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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:55

Pendant que des milliers de nigériens en situation irrégulière sont expulsés d'Algérie manu militari, dans les taudis d'Oran on peut violer une migrante et lui rappeler qu'elle n'a aucun droit.

Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

« Les souffrances des migrants subsahariens en Algérie et particulièrement à Oran, sa capitale de l’ouest, sont aussi vives qu’avant la période, où le migrant était chassé comme un animal- arrêté et contrôlé à cause de sa couleur, humilié, dépossédé, emprisonné puis expulsé en vrac dans des camions à bétail vers le désert. », écrit Fouad Hassam, le chargé du dossier migration au sein du SNAPAP, syndicat autonome.

L'une des rares associations mobilisée autour des graves atteintes aux droits des migrants en Algérie et qui dans son dernier communiqué rapporte une histoire qui témoigne du sort réservé à nos voisins africain au pays de Frantz Fanon, en 2015.

Jeudi 1er octobre, Marie Simone D., 33 ans, camerounaise, rentre chez elle, il est 23 heures, dans son quartier Cola, à Oran, un quartier entre bidonvilles et constructions anarchiques, quand « menacée d’une arme à feu pointée sur la tête, d’un couteau et d’un chien de race Rottweiler ou pitbull, elle a été emmenée au-delà du parking et tabassée à coups de poings sur le visage et après, violée par au moins sept personnes de nationalité algérienne. » Alerté par des voisins, son mari vient à son secours. « A moitié morte », il l'emmène en taxi aux urgences de l'hôpital d'Oran. Il est 1h 30 du matin, les services d'urgence « refusent son hospitalisation. », refusent de délivrer à la victime un certificat médical et enfin refusent d'effectuer les prélèvements pour « la constitution de preuves » des violences subies. Le lendemain personne n'entend la détresse de ce couple qui fait le tour des hôpitaux d’Oran dans une immense solitude, aux urgences, à la maternité de CHU, à la clinique du Front de mer et enfin à la clinique de Santal, soient quatre services de santé. Le couple refuse de se laisser écraser par ce sidérant mépris et décide de déposer plainte à la gendarmerie nationale, « exactement auprès de la Brigade territorialement compétente de Yahhmoracen. » Nous sommes vendredi, jour de prière : « Le gradé de la Brigade, en professionnel prend tout le temps pour écouter les malheurs de la femme migrante. », avant de demander : «Avez-vous les papiers ? Le mari dit non, juste une carte consulaire, et la victime, lui répond négativement. Le Gendarme pose alors une seconde question : «êtes-vous musulmans ou chrétiens ? ». Les deux répondent : « nous sommes des chrétiens ». Le gendarme clos la discussion par : « vous n’avez pas de papiers, vous partez ou bien, c’est la cellule». Voilà comment est accueillie une migrante violée et son mari dans les institutions algériennes. Interdite de soins, interdite de déposer une plainte après une violence inouïe. Ni le personnel de santé, ni le gendarme en service ne seront jugé pour non assistance à personne en danger. Quand à ses agresseurs, au nombre de sept, ils pourront continuer à se jeter sur le corps d'une femme noire sur leur parking, sous les fenêtres de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs filles et de leurs femmes qui savent déjà qu'il n'y a pas de justice pour les faibles en Algérie.

Un pays où les migrants n'existent pas, rendus invisibles par des politiques gouvernementales racistes, la honte cachée de l'Algérie qui se pose en puissance régionale grande organisatrice de rencontres fraternelles sur le continent africain en se comportant comme les pires blancs d'Afrique du Sud. Sans papier, aucun droit ne leurs sont reconnus, ni le droit à la sécurité, ni le droit à la santé, ni le droit à la dignité, ni même pas le droit à la scolarité pour leurs enfants, nombreux à être nés en Algérie.

Les violences physiques, les violences institutionnelles subies sont pires que celles rêvées par l'extrême droite européenne. Entassées dans les quartiers les plus sordides du pays, les moins dotés, ce sont les plus démunis des algériens, eux-mêmes en bataille pour leur survie, qui portent ce supplément de misère entre détresse sexuelle et détresse économique, une cohabitation explosive, entraînant dans cette jungle toutes les formes de violences, aggravée par le racisme. Le premier mot qu’apprend une migrante de la langue arabe c'est « kahloucha », sa couleur noire. Le pire des racismes parce qu'inconscient comme une évidence pratiquée par les commentaires de presse, la justice, la police, les personnels de santé à quelques exceptions près... Comment s'étonner que des personnels de santé refusent de soigner des migrants quand c'est au Croissant Rouge Algérien qu'est confié la mission de police de reconduire les migrants nigériens dans leur pays ? « Il ne s'agit pas d'expulsion, c'est à la demande du Niger », se défend Madame Benhabiles avec bonne conscience, sans même se rendre compte de l'énormité du propos pour une présidente d'une institution dites humanitaire dont les missions sont de « prévenir et alléger les souffrances des plus vulnérables sans distinction de race, de religion, de conditions sociales ou d'appartenance politique. »

« Nous avons, dit-elle, non sans fierté, rapatriés plus de 3000 nigériens, tous les enfants (ils seraient 900, NDR) ont été vaccinés et sont partis avec des carnets de vaccinations. Nous avons respectés les normes internationales en la matière. Nous avons offert un colis alimentaire de 71 kilos à chaque ressortissant rapatrié, en plus des médicaments. Nous sommes allés plus loin en lançant un appel à tous nos partenaires internationaux pour financer des micros projets...) » Et, le travail continue, arrêté en été pour raison climatico-humaniatire, il est reparti de plus belle avec l'arrivée de l'automne et de l'hiver, de belles saisons pour balancer entre Sahara et Sahel, dans l'un des pays le plus pauvre au monde, entre misère et terrorisme , des milliers de personnes, en tranche, « à la demande de leur gouvernement », comme si ce gouvernement incapable d'assurer leur survie avait droit de vie et de mort sur ses ressortissants, on les alourdit de 71 kilos chacun, en espérant que les micros crédit suivront et pour les enfants un joli carnet de vaccination en souvenir d'un pays qui laisse une des leur mère se faire violer par sept algériens sans la soigner, ni même lui reconnaître le droit de se plaindre. Madame Benhabiles aurait-elle un vaccin dans ses ambitions humanitaires contre la nausée ?

Ghania Mouffok

Les migrants subsahariens souffrent en Algérie

Les migrants subsahariens souffrent en Algérie

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 10:36

A vrai dire, on ne saurait parler de l'exil sans évoquer la vie de Jean Amrouche (1906-1962).

Celui-ci en a subi plusieurs en même temps. Exils qui lui ont collé aux basques, obsédé, travaillé pour longtemps de l'intérieur. Il est d'abord l'exilé de conscience, puis d'identité, de religion, de terre et de plume, "Aujourd'hui, aujourd'hui, écrit-il dans son recueil poétique (Cendres, 1934), j'abandonne ce lieu/où j'ai cru si longtemps que mes pieds poseraient/ pour jamais/ ces sépulcres offerts au soleil dévorant/ ces femmes ravinées dont les mains sont tendues/ non vers le ciel trop pur / mais vers le pays de l'or et du travail facile/ J'appareille aujourd'hui vers une autre colline / un pays jamais vu par des regards humains / sous un arbre aux bras longs /comme un regard de mère». Amrouche a hérité de la douleur de sa «mère-batârde» un amour incommensurable pour sa mère-génitrice, une réciprocité fructueuse pour cette "Fathma Aït Mansour-Amrouche", écrivain au cœur tendre, accueillante, brave et attachante! Il a eu ensuite cette rarissime singularité d'être chrétien dans un pays foncièrement musulman, d'être aussi partagé entre la sédentarité naturelle dans sa langue maternelle le kabyle et l'errance poétique dans la langue française, ce «butin de guerre» comme dirait Kateb Yacine. Sa vie ne fut autre que «la synthèse dramatique d'un outsider» qui avait su cependant jouer dans la cour des grands, retournant à son avantage ce qui aurait pu, a priori, constituer son talon d'Achille. C'est pourquoi, il a réussi avec virtuose à passer en particulier dans ses textes de l'état du déchirement identitaire (algérien-chrétien) à une attitude de conciliation que peut sans doute résumer l'énigmatique formule : la quête «généreuse» des origines. Sans doute le paysan kabyle dont il est le modèle de par son milieu familial à Ighil Ali (Petite-Kabylie) a un rapport charnel avec sa terre.

La terre et la mère sont ses éternelles obsessions. Des obsessions épidermiques en lien direct avec le sang. Peut-être était-ce pour cela au demeurant que Mouloud Feraoun (1913-1962) aura intitulé son célèbre roman "la terre et le sang"? Ce sang pur, chaud, bouillonnant, fertile qui a irrigué au long des siècles par ses abondantes rigoles les terres numides de Massinissa, Jugurtha, Firmus, Ben Boulaïd.... Un jour, un chibani m'a informé à Lyon que ses tripes se réchauffaient vite dès que ses pieds foulaient le sol du bercail, qu'il se sentait hors d'atteinte, dans un univers parallèle qui n'est pas tout à fait celui de ceux qui l'accueillent ni non plus celui de ceux dont il vient de quitter le territoire. Dans sa tête, deux vies s'affrontent, lentement, longuement, patiemment sans pouvoir s'éviter ni se dépendre, encore moins s'entrechoquer : la vie d'ici et de là-bas. Comment peut-on décrire cette exquise joie de retrouvailles, ce lieu inconnu de l'espérance, cet entre-deux qui nous permet l'évasion, l'ivresse, et un défoulement à nul autre pareil à nos poitrines oppressées par le fardeau de l'absence? Comme si la solitude, l'abandon, l'érosion de soi, les tourments de ces années de "froid", car l'exil s'apparente à une banquise de glace, se diluent dans une alchimie nouvelle. Rien à voir avec la plate mièvrerie de l'hexagone. Ici, c'est le ressourcement auprès des siens. La délivrance. On entend partout les chuchotements des nôtres, leurs voix abasourdies, les cris de bébés, quelques rires par ici, quelques clins d’œil par-là, paires d'yeux étincelants rassemblées en ronde et scrutant chaque détail de notre physionomie, nos traits de visage, notre corps dans l'attente d'ouvrir la valise, le coffre-fort des cadeaux, point de mire des regards, boîte à surprises. Un émigré sans valise est comparable à un arbre sans branches. Sans racines! Car la valise est le propre destin de l'exilé, sinon sa carte d'identité. Les Pieds-Noirs d'Algérie n'étaient-ils pas obligés de quitter leur terre natale sous les menaces du fameux slogan "la valise ou le cercueil"? Prendre sa valise signifie que l'on s'égare quelque part, que l'on coupe le cordon ombilical qui nous rattache à notre matrice originelle, que l'on assume pour de bon notre destinée de nomade. Un homme qui s'en va est un soleil qui se couche, une vie qui se déplace, du doute, du stress, du vide avec cette touche de flottement, ce zeste d'amertume derrière le dos, ce soupçon d'aventure dans le vent. On n'a pas parfois besoin de grand-chose pour que s'ouvrent les vannes de la curiosité et que se trouve démarrée la quête, peut-être illusoire, hypothétique, peu évidente, de nous-mêmes, nos origines dispersées, nos racines enfouies «une identité-racine, écrit le martiniquais Edouard Glissant (1928-2011) ne tue pas autour d'elle, mais au contraire, étend ses racines vers d'autres», rayonne, brille. Ironie du hasard, 50 ans après l'indépendance, ces enfants du pays «la grande fratrie» comme dirait le romancier Yasmina Khadra pleurent encore à chaudes larmes cette terre qui les a vus naître. Ce pays du paradis terrestre, ses paysages oniriques, son désert magnifique, ses oasis paradisiaques, ses foggaras prodigues, ses gens simples, ses amours naïves, ses plaines fécondes, son eau douce, ses dialectes exotiques...sa baraka! L'Algérie est belle et rebelle. Une femme au corps de déesse, à la poitrine généreuse : la Mitidja, la Soummam, l'Atlas, les Bibans...etc., dont la rage de vie, les excès de nerfs, les extravagances et les emportements fougueux coupent le souffle. Elle habite les contes de mille et une ivresses. Elle envoûte et ne peut qu'arracher une larme à ses enfants, ses amants, ses amoureux. La larme de nostalgie. En exil, les hommes ne sont qu'absence, une existence transparente, sans poids, sans goût, sans horizons intérieurs, hélas! Une fois, assis dans un café d'une ville hexagonale, en train de prendre un verre avec quelques copains, j'ai été surpris par le regard d'une vieille d'allure européenne -- au fait j'ai su par la suite qu'elle est pied-noir-- qui insistait sur moi. J'ai beau tenter de me détourner, la dame continue de me fixer comme pour vouloir se confier, me dire quelque chose, me livrer un secret inavouable, puis, me sourit incessamment. Un sourire plein de demi-teintes et de pans d'ombre avant de s'approcher enfin près de moi, glissant dans mon oreille à trois reprises «one two three vive à l'Algérie!». Un chant qui remonte à très longtemps, aux ères révolutionnaires de «We want to free Algérie!» que les supporters algériens avaient entonné la veille lors de la rencontre du Mondial de 2010 entre l'Algérie et l’Angleterre qui s'est soldée par un nul, donc, l'élimination quasi certaine des Fennecs avant le match contre les États-Unis. Après un bref silence, elle s'est accroupie à mes genoux en me soufflant, dynamique, un brin joyeuse, «tu es algérien non?», «oui, bien évidemment, mais comment vous l'avez deviné?», «c'est simple, sourit-elle, je l'ai lu dans tes yeux, après tout, tu peux me tutoyer, je suis ta sœur». Ah! Qu'ils sont curieux ces yeux qui remplacent en une minute une carte d'identité! Quelques secondes après, son mari la suit, et me dit alors sur un ton compatissant ; terriblement nostalgique «personne ne peut guérir de la magie de l'Oranie, du charme de ses filles, des rivages au sable fin de Mostaganem, des siestes caniculaires de Relizane, des vignes et du vin du Mascara..».

