque d’interventions étrangères belliqueuses, sous le fallacieux prétexte de la protection des minorités, le drame vécu depuis plus d’une année par la région du M’zab présage de faits plus graves pouvant mettre en péril la sécurité nationale et la souveraineté de l’Algérie sur l’ensemble de son territoire si rien n’est entrepris pour lui apporter les solutions radicales et courageuses qu’il faut.

Si des actions ont été à chaque fois menées par l’Etat pour ramener l’ordre et apaiser les esprits, force est de constater que ces interventions ne l’ont été qu’a posteriori pour éteindre les foyers d’incendie, sans par la suite analyser les faits, essayer de remonter aux origines du mal afin d’en extirper définitivement les racines et prévenir ainsi sa répétition.

La région du M’zab est une zone charnière stratégique entre le Grand Sud et le nord du pays, elle est de surcroît habitée par des populations dont les spécificités cultuelles excitent les forces du mal qui, à notre époque, ne se gênent plus ouvertement pour s’y immiscer et attiser le feu de la fitna afin de disloquer, au nom de croyances rétrogrades et obscures, l’harmonie qui a toujours régné entre les habitants de cette wilaya même aux temps les plus sombres de la nuit coloniale.

C’est dans ce sens qu’une action doit être entreprise par l’Etat ainsi que par les élites de la société civile, dont le premier travail commence par la sélection des parties de la société civile et des personnalités détenant une expertise pratique pour convenir du programme de solutions et négocier avec l’Etat la mise en place du cadre institutionnel crédible, tel que développé dans cette contribution.

1. Définition factuelle du problème

Il s’agit de participer à la recherche de solutions au conflit entre des groupes d’individus dans la vallée du M’zab ; lequel conflit a dégénéré en violence occasionnant des dommages aux personnes (morts et blessés) et aux biens (destruction de maisons et de locaux commerciaux). De même, la mise en œuvre des solutions pour régler et prévenir définitivement ce type de conflit à l’avenir.

2. Qui sont les partenaires dans le règlement du problème ainsi défini ?

La souveraineté de l’Etat implique sa responsabilité. C’est donc à l’Etat qu’incombe, en premier lieu, le devoir et la responsabilité de protéger les personnes et les biens, sur chaque partie du territoire national.

Mais, lorsque les citoyens souffrent douloureusement des conséquences des troubles sociaux et que l’Etat est défaillant, ou parce qu’il n’est pas disposé, ou bien qu’il n’est pas capable de mettre un terme à ces souffrances ou à les éviter, la responsabilité de la société civile et des personnalités doit, au nom de l’intérêt national, prendre le pas sur cette défaillance et le laissez-faire de l’Etat.

Il s’agit alors pour la société civile et les personnalités de s’engager et de prendre sur eux la responsabilité d’une action en faveur des personnes et des biens.

3. Cette responsabilité couvre les dimensions suivantes :
• la responsabilité de faire d’abord cesser les actes de violence,
• la responsabilité de panser les blessures,
• la responsabilité de protéger les personnes et les biens,
• la responsabilité de prévenir,
• la responsabilité de reconstruire,
• la responsabilité de développer.

Il s’agit donc de faire cesser, panser, protéger, prévenir, reconstruire et développer, tel est le contenu des programmes d’actions à mettre en œuvre.

La souveraineté de l’Etat implique également, pour ses dirigeants, de garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux de toute personne vivant sur son territoire.

L’inaction ou l’action stérile de ceux qui en ont la responsabilité devient politiquement coûteuse pour l’Etat.
La société civile et les personnalités se trouvent alors face à un dilemme : assister, presqu’en complice, aux souffrances des populations, ou, intervenir sans garantie de succès, afin de mettre un terme à ces drames et éliminer ces souffrances.

D’où l’urgente et impérieuse nécessité de définir un cadre institutionnel crédible à toute action future et une expertise pratique destinée à la compréhension du phénomène des violences, qui endeuillent la vallée du M’zab quotidiennement, ainsi que la mise en œuvre des solutions.
S’il revient à la société civile et aux personnalités de fournir l’expertise pratique, le cadre institutionnel doit recevoir l’accord de l’Etat.

3.1. Faire d’abord cesser les actes de violence

Il s’agit de parvenir rapidement, sur le terrain de la confrontation, à une cessation immédiate et sans condition des hostilités.
Ce but ne pourra être atteint que grâce à l’existence du cadre institutionnel préalablement défini et adopté par l’Etat, de même, la crédibilité des personnalités qui devront engager le dialogue avec toutes les parties concernées par les événements. Egalement, l’assurance qu’il sera nécessaire de donner aux citoyens quant à la matérialisation effective et efficace des décisions qui seront prises à l’issue d’un dialogue sérieux, profond et sans complaisance envers aucune des parties en conflit.

