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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 11:26
Plus que jamais, l'Algérie est à la croisée des chemins.

Plus que jamais, l'Algérie est à la croisée des chemins.

Les partenaires étrangers quittent actuellement l’Algérie parce qu’ils ont du mal à décrypter ce qui se passe au sein du régime d’Abdelaziz Bouteflika qui prend ses décisions dans le secret et l’opacité. Le pays a cependant une jeune élite puissante qui ne demande qu’à être investie du pouvoir de changer les choses.

En dépit de ses soucis de santé, le président Bouteflika est encore l’homme fort du pouvoir qu’il exerce pleinement. Il vient même de dompter le système politico-militaire qui contrôlait et dirigeait le pays depuis presque l'indépendance. Ce faisant, il a confisqué et pris en otage l’État, multiplié les échecs économiques, interféré dans le travail de la justice, des médias et des partis politiques. Il a aussi failli dans la protection et la sécurité des citoyens. Parce qu’il n’a pas diversifié l'économie algérienne qui tire plus de 95 % de ses recettes extérieures du pétrole, elle a énormément pâti de la baisse des prix du baril de pétrole. Les revenus des exportations des hydrocarbures ont donc chuté de près de 50 %. Le pays est devant une crise majeure et le système politique en place est non seulement impossible à maintenir, mais surtout, le condamne à l’échec sur tous les plans.

L’Algérie périclite depuis le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika et n’est plus un acteur incontournable dans les dynamiques régionales et internationales. Les investisseurs étrangers s’y intéressent de moins en moins, ce qui fait chuter le cours de sa monnaie. En conséquence, la dépréciation du dinar a rogné 30 % du pouvoir d’achat des citoyens et des entrepreneurs. L’Algérie est donc secouée par une terrible crise financière qui grève son budget et vide ses coffres. Pour mieux se déculpabiliser face à la population, les pouvoirs publics exagèrent la gravité de la conjoncture financière internationale qui touche le pays. Le matraquage des médias favorable au pouvoir fait de plus croire aux Algériens qu’un changement serait une menace pour la stabilité du pays.

La faillite du système est particulièrement visible en ce qui concerne le commerce international monopolisé par des groupes d’intérêts proches du pouvoir. Parce qu’il défendait l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dont les règles auraient empêché ces groupes de recevoir les bénéfices de la corruption, le chef du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès a été limogé de la tête du ministère du Commerce le 23 juillet dernier. Son seul crime a été de tenter de protéger l’économie nationale. La corruption règne à tous les niveaux dans les relations de l'État avec les agents économiques. Pire, les changements et réorganisations en cours ont pour objectifs de renforcer la capacité et l’efficacité de la corruption en Algérie tout en prévenant des mutations politiques nationales qui pourraient la prévenir.

Le pays est donc devant deux chemins. Dans celui que suit actuellement le pouvoir, Abdelaziz Bouteflika peut continuer à utiliser Madani Mezrag avec son projet de création d’un parti politique pour terroriser le pays. Son autre arme, le tout récent projet d’alliance pour le soutenir est aussi ridicule que mal pensé. Cette nouvelle alliance présidentielle que tente de lancer Amar Saâdani n’est rien d’autre qu’une association d’affairistes autour du maître filou. Tous ces acteurs sociaux à la solde du gouvernement n’ont d’ailleurs aucune efficacité économique et risquent même d’aggraver la situation des entreprises et des ménages en présentant des vessies pour des lanternes.

L’absence de solution immédiate au problème de la chute de la production et des recettes pétrolières est le vrai problème. L’économie du pays est gérée sur une base mono-industrielle avec le seul souci de sauvegarder les intérêts de la famille du chef de l’État. Malheureusement pour tous ces acteurs, la situation actuelle est intenable et risque de s’écrouler d’un moment à l’autre. Avec la diminution des dépenses de l'État, les gels des salaires des fonctionnaires, les baisses des dépenses sociales et l'annulation de nombre de chantiers et projets, le gouvernement met lui-même en motion la roue qui l’écrasera.

Dans l’autre voie, la chute des prix du pétrole peut contraindre le pouvoir à plus d’ouverture et à la création d’un gouvernement de coalition. Un pays débarrassé de sa corruption permettrait à la population, aux universitaires et aux gens d’affaires d’avoir une prise réelle sur l’économie. La société algérienne est jeune et qualifiée. Elle sait comment utiliser ses ressources naturelles et son positionnement géographique central. L’Algérie est une plaque tournante naturelle du commerce international. Amara Benyounès a raison. L’adhésion de l’Algérie à l’OMC est incontournable si elle veut prospérer. Des traces d’espoir peuvent même être trouvées à l’intérieur même de ce gouvernement. La ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la Communication, Houda-Imane Faraoun, est une des très rares fleurs qui arrive actuellement à pousser sur le fumier qui s’accumule dans les locaux du président Abdelaziz Bouteflika.