Sur ces entrefaites, non seulement cela m'a ému mais m'a mis aussi des journées entières sur la piste d'une réflexion ambiguë et subtile sur cet impossible oubli. J'en avais retiré personnellement, je dois le dire en ce papier, un certain sentiment de fierté quant à l'évocation panégyrique de la beauté de mon pays. Sentiment mêlé d'une pathétique compulsion hélas, quelque chose qui ressemble à une atroce auto-culpabilisation parce que je suis comme la plupart des jeunes de ma génération, victime des ravages de l'école fondamentale. Autrement dit, à côté de la plaque des questions de la mémoire, de l'histoire et de l'héritage de la diversité que nous ont légués les anciens. Quel dommage! Racontant en mots crus sa souffrance après sa fuite de la Grèce des colonels en 1974, la chanteuse Angélique Ionatos est justement comme remontée, prise dans le courant de cette lutte acharnée au quotidien contre l'oubli de ses racines en hexagone, sa terre d'exil «je n'ai pas choisi l'exil, écritelle, je l'ai subi et j'en ai souffert. Pour m'intégrer, donc, pour survivre sur la terre «d'accueil», il m'a fallu pour quelque temps renoncer à mon identité. Et pour commencer, il fallait apprendre la langue étrangère, sinon on n'existe pas». Est-il possible en fin de compte de s'intégrer dans une société d'accueil pour s'y désintégrer, s'y oublier, s'y effacer, bref mourir à petit feu? Atroce dilemme suspendu comme une épée de Damoclès sur la tête et la conscience de chaque immigré, chaque exilé...chaque réfugié, etc. La poésie y est sans doute le seul remède. Elle allège les morsures de l'exil, rend celui-ci moins lassant, plus attirant, chantant, mélodique! La poésie est une lumière qui baigne, douce, apaisante, sans fausses notes dans la lourdeur des désespoirs muets, des blessures secrètes, des douleurs silencieuses. Lorca ne s'était-il pas glissé dans la peau d'un poète à NewYork, ville où il a vécu entre 1929-1930, alors étudiant à l'université de Columbia afin d'apaiser cette brûlure-là? New-York l'a obnubilé au point du désespoir. Au point où en seulement 7 mois de séjour, il a ficelé 33 magnifiques poèmes! Un lieu cauchemardesque où nichent des sentiments croisés de folle joie et d'orpheline solitude, d'opulence et de pauvreté, d'égalité et du racisme. Une ville insomniaque, hystérique, fantastique. On dirait un vampire aux ailes déployées à la recherche de sa proie. Proie d'un poète aussi fragile que sensible. Roseau écoutant les échos du monde, ses bruits, et ses cris profonds. Pierre poncée et polie par le jusant de la mer sur les grèves. New-York a transfiguré la sensibilité de Lorca à telle enseigne qu'il se soit accouplé avec sa démence et initié aux remous de ses bas-fonds. Milieu prospère au sein duquel pourtant la condition des noirs du Harlem City des années 1920-1930 était des plus déplorables! Mais en barde de l'amour bavard, de la tendresse coquette et de la virilité tranquille, Lorca n'avait jamais ménagé l'effort de courir derrière cette silhouette volatile...mobile de l'exilé, du transhumant, de l'opprimé, de l'apatride.

Qu'il est triste de voir quiconque en venir-là ! Car un homme sans pays est un corps sans cœur, sans esprit...sans asile ! Qu'il est à plaindre ce gitan qu'il avait porté au bout de sa plume, homme de voyage, gitan de son Andalousie natale, berceau de métissage, de diversité et de culture, jeté en pâture aux aléas du temps, au délire des frontières ! L'exil n'est-il pas en fin de compte faiseur de paradoxes? Et le poète n'est-il pas souvent cet être désabusé et déçu de la vie qui est, pourtant, à l'intérieur de lui-même, une fabrique d'espoir, une machine de volonté, et une cendre incandescente dans une cheminée éteinte ? "España en el corazón" (Espagne au cœur) écrit Pablo Neruda (1904-1973) pour décrire ce sentiment dur, impitoyable, contradictoire, nostalgique, terrible qui le remettait dans le giron de l'Espagne-nourrice - la lointaine puissance colonisatrice - alors républicaine et résistante face aux phalanges du caudillo Franco! Dans son «Canto General», une encyclopédie détaillée d'une Amérique latine exilée d'elle-même, hors du cercle du rêve d'amitié et de fraternité, morcelée, écartelée par les conquêtes impérialistes de l'oncle Sam, il crie sa rage, son exil d'une réalité amère. C'est en escaladant le mont de Machu Picchu au Pérou que Neruda s'était investi cette mission de «chanter sous les ailes clandestines de sa patrie» pour reprendre sa propre expression. Sa patrie, c'est sa langue, sa culture, ses traditions, ses plaines, ses canyons, ses fleuves, tous ces pays de l'Amérique du Sud unis dans la fraternité qui l'appellent à une prise de conscience collective de son identité latine.

Ironie du sort, quelques jours seulement après que le socialiste Salvador Allende ait été déposé le 11 septembre 1973 dans le palais de la Moneda par les milices du généralissime Pinochet, Pablo Neruda lui-même a rendu l'âme, laissant la porte grande ouverte à l'exil de centaines d'intellectuels, médecins, hommes de lettres chiliens partout dans le monde etc., et à l'esquisse de la plus sanglante période du Chili moderne. Et le rêve du poète enterré, hélas ! Enfin l'exil n'est pas un mot léger à porter. Au contraire, c'est un sentiment lourd qui forme à l'école de la vie...décidément...

Kamal Guerroua, le Quotidien d'Oran 23 septembre 2015

Jean Mouhoub Amrouche

Jean Mouhoub Amrouche

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 10:31

"Je préfère ne pas rire, ne pas pleurer, comprendre..." Spinoza (1632-1677), philosophe

Comme par un effet de perpétuel ricochet, ce thème-parasite de l'exil s'engouffre dans les interstices laissés vacants entre les lignes que construisent les phrases, les mots et les chroniques. Est-il un mythe, une obsession ou un pis-aller de la vie ? On n'en sait rien. Il nous arrive parfois de croiser des regards et des univers autres que les nôtres, de subir l'injection massive d'une réalité étrange et brute à laquelle on s'y est attendu le moins, d'espérer malgré nous, la fin de la phase de pouls dans une course effrénée vers une issue jusqu'au dernier instant incertaine. C'est cela l'exil à mon avis. Des interrogations quelquefois tourmentées, un quotidien au souffle saccadé, une énorme pression qui pèse sur le cerveau, le cœur, l'esprit et les épaules. Cela n'évoquerait sans doute pour celui qui le vit ou le ressent qu'une quadrature du cercle et guère davantage. Flux continu d'images, de vérités, de circonstances et de souvenirs qui fascinent, troublent, perturbent! Aussi vieux que le monde, l'exil transporte les esprits dans le temps, les ensorcelle, les subjugue. Les torture et les malmène tout aussi pareillement.

Abstraction faite de la tradition du patriarche Abraham et Agar, sa femme et celle du messager de l'Islam avec sa fameuse «Hijra» (hégire) de la Mecque à Médine en 622 de notre ère, l'histoire nous rapporte aussi les récits des tentatives d'exil du philosophe Socrate (470-399 AV-J.C) avant qu'il fût condamné à mort par la cité athénienne en buvant de la ciguë, l'exil de Napoléon Bonaparte (1769-1821) au lendemain de la défaite de Waterloo en juin 1815 à l'île de Saint-Hélène après l'escale de l’île d'Elbe, celui de l'émir Abdelkader (1808- 1883) en France, puis à Damas en Syrie, et celui d'Ovide (43 AV. J.C-18 A.P-J.C), que je trouve assez intéressant pour m'y étaler un peu plus dans les lignes qui suivent.

Poète à ses heures perdues, Ovide fut expulsé par le roi Auguste chez les Scythes, à Tomis, aujourd'hui Constantza en Roumanie, un comptoir fondé par les Grecs au VII siècle A.V-J.C sur la Mer Noire, près de l'estuaire du Danube et du pays des Thraces. On lui a reproché entre autres choses le fait d'écrire "l'Art d'aimer", un ouvrage jugé scandaleux de par ses propos et ses allusions grivoises, portant atteinte aux mœurs et à la morale de l'époque. Ovide en avait tant souffert puisque, pour lui, Rome est le centre du monde, sa ville lumière, là où avait eu lieu sa naissance, où il avait passé son enfance et son âge adulte. N'empêche que cette expérience traumatisante l'eût aidé à terminer deux œuvres majeures "les Tristes" et "les Pontiques". Tomis fut certes sa ville-tombeau mais n'en demeure pas moins qu'elle ait également été sa muse inspiratrice.

