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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:34

Oxi» ! Les Grecs ont donc osé…! Même sans le sou, ils étaient, en effet, plus de 61% à oser dire «non» aux directives de leurs créanciers, dont ils dépendent pourtant presque entièrement pour pouvoir accéder ne serait-ce qu’aux 60 euros de retrait, que leur permet encore l’état de leurs finances publiques. S’il n’est aujourd’hui guère de bon ton de céder béatement à l’enthousiasme révolutionnaire, il est cependant légitime de s’interroger, désormais, tant sur les péchés que sur les limites objectives de la toute puissance des marchés et de la finance mondiale.

L’événement, à n’en point douter, est historique et le tournant bel et bien décisif, même s’il est encore trop tôt pour en tirer de quelconques conclusions. Depuis que le système de Bretton Woods est né, et avec lui l’hégémonie actuelle du capital, jamais, en effet, un pays en cessation de paiement n’a pu aussi ouvertement tourner le dos aux traditionnelles injonctions d’austérité, sous peine de se voir éjecté de tous les réseaux internationaux de financement. Avant même le référendum, la Grèce, en faisant défaut sur sa dette, était déjà devenue le premier pays développé à ne pas honorer une créance envers le sacro-saint Fonds monétaire international (FMI).

En se mettant dans une aussi délicate position, Athènes ne faisait pas que déclarer son incapacité à payer, mais mettait carrément ses créanciers du FMI et de l’Union européenne (UE) devant leurs responsabilités quant à l’asphyxie à laquelle est condamné le pays. De cure d’austérité à cure d’austérité depuis 2010, la Grèce n’a cessé de se soumettre à l’orthodoxie du FMI et de l’UE, sans jamais parvenir à sortir la tête de l’eau.

Pis encore, sacrifice après sacrifice, le pays n’a fait, in fine, que sombrer davantage dans la crise, les traitements administrés par ses créanciers n’ayant engendré que paupérisation et tensions sociales, sans jamais atténuer le fardeau de son endettement, ni amorcer la remise de son économie sur la voie de la croissance. La foule, faut-il l’admettre, peut avoir parfois raison, même si elle n’entend souvent rien aux sophistications de la Bourse, ni aux fourberies du capital.

Car, en votant «oxi» dimanche, la majorité des Grecs n’a pas seulement exprimé son ras-le-bol de l’austérité, mais a peut-être rappelé tout simplement que celle-ci n’est pas forcément la solution. Dans un rapport de 2014 sur les inégalités sociales, des économistes du FMI, faut-il le rappeler, avaient eux-mêmes admis que les vieux outils de rigueur budgétaire et d’austérité, imposés parfois par le Fonds, aggravent les inégalités sociales, conduisent à d’importantes pertes d’emplois et impactent, en prime, négativement la croissance.

La Grèce en a vraisemblablement fait les frais. Et avec l’issue du référendum d’avant-hier, Athènes prend à son tour l’Europe et la finance mondiale en sandwich ; entre velléités de sévir contre un mauvais élève en l’abandonnant à sa propre faillite et une peur panique de laisser un tel virus contaminer tout le système…

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:34

L’opposition ouvertement affichée par le FLN aux mesures de limitation de l’utilisation du cash nous renseigne, si besoin, qu’il ne peut y avoir de changement de gouvernance économique sans un changement radical de gouvernance politique.

Car, pendant que les cours du pétrole, dont dépend la survie financière du pays, continuent à jouer au yo-yo au gré d’événements sur lesquels le pays n’a nulle emprise, les députés de la nation, et avec eux le pouvoir en place, préfèrent continuer à «yoyoter» stérilement sur de supposées préoccupations de la population.

Avant-hier encore, la secousse, quelque peu spectaculaire et inattendue, qui a frappé le marché pétrolier mondial mettait à nouveau à nu toute la fragilité économique et sociale du pays, dans un monde qui semble de plus en plus fonctionner en effet papillon. Reprise des forages aux Etats-Unis, regain de vigueur pour le dollar, référendum en Grèce, crise de l’eurozone, négociations sur le nucléaire iranien…

Autant de facteurs exogènes, dont personne n’a réellement la maîtrise, qui peuvent, faut-il le rappeler, venir, du jour au lendemain, bouleverser toute la donne pétrolière actuelle, en tirant surtout les cours encore vers le bas.

Au train où vont les choses, il serait en effet aventureux de miser sur une stabilité soutenue des prix du pétrole, même à un niveau de
60 dollars le baril. Et face à ces nouvelles réalités, le simple bon sens voudrait que les dirigeants du pays, les députés avec, se soucient davantage de suggérer ne serait-ce que quelques pistes de sortie de crise ; et non de vociférer pour la liberté du peuple à se trimballer avec des quantités d’argent liquide.