En dénonçant la faiblesse dans le contenu algérien sur internet, elle fait tache dans la décrépitude générale des structures et des ministres qui composent ce qui est actuellement le nauséabond gouvernement algérien. C’est dans son ministère qu’est la poule aux œufs d’or. Les TIC sont le futur et de plus en plus le réel moteur de la croissance des pays.

M. Gourd

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:07

L’Instance de Concertation et de suivi de l’opposition (ICSO), issue des recommandations de la première conférence nationale pour l’action démocratique (Mazafran-Zeralda le 10 juin 2014) vient de tenir une réunion pour évaluer une année de son action politique et définir sa feuille de route.

Comme à son habitude, elle a chargé le gouvernement en critiquant au passage, le dernier remaniement qu’il a subit "par la logique de rotation et d’héritage, loin de toute volonté populaire et de l’intérêt suprême national", a-t-elle affirmé dans son communiqué.

Elle invite, à l’occasion, et de nouveau, "les algériennes et les algériens à adhérer à un processus salutaire, dont l’objectif est l’instauration d’un système démocratique et social, seul en mesure d’assurer la justice, la liberté et l’égalité entre tous ses enfants".

En un mot, elle réédite sa proposition de mise en place d’une «transition démocratique» tout en étant convaincue que celle-ci n’aurait de sens que si le peuple, dans toutes ses composantes, sa jeunesse et ses élites politiques et socioprofessionnelles est convaincu de sa justesse et de la sincérité des femmes et des hommes qui l’animent. Son programme : une série de rencontres, de sit-in, de marches et de conférences thématiques dont les dates seront annoncées prochainement.

C’est un pari fou de réussi pour une opposition qui a mue, rapidement, d’un état d’émiettement avancé, en bloc résistant et dynamique. Une preuve de maturité donnée par l’ICSO, selon un éditorialiste. De nouvelles personnalités nationales sont annoncées au conclave de l’ICSO prévu le 4 juillet prochain. Des renforts, pensent certains, qui aideraient à terme, à contrebalancer le rapport de force en faveur de l’opposition. On croit savoir que l’ancien ministre délégué au trésor Ali Benouari fera son entrée dans l’instance. Celui-là même qui a vécu plus de 27 ans en Suisse et qui veut, coûte que coûte, retrouver une place au pouvoir, sous les bombes et les missiles des américains, a dit de lui Louisa Hanoune ; sinon comment expliquer dit-elle, les trois lettres qu’il a envoyées au secrétaire général de l’ONU Ban ki Moon, au président de l’UE José Manuel Baraosso et le président américain Barack Obama pour leur demander d’intervenir dans les élections présidentielles algériennes.

L’opposition, en l’état, a-t-elle vraiment les moyens et l’influence pour mobiliser autour de son appel à une "transition démocratique" ? Il faut savoir que de tous temps, ceux qui ont prôné le changement "de haut en bas" ont échoué dans leur entreprise. Tout comme ceux qui ont pensé que la violence était la solution. Ils se sont trompés, tous, sur le peuple algérien, celui-là même qui a étonné le monde. Il a échappé au "printemps arabe" !

Beaucoup, d’ailleurs, se demandent pourquoi il ne se passe rien en Algérie. Pour tenter de résoudre l’énigme, écrivait l’éditorialiste d’un magazine étranger, il faut prendre en compte un élément capital : la quête obsessionnelle de stabilité, compte tenu d’une histoire contemporaine marquée par des épreuves particulièrement sanglantes et douloureuses. Une quête perceptible chez les algériens "d’en haut" comme chez ceux "d’en bas". Car il ne faut pas se leurrer : comme partout ailleurs, ou presque, la majorité de la population aspire bien au changement. Mais, en Algérie, l’obtenir est une autre paire de manches. Les algériens donnent l’impression d’être résignés et sont prêts à accepter beaucoup de choses y compris cette image souvent négative que leur pays renvoie, pourvu qu’il y ait la paix !

Deuxième élément d’explication, et non des moindres : la complexité de l’organisation du pouvoir. Le «système» comme on dit, celui qui préside, réellement, aux destinées du pays, n’a rien à voir avec les engrenages «kleptocratiques» de certains pays voisins avant 2011 (Tunisie, Lybie, Egypte). En Algérie, ce n’est pas une poignée de personnes qui tiennent les rênes, mais au bas mot, des dizaines de milliers d’obligés et de relais. Cela en ferait du monde à bouter dehors !