L'exil est une épreuve qui forge et façonne les muscles du cerveau dans la mesure où il nous mène sur une barque de pérégrinations de moins en moins tranquilles, qui finit par secouer le cocotier de nos méninges et déboucher sur une œuvre humaine d'envergure que ce soit en art, dans la création ou dans d'autres domaines. J'ai eu personnellement la chance de rencontrer un Hongrois, artiste de son état. Lequel m'a expliqué que l'exil n'est plus ni moins qu'une manière d'être dans le monde. Il est à l'en croire cette énergie fiévreuse et électrique qui prend à pleine gorge l'âme de celui qui quitte sa terre natale. De telle sorte que ce dernier en soit aspiré en entier, pataugeant entre la douleur initiale de l'abandon de sa mère-nourrice, les sursauts ultérieurs de sa conscience qui dessinent tantôt des hauts, tantôt des bas, les petites chutes morales, les remords et les efforts qu'il aurait consentis afin de se libérer du périmètre de sa prison intérieure. Sensation que ce dernier nie, toutefois, cache et déteste parce qu'elle le renvoie à lui-même, sa précarité existentielle, sa condition d'être fragile. Ainsi s'efforce-t-il à la transformer en un outil pour l'invention du possible. Ce possible insaisissable, fuyant, hors de portée...lointain. L'écrivain franco-algérien Azouz Beggag pense, quant à lui, que juste le fait de franchir la porte de sortie du foyer nous jetterait forcément, peu importe la distance parcourue, dans les bras de cette terre mouvante de l'exil. Cela ne relève nullement de la longueur des kilomètres mais de la migration spirituelle.

Mon prof de littérature comparée à l'université d'Alger appelle cela «le temps géométrique», moi, je préfère dire «le temps cosmique», c'est-à-dire, ce temps qui jumelle à la fois l'espace, le corps, la conscience et la nature. Probablement que les poètes qui recourent souvent à la métaphore des étoiles, de la lune, du soleil, des météores, des nuages dans leurs vers afin d'exprimer leur intériorité ne veulent, en somme, que nous attirer vers cet «abîme mystérieux» qui ne connaît ni le sens des heures, ni celui des jours, encore moins le nombre de bornes qui jonchent une route! Le foyer n'est-il pas après tout cet espace du feu, de chaleur familiale, et de réunion ? Le lieu idéal où les uns et les autres se permettent de déterrer les contes anciens autour du «kanoun», ce brasier millénaire que l'on tisonne, remue par une branche du bois pour en extraire le jus des potins, des blagues, des devinettes et des anecdotes «ouvrez-moi! Écrit le poète espagnol Federico Garcia Lorca (1998-1936) dans son recueil «Noces de sang», j'ai froid quand je traîne sur les murs et sur les cristaux. Ouvrez les poitrines humaines où je plonge pour avoir chaud».

A la froideur du dehors supplée sans doute la chaleur du dedans. L'entrée ou le retour au bercail est une marche magnifique de puissance, dans une complicité amusée vers l'apaisement. Sinon aussi une victoire sur l'éloignement, le manque, la nuit, la solitude, la mort «chaque jour, dixit Mme de Staël (1766-1817) dans (Corinne ou l'Italie 1807), ma situation devenait de plus en plus odieuse. Je me sentais saisie par la maladie du pays, la plus inquiète douleur qui puisse s'emparer de l'âme. L'exil est quelquefois pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort». Tel un clou rouillé, ce supplice s'enfonce et se fond en l'être jusqu'au vertige, le menant vers les mondes insoupçonnés de la mélancolie. Une brusque fêlure dans l'espace-temps, un éclair foudroyant dans le mouvement, une absence dans l'isthme de l'oubli, une couleur bleu-grisâtre en forme de cercle vicieux...

L'exil est un rapace dévoreur du temps à l'ombre duquel la lumière éblouissante et syncopée de l'eldorado séduit! Eldorado, quel mirage! Ce fut l'un des lieutenants du conquistador Francisco Pizarro (1478-1541), en l’occurrence l'explorateur Francisco Orellana (1511-1545) ayant découvert en Amérique du sud entre l'Amazone et l'Orénoque, une contrée contenant de formidables quantités de richesses qui aurait forgé ce mot : l'eldorado, c'est-à-dire, le pays de l'or facile. A vrai dire, le dilemme de l'exil stimule des réactions faussées, autrement dit, de rejet intérieur et d'acceptation extérieure, donnant à voir simultanément deux faces conflictuelles de la même médaille. A ce titre, le mensonge est un élément déterminant dans la vie de l'exilé, cela lui procure le plaisir de souffler un peu, lui permet de faire avaler la pilule à l'autre et le ramener dans son propre «piège d'incertitude» afin de rassurer, effet psychologique du rapprochement des consciences aidant, une longue espérance de vie à ses illusions. Car quand on se raccroche à la vie, on tente de sonder toutes ces voix multiples qui viennent du cœur, des entrailles, des gens qui nous entourent et partout ailleurs. De quoi faire monter l'enthousiasme à la fois endormi, péremptoire, mais assez souvent libérateur de nos pulsions résistantes. Lequel est à même de donner un allant sans égal à une vie qui semble un peu morne, monotone, en perte de vitesse, sans repères... Ainsi touche-t-on du doigt à l'intime. Ce qui révèle nos misères affectives, nos galères matérielles, nos insuffisances, nos tares sans que jamais nous ne pratiquions l'apitoiement sur nous-mêmes devant les autres, règle de la rigueur et de l'amour-propre oblige. Les décomptes solitaires des nuits sont un puissant vecteur de reconstruction personnelle, escale où seuls émergent les sensations et les frissons bannis, l'enfoui et le privé qui se sont perdus dans les recoins les plus sombres du subconscient. Et les voici à la fin du voyage nocturne désirs abandonnés, couchés, lovés sur eux-mêmes, négligés ou feignant de s'assoupir. C'est alors que retourne la raison, le moment propice pour que s'enclenche «le conflit du cœur avec lui-même» pour reprendre à mon compte l'expression du romancier américain William Faulkner (1897-1962), où l'on filtre dans la gibecière de notre être les sédiments qui ne semblent pas vouloir s'évacuer, où l'on décortique la réalité de cette belle utopie d'exil qui exalte tous les fantasmes, où l'on se révolte en catimini contre nous-mêmes. Quiconque s'adonne à cette plage solitaire qui avale les douleurs sans analgésique, s'émerveille.

L'important, c'est que ce jeu de cache-cache avec l'insomnie, parce que c'est de cela dont il s'agit en effet, perdure. Jeu auquel on ne puisse somme toute à aucun instant s'y soustraire puisqu'on serait comme tenté par ce désir irrésistible jusqu'à la compulsion des sens d'effleurer nos états d'âme, les toucher, les manipuler, les palper «on peut dire, écrit le sociologue algérien Abdelmalek Sayad, que c'est toute l'expérience de vie de l'émigré qui oscille sans cesse entre ces deux vérités contradictoires de "el ghorba". Faute de pouvoir répondre à la contradiction dans lequel il est ainsi enfermé, car il lui faudrait renoncer à émigrer, il ne peut que se le masquer". Mais masquer quoi au juste ? Le trou, le sillon, la ligne de crête qui tracent les contours de sa vie bicéphale, divisée entre un présent qui lui échappe et un passé auquel il ne peut plus revenir.

Quand un immigré ou un exilé regarde le chapelet des années lui filer entre les doigts, l'angoisse devient sa seconde nature. Il fera très noir dans son cœur comme ses cheveux seront, au fil de ces années qui passent très vite, tout aussi blancs d'ailleurs. Ne dit-on pas dans l'Algérie profonde que l'exil rend les cheveux blancs et le cœur gris ? Cheveux de neige, flocons de chagrin, vagues d'écume, rameaux d'un soleil déclinant sur les cimes de l'âge. Jules César (100-44 AV-J.C) n'avait-il pas pleuré à Cadix en Andalousie devant la statue d'Alexandre le Grand parce qu'à 30 ans, il n'avait rien accompli ? "A mon âge, rouspète-t-il, Alexandre avait conquis le monde". C'est dire combien il est dur de se sentir happé par les entrailles du vide, la course des années, le creux du temps... En choisissant l'exil, l'homme a accepté en quelque sorte de l'épouser, l'entretenir, le servir et y être lié par un contrat à durée indéterminée. Autant dire, être à la merci de cette suite de petits riens, apparemment sans profondeur qui l'arrime à une double absence d'ici et de là-bas, englué en lui-même, prisonnier de ses jours lents et fades. C'est là qu'il fait corps avec ce reflet-là du "disparu volontaire" entre deux mondes, s'y complaît, convaincu du provisoire de sa situation. Un provisoire qui dure toutefois, pique ses tripes jusqu'à la pointe de la moelle épinière.

Kamal Guerroua, le Quotidien d'Oran le 22 septembre 2015

L'exil, une école de la vie (Première partie)
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 14:22

L'Union européenne peine à prendre des mesures communes pour l'accueil La crise des réfugiés ne fait que commencer. Selon Frontex, l'agence européenne en charge de réguler les flux frontaliers, l'afflux des migrants vers l'Europe en 2015 jusqu'en septembre, 500 000 p., était bien supérieur à l'ensemble des migrants de l'année précédente (280 000 en 2014). Et les cadences se sont accélérées au cours de l'été, comme le montre certains chiffres recueillis : pour le seul mois d'août, 88 000 arrivées en Grèce, 52 000 en Hongrie, soit, dans ce pays plutôt rétif à l'accueil des réfugiés, vingt fois plus que l'an dernier.

Les crises au Proche-Orient sont à l'origine de cette augmentation massive du nombre de migrants et de réfugiés en 2015. Si l'on prend le seul cas de la Syrie, le HCR dénombrait en début d'année 11,7 millions de déplacés syriens (et 4,1 millions de réfugiés irakiens) sur une population initiale de 23 millions de personnes. Plus de la moitié des Syriens sont des réfugiés ! La situation est tellement catastrophique que l'agence des Nations unies reconnaît désormais automatiquement comme « réfugié » toute personne fuyant la Syrie.

Ces crises moyen-orientales, tout comme le cas libyen, sont loin d'être résolues. Des zones conflictuelles dans l'Afrique sub-saharienne par ailleurs, fournissent elles aussi leurs contingents de migrants forcés. En Europe même, l'Ukraine, en frontière directe avec l'Union européenne, est entrée dans une guerre civile loin d'être résolue. Le flux des réfugiés mondiaux a connu une accélération fulgurante depuis 2005. On comptait cette année-là 19,4 millions de réfugiés dans le monde. Début 2015, ils étaient 52,9 millions. Cette très forte augmentation résulte essentiellement de la multiplication des conflits - le HCR en a compté 14 au cours des cinq dernières années : huit en Afrique (Côte d'Ivoire, République centrafricaine, Libye, Mali, nord du Nigéria, République démocratique du Congo, Soudan du sud, Burundi), trois au Moyen-Orient (Syrie, Irak, Yémen) un en Europe (Ukraine) et trois en Asie (Kirghizistan, des régions de Birmanie et du Pakistan). Les régions du Proche-Orient et du Moyen-Orient, frontalières des principaux conflits concentrent à elles seules un tiers des réfugiés dans le monde (17,2 millions), accueillis notamment en Turquie (1,6 million de réfugiés, soit 223 pour 10 000 habitants) et dans le petit Liban (1,2 million, soit… 2 587 pour 10 000 habitants).

A titre de comparaison, la France comptait en fin d'année dernière 310 000 réfugiés ou demandeurs d'asile, soit 46 pour 10 000 habitants. L'Allemagne comptait 455 000 réfugiés fin 2014 (56 pour 10 000 h).

SOMBRE LUNDI 14 SEPTEMBRE

Ils doivent tenter de sauver leur vie et celle de leurs enfants : l'Europe voisine attire donc un grand nombre de candidats provenant d'Afrique ou du Moyen-Orient. Il faut être lucide, cela ne va pas sans créer des problèmes réels dans les pays d'accueil : création nécessaire de structures d'accueil, aide alimentaire et sanitaire, mobilisation des forces de sécurité mais aussi émergence de craintes ou de réactions xénophobes dans les populations de ces « pays d'accueil ».