3.2. Panser les blessures

Il s’agit de restaurer une cohésion, une coexistence et une harmonie entre des populations de la vallée du M’zab aujourd’hui, irréductiblement opposées.

Des actions multiples doivent être engagées : réconforter une famille endeuillée par la perte de l’un des siens ; prendre efficacement en charge les soins d’un blessé ; apporter une assistance à des personnes qui se trouvent dans une situation de précarité et de souffrance psychique extrême ; les assister dans leurs démarches administratives afin d’obtenir les indemnités auxquelles elles ont droit en tant que victimes ; saisir les autorités concernées afin d’attribuer un logement à ceux dont les domiciles ont souffert au point d’être inhabitables ; les orienter vers des associations caritatives qui peuvent les aider au plan matériel (vêtements, affaires scolaires, médicaments...) ; les aider à trouver un emploi ; les soutenir psychologiquement.

Ces actions, qui sont loin d’être exhaustives, nécessitent des entités administratives et sociales performantes ainsi que des ressources financières en quantité suffisante.

3.3. Protéger les biens et les personnes

La protection peut passer par des mesures contraignantes pour la population, qui relèvent de la souveraineté de l’Etat. L’embrasement de la situation peut nécessiter la mise en œuvre de l’état d’urgence et du couvre-feu dans les régions concernées, si nécessaire. Dans ce cas, l’Etat doit passer de l’exercice de la souveraineté de contrôle à celui de la souveraineté de responsabilité. Les populations doivent évoluer d’une culture de la violence à une culture de la paix ; en particulier, passer de la polémique des accusations réciproques, souvent synonyme de paralysie, à l’action dans le respect du droit ainsi que la volonté de proposer une solution durable par le développement humain.

3.4. Prévenir

Prévenir : c’est éliminer à la fois les causes profondes et les causes directes des troubles. C’est aussi combler l’écart entre le soutien en paroles uniquement et la prévention. C’est enfin la volonté concrète de prévenir efficacement.
Un traitement équitable dans les relations de l’Etat avec les citoyens de cette région et l’égalité des chances pour toutes les personnes dans les deux groupes en conflit constituent un fondement solide pour la prévention des violences.


D’autres actions s’imposent, telles la responsabilisation totalement assumée par tous, par l’Etat autant que par les citoyens, la bonne gouvernance matérialisée quotidiennement sur les lieux par les représentations décentralisées de l’Etat, la protection des droits des gens par les autorités en charge de l’application des lois et des règlements, la promotion du développement économique et social par un plan particulier spécial et spécifique à la région, ainsi que la répartition équitable des ressources entre les citoyens.

3.5. Reconstruire

C’est fournir une assistance à tous les niveaux afin de faciliter la reprise des activités, la reconstruction de ce qui a été détruit et la réconciliation entre les parties en conflit. Le sommet de l’iceberg, c’est la violence apparente qui endeuille la région ; la face cachée de l’iceberg, ce sont des comportements rétrogrades dans les communautés. Le défi est d’inventer un mode de vivre-ensemble nouveau où seront reconnus, par les deux parties en conflit, des comportements dignes qui ne sont pas acceptés aujourd’hui.

3.6. Développer

C’est mettre en œuvre un programme à long terme de paix, de justice et de prospérité. C’est en particulier, et à l’instar des autres régions du pays, le lancement d’un pôle régional d’investissement et de développement, par la mise en place de tous les instruments nécessaires à l’investissement : fonds d’investissements, banques d’affaires, bureaux d’études…

Le tout démarrera par une monographie de la région pour y définir les secteurs prioritaires.

Cette stratégie de développement économique sera complétée par la mise en place d’une véritable politique sociale moderne à même de mobiliser tous les citoyens de la vallée autour d’une approche axée sur la lutte contre la pauvreté, la préservation de l’environnement et la justice sociale. Cette politique sociale n’est pas la charité. Elle consiste en une stratégie globale contre la marginalisation en encourageant la participation des couches actuellement défavorisées à l’essor économique.

Elle passe par un investissement massif dans la santé, l’éducation, les autres services sociaux, afin de libérer le gisement de créativité et de participation économique de parties importantes de citoyens de la région, complètement marginalisés aujourd’hui.