Car, en plus de la volatilité des cours pétroliers, l’Algérie se trouve en même temps confrontée, et depuis quelques années déjà, à une contraction significative de sa production d’hydrocarbures, soit la seule ressource qui sous-tend encore sa faible compétitivité et sa toute frêle viabilité financière. Demain, il faut le redouter, les ressources financières du pays risquent d’atteindre un tel degré d’assèchement qu’il n’y aura plus lieu de débattre de seuils de liquidités à autoriser, mais de plafonds de retraits à ne pas dépasser pour espérer surseoir à la faillite.

Et sans un véritable plan de crise à mettre en place en urgence, le pouvoir risque à terme de ne disposer même plus d’assez de ressources pour entretenir et les quelques réalisations en infrastructures publiques, dont il ne cesse de se vanter, et les colossaux transferts sociaux, qu’il aime souvent à présenter comme une offrande à la collectivité.

C’est dire en définitive à quel point l’urgence d’un redressement structurel de l’économie nationale reste suspendue à celle d’une réforme en profondeur de la gouvernance politique.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:33

’émotion était vive et la colère difficilement contenue, hier, lors du rassemblement des Mozabites devant la maison de la presse Tahar Djaout, à Alger.

En majorité des jeunes, remarquablement encadrés, les manifestants ont tenu à dénoncer les graves dérapages dont la région du M’zab fut le théâtre au cours de ces dernières heures, où de nouvelles victimes sont déplorées. Les slogans scandés par les jeunes Mozabites au cours de ce sit-in traduisent l’état de désarroi total dans lequel se trouve cette communauté qui n’a plus d’autre recours que de mettre les autorités devant leurs responsabilités.

Et de prendre à témoin l’opinion publique face au drame que vit la région du M’zab avec ce cycle continu de violences allant crescendo en dépit de toutes les initiatives prises pour apaiser les esprits.

Ce n’est pas la première fois, depuis la reprise des tensions dans la région, que cette communauté brise le mur du silence de cette crise oubliée (ou délibérément entretenue par des forces occultes), qui se déroule intra-muros et qui ne revient sur le devant de la scène que lorsque des vies humaines tombent.

En portant leurs doléances dans la capitale, devant la maison de la presse, avec un ton et une détermination nouvelle dictés par la tournure grave que le conflit prend et qui a vu pour la première fois l’utilisation d’armes à feu dans les heurts intercommunautaires, les protestataires ont voulu faire toucher du doigt le fait que la solution au conflit se trouve à Alger.

Face à l’incapacité du gouvernement, des élus locaux, des représentants des formations politiques et des forces de sécurité à rétablir la paix et la quiétude dans la région, les Mozabites, réduits à la comptabilité macabre et à enterrer leurs morts, n’en peuvent plus de continuer à attendre l’envoi, de manière épisodique, d’émissaires d’Alger, ou de bons offices civils et militaires de la région. Des émissaires qui n’ont ni le pouvoir ni les moyens pour peser sur des événements qui les dépassent.

Ce sentiment d’abandon est résumé dans ce slogan brandi hier par un jeune manifestant : «Où sont les engagements du gouvernement ?» Un plan en plusieurs points avait été adopté par le gouvernement, lequel couvre tous les aspects du conflit : de la gestion sécuritaire au volet économique et social en passant par la reconstruction de la ville et les réparations des dégâts moraux et matériels occasionnés de part et d’autre. La nouvelle flambée de violence vécue par les habitants du M’zab fournit la démonstration éclatante que les promesses du gouvernement ne se sont pas traduites dans les faits.

Ce qui se passe à Ghardaïa ne semble pas avoir, aux yeux des pouvoirs publics, une portée stratégique qui nécessite des mesures urgentes et exceptionnelles. Pour les autorités, Ghardaïa est un voyant rouge, rien de plus, comme tant d’autres – routes coupées, grèves…– qui clignotent sur le tableau de bord mouvementé du pays. La recrudescence de la violence dans la région signe clairement l’échec du plan gouvernemental de réconciliation et de reconstruction de la région.

En se déchargeant sur les autorités militaires – dont ce n’est pas la vocation – pour mener le dialogue avec les notables locaux, le gouvernement reconnaît son incapacité à apporter des solutions viables à la crise. Toutes les «guerres» à travers l’histoire, quelles que soient leur dimension et leur nature, ont une fin. D’où cette interrogation : a-t-on fait tout ce qui devait l’être pour ramener la paix dans les cœurs des habitants du M’zab ?