Et de cela, les animateurs de l’ICSO n’en parlent pas. Ils veulent être califes à la place des califes, sans plus. Les internautes qui ont pris connaissance du communiqué de l’ICSO transmis aux rédactions des journaux, n’y sont pas allés de main morte pour qualifier la démarche. D’accord a dit l’un deux, on prend le peuple algérien à témoin de la situation qui prévaut dans le pays, mais on propose quoi ? Pour aller vers où ? Et avec qui ? Des islamistes éradicateurs, laïcs, ultralibéraux, gauchistes, nationalistes, en gros tout le monde ?

Les acteurs de l’ICSO sont différents idéologiquement, philosophiquement et même méthodologiquement et en l’état, ils ne peuvent pas prendre le pouvoir. Gagner le pouvoir, ajoute un autre, veut dire gagner la confiance du peuple et de la société toute entière. L’ICSO ne connait pas le terrain. Plus encore, elle ignore tout de la sociologie des algériens : leur adresser un appel à se mobiliser, en masse, derrière elle, un mois de ramadhan, c’est aller vers le bide complet, en vertu de l’adage «ventre affamé n’a pas d’oreilles !». Il en est de même de tous ces partis qui sont loin de proposer un programme, une politique, un projet de société. Ils ne font que réagir à la politique du gouvernement sur le plan rhétorique et ne peuvent être crédibles !

Il faut dire, aussi, que la majorité des partis vivent une crise d’identité dans la mesure où chacun d’entre eux s’inspire, à la base, d’un modèle étranger et s’accroche à un projet de société qui n’est pas reconnu par les algériens.

L’appel de l’ICSO va-t-il faire choux blanc ? Selon le politologue Rachid Grim, l’instance n’a aucune chance, dans les conditions actuelles, que le pouvoir réponde positivement à ses doléances ; ce dernier, va d’ailleurs, tout entreprendre pour la disloquer de l’intérieur.

Dans un tel environnement, l’instance de l’opposition se parle, en fait, à elle-même : sa proposition de «transition démocratique», du réchauffé, ne trouvera pas l’écho escompté. A qui la faute ? A ses animateurs, peut-être. Ces derniers n’en démordent pas : transition démocratique, institutionnalisation d’une commission indépendante pour la gestion des élections avant l’organisation d’une présidentielle anticipée !

L’un des animateurs de l’ICSO, le patron du RCD a été prié par un journal en ligne d’expliquer, par exemple, l’échec de l’instance à mobiliser les citoyens autour de la question du «gaz de schiste». Il a répondu ceci : «il n’y a qu’en Algérie où les médias et l’opinion estiment qu’il faut mobiliser des milliers de personnes, pour l’organisation d’un sit-in. En Europe et aux Etats-Unis, ce sont des regroupements qui rassemblent 20, 30,40 et 50 personnes lorsqu’il s’agit de gaz de schiste et ce n’est pas rien ! Mais la presse a largement médiatisé l’appel de l’ICSO a fait observé le journaliste ; «je veux parler des médias publics notamment audiovisuels a répondu le patron du RCD ; ils sont les seuls à avoir assez de moyens pour couvrir toutes les activités politiques mais ils ne l’ont pas fait !

C’est à se demander où sont passées les idées novatrices ? Depuis l’été passé, en n’entend parler que de «transition démocratique» et d’élections présidentielles "anticipées". Et de propositions, point.

Une ligne rouge à ne pas dépasser vient d’affirmer sur un ton péremptoire Ahmed Ouyahia, à l’occasion de son retour aux affaires. Il y a plusieurs points de divergences entre le gouvernement et l’opposition a-t-il affirmé. Parmi celles-ci la "transition démocratique" inacceptable de son point de vue, tout comme les appels à répétition à une conférence nationale et à l’intervention de l’armée ; ces demandes ont des répercutions dangereuses sur la société algérienne qui a déjà vécu les conséquences de la transition dans les années 1990. Tout en se défendant d’entrer en confrontation avec ceux de l’ICSO, il leur prête des velléités de vengeance et de haine : «arrêtez de détruire, arrêtez de casser, n’essayer pas d’hériter des cimetières, tendez à hériter de jardins !» leur a-t-il asséné.

Beaucoup d’algériens, éloignés de la politique, pensent qu’il est temps d’en finir avec le déni, le fatalisme et le nombrilisme, les trois maux qui caractérisent l’opposition actuelle. Même si l’on est en droit de juger imparfaite la politique actuelle menée par le gouvernement, le redressement du pays devrait être la priorité pour tous.

