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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 11:18
Réchauffement climatique : pourquoi ne faut-il rien attendre de la COP 21

Le 23 octobre 2015, sur une initiative citoyenne de l’Association nationale de volontariat (ANV) en partenariat avec une aide précieuse de l’Institut Supérieur de Gestion et Planification (ISGP) s’est tenu au siège de cette dernière sis au Lido, Bordj El Kiffan, la première conférence algérienne sur le climat placée sous l’emblème : "L’Algérie face aux défis du dérèglement climatique".


Cet événement qui a vu des citoyens sacrifier leur journée d’Achoura pour venir contribuer au lancement d’une réflexion à mettre en œuvre pour parer aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique, a été couronnée de succès. Le département de l’environnement ainsi que de nombreux spécialistes ont brillé par leurs interventions pour tirer la sonnette d’alarme et envoyer des messages clairs en direction des autorités et les mouvements citoyens pour dire que l’Algérie ne peut pas non seulement rester en marge de ce débat mais devra dorénavant le prendre en compte dans toutes les actions futures. A quel stade se trouve aujourd’hui le réchauffement climatique et quels en sont les conséquences perceptibles ? De quelle manière les Etats de la planète comptent le régler ? Comment ces efforts des différentes parties sont-ils perçus par les citoyens du monde ? Qu’en est-il en Algérie ? Quelle est la meilleure voie pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

1- De l’implication des Etats dans le processus "carbone bas"

Depuis 1992, Les différentes parties concernées par l’avenir de la planète se réunissent pour rechercher et mettre en place des artifices de différentes formes pour réduire, (mais, jamais) enrayer la pollution de la planète sous différentes formes. Il n’y a pas trente-six solutions. Tous les pays du monde doivent dès à présent réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre, les diviser par trois d’ici 2050 et les supprimer totalement entre 2050 et 2100, afin de limiter le réchauffement de la planète. Cela suppose de renoncer aux énergies fossiles, et de stopper toute déforestation voire de replanter des arbres. Vaste chantier en perspective !mais…. C’est pour se mettre d’accord sur un programme de réduction des gaz à effet de serre(GES) que les 195 États de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC) se réunissent tous les ans en conférences des parties depuis 1992. Ils le fond sous la bannière des Conférences dites des parties sous le signe communément abrégé COP. Il y a eu pour ne citer que les dernières Duban dans sa 17e session, Doha est venu après ensuite celle de Varsovie enfin la dernière s’est tenue à Lima. Il est prévu que les Etas de la planète vont se réunir à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 pour mettre en œuvre la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (CCNUCC) et une autre dont la date n’est pas encore arrêtée mais la réception des interventions des différentes parties est déjà close et, ceci montre l’importance et les inquiétudes que suscite un tel sujet. Ce long parcours d’un quart de siècle n’a pas été des plus aisés. On a vu d’abord les plus pollueurs comme les Etats-Unis et la Chine bouder cette conférence puis revenus à la raison progressivement.

Le Canada s’est retiré carrément du protocole de Kyoto en 2011 car ces 44% de la production proviennent des sables bitumineux de l’Alberta. Il s’agit d’un pétrole lourd très polluent et dégage plus de gaz à effet de serre que le brut conventionnel. Quant aux autres, fortement énergétivore, ils ne voulaient pas consentir à réorienter voire changer leur modèle de consommation. Mais de nombreuses démarches sages ont abouti à la création d’un fonds dit "vert" pour le climat dont le siège est à Incheon en Corée du Sud. Il est dirigé par un conseil de 24 pays, partie prenante de cette conférence mais issus pour moitié des pays développés et l’autre de ceux en développement. Il se trouve que cette caisse est gérée administrativement sans se soucier de l’évolution réelle des dérèglements climatiques par des spécialités dans le domaine des statistiques, des sciences économiques ainsi ceux qui s’intéresse au climat et les catastrophe naturelles. Ce fonds est malheureusement plus près des lobbies des multinationales que de la régulation des gaz à effet de serre et, ce à cause de l’influence qu’ont ces sociétés sur les pouvoirs publiques. Il a peu de lien avec les grandes banques et notamment la banque mondiale. Il a peu d’autorité sur la distribution des quotas d’émission par pays et ne peut venir à bout des erreurs patentes. La taxe carbone est perçue comme une recette fiscale du pays qui la pratique mais en aucun cas aux opérations qui contribue au règlement du climat. En somme c’est un espèce d’alibi aux pays riches pour faire taire ceux qui auront à subir les conséquences d’un dérèglement climatique sans pour autant en polluer l’atmosphère.