Face à l'afflux soudain et massif de réfugiés, l'Union européenne, notamment à l'initiative de l'Allemagne en pointe sur la question de l'accueil de ces nouveaux réfugiés, avait cru trouver la bonne idée : la « méthode des quotas » ou la répartition égalitaire de ces réfugiés dans les 28 pays adhérents, en proportion de la démographie de chaque pays. La Commission européenne avait donc proposé un plan global d'accueil pour l'année jusqu'à mi-2017 répartissant les réfugiés déjà présents dans l'UE, à raison de 31 000 réfugiés en Allemagne, pays le plus peuplé d'Europe, 24 000 pour la France, 15 000 pour l'Espagne (etc.)… et 440 réfugiés pour le petit Luxembourg. C'était d'ailleurs le luxembourgeois Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne qui avait présenté la semaine dernière ce plan largement insuffisant par rapport aux chiffres déjà constatés mais équitablement réparti : ces réfugiés, « nous devons les accueillir dans nos bras » déclara-t-il à cette occasion, « le temps n'est pas venu d'avoir peur. C'est le moment de faire preuve de dignité humaine ».

Patatras ! Les discussions entre Etats-membres qui suivirent cette annonce furent orageuses : les ministres de l'Intérieur et de l'Immigration de l'UE, réunis à Bruxelles, n'ont pas réussi à se mettre d'accord. Dans la soirée du lundi 14 septembre, aucun consensus ne fut possible sur l'accueil et la répartition « solidaire » de 120 000 réfugiés aujourd'hui présents en Grèce, en Hongrie ou en Italie… La République Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie, la Pologne et la Lettonie ont campé jusqu'au bout sur une position intransigeante.

L'Allemagne a été particulièrement agacée par la résistance de ces pays face à un plan qu'elle avait largement inspiré : l'attitude des pays « fermés » implique également un nombre plus grand des réfugiés pour les pays « ouverts ». Du coup, lundi matin, de colère, Angela Merkel annonce brutalement le rétablissement des contrôles aux frontières de son pays. Fini l'accueil à bras ouverts des réfugiés ! La volte-face de la chancelière s'explique aussi par des problèmes logistiques mal anticipés (Munich a dû en quelques semaines accueillir 63 000 réfugiés !) et par la grogne de son propre camp politique, une partie des conservateurs allemands étaient loin d'être enthousiasmés par cet afflux d'étrangers.

La décision d'Angela Merkel cependant, survient quelques jours seulement après qu'elle eut, toujours dans son style très directif, plaidé auprès de ses partenaires européens pour un accueil des réfugiés « sans limite de nombre ». L'Allemagne a justifié lundi sa décision de suspendre la libre circulation en Europe par « l'inaction » de l'UE. Pour l'instant, cela ne fait qu'accroître la confusion : l'Allemagne, favorable à l'accueil des réfugiés, ferme ses frontières. Son exemple fut suivi le même jour par les pays défavorables à cet accueil : l'Autriche, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie ont immédiatement emboîté le pas, en cadenassant à double tour leurs postes frontières !

UN DEBAT DIFFICILE

Les réactions des populations européennes face au flux de refugiés mêlent le meilleur au pire. De nombreux Européens furent très sincèrement émus par le drame des naufragés de la mer Méditerranée et, il y a quelques jours, de nombreux pleurèrent devant la photo du petit Syrien découvert noyé sur une plage grecque. Les manifestations et gestes de solidarité furent nombreux. Mais dans un climat économique plus qu'atone et un chômage important dans l'ensemble de l'Europe, des réactions de craintes, de rejet, voire de xénophobie affichée existent aussi. Ce n'est pas un hasard si les attitudes les plus fermées ont été le fait des gouvernements des pays de l'est de l'Europe qui sont aussi les pays les plus pauvres de l'UE… Et une richesse relative n'est pas incompatible avec un égoïsme bien rentré : l'opulente Suisse n'est guère accueillante et l'Angleterre s'est déclarée d'emblée en dehors de tout accord de quotas.

L'Office des logements sociaux français a en début de semaine déclaré qu'il pouvait mettre 77 000 logements sociaux à disposition des réfugiés. Geste solidaire et généreux mais c'est une annonce qui a dû surprendre les centaines de milliers de mal logés qui patientent depuis des années pour accéder enfin à un logement social, sans parler des 250 000 personnes privées de tout logement ou SDF, recensées par l'INSEE. Et moi, et moi, et moi !

Le mauvais climat est encore renforcé par des fantasmes : « Afflux ingérable, cheval de Troie du terrorisme, l'UE première touchée… Fabulations et idées reçues sur les migrants sont légion, souvent relayées par les gouvernements » écrivait Libération qui, en juin dernier, désamorçait « 10 fausses idées » qui circulent sur les réfugiés. Un seul exemple : une déferlante incontrôlable de réfugiés sur l'Europe ? « Les migrants illégaux arrivés en 2014 représentent 0,05% de la population européenne » et les pays riches n'accueillent en réalité que 10% seulement des réfugiés mondiaux.

Le démographe François Héran confirme également la relativité des chiffres. Dans une France qui compte 66,3 millions d'habitants, si on la compare à un stade occupé par 10 000 personnes, explique ce démographe : « les migrations des dernières années y ont fait entrer 30 personnes par an, dont 10 étudiants, 13 conjoints ou enfants (regroupement familial), mais moins de 3 migrants au titre de l'asile et moins de 3 migrants au titre du travail »… Si l'on intègre les nouvelles mesures destinées à l'accueil des réfugiés, « notre enceinte de 10 000 personnes va grossir de 5 à 6 personnes supplémentaires par an », conclut François Héran.

POUR UNE EUROPE PLUS SOLIDAIRE !

Hors des fantasmes, la gestion d'un afflux important de refugiés est donc gérable dans le cadre européen. Mais à la condition de surmonter quelques difficultés notoires, certaines liées à l'importance soudaine de ce flux de population, d'autres relevant des fragilités de la construction européenne.

Les désaccords et les couacs des dernières rencontres des gouvernements sur le dossier montrent, s'il le fallait, que l'Union européenne n'a pas de politique commune en matière d'immigration, pas plus d'ailleurs qu'elle n'en a en matière de politique étrangère ou de défense. Et tout cela ne se bâtit pas en un jour. L'Allemagne et l'Autriche ont réclamé mardi la tenue d'un sommet européen exceptionnel sur les réfugiés dès la semaine prochaine. On craint le pire.

Un accueil efficace et durable de plusieurs centaines de milliers de refugiés nécessitent des investissements conséquents en matière de logement, de santé, d'éducation, d'emploi. Difficile à imaginer dans une économie hyper-libérale où les gouvernants ne cessent de rogner sur les dépenses sociales et où les déficits budgétaires sont vécus comme des péchés mortels. L'appel à la solidarité si souvent présent dans les discours politiciens et si souvent absent dans les pratiques concrètes, ne doit pas rester un vain mot. Il faut porter secours aux refugiés mais il faut également plus de justice sociale pour les populations les plus pauvres d'Europe qui reste le continent le plus riche de la planète ! Les Grecs auraient quelques mots à dire sur ce sujet…

Il faut également prendre en compte les différences notables qui existent entre les différents états membres. Angela Merkel a indubitablement défendu une politique généreuse mais l'une de ses motivations est son inquiétude devant la démographie allemande : pas assez de naissances, et la population allemande de 80 millions pourrait se réduire à 60 millions d'ici 4 décennies, faute d'apports migratoires… Etant donné que le pays est en situation de plein emploi, l'intégration des nouveaux arrivants sur le marché de l'emploi serait largement facilitée.

Dans beaucoup d'Etats européens, le chômage est important : « bien que l'absorption d'une population étrangère, représentant quelques centièmes de la population totale, ne semble pas être en mesure d'aggraver la situation économique du pays, les tensions sociales pouvant naître d'une telle situation de concurrence sur le marché de l'emploi sont autrement plus problématiques. La nécessité d'une baisse du taux de chômage en est le passage obligé » note Nicolas Goetzmann. Thomas Piketty, autre économiste, est encore plus précis : « le drame des réfugiés pourrait être l'occasion pour les Européens de sortir de leurs petites disputes et de leur nombrilisme. En s'ouvrant au monde, en relançant l'économie et l'investissement (logements, écoles, infrastructures), en repoussant les risques déflationnistes, l'Union européenne pourrait parfaitement revenir aux niveaux migratoires observés avant la crise ».

« Notre réponse à la crise des migrants définira notre histoire en tant qu'Européens », constate dans le même sens Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen chargé du dossier.

P. Morville

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 14:40

9 Sep 2015 – You can be sure of this: The vast majority of the millions of people who have left Syria wish they never had to. And the vast majority — whether they are languishing in Lebanese refugee camps or resettling in Germany — wish they could go back.

But they can’t. There is still a war on at home. And it’s getting worse, which means more and more Syrians are going to be running for their lives in the coming months and, probably, years.

As jets belonging to the United States and an always-growing list of allies bomb northern Syria and much of Iraq in their effort to crush the Islamic State (an effort that has not been as decisive as its military architects surely had hoped), Syrian President Bashar al-Assad remains in power, and continues to fight a confusing panoply of rebel groups.

The al-Nusra Front, one of those rebel groups, which is also aligned with Al Qaeda, just took over a major airbase in northern Syria and now fully controls much of Idlib province. It’s hard to see that as a good thing.

The outside world isn’t helping the situation, in most cases. Russia is as we speak setting up a forward operating base in the coastal town of Latakia in support of Assad. And Turkey, which mostly sat out the first four years of the war (with the exception of leaving its borders suspiciously porous), is now bombing not only the Islamic State but also the Kurds, who have proven some of the most effective fighters against the Islamic State on the ground.

Meanwhile, according to those who are still bothering to estimate, somewhere between 220,000 and 330,000 Syrians have been killed. And millions, as you’ve heard, have fled.

Of course, Syrians are not the only refugees out there in the world. There are millions of refugees from Afghanistan, for instance, which has endured three decades of conflict. And there are huge populations of refugees from Iraq, Eritrea, the Democratic Republic of Congo, the Central African Republic, Colombia, China, Burundi, Myanmar, Bosnia, Angola, Pakistan, Serbia, Rwanda, Sri Lanka, Sudan, the West Bank, Gaza, Yemen, Vietnam. Shall we go on?

Somalis account for one of the largest populations of refugees. Somalia suffered through decades of civil war, then famine, then the rise of an Islamist insurgency. Many Somalis fled across the Gulf of Aden to Yemen, where life was much, much better.

But that was then. Times have changed.

First Yemen’s ineffectual and corrupt dictator was ousted by popular protests during the Arab Spring. Then an internationally brokered deal ushered in a new government, which many Yemenis didn’t support. Then a long-simmering rebel group called the Houthis swooped in and earlier this year captured the capital. The Houthis are Shiite and aligned with Iran. Iran is Saudi Arabia’s arch nemesis. So Saudi launched airstrikes against the rebel group in March, then a ground war.

Now all those Somalis who fled their war-worn home to Yemen are fleeing back to Somalia — refugees twice-over.

“When all my parents were killed in 1997, I had no option but to escape to a neighboring country,” one of them told GlobalPost. “Life had been good in Yemen before the war started. I had my own hotel business but the place was destroyed by airstrikes.”