Le premier ministre, Abdelmalek Sellal a donner le ton en ces périodes de vaches maigres : le pays doit cesser de dépenser plus que de raison, crise de pétrole oblige. Autrement dit, il faut faire maigre. L’heure, c’est vrai, est au patriotisme, mot, hélas, galvaudé y compris par les animateurs de l’ICSO qui s’en remettent au peuple dans une tentative de remake de «l’appel du 1er novembre». Les responsables de l’opposition l’ont osé, furieusement égocentrés et convaincus que le peuple entier va les suivre dans leur aventure. En définitive, ils continuent de participer à notre aveuglement collectif, rongés qu’ils sont par le cynisme, le pessimisme et…l’ambition !

Telles sont donc les postures des dirigeants des partis dits "d’opposition" ; ils n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme pour surfer sur les problèmes récurrents des algériens : chômage, crise de logement et pouvoir d’achat, notamment à l’occasion du mois sacré du ramadhan. Mais, ce serait gravement sous-estimer l’intelligence politique de ces derniers que de les croire, uniquement, sensibles à de telles thématiques. Sinon les partis qui spéculent, presque exclusivement, sur ces ressorts en auraient profité en termes électoraux. Tel n’est pas le cas. Et jusqu’à preuve du contraire, ce sont les partis du FLN et du RND, ou leurs sympathisants, qui sont aux commandes des institutions du pays. Au nom de la sécurité et de la stabilité, nous-a-t-on affirmé. Par la fraude électorale, rétorquent ceux d’en face, pour poursuivre ce qui ne marche pas et, si possible, faire pire, ajoutent les plus radicaux parmi eux. Oui mais, comment voulez-vous, alors, que le peuple vous croie ? Si vraiment tous les dangers menacent le pays comme vous persistez à le répéter, oserez-vous continuer de refuser de vous parler entre républicains, patriotes, sous prétexte que parmi vous il y a des démocrates, des laïcs, des islamistes et d’autres partisans de courants, fondamentalement, opposés aux vôtres ?

Montrez des pistes pour autre chose, mettez en valeur ce qui se crée d’alternatif dans le pays. Valorisez les idées novatrices. Il y a des modèles économiques et même des sociétés dans le monde qui peuvent nous apporter une réflexion positive grâce à laquelle on pouvait se projeter. On aspire à autre chose que de faire partir le Président, alors parlez-nous de sociétés inventives ! Creusez dans les programmes alternatifs pour nous faire connaitre les orientations d’une bonne gouvernance et patientez jusqu’en 2019 !

Si nous sommes tombés si bas, entend-on souvent, c’est parce que nos politiciens ne sont pas à la hauteur. Depuis le Général De Gaulle qui, lui, se fichait comme d’une guigne de la prochaine élection, nos hommes politiques sont tous obsédés par leur propre réélection et partant, le pouvoir. Le sens de l’Etat n’étant plus ce qu’il était, ils se garderaient, sitôt assis sur leur auguste fauteuil, de bouger une oreille, de peur d’effaroucher le bon peuple à moitié endormi… et qui pourrait leur demander des comptes !

Il est incompréhensible que des hommes politiques de la stature d’Ahmed Benbitour, Ali Benflis ou encore Mouloud Hamrouche plastronnent, gonflent leur poitrine avec l’assurance de détenir"la solution" et en même temps privent le pays de leurs bons conseils !

Quelle défaite pour l’intelligence démocratique qui subsiste encore dans ce pays, que de laisser comme alternative au citoyen que l’option de choisir entre la "stagnation" de ceux qui sont au pouvoir et la "fuite en avant" de ceux qui aspirent à y être ! Mais, ne nous y trompons pas, c’est cette défaite intellectuelle que le pays paye actuellement et qui transparait à travers un taux d’abstention le plus fort depuis l’instauration du suffrage universel dans l’Algérie indépendante.

Et puis, franchement, l’opposition décrépite serait-elle en mesure de gouverner un jour, si les électeurs le lui demandaient ? Privées de chefs légitimes, fracturées par des querelles idéologiques et de "leadership", sans oublier les coups de boutoir des "redresseurs", ces formations politiques qui foisonnent auraient sans doute du mal à assumer, demain, de telles responsabilités. Surtout, il y a fort à parier que le manque de cap, de vision et d’autorité raillés depuis des mois par les Benflis, Mokri, Sofiane Djilali, Touati et consorts seraient, au moins, aussi criards dans leurs rangs.

C.Ali

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:04

Sonatrach est devenue depuis plus près de deux décennies une niche pour les partenaires étrangers afin lui extorquer de l’argent après des contentieux selon toute vraisemblance mal conduits consciemment ou inconsciemment du côté algérien.

