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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 13:10
Lors de l'enterrement du journaliste à Bourouba.

Lors de l'enterrement du journaliste à Bourouba.

Extrait de l'article d'El Kadi Ihsan, éditeur de Maghreb émergent paru ce matin sous le titre "Mohamed Tamalt : Assassins ? Assassins"

(...) J’ai découvert Mohamed Tamalt en octobre 2013. Tonitruant, il s’était distingué dans une conférence de presse de lancement du salon international du livre d’Alger en interpellant le commissaire du SILA « pourquoi vous invitez le terroriste Anis Neccache ? », libanais membre du commando de Carlos qui a pris en otage la conférence de l’OPEP à Vienne en 1973.

J’ai rapporté cette péripétie dans un article de Maghreb EmergentDeux jours plus tard sa silhouette épaisse déboulait au siège d’Interface Médias, l’agence qui édite Maghreb Emergent et RadioM.

Mohamed Tamalt ne voulait pas tant poursuivre la polémique Naccache que s’informer sur nos conditions de travail. Nous avons donc fait connaissance autour d’un café. Son projet était de rentrer de Londres pour lancer un pure player en arabe à Alger. Il est revenu quelques mois plus tard pour me donner des nouvelles de ses progrès, préciser certains coûts, prendre conseils. Toujours survolté.

 Mohamed Talmat m’a donné l’image d’un écorché vif. Un profil que j’ai beaucoup connu dans l’univers exacerbé du militantisme mais aussi du journalisme. Tout était motif à exaltation. Il se racontait facilement, disait l’indignation contre le régime algérien et répétait qu’à Londres, où il résidait depuis de longues années, il ne passait pas un jour sans qu’il ne tombe sur « les traces de la rapine et du banditisme de nos gouvernants ».

 Il piaffait de faire de cette position de vigie une ligne éditoriale de son pure-player en chantier. Mohamed Tamalt paraissait ne doutait de rien. Surtout pas de sa bonne étoile. Jovial, déterminé, amusé de sa capacité à faire trembler son monde : « J’étais comme cela quand je travaillais ici. Ils m’ont donné une bourse de Master à Londres pour se débarrasser de moi. J’ai obtenu mon diplôme mais je n’ai pas changé. Ils ne feront pas taire avec cela. Quand je vois toutes les bourses qu’ils se partagent entre leurs enfants. J’ai continué à faire mon métier de journaliste de la même manière ».

C’est cette manière de faire du journalisme qui a sans doute laisser une distance entre Mohamed Tamalt. J’en étais resté à d’anciens papiers de correspondant de presse international. Déjà l’empreinte du lanceur d’alerte à côté de celle du reporter. Ce n’est qu’à l’annonce de son arrestation à Alger en juin 2016 que je me suis intéressé à ses derniers blogs sur sa page Facebook. Indéfendable.

 Etait-il écrit dans la trajectoire de Mohamed Talmat de porter la charge dans ce style ? Celui du déballage à 360 degrés qui ne faisait pas la part du public et du privé, du responsable et de sa famille ? On ne le saura pas. Il avait cassé les codes du journalisme.

Emporté par ce qui était devenu visiblement l’obsession d’en découdre avec les puissants d’Alger, qui ne se refusaient rien. Pas même la renversante réhabilitation de Chakib Khellil.   Une violence faite aux Algériens qui alimente le déchainement de Mohamed Tamalt.

Ses dénonciations des responsables algériens sont bien susceptibles de susciter des plaintes pour diffamation. Car la description du factuel rapporté s’accompagne de «noms d’oiseaux » et d’extrapolations rageuses. Le blog est un pamphlet de l’urgence. Il a porté tort à son auteur. Dispersé ses faibles soutiens.  Détourné l’attention de son sort. Devait-il mourir pour cela ?

 Le pouvoir politique algérien a commis deux erreurs. Infamantes pour l’Histoire. Il a mis Mohamed Tamalt en prison pour un délit qui ne doit pas conduire à la détention, en 2016, dans les pays respectueux de la presse et des journalistes ; Il a persisté à le laisser en prison lorsque sa grève de la faim a clairement mis, dès la fin juillet, sa santé en danger.

 Ces deux procès expéditifs en première instance puis en appel disent la même chose. Affaire Benchicou en moins sophistiqué. Volonté d’embastiller. Représailles discrétionnaires. Les journalistes ne sont pas au-dessus de la loi. Justiciables comme les autres. Nous le demandions pour le général à la retraite Hocine Benhadid, détenu sans procès durant 9 mois. Justiciable comme les autres.