Strange but True:

Australian Prime Minister Tony Abbott said today that his country must act “with our heads, as well as with our hearts,” when he announced that his country would resettle 12,000 Syrian refugees in Australia and begin launching airstrikes in Syria. Presumably it is his heart that is allowing the refugees to come and his head that is launching airstrikes on their country.

The whole thing feels a little disingenuous. Abbott has overseen one of the most brutal migrant policies the world has seen in recent years. The policy is actually pretty simple. Refugees who arrive in Australian waters by boat are met by the Australian military, which promptly tows the boats back out to sea in the hope that they will land somewhere else. Many of these people drown or starve before they do. This creative solution has since been adopted by many of Australia’s neighbors, including Thailand, Malaysia and Indonesia.

That’s not good for the Rohingya, a Muslim ethnic minority that lives in Myanmar and is one of the most persecuted groups in the world.

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 10:55

These justifications seem to be logically weak: the problem, however, is that they capture the imagination of large masses of people in Europe.

Europe faces choices of which future generations will be either proud or deeply ashamed. In 1943, Bulgarians – politicians, members of the clergy, intellectuals and other citizens – effectively stopped the deportation of the 50,000-strong Jewish community from the country. This is now a reason for justified national pride or, more appropriately, for a feeling of fulfilled moral duty.

At the same time, however, Bulgarians did not do anything (or not enough) to prevent the deportation of 11,000 Jews from territories in Greece and Macedonia occupied by the Bulgarian army (albeit under German overall command). The second episode – for which there is no moral justification – is a reason for shame and embarrassment. This is the moral tally of only one European nation from the 1940s, and nothing can be done now to erase it from history or national consciousness.

Similarly, when the dust from the current refugee crisis settles, the most pressing question will be - who were the nations that failed to live up to basic standards of humanity; who refused to offer help to people in extreme distress caused by raging war and violence. On top of that, there will be another issue: did Europe, as a political entity, manage to find a humane and efficient answer to a difficult situation? Indeed, the scale of the crisis is now so dramatic, that left on their own some of the smaller countries – such as Greece, Hungary or Bulgaria – could hardly cope with it.

Against this background, it is surprising that many such smaller nations from eastern Europe and elsewhere – such as the Visegrad Four, for instance – are positioning themselves against the European Commission’s proposed common response to the refugee situation, and especially to the ‘quota’ system of allocation of migrants. They seem to argue for a policy of ‘closure’ of borders through a system of walls, as measures stopping or redirecting the flow of refugees. In short, this position is a refusal of compassion, an attempt to shift the responsibility onto somebody else.

Below I review the most popular arguments used to ‘justify’ such a position. On closer inspection they all seem to be logically weak: the problem, however, is that they capture the imagination of large masses of people in Europe.

“Europe is becoming Muslim”

It is unclear how the intake of several million refugees from the war-torn areas of the Middle East (all amount to around ten million people at present) will noticeably alter the sociological outlook of over 500 million Europeans. This argument fails solely on the basis of simple mathematics. As Ivan Krastev has argued, the negative demographic trends in most of the European countries have contributed to a collective feeling of an impending “exit from history”, which is only exacerbated by the influx of foreigners.

But the twilight and decline of Europe has been around for more than a century, and the EU is still the most economically powerful political entity in the world. In this sense, Europeans are affluent enough to afford other forms of collective psychotherapy, which will tackle their fears of extinction. Most of which are anyhow imaginary, given the vast resources at the disposal of the people living in Europe.

“There will be huge Muslim enclaves in specific countries”

Yes, there will be such enclaves but only if there is no mandatory “quota” system of allocation of refugees among the different states. In its absence, people will be concentrated in the countries of entry – such as Greece and Italy. The quota system will actually allow for rational accommodation of refugees, taking into account the resources and capacities of each of the member states. The question is not whether the current proposal of the EC is perfect: details may be further adjusted. But some quota system is rational and justified as policy.

“Europe has no resources for the accommodation of refugees”

This is actually a rather shameful argument. If it carries the day, it would turn out that Europeans prefer a little bit more of pocket money to the respect for the basic moral duty to help people in serious trouble. Simply, Europe – in comparative terms – is very rich, and has more than sufficient resources to deal with this refugee crisis. The question is one of an effort in solidarity: that all nations do proportionately what is necessary. Chancellor Merkel, yet again, has shown leadership at the crucial moment and declared that Germany – the most powerful member state – will carry the biggest financial and logistical burden of accommodation. This much accomplished, the rest of the countries simply need to follow the good example (actually as some have already done).

“Europe is losing its (presumably Christian) identity”

This is the argument through which public discourse leaves the rather mundane calculations of costs and attains an almost metaphysical level of debt and abstraction. Leaving aside most of the nonsense often churned out in discussions of ‘identity’, it needs to be said that Europe will definitely not lose its Kantian and Enlightenment identity, if it fulfils its moral duty. Neither is it going to act in a non-Christian manner, if it helps people in dire circumstances and shows compassion. Other ‘identities’ – such as a putative totalitarian one based on Nazi and communist legacies – may be negatively affected, if Europe refrains from building camps under guard and barbed-wire walls. But this is not a cause for concern: actually, rather the opposite.

“The refugee crisis spells the end of liberal Europe”

This is a rather hypocritical argument used mostly by non-liberals ‘concerned’ for the fate of liberalism. It implies that the European project of free movement of people, goods, capital and services is untenable and doomed to failure. Moreover, sometimes this very model of the four freedoms is blamed for the current problems with the influx of refugees. The argument goes well with apocalyptic visions of the future of a united Europe. But it is very paradoxical in nature, since part of the success of the European project – the fact that it is attractive for people from other regions of the world – is used as an omen for the impending end of Europe. It would have been more logical to prophesy the doom of liberal Europe if its own people were fleeing the region.

Indeed, for management purposes some temporary restrictions on freedom of movement may be inevitable due to the refugee crisis. But this does not mean that such exceptions to the rules would undermine them beyond repair. Exceptions normally just confirm the basic rules.

“Europe needs a wall for its salvation”

Walls per se have never saved Europe historically. In 1453 Constantinople – the centre of the civilized world for a thousand years, the pride of Christianity – was conquered by its enemies, when it started to resort mostly to its walls for its defence. What could actually ‘save’ Europe, if it is in need of saving, is a dynamic economy and efficient coordination among the EU member states. Other factors are good education, research and innovation, the capacity to solve collective action problems. Compared to these, walls, as a strategy, are a little bit better than hiding one’s head in the sand.

This does not mean that certain walls cannot be useful, as a means of controlling and directing the flow of migrants and refugees. But walls are definitely not a substitute for a sound policy of acceptance and accommodation of refugees.

“The refugees are actually economic migrants searching for a better life”

The distinction between the two categories – refugees and migrants - is important: the moral and legal duty to help the former is much stronger and explicit. Therefore, the most pressing problem is to deal with the refugees coming from areas of violent conflict. Economic migration is a different type of challenge –albeit a very important one. But it could be dealt with by a different set of policies, which are more restrictive and more discriminative vis-à-vis respective applicants.

Some have argued that Syrians cease being refugees the moment they leave Turkey or Jordan for Europe: they become economic migrants, since their lives have already been saved by the first country of entry. Leaving aside the legal side of the issue, such a manipulation of labels has little moral or political merit. The truth is that countries in the Middle East cannot handle the refugee influx, even if they are helped financially by Europe and others. People cannot be kept in tent camps indefinitely, neither can the economies of Middle East countries absorb the newcomers meaningfully. In this sense, shifting the burden to Turkey or Jordan does not absolve Europe of its moral responsibility. True, Gulf states could themselves do much more to help the refugees. But their failure to live up to basic moral standards cannot be an excuse for Europe to do the same.

“Europe must close its doors to terrorists which have surely infiltrated the refugees”

The security challenge caused by large masses of people coming from the Middle East is definitely enormous. The security services of the EU member states must act very professionally and efficiently. Probably, incidents and security failures are inevitable. To reduce this probability even certain temporary restrictions of liberties, closer scrutiny of newcomers and other measures could be discussed. But none of this is a reason for rejecting all refugees on security grounds.

“Instead of accepting refugees, send troops to Syria to solve the problem”

This is a popular argument, especially among people whose states have nothing of substance to send to the Middle East in military terms. Generally, this is an appeal for action to the US and some of the EU member states – like the UK and France, which have military capabilities. In general, an armed response to the so-called Islamic State is necessary by whatever means. This response is not, however, a substitute for a common European policy for the acceptance of refugees. Indeed, if the US and Europe share the burden of the efforts – the US taking the military part, while the EU deal more with the refugee part of the problem – the overall result is bound to be more successful. What is important is to realize that a swift military solution to the refugee situation does not exist. After all, the US had a significant military presence in Iraq, and invested heavily in the creation of Iraqi armed forces, which disintegrated the moment American troops left. This example shows that a long term plan of intervention must be designed in which the local people take real ownership. Ready-made recipes in this direction do not seem to exist, however, and success is by no means guaranteed. Therefore, in the meantime the refugee situation must be alleviated in a humane manner, and Europe cannot neglect its moral and political responsibility for that.

“It is not our responsibility! The Americans have to deal with the refugees!”

The question of moral responsibility for the refugee crisis has become a rallying point for pro-Russian and anti-American feelings, especially in eastern Europe. American foreign policy in the Middle East is commonly blamed for all evils: it allegedly opened a Pandora box with the intervention in Iraq after 2001. This argument starts from a salient point: the deposition of Saddam’s regime by the US (and the “coalition of the willing” in which many European states took part) was ultimately an unsuccessful operation, because it failed to create stable and sustainable government in post-war Iraq. But the other premise of the argument - that had the regimes of Saddam, Gaddafi and Assad stayed in power intact, the Middle East would have been a better, safer and more peaceful place – is highly questionable. After all, dictatorial regimes proved vulnerable to ‘Arab springs’ for which the US and its allies cannot be seriously blamed. All in all, this argument exaggerates the power of the US to influence developments in the Middle East, forgets about the European input in the alleged foreign policy failures, and neglects the power of other countries – such as Russia, Turkey, or Saudi Arabia – to frame politics in the region.

No matter what one thinks of US responsibilities and capacities, it is clear that Europe’s duty to help the refugees cannot be waived because of alleged failures of US foreign policy. When people are coming to Europe, they cannot be redirected across the Atlantic. What is more, Europe should not forget that in the eyes of much of the world there is hardly any difference between it and the US. And indeed, Europe has for more than half of century relied on the US for its own defence; it has benefited enormously from political stability and soundness of external boundaries due to the Americans. In such a situation, it is normal to share with them the responsibility for foreign policy failures.

“Accepting refugees will fuel nationalistic populism”

Slavoj Zizek has argued plausibly that a policy of open doors for refugees will lead to a populist revolt in Europe, or at least in some of the European states. But if Europe closes itself up it would be taken over by the populist even without a revolt: after all, their agenda would have become mainstream politics. It is true that a common European refugee policy needs a strong defence by non-populist parties, accepting the basic tenets of liberal democracy. Probably in some countries these parties are going to lose ground to populists due to such policies. But it is really a paradoxical strategy to try to avert such a loss by accepting the main arguments advanced by politicians such as Viktor Orban or Robert Fico. Mainstreaming populism in order to defeat it does not sound really promising.

Moreover, if there are no sound other arguments in favour of the closure of European borders, why should the EU do it just to prevent certain developments in inter-party competition? The rise of populism is a process which has been with us for more than a decade now. To argue that this process will be stopped or reversed by a specific policy regarding several million refugees from the Middle East is not really persuasive.

***

These are the most popular general arguments of those who argue that Europe should refuse its help to refugees from the Middle East. There are interesting local variations of these themes. In the poorer countries of eastern Europe, it is also common to hear that the local population is in a similar position as the refugees and deserves the same amount of solidarity and help. This is simply not true, however.