Ainsi, après la perte du procès avec la compagnie américaine Anadarko qui l’a contrainte de débourser 5.9 milliards de dollars, voilà que l’italienne Saipem et le français Technip se mettent sur les rails pour suivre ce filon face à un mastodonte aux pieds d’argile qui peine à se défendre. Du côté italien, Saipem vient d’ester en justice Sonatrach pour des avenants contenant des travaux complémentaires et supplémentaires au contrat initial relatif au champ de Menzel Ledjmed mitoyen de celui de Hassi Messaoud pour réclamer plus d’un demi-milliard de dollars.

Dans cette affaire, des considérations politiques ont marqué de leur empreinte la procédure judiciaire puisque la partie algérienne saisie depuis début 2014, se laisse faire sans informer l’opinion publique pour des raisons que tout le monde devine. Ce n’est pas tout, l’italienne dont la présence en Algérie est entaché de scandales répétitifs, voudrait mettre le contrat des installations de séparation GPL pour un montant de 171 millions de dollars et semble décidé d’aller en avant profilant des lacunes dans la gestion de son adversaire. Technip qui connait très bien pratiquement toutes les installations pétrolières et a fortiori &les raffineries algériennes, n’aurait pas pu sous-estimer le montant du marché portant sur la réhabilitation, la rénovation et l'agrandissement de la raffinerie d’Alger pour un montant initial de prêts d’un milliard de dollar.

Dès le départ, cette affaire vit un contentieux avec probablement des complicités de l’intérieur même de Sonatrach. Aujourd’hui, et après la décision du tout nouveau PDG de l’entreprise nationale de résilier tout simplement ce contrat, des rumeurs persistantes du côté français font état de l’intention de Technip de porter cette affaire devant une juridiction internationale pour demander réparation, et quelle réparation ? Connaissant la crise économique que connaissent la France en général et les entreprises françaises en particulier, Technip n’aurait pas tenté cette action si elle n’était sûre ou assurée de son issue. La fragilité de Sonatrach est telle qu’elle est devenue un tremplin pour les multinationales qui la vide non seulement de ces cadres formés à coup de devises fortes mais maintenant de ses caisses. Comment historiquement a évolué ce géant pétrolier dont le dessein est intimement lié avec celui de la nation algérienne toute entière ? Par quel artifice y sont ancrés les virus de la corruption ? Depuis quand a commencé réellement la dérive de sa gestion ?

1.- Sonatrach a des objectifs politiques et après !

Sonatrach a été créée le 31 décembre 1963 comme un instrument de l’Etat pour rechercher, exploiter et commercialiser les richesses fossiles de la nation algérienne et mettre à sa disposition des capitaux pour le développement des autre secteurs de l’économie nationale. Elle est aussi un réservoir pour le recrutement afin d’assurer des emplois pour la majorité d’une population active qui n’a que trop souffert de l’indigénat. Ceci a été planifié et connu de tous les Algériens dans le cadre du premier plan triennal qui vise le plein emploi et c’est normal sinon à quoi aurait servi l’indépendance nationale ? Est-ce une bonne ou mauvaise approche, n’est plus une question à poser 50 ans après. Il s’agit d’un choix consensuel pris après le départ massif des colons et la vacance des moyens de production et surtout la soif du citoyen algérien de recouvrir sa dignité après 132 ans de colonisation. Toujours est-il, jusqu’à la mort du Président Boumediene, elle assumait parfaitement les contradictions entre ces objectifs politiques et sa démarche managériale. Elle a confirmé sa mission pour le compte de l’Etat et au service de la nation algérienne dés sa naissance en construisant en 1964 le premier oléoduc algérien, l’OZ1, d’une longueur de 805 km, reliant Haoud El Hamra à Arzew. Elle décide de lancer la grande aventure du gaz, en mettant en service le premier complexe de liquéfaction de gaz naturel, dénommé GL4Z (CAMEL – Compagnie algérienne du méthane liquéfié), d’une capacité de traitement de 1,8 milliards m3 gaz/an et mis en service de la raffinerie d’Alger. Ces œuvres seront suivies par de nombreux complexes et découvertes de gisements sans compter le lancement d’un vaste programme de formation des cadres aussi bien en Algérie qu’à travers le monde pour les préparer à la relève et surtout à la capitalisation, la consolidation et la fertilisation du savoir et du savoir-faire pétrolier pour les générations futures. Sa stratégie de l’époque visait non seulement la recherche, l’exploitation et la commercialisation des hydrocarbures mais aussi un espoir de transférer l’expertise parapétrolière dans la vision de l’après-pétrole. C’est ainsi que sont créees en partenariat avec les multinationales les fameuses «AL» Alfor, Alsim, Aldim, Alfluide, Alreg, Aldia etc. Il s’agissait d’injecter les cadres formés à l’étranger, à l’IAP et l’INH pour justement apprendre et maitriser les opérations parapétrolières afin de limiter à long terme l’intervention des compagnies étrangères.