 Pas moins. Mais pas plus non plus. L’acharnement judiciaire avec lequel a été traité le cas Tamalt lui a finalement coûté la vie. Il n’a pas renoncé à sa grève de la faim et ses geôliers n’ont pas renoncé à son embastillement. Avec suspicion de maltraitance. Une procédure de plainte est en cours contre le personnel pénitencier de Koléa suite à une blessure à la tête découverte sur Mohamed Tamalt par son frère à sa première visite à l’hôpital Lamine Debaghine (ex Maillot) de Bab El Oued.

Permis de visite, isolement, rejet des requêtes de la défense, jusqu’au bout l’appareil judiciaire a ajouté son zèle à l’injonction de l’appareil de sécurité au profit de l’autocrate vindicatif.  Il hérite pour une postérité des gémonies d’un journaliste mort en détention. Pour avoir porté atteinte au président de la République par ses écrits.

Le pouvoir politique algérien tue. Il sait qu’il ne doit pas. Puisqu’il aspire à une place dans le concert des nations de droit. Il tente de s’émanciper de ce mélange d’atavisme de « satrapes » et de cynisme d’administration blanche coloniale propre sur elle. Et échoue. Même sous Bouteflika après la guerre civile. Les 126 victimes du printemps noir en Kabylie sont restées impunies. Celles de janvier 2011 et les suivantes tout autant. Combats de rue ?(...)

Source : Maghreb Emergent

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:17
Mohamed Tamalt

Mohamed Tamalt

   L’annonce le 11 décembre de la mort en détention du prisonnier politique Mohamed Tamalt montre jusqu’où va l’injustice sous le gouvernement Bouteflika.

     Mohamed Tamalt qui possédait la double nationalité, Algérienne et Britannique avait écrit dans le passé des textes dans le quotidien algérienEl-Khabar. Il vivait au Royaume-Uni depuis 2002 et y avait créé un journal en ligne dans lequel il critiquait les autorités algériennes. C’est de retour en Algérie qu’il a été arrêté le 28 juin dernier près du domicile de ses parents et accusé d'avoir porté atteintes aux symboles de l'État et au président Abdelaziz Bouteflika. Un juge d'instruction a ordonné sa détention pour offense au Président de la République et diffamation envers tout corps constitué ou toute autre institution publique. Tous les indices publics laissent croire qu’il est mort des suites d’une grève de la faim mal gérée par les systèmes de justice et politique algériens. Ce n’est pourtant pas les occasions qui ont manqué au gouvernement pour corriger le tir. Amnesty International avait exhorté les autorités algériennes à le libérer immédiatement sans condition et de veiller à ce que sa condamnation soit annulée. Cet organisme estime que les actions en justice visant à protéger la réputation de personnalités publiques doivent relever d'une procédure civile et non pénale.

Selon la directrice du bureau d'Amnesty International en Algérie, Hassina Oussedik, il y a actuellement une augmentation des atteintes à la dignité humaine et une très grande régression des libertés fondamentales. Dans son rapport annuel sur l'État des droits de l'homme en Algérie le secrétaire national de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme, Houari Kaddour, décrit aussi une atteinte aux libertés d'expression à travers l'acharnement judiciaire contre les journalistes. Il donne des exemples d’un bâillonnement de ceux qui demandent le respect des droits humains et la démocratie. Dans le classement de la liberté de la presse 2016 réalisé par Reporteur sans frontières, l'Algérie arrive d’ailleurs à la 129e place sur 180 pays en 2016.

Houari Kaddour dénonce aussi le phénomène de la corruption qui mine l'État et y aurait pris des proportions alarmantes. Il n'y aurait pas une institution qui échapperait au phénomène de la corruption. Les résultats de cette situation entraineraient une gestion anarchique du gouvernement. Cela est particulièrement visible au niveau du droit au logement et à la santé. Les droits de l'enfant et des femmes y ont régressé. Cette situation a aussi culminé dernièrement alors que la ministre de la Condition féminine algérienne osait demander aux femmes mariées de remettre leur salaire à l’État. La situation n’est pas plus reluisante au niveau du respect des travailleurs qui se butent à une politique d'ignorance et du déni de leurs droits. Près des trois quarts, des travailleurs de la fonction publique ont été pistonnés d’une manière ou de l’autre.