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:32

Lorsqu’un régime politique implique l’armée dans la «gestion» d’un conflit interne, il signe son échec et discrédite les institutions chargées normalement de le faire : les principaux démembrements du gouvernement et les assemblées élues, tant nationales que locales. Une année de gestion approximative du drame du M’zab a conduit inévitablement à un intolérable bain de sang, comme le fut la gestion du soulèvement des jeunes de Kabylie au début des années 2000, qui s’est soldé par plus d’une centaine de morts, tous fauchés par balles.

Ce conflit vieux de quinze ans, mais toujours pendant, a généré un immense traumatisme régional et national. Il aurait pu être réglé, dès le départ, si le pouvoir s’était résolu à apporter une solution à la principale revendication des manifestants qui est la constitutionnalisation de la langue amazighe. Il ne l’a fait, et partiellement, qu’une fois le sang versé par une institution militaire, la gendarmerie, embarquée à son corps défendant dans une crise pourtant à essence strictement identitaire et donc politique.

Au M’zab, la gendarmerie a été également impliquée pour rétablir l’ordre et il y a risque que les militaires eux-mêmes soient sollicités pour intervenir.

La solution pourtant était évidente dès les premiers signes de tension. Il s’agissait pour le pouvoir d’écouter attentivement la population et ses vrais représentants, de recenser systématiquement leurs doléances, puis de les mettre en œuvre dans un plan d’envergure comportant tous les plans : sécurité des personnes et des biens, développement économique, social et culturel de la région, en prenant en considération la particularité sociologique et religieuse du M’zab.

Deux années durant, les autorités se sont contentées de demi-mesures, sans aucun impact économique et social et d’un semblant d’écoute de la population confinée à des notables dont la représentativité n’était pas évidente.

La sécurisation des villes n’était que faiblement assurée, ce qui a laissé la porte ouverte aux confrontations entre groupes, certains probablement aux objectifs maffieux. Le pouvoir détournait les yeux de la région dès qu’apparaissait une accalmie, laissant couver le feu dans les tréfonds de la société. Le conflit a présenté une apparence, celle de la confrontation entre deux communautés, les ibadites et les malékites, mais il avait – et il a – l’implacable réalité d’une extrême complexité : terre et civilisation d’une grande fragilité, le M’zab a été livré sans défense aux agressions multiples générées par le développement anarchique et sauvage du pays et cela depuis l’indépendance, spécialement depuis l’ouverture aux lois du marché.

Les déplacements de populations, les extensions urbanistiques, les nouveaux modes de vie, l’essor des extrémismes religieux ont considérablement pesé sur le tissu social de la vallée, unique dans le pays et dans le monde.

Ces agressions ont fini par la déstabiliser malgré une résistance remarquable des segments les plus sains, notamment des jeunes conscients de tous les dangers : leur crainte est qu’au-delà de la perte identitaire, le M’zab ne subisse une mort lente et que ses richesses, économiques et culturelles, soient livrées aux prédateurs de tous poils qui essaiment dans le pays. Ils crient leur désespoir comme ils le peuvent (manifestations, grèves, pétitions…) tout en gardant l’espoir que les autorités prennent conscience cette fois de la gravité des dangers, parce que le sang a trop coulé.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:31

La langue d’Ahmed Ouyahia, secrétaire général par intérim du RND et directeur de cabinet à la présidence de la République, a-t-elle fourché lors de son intervention, samedi, devant les cadres de son parti à Alger, où il avait tenu des propos sur la gouvernance du pays qui ont fait polémique ? Les journalistes, qui ont couvert l’événement, ont fait la même lecture de l’analyse du patron du RND sur la situation du pays, relevant l’attaque en règle contre le gouvernement de M. Sellal accusé de «populisme».

En comparant la situation difficile que vit le pays aujourd’hui avec la période de fin de règne de Chadli, où l’on persistait à mentir au peuple en niant la gravité de la crise qui couvait, M. Ouyahia pose un diagnostic tout en sériant les causes du mal. Lorsque le chef du RND appelle à dire la vérité au peuple algérien sur la situation du pays et les dangers qui le guettent, il s’adresse, selon toute logique, au gouvernement et aux décideurs et non pas à l’opposition, laquelle, pour sa part, ne se fait pas prier – c’est son rôle – pour critiquer l’action du gouvernement.

Aussi, le démenti apporté hier aux écrits de presse sur les propos de M. Ouyahia par le RND, via le site électronique Algérie patriotique, apparaît, de toute évidence, beaucoup plus motivé par les dommages collatéraux occasionnés en termes d’évaluation et de sanction de l’action gouvernementale que par un souci de clarté et de vérité.