2.- Première dérive de Sonatrach

A la mort du président Boumediene et l’arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid et la nomination d'Abdelhamid Brahimi comme premier ministre, le discours devait changer avec des implications sur le terrain qui s’écartaient peu à peu de la ligne suivie pour atteindre les objectifs, objet du consensus : le gigantisme des sociétés nationales, l’efficacité selon le principe "Small is beautifful", la tentative d’abandon des hydrocarbures comme stratégie de développement, le désengagement progressif de l’état vis-à-vis des différentes institutions publiques, pour, selon le discours politique, une meilleure efficacité budgétaire. Cette approche qui ne se fonde sur aucun diagnostic sérieux devait mener Sonatrach comme toutes les autres entreprises nationales à subir un lifting forcé par une restructuration suivant le décret 80-242 du 4-10-80 portant sur la restructuration organique et financière des entreprises. Il est difficile aujourd’hui de situer la responsabilité.

En quoi consistent exactement les changements sur le terrain ? Deux volets peuvent résumer ces changements : un volet macro-économique qui a touché à la vie hors entreprise des citoyens en général et des travailleurs en particulier un autre micro-économique qui a porté sur l’organisation en général de l’entreprise elle-même et Sonatrach en particulier. En ce qui concerne le premier volet, les chiffres montrent qu’il y a eu une réorientation des investissements des secteurs productifs au profit des infrastructures et ceci a ralenti l’effort d’industrialisation et par voie de conséquence ne contribue plus à assurer l’indépendance économique, objet du consensus. Cette désintégration de Sonatrach l’a affaiblie et l’a rendue vulnérable. Le sureffectif par exemple issu de sa restructuration organique l’a obligé de bloquer les recrutements, ce qui a ouvert les brèches à la gabegie, la politique de copinage et surtout a favorisé le recrutement familial au détriment des compétences. Son désengagement progressif vis-à-vis des entreprises parapétrolières en les mettant directement en concurrence déloyale avec des entreprises étrangères les a carrément faits disparaitre de la circulation et celles qui restent évoluent difficilement. Ceci a renforcé l’intervention étrangère dans sa gestion en ouvrant la voie à l’encanaillement de son encadrement.

3.- Chakib Khellil a achevé l’œuvre d’Abdelhamid Brahimi

Contrairement à ce qui est dit ici et là, Chakib Khellil n’est pas revenu en Algérie dans les bagages de Bouteflika lors de son voyage aux Etats-Unis mais non seulement il y était déjà et pourrait en être l’artisan principal dans la préparation de ce deuxième voyage d’un président algérien dans ce pays durant ce week-end du début de juillet 2001. Pour rappel, à peine six mois après son investiture le 15 avril 1999, Bouteflika fait appel à Chakib Khellil d’abord comme conseiller le 1er novembre 1999 puis ministre de l’Energie et des mines moins d’un mois après. Il faut préciser que ce responsable prend sa retraite anticipée de la Banque mondiale en octobre 1999 pour se présenter en Algérie le 1er novembre de la même année. C’est la preuve par 9 que son retour dans le pays a été bien préparé et relève d’un choix délibéré suite à des propositions alléchantes dont bien entendu le premier responsable du pays en est l’auteur. La problématique est simple, Bouteflika promettait aux Algériens qui voteraient pour lui de réhabiliter l’Algérie pour améliorer sa réputation à l’international, il a donc confié les dossiers économiques épineux à des hommes de confiance dont celui de l’énergie. Les dossiers économiques, notamment dans le domaine énergétique, semblent avoir été l’élément essentiel du programme de la visite du président aux USA pour valider son accord et ouvrir la voie à son ministre de l’Energie et des mines afin de crédibiliser sa démarche dans ce pays. Ce désengagement du président de la politique intérieure s’explique par son insistance de vouloir mettre au service de l’Algérie son expertise dans la diplomatie. On se rappelle son rôle très actif dans le Nepad et l’Union Africaine. Le règlement des conflits Ethiopie/Erythrée, la paix en Somalie, la réhabilitation de la Libye, sa médiation au Soudan et entre l’Iran et les USA etc. Pendant ce temps Khellil appliquait en toute liberté sa stratégie car même les chefs de gouvernements qui se sont succédé n’avaient que peu d’autorité sur ce que les médias ont appelé les hommes du président. C’est le seul responsable qui affiché avec une certaine fierté cette appartenance de différentes manières dont nous verrons plus loin.