Le pire dans cette mort est que la cour d'Alger avait confirmé en début d’août la peine de deux ans de détention ferme et une amende de 200 000 DA prononcée contre Mohamed Tamalt. La constitution algérienne, amendée le 7 mars dernier est pourtant censée garantir le droit à la liberté d'expression en vertu de l'article 48. Mais contrairement a ce que cette loi affirme, la liberté des médias est actuellement restreinte par la censure. Même si ces infractions ne prévoient pas de peines de prison, mais seulement des amendes, le tribunal avait d’ailleurs ordonné la détention provisoire du journaliste. Le 4 juillet, le tribunal avait même rejeté sa demande de libération sous caution. D’autres prisonniers politiques et défenseurs droits de l'homme comme Kameleddine Fekhar, Hassen Bouras, Tidjani Ben Derradj et Adel Ayachi ont aussi gouté au système de justice et des dizaines d'autres sont trainés en justice. Certains sont toujours en prison. En Algérie, des poursuites pénales continuent d'être ouvertes contre les défenseurs des droits de l'homme qui expriment sur la situation de ces droits. L’État considère la protection des droits de l'homme comme une activité subversive.

Au fond de cette affaire se trouve le manque d'indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique. Le gouvernement se permet une ingérence flagrante dans le travail de la justice. Le 18 janvier 2016, le syndicat des magistrats a même dû se défendre des critiques à l'égard de ses membres. Des affaires comme celles de la chaîne de télévision KBC, le rachat d'El Khabar par Ness Prod ou encore la condamnation du général Hocine Benhadid qui a passé 10 mois en prison sans jugement montreraient, selon plusieurs observateurs, une institution aux mains du gouvernement.

Amnesty International a demandé d’ailleurs une enquête indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort de Mohamed Tamalt. Ce décès est un élément de poids dans le dossier des infractions aux droits de l’Homme en Algérie. Tout pays qui fait ou désire faire affaire avec le gouvernement algérien doit maintenant composer avec le fait qu’il cautionne un gouvernement qui laisse mourir en prison un opposant politique qui n’a fait que dénoncer le régime sur Internet.

Avoir laissé mourir ce journaliste pour avoir écrit sur internet un poème est un comble qui marque la véritable position politique de ce gouvernement. Le culte de la personnalité du président Abdelaziz Bouteflika obnubile tout le système judiciaire de son gouvernement. Mohamed Tamalt vient de devenir le martyr personnel du président Abdelaziz Bouteflika qui inaugurait comme si de rien n’était, le 11 décembre, une partie de la ville de Sidi Abdellah, et la nouvelle ligne ferroviaire Birtouta-Zeralda. La mort d’un prisonnier d’opinion condamné pour ses écrits sur Facebook marque un tournant dans la politique algérienne. Quand les livres d’histoire parleront de Mohamed Tamalt, ils ne pourront que constater qu’il a été une victime innocente d’un gouvernement qui pousse le dénigrement des droits de l’homme très loin au-delà de ses limites acceptables.

Michel Gourd

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 09:12
Mohamed Tamalt

Mohamed Tamalt

«Les autorités algériennes doivent ouvrir une enquête indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort du journaliste Mohamed Tamalt, survenue aujourd'hui, 11 décembre, à l'hôpital Lamine Debaghine, de Bab El Oued, où il avait été transféré suite à sa grève de la faim», a déclaré ‘Amnesty International', dans un communiqué. 

Amnesty rappelle que Tamalt avait été «condamné, le 11 juillet, à deux ans d'emprisonnement et à une amende de 200.000 DA, par le Tribunal de Sidi M'Hamed, à Alger, pour «outrage» au président et aux institutions publiques, en vertu des articles 144, 144 bis et 146 du Code pénal, en raison de messages qu'il avait publiés sur Facebook». 

Cette condamnation avait été confirmée, en appel le 9 août. «Ses avocats avaient saisi la Cour de cassation, plus haute juridiction du pays, qui a le pouvoir d'annuler la condamnation, de la confirmer ou de faire rejuger l'affaire», précise Amnesty. 

«‘Amnesty International' avait exhorté les autorités algériennes à le libérer, immédiatement et sans condition et de veiller à ce que sa condamnation soit annulée. En ce qui concerne les infractions au Code pénal dont il avait été déclaré coupable, ‘Amnesty International' estime que les actions en justice visant à protéger la réputation de personnalités publiques ou d'inconnus doivent relever d'une procédure civile et non pénale». 