Cette stratégie débouchera sur l’assurance pour tous les citoyens de la région d’un niveau de vie de bonne facture, fruit d’un pouvoir d’achat conséquent grâce à une rémunération salariale en adéquation avec le coût de la vie d’une part et l’effort de chacun d’autre part.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 17:23

Comme le démontre le dernier message du général Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, félicitant le plébiscite d’Amar Saidani à la tête du FLN, l’armée ne s’est jamais contentée de jouer son rôle républicain, c’est-à-dire être à équidistance entre toutes les formations politiques du pays.

D’ailleurs, malgré les déclarations de bonne foi que l’on pouvait entendre ça et là, les Algériens ne sont pas dupes. L’emprise du haut commandement militaire sur la décision politique a toujours été un fait indéniable en Algérie. En d’autres termes, l’armée n’a jamais quitté la scène politique, et ce, malgré son retrait du comité central du FLN en mars 1989. Bien qu’elle ne se mette pas en avant pour des raisons tactiques, il n’en reste pas moins qu’elle a toujours joué un rôle prépondérant, et ce, depuis le recouvrement de la souveraineté nationale.

Du coup, la lettre du général Gaïd Salah ne fait que rappeler –ou du moins sortir les crédules de leur rêverie –son implication dans le jeu politique. Cela dit, il faut rappeler que cet abus de pouvoir est le fait des hauts gradés. Le simple soldat, quant à lui, se préoccupe, comme la majorité des Algériens, des problèmes de la vie quotidienne. Et s’il pouvait lui arriver de voter FLN, c’est parce que, dans les coulisses, les instructions émanaient d’en haut.

Dans ces conditions, peut-on affirmer, comme le laisse entendre le général Gaïd Salah, que le FLN –à ne pas confondre évidemment avec le FLN historique –est la première force politique du pays ? Pour le vérifier, il suffit d’organiser des élections libres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef des armées est uniment amnésiques. Car, lors des élections libres des années 1990 et 1991, le FLN a subi des défaites électorales cuisantes. Hélas, le parti vainqueur, en l’occurrence le FIS, n’était pas le parti qui voulait consolider la démocratie. En effet, dans ses discours, le FIS suscitait de véritables craintes. Cela étant dit, quitte à être gouverné par des non-démocrates, autant que ce soit par ceux qui sortent des urnes.

Quant au parallèle que fait le général Gaïd Salah entre le FLN historique et le FLN actuel, il n’y a que les dirigeants qui croient à une éventuelle continuité. À titre d’exemple, ce qui sépare un Saidani d’un Ben Mhidi, de l’avis des Algériens, est tout bonnement une question d’éthique. En effet, les affaires dans lesquelles Saidani est cité –sans qu’il apporte, pour rappel, aucun démenti –sont en contradiction avec les valeurs des hommes de novembre 1954.

Que cache alors le message inapproprié du chef des armées ? Il est évident que la fin de règne de l’actuel chef de l’État –c’est plus la nature qui veut ça et non la volonté de l’homme lui-même –donne lieu à une course effrénée pour la succession. Bien que Saidani n’ait ni la carrure ni les compétences, le fait de contrôler les partis satellitaires est décisif. Ainsi, puisqu’il est décidé que le président en Algérie ne sera jamais issu de la volonté populaire, il faudrait alors ressouder les rangs de la clientèle du régime. Le retour d’Ahmed Ouyahia répondrait à cette logique.

Enfin, c’est dans ce sens que l’on doit comprendre le message du général Gaïd Salah. C’est-à-dire, flatter les seconds coteaux pour qu’ils réalisent, avec zèle, les dessins d’un haut commandement, maître du jeu politique.

Aït Benali Boubekeur

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:39

La poursuite du modèle de croissance et de développement est une utopie

C e modèle a fait son temps, car il s'est employé à répondre à une accumulation du capital au détriment de l'humain, en outre, compte tenu de l'accroissement de la population mondiale, ce modèle d'accumulation est source de tensions nationales, régionales et universelles. (harraga et tragédie d'embarcation). Certains disent qu'il est conforme aux intérêts des pays développés, cherchant à consolider leur influence et leurs marchés. Mais, les disparus dans la mer Méditerranée sont la preuve des limites du modèle de développement notamment que :

Sans développement, l'inflation urbaine continuera, démunie des ressources financières qui permettrait de corriger ses conséquences négatives: chômage, hypertrophie de l'économie souterraine, qui peut représenter jusqu'à 50% des activités. Développement de la criminalité, pollution, bidonvilles.