Les propos attribués à M. Ouyahia ont été rapportés par plusieurs titres et sites de la presse nationale. Qui fait alors dans la désinformation ? La vérité est qu’Ahmed Ouyahia a voulu s’essayer au difficile exercice de la démocratie institutionnelle en osant une réflexion et un débat critique et responsable – avec ou sans calcul politique – sur la situation du pays dans un système politique monolithique qui n’autorise pas la moindre diatribe.

On a vu comment des ministres et de hauts fonctionnaires ont été débarqués de leur poste pour une déclaration faite parfois en privé ! M. Ouyahia a été manifestement rappelé à l’ordre pour avoir tenté de briser le consensus, l’unanimisme qui prévaut au sein du pouvoir et de ses soutiens sur l’appréciation de la gestion des affaires du pays. Sa marge de manœuvre apparaît d’autant étroite qu’il se devait de concilier son appartenance à la majorité présidentielle avec ses ambitions politiques qui lui imposent de faire, à sa manière, de «l’opposition» pour se poser en alternative.

Dans les systèmes démocratiques, ce genre de débat critique et contradictoire à l’intérieur des institutions et des forces qui composent ou soutiennent la majorité présidentielle ou parlementaire est quelque chose de tout à fait naturel. C’est une richesse au plan des idées et de la mobilisation des compétences et des sensibilités plurielles qui traversent une équipe gouvernementale ; le tout mis au service d’un objectif commun et d’un projet sociétal partagé.

Il n’est pas rare que des voix et des groupes de «frondeurs», ayant des convictions chevillées au corps et s’assumant publiquement en tant que tel, s’élèvent de l’intérieur de l’équipe au pouvoir pour contester un projet du gouvernement. C’est tout le contraire de l’allégeance politique qui fonde le système politique algérien.

Lequel n’offre d’autre choix à la classe politique que de se soumettre, de faire dans le larbinisme pour être dans les bonnes grâces du pouvoir ou de choisir le camp de l’opposition. Il n’y a pas de voie médiane.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:31

Pour le peuple iranien qui souffre depuis tant d’années de l’embargo occidental, l’accord sur le contentieux nucléaire est une grande nouvelle. Ce grand pays va retrouver sa place et sa vitalité dans la région. Mais, en même temps, il faut le dire, cet accord va rendre encore plus délicate la question de la saturation du marché pétrolier mondial, puisque Téhéran est déterminé, dès la levée des sanctions, à retrouver son niveau d’extraction de pétrole et de gaz d’antan afin de rattraper son retard de développement.

Pour empêcher cela – la géopolitique du Proche-Orient étant ainsi faite –, l’Arabie Saoudite, ennemie historique de l’Iran, continuera d’inonder le marché mondial d’or noir alors que le niveau de saturation est déjà atteint à un point tel que les prix chutent de jour en jour. Comme un malheur n’arrive jamais seul – sur le plan énergétique s’entend –, l’Irak s’active également à retrouver son niveau de production d’antan, tout comme la Libye, deux pays en phase de règlement de leurs difficultés politiques internes.

Tout cela se déroule sur fond d’une autre guerre géopolitique, celle opposant les Etats-Unis d’Amérique à la Russie : Moscou a cruellement besoin des ressources tirées de ses exportations en hydrocarbures afin de conserver ses positions internationales et de maintenir son statut de grande puissance face à l’ogre américain que l’exploitation acharnée du pétrole et du gaz de schiste a libéré de sa dépendance vis-à-vis des autres pays, notamment du Moyen-Orient. Les Etats-Unis envisagent même de devenir exportateurs.

Les experts du marché de l’énergie n’hésitent plus aujourd’hui à parler de fin de l’ère du pétrole et du gaz rares et chers, de surcroît dans un monde en crise économique structurelle et qui apprend pour des raisons écologiques à se passer des ressources non renouvelables. La surabondance du pétrole et du gaz, combinée d’un côté avec les calculs géopolitiques des grandes et moyennes puissances, et de l’autre avec la stagnation de la demande font que la chute de ces deux énergies est inexorable.

Elle ne sera freinée que sur un niveau, celui en deçà duquel les intérêts des grandes multinationales pétrolières et gazières occidentales pourront être menacés. On évoque un prix de 40 dollars et même en deçà. Il fut un temps, dans les années 1980 et 1990, où l’OPEP réagissait pour tirer les prix vers le haut.