Furthermore, some argue that countries like Bulgaria and Romania have not managed to integrate their own Roma people, which means that they cannot integrate refugees either. This is also a confused argument, since many Roma people have been actually integrated. For those remaining, the refugee crisis could actually be an opportunity: successful policies carried out with the help of the EU regarding refugees could be equally applied to some of the Roma people as well.

Finally, some have paradoxically argued that Germany and other rich countries are going to take the ‘cream’ of the refugees – the most educated and qualified – leaving the others for the poor states. This curious argument tries to portray even acts of solidarity and compassion as essentially egoistic. The problem, however, does not lie in the actions of the German government, which does not discriminate among refugees, but in the capacities of eastern European economies to attract and retain talent: the moment they become more competitive, their comparative disadvantage will disappear. But all this has little to do with the current refugee situation.

All in all, similarly to the Eurozone crisis, the EU is in a situation in which it has ample and by any stretch of the imagination sufficient resources to tackle a significant challenge - the influx of refugees. What is currently missing for a successful response is coordination, streamlined political action, and leadership.

The hope is that the EU and politicians, such as Merkel, are going to prevail over centrifugal and populist forces. Populism is becoming EU’s central problem, and it does present a serious hurdle to decisions from which all countries are going to benefit in the medium term. Whether the EU, despite raging nationalistic populism, will manage to establish itself as a successful political project is a very important question indeed. But it is an even more pressing question whether the union, and its member states, will fulfil their basic moral duty – to help people who desperately need such help. This duty should have absolute priority compared to other prudential, financial, identity or partisan arguments.

D. Smilov, Open-Democracy site.

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:35

La France délire : elle devine à l'avance ce que pensent les journalistes algériens et anticipe les réponses. Elle donne des leçons d'humanisme au monde et doute de la sincérité de l'Allemagne d'accueillir à bras ouverts 800.000 réfugiés. Elle qui tolère 24.000 réfugiés chez elle sur cinq ans. Sidérant.

On croyait la jalousie propre à l'homme. Voilà qu'on la découvre ressenti d'un Etat. En l'occurrence, celui de la France ou plus précisément celui de son élite politico-médiatique : gouvernants et aristocratie des journalistes. Ces deux castes se mettent ensemble pour donner des leçons lorsque la France (officielle) trébuche et manque aux principes d'humanité et de liberté qu'elle prétend avoir enfantés seule et en être la protectrice. Pathétique cette attitude paternaliste, mélange de compassion et de mépris vis-à-vis des peuples de son ancien empire colonial ou des immigrés originaires de cet ex-empire. Ce matin du 08 septembre, le très sérieux journal « Libération » publie en bonne place une intrigante conférence de presse du président du Sénat français, Gérard Larcher, en visite en Algérie, avant même son arrivée en Algérie. Une étrange vraie-fausse conférence de presse prémonitoire, si l'on veut. Vraie, parce que le journal affirme avoir pu se procurer grâce à ses entrées au Quai d'Orsay (Affaires étrangères) un document de 12 pages reprenant le jeu de questions-réponses entre le président du Sénat et les journalistes algériens à Alger. Injonction est donnée à M. Larcher d'apprendre par cœur les réponses aux questions des journalistes algériens (on suppose, donc, qu'aucun journaliste français ne serait présent à la conférence de presse). Un échantillon de ces questions ? Le poids et le rôle du pouvoir français dans le choix et la désignation (élection ?) du chef de l'Etat algérien. Rien que ça ! Le quitus pour que l'Algérie se lance dans l'exploitation du gaz de schiste ou non. Les interrogations sur la qualité de la voiture Renault « Symbol », les autres projets industriels en discussion et jusqu'à l'épuisante question sur la repentance de la France officielle pour ses crimes coloniaux, etc. Les Français savent tout de nous : ce que nous faisons, ce que nous pensons, ce qui nous attend et prévoient leurs réponses bien à l'avance. Cette obsession du monde politico-médiatique français vis-à-vis de la vie politique algérienne et de l'avenir de notre pays traduit-elle une vraie inquiétude pour l'avenir du pays, un amour et une amitié sincère ou bien le refus d'admettre que l'Algérie est, depuis 1962, quoi qu'on en dise et l'on pense, un pays libre et indépendant, même s'il reste un reliquat colonial à solder, comme chez tout couple qui divorce après une longue vie en commun ? Cette obsession d'une Algérie, éternel sujet de la France, ressemble à si m'éprendre à la jalousie d'un divorcé qui ne pardonne pas à son ex-conjoint une nouvelle vie plus libre et plus heureuse. Mais il n'y a pas que l'Algérie dans la mémoire sentimentale française. Il y a aussi l'Allemagne avec qui le monde politico-médiatique interprète les relations sous le traumatisme de leur histoire commune. Ainsi, lorsque la chancelière allemande, Angela Merkel, ouvre ses bras aux réfugiés syriens, irakiens, afghans… et leur souhaite la bienvenue sans être effrayée par les 800.000 éventuels nouveaux réfugiés chez elle, médias et politiques français l'expliquent par le « traumatisme » de l'histoire allemande (la 2e Guerre mondiale et la Shoah) et plus cyniquement par le besoin de combler son déficit démographique. Comme si la France n'a ni responsabilité ni complicité dans la Shoah qui a frappé les juifs. 800.000 réfugiés attendus bras ouverts en Allemagne et 24.000 sur 5 ans tolérés en France ! Et le monde politico-médiatique français n'a pas honte de critiquer l'Allemagne, lui prêtant, à bout d'arguments, la stratégie sournoise de vouloir laisser filer les réfugiés vers les autres pays européens.

Il n'y a pas longtemps, Nicolas Sarkozy, alors président de la République et chef de guerre contre la Libye, a fermé la frontière avec l'Italie face à quelque 3.000 Libyens rescapés des bombardements français et a menacé de suspendre les accords de Schengen (libre circulation intra-européenne). Ce même Sarkozy qui affirme aujourd'hui vouloir défendre et respecter le droit d'asile aux réfugiés de guerre. La France de François Hollande n'est pas plus généreuse : le 1er ministre Manuel Valls n'a-t-il pas déclaré l'année dernière que « les Roms ont vocation à rentrer chez eux ? » C'est où chez eux, monsieur Valls ? Et les 3.000 réfugiés afghans, éthiopiens, soudanais… qui végètent dans la « jungle » de Calais ? Pourquoi ne pas les accueillir ? Pourquoi justifier leur situation par l'argument sournois qu'ils veulent, tous, partir en Grande-Bretagne ? Chiche, proposez-leur une régularisation en France et voyons s'ils refusent. Ah, la France, douce France qui ne peut accueillir toute la misère du monde comme le Liban et le million de réfugiés syriens qu'il accueille, la Turquie et les deux millions de Syriens sur son sol, la Jordanie et son million de réfugiés. Qu'est-ce que tous ces chiffres face aux 24.000 éventuels réfugiés en cinq ans que la France va tolérer chez elle ? Au-delà de ce chiffre honteux, nous sommes avertis que la guerre en Syrie va durer au moins encore cinq années. Le déferlement de déclarations des leaders politiques français lancées dans une surenchère électorale, reprises et commentées par la planète médiatique dominante trouble la mémoire du peuple français jusqu'à l'effrayer sur son propre devenir : 49% des Français sont contre l'accueil des réfugiés contre 43 pour. Une majorité de Français craignent de perdre leur âme identitaire par l'arrivée « massive » d'étrangers chez eux. Et ça donne des leçons aux autres peuples et pays du monde sur la tolérance, la démocratie, les droits de l'homme. Dérisoire chiffre de 24.000 réfugiés attendus en France sur cinq ans et cette terrible annonce du chef de l'Etat : engager des bombardements en Syrie pour débarrasser la Syrie du monstre « Daech » et dénoncer la Russie de Poutine de vouloir en faire autant. Pourquoi pas la Russie aussi ? Peut-être encore une fois au nom de l'histoire : la Syrie est un ancien protectorat français et la France n'arrive pas à se libérer de son paternalisme autoproclamé sur son ancien empire colonial. Jusqu'à voir dans l'Algérie d'aujourd'hui le miroir de ses fantômes du passé qui hantent son propre présent. Jusqu'à voir la France comme le centre du monde, incapable d'admettre que les autres peuples du monde, parmi eux le peuple algérien, se sont affranchis du colonialisme et sont capables de construire leur avenir dans une relation respectueuse, équitable et libre avec les autres, y compris avec les Français et la France.

M'hammedi Bouzina Med.

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:32
Kamal Guerroua

Kamal Guerroua

"Kiyiya vuran insanlik", l'humanité lavée ou échouée en langue turque! Voilà l'un des hashtags les plus partagés la semaine dernière sur twitter suite à la diffusion à large échelle sur les médias et les réseaux sociaux de la photo de Aylan Kurdi, cet enfant de 3 ans, tee-shirt rouge, short bleu, tête penchée sur le sable, comme endormie sur un berceau de soie, que les vagues de la mer ont rejeté sur les rives de la plage d'Akyarlar, en bordure de la Turquie.


Un désastre, une catastrophe, un meurtre prémédité des consciences, de l'humain, de l'enfance. Terrible est notre monde! Terrible! Car, c'est souvent l'innocence qui paie les pots cassés de la folie des politiques. Et l'innocence est, cette fois-ci, sauvagement cueillie à la fleur de la vie par la barbarie, l’égoïsme, l'hypocrisie et que sais-je encore. La honte d'être homme, de se réclamer d'une quelconque chapelle humaniste, de revendiquer un soupçon de sensibilité, voilà comment je résume personnellement mon sentiment à la vue du contenu macabre de cette photo ! Cela me rappelle une autre image, gravée à jamais dans mon cerveau, celle de Mohammed Al-Dura, cet enfant palestinien de 12 ans qui, en l'an 2000, s'est réfugié derrière le dos de son père au moment même où les soldats israéliens lui tirent dessus à balles réelles, sans pitié, devant toutes les caméras du monde. Juste que la différence avec le cas de ce Kurde étant que les balles des assassins sionistes sont remplacées par les vagues de la mer. La mer est parfois mauvaise conseillère, la mer est prédatrice. Sauvage. Hélas !

I- La situation est dramatique

A vrai dire, la situation est dramatique. D'autant plus qu'à l'instabilité régionale du Moyen-Orient s'ajoutent les barrières d'acier dressées par cette Europe-forteresse face à des milliers de migrants ou de réfugiés (la terminologie présente en effet un flou sémantique d'une telle complexité qu'il est vraiment difficile de différencier les migrants économiques de ceux qui demandent l'asile «politique»). L'agence européenne de la surveillance des frontières (Frontex) a recensé sur les 7 premiers mois de l'année en cours 340 000 migrants arrivés aux portes de l'Europe, contre 123 500 pour la même période en 2014! L'écart est immense. En plus, selon l'organisation internationale pour les migrations (O.I.M), 2643 migrants ont perdu la vie dans cette aventure de la mort depuis le début de l'année alors que ce chiffre n'était que de l'ordre de 3500 pour le tout 2014! Il semble bien que la migration économique traditionnelle dont les pays européens ont été le point d'attraction durant les trente glorieuses (1945-1975) a changé de nos jours de nature et de dynamique. Les migrants dont 90% sont des syriens, des irakiens ou des afghans fuient désormais la guerre, les persécutions, l'insécurité, Al-Assad, Daesh, les milices islamistes, les exactions, etc.