2- La lutte contre le réchauffement climatique est avant tout citoyenne

Pour consolider et fertiliser ce progrès dans la sensibilisation et les acquis déjà obtenus, l’action citoyenne devra constituer un contre-pouvoir au lobbysme des multinationales qui n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts pour libérer les pouvoirs étatique de leur joug Comme elle applaudit les décisions audacieuses des Etats, elle devra contester d’une manière la plus ostentatoire possible les retards dans les programmes tracés en veillant à leur application tout en surveillant leur exécution. Bien que la stratification sociétale ne soit pas homogène sur le sujet, la recherche des points d’accord restent de mise pour avancer. C’est le seul thème générique qui concerne les citoyens du monde entiers et pour lequel les alliances hors frontière sont impératives. En effet, il y a des climato- sceptiques qui pensent que, la terre se réchauffe depuis plusieurs millénaires. Cependant, cela n’est pas suffisant pour justifier une quelconque politique coercitive. Pour eux il s’agit d’une propagande des médias pro-écolos, il ne semble pas que ce soit le cas. En fait, aucun réchauffement anormal n’a été observé depuis 1998. Ils préconisent que l’homme n’est pas le seul responsable mais les chercheurs ont prouvé entre autres les méfaits des rayons cosmiques sur l’évolution du climat. Pour cette approche du dérèglement du climat, l’augmentation du niveau de la mer n’est qu’un stratagème gouvernemental pour les faire peur pour rien. Ils soutiennent que le niveau des océans a toujours augmenté et ce depuis la fin de la dernière glaciation. La vraie question est de savoir si l’augmentation a été plus accentuée ces dernières années et, si c’est le cas, quelle différence cela fera. Par ailleurs, les études ne montrent aucune corrélation entre le réchauffement et la fréquence des ouragans, sécheresses et feux de forêts.

La peur est un bon moyen pour les pouvoirs de faire vendre des votes, les taxes pour continuer de grossir leur empire, les chercheurs scientifiques veulent être publiés et subventionnés, les ONG environnementalistes veulent des dons pour payer leurs salaires exorbitants, les sociétés d’électricité et d’ingénierie veulent vendre des éoliennes et des panneaux solaires, les banques veulent les financer à grands coups de dette. Pratiquement tout n’est qu’imaginaire. Une autre approche conteste la notion de lutte contre le dérèglement climatique mais préconise l’adaptation de l’homme au climat ainsi déréglé. Un autre son de cloche est beaucoup plus alarmiste et épouse la théorie du complot. Les partisans de cette orientation accuse les superpuissances et notamment les Etats-Unis d’orienter la recherche et le développement vers la mise en œuvre des programmes d’émission des hautes fréquences pour dérégler le climat et intensifier leur domination dans des pays en développement et surtout les pauvres. S’agit-il d’une nouvelle forme de colonisation pour asservir et contrôler les pays en fonction de leur stratégie politique. Ils pointent du doigt le programme Harp, initié par les Etats-Unis et vise la recherche dans les hautes fréquences aux aurores boréales. La dernière approche, probablement la plus importante en nombre, prône la sobriété et la persévérance. Pour eux, les pollueurs par la négociation continue vont finir par revenir à la raison et réduire progressivement les gaz à effet de serre. La caisse verte est un acquis considérable qu’il faudra "abonder et surtout renforcer son autorité."

Il faut peut-être signaler que l’initiative citoyenne ne devra pas confronter ce débat car les résultats seront contreproductifs et rentrera dans le jeu des multinationales qui financent des chercheurs, des ONG et des parties politique pour minimiser les effets du dérèglement climatique et diviser les rangs de l’action citoyenne. Par contre quelle que soit l’approche ainsi évoquée plus haut, tous sont unanimes autour du constat climatique et au moins une partie causé par le comportement humain : l’accélération de la déforestation est néfaste et doit s’arrêter, l’acidification de la mer ne peut être que l’effet du gaz carbonique, la désertification avance et elle est effective, enfin la mer bouge. Ce sont des phénomènes que nul ne peut contester. La question est en quoi cela touche directement le citoyen d’aujourd’hui et celui de la génération future ? et quelles en sont les conséquences tangibles ?

Tout le monde admet que cette situation mène droit vers une contraction des ressources (eau, aliments etc.) pour ne pas dire carrément une pénurie Ce manque va ramener les peuples de la terre à s’entretuer pour se nourrir. Ceci va mener l’humanité à régresser en renouant avec les guerres. Est-ce réellement la volonté des citoyens ? C’est vers cette fibre que l’initiative citoyenne doit s’orienter pour une mobilisation mondiale qui fera plier les différentes parties qui hésitent encore de réduire les facteurs qui dérèglent et détériore le climat.