L’Organisation a perdu aujourd’hui de son poids et de son efficacité. Elle est désertée par l’Iran, l’Irak et la Libye, trois pays obsédés par leur reconstruction, et elle est piégée par l’Arabie Saoudite, hostile à l’Iran et soucieuse de conserver ses parts du marché mondial des hydrocarbures. L’OPEP n’est plus aiguillonnée par le «front de résistance» d’antan réduit aujourd’hui pratiquement à deux pays, le Venezuela et l’Algérie. Deux Etats qui se ressemblent précisément par leur dépendance totale aux exportations d’hydrocarbures, n’ayant pas su mettre en place chacun une économie productive.

Pour se maintenir, les régimes en place ont développé à outrance un système social de redistribution de la rente, et actuellement ils sont dans une situation intenable, porteuse de graves périls. L’Algérie peut financièrement «tenir la coup» encore deux années, le temps de puiser dans ses réserves en devises. Au-delà, ce sera le syndrome de 1986- 1987, le pays qui sombre dans le chaos économique et politique (pénuries, corruption, ajustement structurel) avec son lot inévitable de sang versé (Octobre 1988, puis la décennie rouge).

En réalité, la guerre du pétrole n’est qu’un élément révélateur et aggravant de la crise, elle n’en est pas la cause. Celle-ci est à chercher plutôt dans la gouvernance désastreuse qui caractérise l’Algérie depuis l’indépendance et singulièrement depuis trois décennies. Peut-être qu’il est encore temps d’éviter au pays l’apocalypse, le mot n’est pas fort, mais pour cela il faut de nouveaux dirigeants, un autre pouvoir, un autre système politique et civilisationnel. Bref, une autre façon de diriger quarante millions d’Algériens aux besoins et aux aspirations bien plus complexes que ceux du passé.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:30

Les recettes pétrolières s’amenuisent dangereusement. Pour un pays mono exportateur, comme l’Algérie, c’est un désastre. D’autant que la tendance baissière de cette principale richesse risque de perdurer encore longtemps.

Que peut faire le gouvernement de Abdelmalek Sellal face à cette situation qui lui est imposée, sinon «compter ses sous» en réduisant les dépenses publiques et en introduisant des restrictions dans les importations ? De nouvelles dispositions seront introduites dans la loi de finances complémentaire, lesquelles nous renseigneront sur les solutions que Sellal compte apporter pour limiter la saignée dans les finances de l’Etat.

Les chiffres donnés par la Banque d’Algérie, lundi dernier, sont édifiants. Les réserves de change ont fondu de 19 milliards de dollars en trois mois et le décaissement du Fonds de régulation des recettes a atteint plus de 6 milliards de dollars. Le rachat par l’Etat de 51% du capital social de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy, ainsi que le transfert des dividendes des entreprises étrangères établies en Algérie ont coûté près de 10 milliards de dollars. Si l’on rajoute la dépréciation du dinar face au billet vert, cela illustre l’état catastrophique dans lequel se trouve l’économie algérienne.

Et les perspectives ne sont guère réjouissantes, selon les experts. Ces derniers avaient prédit, il y a longtemps, la chute brutale des prix des hydrocarbures et suggéré aux pays économiquement fragiles de préserver les ressources rares que sont les devises. A l’image de Christine Lagarde, patronne du FMI qui, il y a plus de deux ans, avaient conseillé les autorités monétaires algériennes de réduire le train de vie de l’Etat.

Elle ne sera pas entendue par le pouvoir politique en place, trop occupé à jouir de l’aisance financière pour lancer de grands chantiers ou se sont greffés de puissants réseaux de corruption, à l’image du scandale de l’autoroute Est-Ouest qui s’est achevé par une parodie de procès. L’autre projet controversé du président Bouteflika est celui de la Grande Mosquée d’Alger qui a déjà englouti plus d’un milliard de dollars ! C'est-à-dire la totalité de l’enveloppe qui lui a été allouée, alors que les travaux n’ont pas atteint 50%. Et l’on passe sur les multiples exemples de gaspillage opérés avec la bénédiction du pouvoir politique.

Ramener de l’ordre dans ce «miasme» économique constituera un pari difficile pour le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. C’est comme nettoyer les «écuries d’Augias». Il doit s’y atteler vite.

Sellal devrait également entendre le cri de rage de ce capitaine d’industrie, Issad Rebrab, qui s’interroge sur les motivations de certains membres du gouvernement, Abdessalem Bouchouareb notamment, à vouloir bloquer les initiatives visant à créer des richesses, plusieurs opérateurs économiques sont dans cette situation ubuesque, malgré la volonté affichée du pouvoir pour encourager les exportations hors hydrocarbures. Y a-t-il là aussi une forme de clientélisme ?

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