L'itinéraire qu'ils préfèrent est celui des Balkans de l'ouest (Serbie, Macédoine, Bulgarie, etc) car sans grands risques de contrôle aux frontières. En revanche, les péripéties de cette épopée peuvent tourner au drame. Ce fut le cas en particulier le 27 août dernier lorsque des dizaines de corps sans vie (environ 70) auraient été retrouvés dans un poids lourd en stationnement en bordure de la ville de Parndorf, frontalière de la Hongrie, dans l'Etat de Burgenland, à l'est de l'Autriche. Deux jours plus tard, le gouvernement hongrois du «très nationaliste» Victor Orban annonce l'achèvement d'un mur de barbelés érigé sur 175 km de frontières avec la Serbie. Comme quoi, cet effet d'annonce sert bien la cause de ceux qui prônaient déjà auparavant le durcissement des conditions d'accès au ventre de l'Europe de l'ouest (l'eldorado tant espéré des réfugiés). Cet état d'urgence est justifié, médias aidant, par l'afflux en quelques jours seulement en Hongrie d'environ 3241 migrants en majorité syriens dont 700 enfants. La Grèce étant pour rappel avec l'Italie et la Turquie, la plaque tournante des passeurs à qui cette crise humanitaire aura rendu le plus grand des services. Ceux-ci demandent aux migrants des sommes faramineuses allant de 500 à 100 000 euros. Sommes qu'ils multiplient parfois par 2 s'il y a renforcement de mesures de contrôle aux frontières. Les autorités allemandes, à elles seules, ont arrêté près de 400 d'entre eux ces derniers mois, parmi les 2000 autres recensés depuis le début de l'année.

II- L'hypocrisie occidentale

réaction à cette actualité à rebondissements. Il y en a même certains qui ont comparé le sort réservé aux migrants du Moyen-Orient à celui des juifs du fameux «paquebot de Saint-Louis» lequel aurait transporté, en 1940, environ 900 réfugiés fuyant les pogroms, les massacres et les fours crématoires de l'Allemagne Nazie et qui avait été refoulé à la dernière minute par la ville de New-York, le Cuba et le Canada. Pour preuve, c'est seulement après la mort en une semaine de 1200 migrants le 23 avril dernier que la commission européenne a triplé le budget des opérations de sauvetage en Méditerranée. Or, on se rappelle bien qu'en août 2007, 7 pêcheurs tunisiens ont été condamnés par le tribunal d'Agrigente (Sicile) sous prétexte du «délit de solidarité» car accusés de secourir 44 migrants à bord d'une embarcation gonflable en train de couler dans le canal de Sicile entre Malte et l'île de Lampedusa! Et qu'en 2008, le guide libyen avait signé avec l'ex-président du conseil italien Berlusconi un accord bilatéral permettant à l'Italie de renvoyer les noirs africains chez eux ou en Libye avant même l'enclenchement de la procédure de l'instruction de leurs dossiers en tant que demandeurs d'asile. Ce qui est, bien entendu, en totale violation de la convention européenne des droits de l'homme! En contrepartie, El Gueddaffi aura bénéficié des différentes aides économiques italiennes au vu et au su de tout le monde. Bien plus, comme cadeau supplémentaire, les italiens ont octroyé à la Libye plus de 6 milliards d'euros de dédommagements par rapport à leur passé colonial (1911-1942) sous forme d'investissements s'étalant sur 20 ans. Assuré du soutien du gouvernement italien, le guide est allé même loin en déclarant dans une conférence de presse tenue en Italie en 2010 que les européens ne pourraient, faute de moyens et vu l'ampleur de la crise qu'ils traversent, que laisser vivre beaucoup de migrants au noir sur leurs terres au lieu de leur ouvrir la voie du retour vers l'Afrique. Cela leur coûterait à l'en croire plus de 5 milliards d'euros. Ajoutons à cela le fait que le 11 juin dernier par exemple, 200 migrants sont empêchés d'entrer en France par les gendarmes à la frontière avec l'Italie. De même, le 11 août suivant, la commission européenne aurait approuvé le projet de 2,4 d'aide à 19 pays, principalement la Grèce et l'Italie afin justement de renforcer le contrôle aux frontières!

III- L'Union européenne face à la réalité du terrain

En vérité, les 28 pays de l'U.E sont actuellement dans l'impasse puisqu'ils ne sont pas en mesure d'établir une stratégie migratoire commune et efficace. L'esprit de solidarité dont ils avaient fait preuve en acceptant 120 000 réfugiés sur le sol européen ne suffit pas, il faut des actes et des mesures concrètes à long terme. La Méditerranée n'est-elle pas devenue un cimetière à ciel ouvert pour ces déchus de l'existence? Les canots, les barques et les embarcations de fortune croulent sous le poids de cette misère humaine en détresse. Si l'Allemagne a besoin de migrants pour pallier une démocratie vieillissante comme le pense bien la chancelière Merkel, pourquoi n'avait-elle pas donc facilité avant que ces dégâts aient lieu «une politique d'asile» digne de ce nom pour ces milliers de «misérables» migrants? Cette interrogation est aujourd'hui légitime. Mme Merkel est allée même jusqu'à dire que cette question migratoire devait préoccuper beaucoup plus l'union européenne que l'épineux problème de la dette Grecque et la stabilité de la zone euro! Est-ce vrai ou juste une combine pour jouer sur la fibre du sensationnel? On n'en sait rien. De toute façon, en Allemagne, six personnes sur dix sont favorables à l'accueil des réfugiés, soit, si l'on répartit bien les réfugiés 87% d'entre eux y trouveraient place. Ce qui fait du pays le champion de l'hospitalité par excellence. D'ailleurs, il compte accueillir près de 800 000 réfugiés au cours de cette année. En revanche, dans cet élan de solidarité continental, l'Autriche et la Hongrie semblent être à la traîne, refusant carrément l'accueil de migrants, une attitude jugée par la plupart des membres de l'U.E contraire aux valeurs de l'Europe. Quant à la France, 2/3 de la population pense qu'il y a un peu trop d'étrangers au sein de la société, la leader du F.N Marine Le Pen en invoque même un complot ourdi par l'U.E pour obliger toute l'Europe à importer une main d’œuvre à bas coût. D'ailleurs, toutes les extrêmes droites européennes, chacune selon son discours, se sont opposées à ce flux migratoire sans précédent. Et pourtant, l'épisode tragique du Calais (la traversée de la Manche par des centaines de migrants) et le drame de Lampedusa en 2013 où près de 366 migrants ont péri sont là pour rappeler à cette belle conscience occidentale ces manquements répétés au devoir humanitaire.

Trop de retard pris en effet pour jauger la gravité du contexte face à des opinions publiques virusées par les séquelles de la crise économique, du djihadisme, et de l'insécurité. Travaillées de surcroît par la peur tout simple de l'étranger. L'Europe n'a pas senti, semble-t-il, depuis longtemps la nécessité de mettre en place des stratégies de développement dans les sociétés d'origine des migrants. C'est peut-être ici que se trouve l'explication de ce mal. En plus des velléités interventionnistes sous le credo des guerres humanitaires ayant provoqué partout dans le monde arabe et ailleurs du chaos. Entre mécanisme obligatoire d'accueil de réfugiés (la France) et les "quotas contraignants" (Allemagne), les autres membres de l'U.E oscillent entre hésitation et dureté. Par exemple Matteo Renzi, le président du conseil italien milite pour instaurer un "droit d'asile européen", c'est-à-dire intervenir dans les pays d'origine des migrants et stopper les voyages de la mort, suggérant l'ouverture des "centres de tri" pour séparer migrants économiques et réfugiés et Mario Rajoy, le Premier ministre espagnol aurait déclaré le 1 septembre dernier à Berlin que l'immigration est "le plus grand défi pour les années à venir", sic, il faut s'y bien préparer. La réunion exceptionnelle des ministres de l'intérieur de l'U.E le 14 septembre prochain et le sommet européen, prévu à Valette (Malte) afin de mettre une plate-forme avec les pays subsahariens seront sans aucun doute des rendez-vous historiques à saisir pour relancer une nouvelle ère dans la façon de traiter «humainement» la question des migrations de ces dernières années. Car, une vie humaine quelconque, indépendamment de son origine, sa religion, son sexe, sa culture ou ses traditions, vaut son pesant d'or et mérite la dignité, le respect et le droit à l'existence. Plus jamais ça, plus jamais ça!

Kamal Guerroua

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:31

Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé hier devant le Parlement européen, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé les Etats de l'UE à se répartir d'urgence l'accueil de 160 000 réfugiés, selon l’AFP.

Comme il a exhorté les pays membres à faire preuve de davantage «d'union». «Ce sont 160 000 (personnes) que les Européens doivent prendre dans leurs bras (...). Ceci doit être fait de façon obligatoire», a déclaré M. Juncker.

Il a relevé aussi la nécessité d’écarter toute distinction entre les réfugiés : «Il n'y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s'agit de réfugiés.» Les chiffres sont «impressionnants», a-t-il reconnu, en rappelant que près de 500 000 réfugiés sont aux portes de l'Union européenne depuis le début de l'année, «mais ce n'est pas l'heure d'avoir peur, c'est l'heure d'actions audacieuses et déterminées».

Il a appelé les ministres européens de l'Intérieur, qui se réuniront à Bruxelles le 14 septembre, à «se mettre d'accord». Le chiffre de 160 000 réfugiés correspond à l'addition d'un précédent projet de répartition de 40 000 réfugiés arrivés sur le sol européen et d'une nouvelle proposition d'urgence d'accueillir 120 000 personnes se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie.

Au-delà de la répartition de ces réfugiés, présentée comme une mesure d'urgence, M. Juncker a appelé les pays membres à mettre en place «un mécanisme permanent (...) qui nous permettra de faire face plus rapidement à l'avenir» et d'éviter de laborieux marchandages entre Etats.

Le président de la Commission européenne a assuré que les Accords de Schengen sur la libre-circulation ne seraient pas remis en cause sous son mandat et plaide pour que «les migrants puissent travailler dès lors qu'ils arrivent sur le territoire de l'UE» et que cette dernière mette en place rapidement «des voies légales» pour l'immigration.

Le Royaume-Uni refuse de prendre part aux quotas

Pour sa part, le Premier Ministre britannique, David Cameron, a indiqué le même jour qu'il ne voulait pas entendre parler de quotas de réfugiés, alors que le président de la Commission européenne a présenté un plan d'accueil des réfugiés se trouvant actuellement dans le sud de l'Europe. D’autant que cette mesure ne concerne pas le Royaume-Uni, exempté des règles communautaires en matière d'immigration. Mais l'opposition travailliste a une nouvelle fois réclamé que le Royaume-Uni y prenne part, une revendication balayée par M. Cameron.

«Si toute l'attention se concentre sur des quotas de redistribution de réfugiés en Europe, cela ne résoudra pas le problème», a-t-il dit lors des questions hebdomadaires devant le Parlement, estimant aussi que «cela envoie le message aux gens que c'est une bonne idée de monter dans un bateau pour faire un voyage périlleux» vers l'Europe.