4.- Le passage de Khellil à Sonatrach l’a vidé de ses cadres

Son bref passage de plusieurs mois à Sonatrach en cumulant en même temps la fonction de ministre lui a largement suffit pour et, il n’est exagéré de le dire, procéder à un "viol" de la structure des valeurs de base que l’entreprise a développées depuis près de 40 ans et qui lui a permis de surmonter ses problèmes d’adaptation externe ou d’intégration interne. Il a acculturé l’entreprise pour avoir imposé des procédures ramenées d’ailleurs et pour lesquelles l’entreprise n’était pas encore prête à accepter. N’oublions pas que Sonatrach est la mamelle de tout le circuit économique et social. Les brainstormings et les «R» qui marginalisent le code des marchés publics. Il voulait en faire d’un bien public, une entité qui obéissait au droit privé. Ayant déjà travaillé au secteur de l’énergie par le passé, il connaissait les points faibles de certains cadres et leur schème motivationnel et surtout le moteur de leurs prédispositions. Il a réussi à reproduire le schéma d’en haut à la perfection. Il est le seul membre du gouvernement à s’impliquer directement dans la politique et ouvertement dans la campagne électorale à travers des contributions personnelles et non en tant que ministre dans les journaux nationaux. La première au moment du déclenchement de la polémique sur la maladie de Bouteflika. Dans cette contribution, il vantait les mérites du président sous la forme d’une vraie précampagne dans laquelle il s’engage au point où de nombreux observateurs le donnaient comme le prochain chef du gouvernement. Dans la seconde, il livre un bilan perspectif de secteur de l’énergie et des mines. A le lire, il semblait très content que les hydrocarbures continuent de représenter 98% des recettes du pays. Il prétend avoir tiré les leçons de la crise asiatique pour "concevoir une politique nationale, notamment en matière d’hydrocarbures". Il retrace l’historique avec en tout petit la période 2005- 2006 pour certainement éviter de montrer son échec dans l’élaboration de la loi sur les hydrocarbures. Il donne les chiffres sur le paysage énergétique comme s’il en est l’auteur alors qu’il s’agit d’un programme amorcé quelques années après l’indépendance. Il passe en revue l’ensemble des lois qu’il a produit depuis celle de la maîtrise de l’énergie jusqu’au projet de loi sur le nucléaire. Il promet que l’Algérie réalisera des recettes de 55 milliards de dollars/an jusqu’à 2040 pourquoi spécialement 2040 ? Enfin pour lui, l’homme est la première et ultime richesse du pays et il en fait son credo.

L’opinion publique n’était pas dupe, elle constate de visu que ce ministre s’implique plus dans l’opérationnel que le stratégique. Il a étouffé les deux grandes entreprises du secteur de l’énergie en s’ingérant directement dans leur gestion. Les énormes investissements à consentir par Sonatrach pour ramener les capacités de production du brut à 2 millions de baril /jour et le gaz à 85 milliard de m3 est contesté par de nombreux experts qui en voient un gaspillage des ressources naturelles, gage des générations futures contre des dollars qui font l’objet d’un recyclage dans le trésor américain. Il a donc, avec des cabinets étrangers, brillé dans la confection des lois, domaine dans lequel il excelle pour l’avoir appris et utilisé dans le cadre de sa mission d’expert à la Banque mondiale. La loi sur l’électricité n’a non seulement attiré aucun investisseur mais plongé le pays dans le noir par le délestage fréquent. Quant à celle sur les hydrocarbures, tous les Algériens connaissent son cheminement. Si la mise en œuvre de ces deux lois n’a rien donné de concret, comment croire les projets futurs : projet de loi sur le nucléaire etc. ? Mais ce qu’il ne donne pas, c’est le bilan de la période de sa présidence de Sonatrach. Il semblerait selon les témoignages qu’il a fait de Sonatrach et Sonelgaz un vrai terrain de bataille. Profitant de la campagne électorale, il s’est débarrassé de tous les anciens PDG et cadres dirigeants qui contestaient sa politique de gestion. Il a procédé à un vrai noyautage de l’entreprise. Il nomme à Sonatrach ses collaborateurs au ministère pour avoir en 4 ans jugés de leur docilité et obéissance. D’abord, il désigne le secrétaire général de l’entreprise, ensuite le PDG de Sonatrach lequel fait monter son fils du simple magasinier au poste de cadre supérieur, aujourd’hui poursuivis par la justice dans l’affaire Sonatrach 01. Il confie la direction des ressources humaines et communication du groupe Sonatrach à son assistante, elle-même cooptée de Sonelgaz. Il profite de l’accident survenu à Skikda pour limoger le vice-président aval et nomme son ancien directeur des ressources humaines et communication et ainsi de suite.