3- L’Algérie reste en folie énergétique

L’élan de rétablissement et de revalorisation des terres agricoles après l’indépendance n’a pas été suivi d’effet. Les différentes organisations de masse sous la bannière du parti unique comme la jeunesse du front de libération national, les scouts musulmans, les anciens moudjahidines, celle des femmes etc. ont fait un travail de reboisement énorme pour réparer les dégâts des 7 années de la guerre de libération par des incendies de napalm et les autres artifices de combat. Le système d’autogestion de l’agriculture a été calqué sur certains pays de l’est mais ne pouvait épouser la culture Algérienne. De nombreux chercheurs, voire même les dirigeants de l’époque déclarent l’avoir choisie par obligation à cause du départ massifs des colons et la vacance des moyens de production et des terres. C’est le premier échec et pas des moindres. L’industrialisation qui devait justement créer des pôles autocentrés et servir à mécaniser l’agriculture a fait fuir les paysans par un exode rural sans précédent. Ils croyaient trouver l’épanouissement et le bonheur dans le milieu urbain après plus de 130 ans d’indigénat. Les circonstances diverses liées à la conduite du modèle économique de développement et sa réorientation en 1982 ont fait que ce paysan a tout perdu : le savoir faire agricole qui a fait de l’Algérie d’antan le grenier de Rome et puis l’industrie qui est devenu selon les propres termes d’un ministre algérien "une vieille quincaillerie".

Cette situation à rendu l’économie très fragile et mono- exportatrice des hydrocarbures voire carrément rentière sans espoir de diversification. L’ouverture sauvage de l’économie et le désengagement de l’Etat vis-à vis du secteur public des années 90 ont fait du marché algérien un bazard sans aucun contrôle ni maitrise et encore moins une orientation efficace des investissements. En sommes, on est passé d’une planification renforcée et impérative jusqu’à fin des années 80 à une absence total de ce processus dans les années 90. Une absence de prévision, implique aussi celle d’une stratégie et donc les dirigeants naviguent à vue. Conséquence : Secteur public à terre, celui du privé pousse un peu partout sans aucune portée stratégique mais ramasse de l’argent en le plaçant en dehors des frontières. L’informel s’est généralisé avec toutes formes de perversion. Cet état de fait devait être aggravé avec la décennie noire qui a contraint le pouvoir en place à acheter la paix social à tout prix. Le citoyen pour se taire, paye le pain, l’huile, les céréales, l’essence etc., a des prix défiant toute concurrence et les industriels en profitent pour lui prendre la grosse part du gâteau. Près de 30 milliards de dollars vont annuellement dans les subventions qui bénéficient plus aux industriels qui répercutent en plus toute augmentation aux consommateurs. Cette ouverture est semblable à celle de l’immobilier aux Etats-Unis qui a été la cause de la crise économiques mondiale. En effet, par un semblant de crédit de consommation, on a obligé l’Algérien de vivre au dessus de ses moyens. Il s’est endetté mais a engorgé le parc véhicules au point d’obliger l’Etat d’importer des carburants depuis 2011. Il a fait exploser la croissance interne qui menace l’avenir du développement économique par le manque de recettes. Le mensonge des prix a multiplié le gaspillage de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation.

A cause des prix bas, l’Algérien ne soucie guère de faire son plein de voiture, construit des maisons sans normes, gaspille plus 300 kg de nourriture par an en la jetant à la poubelle. Avec une telle approche, la gouvernance trouve et continue de trouver d’énormes difficultés pour négocier des une vision supplémentaires d’ordre stratégique liées au dérèglement du climat. Il ne peut pour le moment que ratifier toutes les conventions sans en pouvoir appliquer leur contenu ou respecter leur engagement. Il ne pollue pas mais continue à subir les effets de la pollution d’autrui. La preuve l’engagement du gouvernement par biais de Sonatrach de s’en passer du torchage du gaz qui ne peut être traité ou réinjecter dans les puits, n’a pu être respecté dans sa totalité et son délai. Elle a tenté et a réalisé tant bien que mal l’objectif numéro un pour le développement qui est de réduire à moitié entre 1990 et 2015 la proportion de la population qui souffre de la faim comme l’ont fait 37 autres pays de même niveau mais à quel prix : l’Algérien consomme prés 201 Kg de blé tendre et dur contre une moyenne mondiale de 66 kg. Toute la question : Est-ce que l’Algérien consomme réellement cette quantité ou en jette plus que la moitié. Auquel cas, tous les efforts se sont avérés vains.

4- Conclusion

Il faut dire que le seul mouvement qui mérite d’être internationaliser en premier lieu, c’est bien, celui qui se soucie des dérèglements climatiques car le climat n’a pas de frontières précises. Les parties engagées dans la COP ne feront rien sans une pression citoyenne. Cette pression ne peut être efficace qu’au moment de ces événements .La réunion qui se fait à l’intérieur doit faire l’objet d’une pression de l’extérieur par les militants de cette cause.

R. Rabah, Consultant et Economiste Pétrolie
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