Et de poursuivre : «L'Europe doit trouver ses propres réponses pour les pays qui font partie de l’espace Schengen. Le Royaume-Uni, qui dispose de ses propres frontières, a la possibilité de prendre des décisions souveraines.» Le Premier Ministre s'est engagé lundi à accueillir 20 000 réfugiés en cinq ans au Royaume-Uni, mais provenant de camps se trouvant à la frontière syrienne avec la Turquie, la Jordanie et le Liban.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 12:16

Un flot croissant de réfugiés arrive dans une Europe qui ne sait trop que faire

Vendredi 28 août, sur une aire d'urgence d'une autoroute autrichienne, dans l'état oriental de Burgenland, près de la Hongrie et de la Slovaquie, un camion de 7,5 tonnes a été découvert abandonné. Immatriculé en Hongrie, il porte le logo d'une entreprise de volaille slovaque. S'approchant, les policiers ont remarqué des « fluides de corps en décomposition » coulant du véhicule et ont été assailli par une odeur putride en ouvrant les portes. Plus de 70 corps de migrants, morts depuis un certain temps, ont été extraits du camion. Le comptage des cadavres a été rendu très difficile par l'état de décomposition avancé des corps, entassés les uns sur les autres. 59 hommes, 8 femmes et 4 enfants, dont une fillette de 2 ans : les réfugiés, probablement en majorité d'origine syrienne, sont morts asphyxiés. Pour le moment, 3 personnes ont été arrêtées en Hongrie : un Bulgare d'origine libanaise, propriétaire du camion, un autre Bulgare et un autre Hongrois, certainement les chauffeurs du véhicule. Des petites mains de l'un des nombreux trafics d'êtres humains qui vivent, grassement, du désespoir des réfugiés.

La veille, loin de l'Autriche, en Méditerranée, au large de la ville de Zouara, dans l'est de la Libye, 76 corps de migrants ont été repêchés et des dizaines d'autres, portés disparus après le naufrage d'une embarcation qui transportait plusieurs centaines de personnes. 198 personnes ont pu être secourues. Plus de 300.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et plus de 2.500 personnes sont mortes en mer après avoir tenté de rallier l'Europe, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

«VOS PAPIERS !»

Quel terme faut-il employer pour parler de ces milliers de personnes, candidates à l'exil, qui traversent mers et pays, au prix de grands dangers et en déboursant des sommes astronomiques, en vue de gagner l'Europe ? La chaîne quatarie Al-Jazeera a lancé le débat en faisant le choix du mot « réfugié », moins réducteur et moins déshumanisant. « Migrant » occulte les persécutions que veulent fuir ces centaines de milliers de réfugiés : Migrants ou réfugiés ? Réfugiés ou migrants. « Tous les réfugiés sont des migrants, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés”, explique à Metronews le HCR, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés basé à Genève. En droit international, le statut de réfugié est défini par la Convention de Genève, signée en 1951. Derrière le mot réfugié, il y a l'idée de persécution - à cause de son origine, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques -, et de départ, subi, de son pays. Une notion qui ne se retrouve pas derrière le mot « migrant » qui, d'après Larousse, signifie qu'il s'agit d'un déplacement volontaire « pour des raisons économiques, politiques ou culturelles ».

Mais on n'est pas réfugié, on le devient : « La majorité des personnes qui arrivent au large de la Grèce sont des Syriens qui fuient la guerre, explique le HCR. Ce sont des réfugiés « en devenir » : avant de pouvoir être considérés comme des réfugiés, il faut qu'ils aient demandé l'asile, dans un pays, et que leur demande ait été acceptée ».

Les choix de vocabulaire ont, donc, un sens. L'immigration vers l'Europe jusqu'à une date récente, avait, principalement, une raison économique. L'Afghanistan, les conflits moyen-orientaux, la grave instabilité de plusieurs régions, en Afrique, ont, profondément, modifié cette donne. L'UE fait face au plus vaste afflux de migrants depuis des décennies. Entre 350.000 et un demi-million de personnes, selon les estimations, ont franchi les frontières de l'UE durant les 7 premiers mois de l'année. Souvent dans les pires conditions et avec un grand nombre de décès, à la clé : au moins 2.500 réfugiés des pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient ont déjà péri, en essayant de gagner le vieux continent …

« Si l'odeur nauséabonde de nos parkings devient plus forte, nous pourrons finalement comprendre, et pas seulement en Autriche (...) qu'il est temps de créer des passages sûrs vers l'Europe, un enregistrement rapide et une répartition équitable » des migrants, a déclaré le responsable d'Amnesty International en Autriche, Heinz Patzelt. La Commission européenne souhaite, en effet, répartir les demandeurs d'asile, dans tous les pays européens, pour soulager les pays d'arrivée. Cette répartition, sur la base du volontariat, se heurte, toutefois, au manque de volonté de certains pays, dont la Hongrie, l'Autriche, la Slovaquie et la Slovénie, la Bulgarie qui souhaitent surtout fermer leurs frontières… Car l'afflux massif et rapide de migrants pose des problèmes réels.

Les pays d'arrivée sont souvent des pays plutôt pauvres. La Grèce, en proie déjà de fortes difficultés économiques est le principal pont d'accueil des réfugiés provenant d'Irak et de Syrie, augmentant le nombre des migrants de 750% en un an. Au cours du mois d'août, environ 3.000 personnes arrivaient, chaque jour, à la frontière gréco-macédonienne — la grande majorité d'entre eux, d'abord par bateau sur les îles grecques situées à proximité des côtes turques. Sur ces îles, notamment Kos, grandit, actuellement, un risque réel de catastrophe humanitaire.

La Bulgarie a annoncé l'envoi de troupes, et même des véhicules blindés à la frontière qu'elle partage avec la Macédoine. La Hongrie, pays de transit pour des migrants et réfugiés qui cherchent à gagner l'Europe occidentale, a hâtivement érigé un « mur » de fils de fer barbelés, sur les 175 km de sa frontière avec la Serbie. Un millier de policiers sont déployés près de la barrière. Quelque 2.000 de plus sont attendus après le 1er septembre. Pointant du doigt la Hongrie, Laurent Fabius, a jugé «scandaleuse» l'attitude de certains pays : «Quand je vois un certain nombre de pays d'Europe qui n'acceptent pas les contingents (de répartition des exilés), je trouve ça scandaleux», a-t-il déclaré, en précisant que ces pays se trouvent « dans l'est de l'Europe».

Le ministre des Affaires étrangères s'est, notamment, dit très « sévère » envers la Hongrie qui, selon lui, ne « respecte pas les valeurs communes de l'Europe » en posant des grillages à sa frontière. Pour lui, il faut « bien sûr » que la Hongrie démantèle ce mur et que l'Union européenne ait « une discussion sérieuse et sévère» avec les dirigeants hongrois.

LA PROCEDURE DE DUBLIN

Face à la crise migratoire, l'attitude des Etats membres s'étend sur une gamme allant du volontarisme à la panique. Côté volontariste, l'Allemagne est le principal point d'accueil des mouvements migratoires : le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a indiqué que l'arrivée de jusqu'à 800.000 réfugiés et migrants était attendue en Allemagne cette année, soit 4 fois plus qu'en 2014. L'afflux record de réfugiés en Allemagne, depuis le début de l'année, est « le plus grand défi de l'Allemagne depuis la réunification », a estimé le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.

A l'inverse, d'autres pays renâclent à voir leur quota de réfugiés augmenter. «De trop nombreux pays se refusent à prendre leur part», a aussi regretté Manuel Valls, le Premier ministre français, toute l'Europe est concernée par cette crise d'une exceptionnelle gravité, elle doit, donc, se mobiliser». « L'Europe est dans une situation qui n'est pas digne de l'Europe, il faut, tout simplement, le dire », a de son côté déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, appelant lors d'un « dialogue avec des citoyens » à une plus juste répartition de l'accueil des réfugiés, au sein de l'Union européenne. Dans ce contexte, Angela Merkel n'a pu que constater l'échec de la procédure de Dublin : « Où voulez-vous qu'on envoie des réfugiés qui ont un taux de reconnaissance élevé ? En Autriche ? Elle a déjà une charge plus lourde actuellement que l'Allemagne ! En Hongrie ? Cela n'a pas de sens ! En Serbie et en Macédoine ? Non ! Et nous n'avons pas le droit de les envoyer en Grèce. Voilà un exemple que la procédure de Dublin ne fonctionne pas ! ».

La Procédure de Dublin ? Le règlement Dublin II est un règlement européen qui détermine l'État membre de l'Union européenne responsable d'examiner une demande d'asile, en vertu de la Convention de Genève (art.51) dans l'Union européenne. L'un des objectifs principaux du règlement de Dublin est d'empêcher un demandeur de présenter des demandes dans plusieurs États membres. Un autre objectif est de réduire le nombre de demandeurs d'asile qui sont transportés d'État membre à État membre. Cependant, depuis que le pays où une personne est arrivée au début est responsable pour faire face à sa demande d'asile, cela met une pression excessive sur les zones frontalières, où les États sont moins souvent en mesure d'offrir soutien et protection aux demandeurs d'asile, nous explique Wikipedia.

60 MILLIONS DE REFUGIES DANS LE MONDE

La répartition du nombre croissant de réfugiés bute, donc, sur des réalités très concrètes : les pays à la frontière de l'Europe, aux frontières poreuses, souvent les plus pauvres états de l'UE, sont les premiers récipiendaires des mouvements migratoires, en provenance d'Afrique, du Moyen-Orient, de l'Europe de l'est (peut-être demain, les Ukrainiens feront un choix d'exil…). La riche Angleterre qui est une île, a tous les moyens techniques pour refuser l'entrée du pays aux « étrangers ». Ceux-ci s'entassent aujourd'hui dans le port français de Calais…

La résurgence des petits calculs et des égoïsmes nationaux dans l'UE est compréhensible, face à la plus grande crise migratoire que connaît ce continent, depuis la Seconde Guerre mondiale ! D'autant que les estimations restent, nécessairement, imprécises : les chiffres fournis sont, certainement, en-deçà de la réalité, tous les réfugiés ne demandant pas l'asile politique et une grande partie de l'immigration illégale, par définition, ne peut être recensée.

Dans un vieux continent, qui subit depuis plusieurs années une récession économique difficile et où les tensions entre peuples font partie de l'héritage historique, même dans la période récente (souvenons-nous des guerres en Yougoslavie dans les années 90 et ses 4 millions de réfugiés), l'arrivée massive de populations étrangères n'est pas chose facile, surtout que, côté capacité d'accueil, seules 32.256 places ont été débloquées en UE pour les demandeurs d'asile. L'objectif de 40.000 places, pourtant bien loin de répondre aux besoins, n'a donc même pas été atteint, faute de politique d'asile européenne commune.

« Pour les pays européens, ces flux massifs et continus sont un défi à leurs politiques d'asile et d'immigration. La vision anxiogène qui prévaut annihile toute logique de solidarité entre les peuples, alors que le droit international oblige les Etats à respecter les impératifs humanitaires devant la tragédie des naufrages de migrants, commente Béligh Nabli. Les Européens doivent assumer leur part de responsabilité dans la tragédie qui se joue. Il suffit, ici, de rappeler, notamment, que le chaos qui règne en Libye, depuis la chute de Kadhafi, provoqué par l'intervention militaire franco-britannique, a permis, non seulement, aux forces djihadistes de prospérer, mais aussi aux organisations criminelles de développer le trafic d'êtres humains », rappelle ce directeur de recherche à l'Iris. Les réfugiés vers l'Europe ont augmenté, à la suite de guerres civiles : les 3 principaux pays d'origine sont la Syrie (27,9%), L'Erythrée (12,2%) et l'Afghanistan (7,8%).

Les conflits inter ou intra étatiques sont innombrables sur la carte mondiale, c'est leur résolution qui pourra freiner le vaste flux de réfugiés et les Européens devraient s'y atteler.

Selon François Gemenne, chercheur à l'Université de Liège, cité dans le ‘Nouvel Observateur', la crise à laquelle l'Union européenne est confrontée n'est, pourtant, qu'une « goutte d'eau », face au 60 millions de déplacés et réfugiés comptabilisés dans le monde, en 2014, par le HCR.

P. Morville

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