Dans un communiqué cité par l'APS, le ministère de la Justice confirme le décès de Mohamed Tamalt, rappelant que le défunt «purgeait une peine de 2 années de prison ferme, dans l'établissement de rééducation et de réadaptation de Koléa, relevant de la Cour de Tipaza». «Le dénommé Mohamed Tamalt qui purgeait une peine de deux années de prison ferme à l'établissement de rééducation et de réadaptation de Koléa, Cour de justice de Tipaza, est décédé, dimanche matin, 11/12/2016 au CHU Mohamed Lamine Debaghine (service des Urgences médico-chirurgicales) où il était admis depuis le 21 août 2016», précise le communiqué. Sur les circonstances du décès du journaliste, la direction générale de l'Administration pénitentiaire, au département de Tayeb Louh poursuit : «Dès son emprisonnement, le 28/06/2016, à l'établissement de rééducation et de réadaptation d'El Harrach, le concerné a entamé une grève de la faim, suite à laquelle il a été placé, à la même date, sous surveillance médicale. Il était ausculté, chaque jour, par le médecin de l'établissement qui mesurait sa tension artérielle et sa glycémie et contrôlait les signes de déshydratation et le degré de conscience». 

Selon la même source, pendant sa grève de la faim, Mohamed Tamalt avait reçu la visite du «juge chargé de l'application des peines et le directeur de l'établissement de rééducation» pour «le persuader d'interrompre sa grève». «Des médecins et des psychologues sont, également, intervenus à cet effet mais, malgré tous les efforts consentis, il avait persisté dans sa grève», ajoute le communiqué du ministère de la Justice qui précise que «suite à une hypoglycémie, le 01/08/2016», Tamalt «a été mis sous perfusion de glucose et son état s'est amélioré». «Le 20/08/2016, Mohamed Tamalt présentant des difficultés de concentration, a été transféré en urgence à l'hôpital de Koléa où il a subi des analyses biologiques et un scanner qui n'ont mis en évidence aucun dysfonctionnement», indique la même source, ajoutant que «par la suite, il a été évacué au CHU ‘Mohamed Lamine Debaghine' de Bab El Oued où il a été hospitalisé au service de réanimation pour subir une imagerie à résonance magnétique (IRM) qui a mis en évidence un accident vasculaire cérébral (AVC), dû à une hypertension artérielle, nécessitant une intervention en urgence, pratiquée par un neurochirurgien». 

Le communiqué précise que «suite à cette intervention, le concerné a été placé, sous respiration artificielle et son état s'est amélioré, au point de reprendre conscience, de communiquer avec l'équipe médicale et de se remettre à une alimentation normale». «Cependant, il y a dix jours, les médecins ont décelé une infection pulmonaire et l'ont mis sous traitement, avant d'effectuer le 04/12/2016 un drainage pleural dont un échantillon a été envoyé à l'Institut Pasteur. Son état de santé s'est détérioré, le dimanche 11/12/2016, entraînant le décès», indique le communiqué. La même source indique aussi, que lors l'hospitalisation, «sa famille a pu suivre son état de santé et la prise en charge médicale qui lui a été réservée, à travers six visites de son frère, une visite de sa mère, deux visites de représentants de l'ambassade de Grande- Bretagne en Algérie et d'une visite de son avocat, maître Bachi Mecheri». 

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 12:16
Hassan Bouras.

Hassan Bouras.

Arrêté le 3 octobre à El Bayadh, Hassan Bouras, journaliste et membre du comité directeur de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) a été et placé sous mandat de dépôt.

La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme qui a rendu un communiqué, signé de son président Nourredine Benissad, précise que son domicile a été perquisitionné par les services de sécurité. Le matériel informatique du militant et journaliste est saisi sans nul doute pour exploitation. Le président de la LADDH évoque "le harcèlement dont fait l’objet Hassan Bouras depuis longtemps par des sphères occultes est lie à ses activités de militant des droits de l’Homme".

Hassan Bouras a été présenté le lendemain de son arrestation devant le procureur de la république d’El Bayadh puis devant le juge d’instruction qui a ordonné sa mise en détention. Depuis, il a décidé de mener une grève de la faim pour protester contre sa détention.

Les charges retenues contre le journaliste militant sont particulièrement lourdes. Il est poursuivi "pour outrage à corps constitué et incitation des citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat dont la peine peut aller jusqu’à la peine de mort. Hassan Bouras nie, bien entendu, les faits qui lui sont attribués", annonce le communiqué de la LADDH.