Au-delà de 500 000 habitants, les avantages économiques d'une plus grande taille des villes disparaissent. C'est le cas d'Alger Constantine ou Oran. Or plus de la moitié de la population mondiale vivait dans des villes de plus de 1 million d'habitants, en l'an 2000. Mexico aura plus de 30 millions d'habitants, São Paulo, Bombay et Calcutta plus de 20 millions, etc.

Sans développement, il ne sera pas possible de payer les dépenses de formation pour les jeunes, qui constituent plus d'un tiers de la population des pays. Sans développement, les pays en développement (Tiers monde ou Quart monde) n'arriveront pas à nourrir et à soigner la population, l'aide des pays occidentaux ne pouvant être, sur ce sujet, que marginale et ne profitant qu'à une minorité.

Les modalités du système monétaire international pénalisent, par les variations erratiques de change et de taux d'intérêt, auxquelles s'ajoutent la corruption, le gaspillage, l'absence de stratégie, les ‘effets de démonstration' (imitation effets) qui font préférer la consommation à l'épargne sont, autant, de facteurs qui entravent le développement et qui sont de la responsabilité des pays considérés. Cela implique un inventaire des moyens mis en œuvre, par les équipes qui se sont succédé au pouvoir, de regarder les réalités et de préconiser une approche nouvelle courageuse qui tire les leçons des stratégies passées et surtout de veiller au consensus sur les nouvelles stratégies, par ceux qui auront la charge de leur application. La question du développement n'est plus, simplement, économique, elle est politique et morale, et on a eu tendance à omettre cela. Car, toute politique de développement suppose des choix privilégiant le devenir de la communauté au détriment de la satisfaction de certains intérêts particuliers. Et le bilan des décennies passées, malheureusement, est là pour nous pousser à nous interroger sur les raisons du choix, conscient ou inconscient, de privilégier en « catimini » certains, tout comme si on avait besoin de pauvres pour avoir des riches! Face à ces contraintes que peut-on attendre de la politique de développement et de la recherche de voies et moyens d'un développement autre que celui préconisé par les modèles néo-libéraux et la mondialisation ?

Les pistes de recherche semblent privilégier cinq priorités.

Première priorité : l'Agriculture. La réussite de l'industrialisation dépend du niveau de vie des populations rurales. Le développement de l'agriculture vivrière est crucial, non seulement parce que celle-ci doit fournir l'alimentation et les revenus nécessaires à l'investissement, mais parce qu'il évite un surcroît de chômage et une trop grande dépendance, par rapport aux pays développés.

La deuxième priorité est le freinage démographique. Plus que des campagnes de sensibilisation, l'amélioration du niveau de vie et l'éducation des femmes sont les conditions d'un résultat dans ce domaine.

La troisième priorité est l'investissement humain. Celui-ci se heurte au verrou des pays développés sur la Technologie et sur la Recherche fondamentale. Un tel monopole provoque l'exode des cerveaux. Mais l'exode n'est pas inévitable, comme le montre l'exemple de l'Inde qui abrite, aujourd'hui, des centres de recherche avancés. Encore faut-il qu'il ne soit pas favorisé, du côté des pays riches, par une politique de « chasseur de têtes » ou « d'immigration sélective », et du côté des pays pauvres, par des restrictions budgétaires ou des gaspillages qui interdisent tout investissement éducatif.

La quatrième priorité est la réforme de l'État. Toute l'histoire du Développement prouve l'exigence d'une stratégie cohérente mise en œuvre par un État ayant l'appui de la population. Ce fut le cas du Japon sous la révolution ‘Meiji' au XIXe siècle. Au XXe siècle, il faut citer l'exemple de la Corée du Sud, qui a, certes, bénéficié de l'aide américaine, mais a, également, su choisir un mode de développement adapté à ses ressources humaines et aux exigences de l'époque. Si l'histoire du Développement a montré la généralisation de l'économie de marché, par suite de l'échec de la planification réductrice d'incertitudes ou centralisée, elle a, également, révélé la nécessité d'une intervention de l'État qui doit créer, non seulement, le contexte institutionnel et juridique, indispensable à l'économie de marché, mais, aussi, les instruments de politique budgétaire et monétaire favorables, au développement. Comme le disait John Maynard Keynes dans ‘La Fin du laissez-faire' , « l'important, pour l'État, n'est pas de faire ce que les individus font, déjà, et de le faire un peu mieux ou un peu plus mal, mais de faire ce que personne d'autre ne fait, pour le moment ». De ce point de vue, la stabilité politique et la cohésion sociale sont deux conditions du développement dont l'absence explique, pour partie, les mauvais résultats de l'Afrique noire au cours des années quatre-vingts. A contrario, les perspectives de démocratisation, ouvertes au début des années quatre-vingt-dix, apportent une lueur d'espoir pour l'avenir.

La dernière priorité est la rupture de l'isolement. Comme l'ont montré les pays asiatiques, le processus de Développement ne peut se réaliser, aujourd'hui, à l'écart du marché mondial. Celui-ci apporte les innovations et les informations indispensables à la modernisation des techniques, et un marché d'appoint pour les produits manufacturés. Mais l'analyse montre qu'une stratégie de développement, par la conquête des seuls marchés extérieurs, ne peut s'étendre à l'ensemble du Tiers monde, même si elle a réussi dans les petits pays.

Cependant, ces piste de recherche ne font que reculer, de quelques années, l'inévitable effondrement d'un système économique et social fondé sur le consumérisme et des choix eux-mêmes, déterminés par la loi du profit, entraînant un modèle de croissance quantitative. En d'autres termes le marché n'assure pas sa « mission » de régulation des buts individuels et de l'intérêt collectif.

Tout d'abord, si la Chine, l'Inde et les grands pays obtenaient les mêmes résultats que les quatre dragons, ils accapareraient l'ensemble du marché des pays développés pour les biens de consommation courante. L'hypothèse est donc irréaliste. Une seconde difficulté liée à cette stratégie est le niveau d'éducation qu'elle requiert pour la main-d'œuvre. Il semble, donc, que la bonne stratégie industrielle soit celle qui s'appuie sur le marché intérieur, en choisissant une voie moyenne, en matière de technologie et d'ouverture des frontières. S'ils doivent garder le contact avec le marché mondial, les grands pays sous-développés ne peuvent éviter un certain protectionnisme, sauf à voir leurs consommateurs acheter, massivement, des produits importés, comme l'illustre l'exemple récent des pays de l'ex-bloc communiste. En d'autres termes, il ne paraît pas que le libre-échange soit la voie la meilleure car ses limites mêmes entraîneraient des conflits dont le but ne sera plus celui de l'espace géographique mais une nouvelle forme de colonisation par la conquête de consommateurs. L'importation devient l'OPIUM du Peuple. Les exemples historiques des États-Unis et du Japon sont en crise, l'Europe se débat dans des questions de suprématie de l'euro. Au vrai, le modèle est confronté à une crise structurelle, mettant en cause, tous les modèles de développement qu'ils soient capitalistes orthodoxes ou keynésiens. Quant au modèle socialiste dévoyé, il a été victime de sa course effrénée pour rattraper, selon son modèle dit socialisme d'ETAT, la croissance du capitalisme. Que naissent des mouvements d'indignés par les inégalités et le consumérisme est un indice, pour l'instant, minime mais qui est significatif d'une prise de conscience sociale des dégâts consubstantiels au mode de production capitaliste. Il en ressort qu'il n'existe pas de modèle en matière de développement valable pour toutes les régions, quels que soient leur taille et leur niveau de revenu, contredisant ainsi la démarche du FMI et de la Banque mondiale. Les pays doivent, nécessairement, adapter les enseignements tirés des sciences sociales et des comparaisons internationales. Les échecs, en la matière, ont, souvent, pour origine l'inadaptation des politiques suivies aux réalités culturelles et humaines des régions considérées.

On peut affirmer, de ce point de vue, que la démarche des institutions internationales a trop souvent favorisé l'imitation des modèles occidentaux plus que la mise en œuvre de recherches ou d'expériences, en Agriculture notamment, correspondant aux besoins fondamentaux des pays pauvres. Le développement ne peut résulter, en fin de compte, que du sens des responsabilités et de l'esprit d'initiative des élites dirigeantes. Même si la bonne volonté des pays développés se traduisait par une aide en rapport avec leur richesse réelle, ce qui, aujourd'hui, n'est pas le cas, « l'aide » ne peut être que subordonnée aux efforts à repenser la croissance et le développement en un mot à renverser les concepts et leur application.

Je paraphraserai un grand penseur en notant que jusqu'ici les économistes n'ont fait qu'analyser le monde, alors qu'il s'agit, à présent, de le transformer. Le néo-libéralisme répond à une certaine idéologie et comme telle il ne saurait être qu'une construction de l'esprit.

Z. Farès

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