La LADDH rappelle aux autorités leurs engagements en matière de respect des droits de l’homme. "La constitution de notre pays ainsi que les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ratifiées par l’Algérie garantissent la liberté d’expression, la liberté comme principe et la mise en détention comme exception et protégé les défenseurs des droits de l’homme contre toutes entraves à leurs activités", souligne la Ligue.

N'en déplaise aux communicants du gouvernement et autres portes-voix, l'Etat civil en Algérie attendra encore. Et les libertés sont encore une simple vue de l'esprit. A preuve, nous assistons depuis la rentrée sociale à une certaine tension. Les limogeages au sein du DRS sont accompagnées d'un raidissement au sommet de l'Etat avec notamment les arrestations de deux généraux et celle de ce journaliste et militant des droits de l'homme. Sans oublier bien entendu, la vingtaine de militants de la cause mozabite arrêté l'été dernier et qui attendent toujours leur procès.

Yacine K.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 11:48
L'Algérie régresse en matière des droits de l'Homme

L'Algérie régresse en matière des droits de l'Homme

«La situation des droits de l’Homme en Algérie est désastreuse et répond à un choix politique», soutient, révolté, le président d’honneur du bureau national de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH).

M. Kebci - Alger (Le Soir) - Et à Me Salah Dabouz d’étayer son assertion par une «accélération des événements avec des faits très dangereux au vu et au su de tout le monde».

Lors d’une conférence de presse, tenue hier, il a évoqué deux exemples frappants, à savoir l’adoption de «lois dangereuses» pour le pays car touchant à des «principes fondamentaux» dont celui d’égalité devant la loi et devant la justice. Il citera, dans ce cadre, l’ordonnance portant code de procédure pénale qui prévoit, pour certains délits, l’émission de chèques sans provision et détournement de fonds de sociétés privées, la médiation avant l’enclenchement de poursuites judiciaires.

Une disposition dangereuse pour les équilibres sociaux qui ne vise, selon lui, qu’à «protéger une certaine catégorie de gens» et porte un sacré coup au «principe d’égalité devant la loi et la justice». Pour l’avocat, l’argument avancé pour justifier cette disposition, à savoir un «rôle chargé», ne tient pas la route, en ce sens, expliquera-t-il, «qu’un système qui ne trouve pas de solution doit partir».

Et d’ironiser en soutenant que le rôle est effectivement chargé de «fausses affaires» et de «fausses poursuites», relevant une «mauvaise foi» dans la promulgation de cette loi, visant à «imposer une vision» et à «éviter les débats».

Pour Me Dabouz, cette disposition ne vise ni plus ni moins qu’à renforcer certains du pouvoir et leurs satellites et rendre «plus vulnérables ceux qui le sont déjà».

Autre «échantillon» de cette menace de la stabilité sociale, la LFC (loi de finances complémentaire) 2015, truffée, à ses yeux, de choses qui «n’ont rien à voir avec la loi de finances». «De l’article 54 à l’article 61 de cette LFC 2015, il est question de modifications de dispositions du code du travail !», s’étonne le président du bureau national de la LADDH qui fera part, dans ce sillage, de la saisine du Conseil constitutionnel. «Certes, notre démarche n’obéit à aucune loi mais c’est plus un message politique au pouvoir pour qu’il ne dorme pas sur ses deux oreilles. C’est aussi un appel à élargir le champ de la saisine du Conseil constitutionnel à d’autres composantes», s’expliquera-t-il.

Me Dabouz traitera également des atteintes «sans précédent» aux libertés individuelles et collectives puisque, selon lui, se faisant «en violation de la loi, au vu et au su de tout le monde» avec des arrestations «sans flagrant délit, ni mandat d’amener, ni mandat d’arrestation». Des arrestations, le plus souvent pour «délit d’opinion» que l’on «ne cache même pas», ajoutera-t-il, citant les cas des détenus de Ghardaïa dont Kameleddine Fekhar et Nacereddine Hadjadj, détenus depuis l’été dernier en tant que présumés meneurs de la violence dans la région qui poursuivent leur grève de la faim, estimant leurs dossiers «flous».

Ceci au moment où l’un d’eux, Bencheikh Aïssa, un agriculteur de 69 ans, a rendu l’âme à l’hôpital de Ghardaïa où il a été évacué 11 jours auparavant dans un état «d’inconscience» dans la première salle de médecine interne «qu’il n’a jamais quittée», précisera-t-il.
Et selon Me Dabouz, la famille du défunt «n’a toujours pas récupéré le rapport d’autopsie» en raison des «tracasseries administratives».
M. K.

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