Dans ce climat de noyautage total, le ministre règne en maître absolu. Il dirige mais n’encours aucune responsabilité. Dès qu’il y a un problème, les enquêtes n’aboutissent à aucun écrit de sa part et donc c’est les lampistes qui payent : cas BRC, dossier des pièces de rechange aval, affaire Sonatrach 01 et bien d’autres. Dans cette configuration de noyautage, de suspicion, de psychose et surtout d’injustice, les cadres fuient par centaines les deux entreprises et ceux qui obéissaient aveuglement sont actuellement derrière les barreaux, ont accompli leur peine ou sont sous contrôle judiciaire. En partant, il a laissé une entreprise mal gérée, empêtrée dans la gabegie et les détournements.

4.- Conclusion

Il faut dire que les jeunes cadres, censés prendre la relève, sont contaminés par leurs aînés qui se sont repliés sur eux-mêmes pour ne projeter que leurs intérêts qui ne coïncident nullement avec celui de l’entreprise. On est donc parti pour plusieurs générations pour redonner à Sonatrach l’orientation patriotique d’antan. En plus, si les Américains se sont permis d’annoncer l’abandon des poursuites judiciaires de l’Algérie contre Khellil c’est que son esprit plane encore sur cette entreprise s’il n’est pas encore présent sous une autre forme ?

R. Reghis, Consultant et Économiste Pétrolier

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:03

Une certitude : on sait où l’Algérie n’y est pas. En pleine décennie noire, Pierre Montagnon, dans son livre "Histoire de l’Algérie", résume une malédiction vieille de plus de 2000 ans : "Pauvre Algérie, la peur, la mort, la suspicion se sont glissés partout. Fiasco économique, fiasco politique, fiasco moral, fiasco matériel, fiasco national. Le parcours de plus de 25 siècles d’histoire conduit à un sentiment d’échec. Rien ne débouche. De toutes ces greffes extérieures, une seule s’est enracinée : l’Islam… Aucun homme, aucun groupe ne réussit à forger l’unité nationale. Echec numide, fatimide…français… Si la Tunisie et le Maroc ont engendré une spécificité culturelle et nationale riche d’œuvres d’art et de personnages qui comptent, l’Algérie est vide. Les uniques vestiges de valeur proviennent de Rome ou de la France…L’inaptitude à constituer une nation… Pourquoi ce vide culturel ? Pourquoi cette absence d’hommes marquants ? Pourquoi aucune maison aucune famille ne sont-elles levées pour prendre en main les destinées du pays ?..." L’auteur s’étonne de l’opposition vigoureuse des Algériens aux divers envahisseurs tout en restant déchirés par des rivalités tribales ou ethniques. Cette opposition cette division ces rivalités ne sont pas spécifiques au pays, c’est l’histoire universelle.

La vie des Gaulois n’était pas plus sereine ni plus évoluée que celles des Berbères. De part et d’autre de la Méditerranée, les conditions, affirme l’auteur, étaient à peu près les mêmes pour que la France et l’Algérie évoluent de la même façon. Que s’est- il passé pour que les Lumières jaillissent chez l’une et se refusent à l’autre ? Si «le soleil d’Allah brille sur l’Occident», il brille par son absence sur un sol acquis au Croissant depuis plusieurs siècles. L’Algérie se déclare arabe et musulmane à 100% contrairement aux Gaulois qui ont profité de la civilisation romaine sans lui vendre le moindre atome de leur âme. Idem pour le Japon qui a tout copié sur la Chine…Pour Gustave Le Bon, auteur de la Psychologie des foules : "L’âme d’une race régit sa destinée, il faut des générations pour la créer, et parfois peu d’années pour la perdre." "Des racines pour vivre", précise Tierry Verhelst en affirmant que l’identité appauvrie mène tout droit vers le fatalisme que dire quand elle est greffée par les Beni Hilal. Heureusement, les Arabes sont venus avec un remède bien efficace : le mektoub. Le fonctionnement du cerveau humain n’a plus de secret au grand bonheur des politicards qui s’amusent à le manipuler à défaut d’améliorer la courbe du chômage ou de l’insécurité. Hitler, Mussolini, Marx, Lénine, de Gaulle…tous les hommes qui ont fait le 19e siècle ont pris pour Bible le texte de Le Bon. Le Guide est celui qui guide, dira La Palisse. L’Algérie n’a jamais eu le bon et à force d’encaisser en aveugle, elle a fini par tomber sur le pire. Massinissa aimait dit-on plus sa tente que son palais, 56 ans de règne à combattre Carthage et zéro institution ; quel gâchis ! Saint Augustin, le porte-bonheur de la pensée occidentale, l’inventeur de la Cité de Dieu, se retrouve de nos jours renégat dans sa propre cité. Que dire de la naïve Kahina, respectueuse de la diversité jusqu’à croire que le loup le renard et la brebis peuvent prier sur un même tapis. Quant à l’émir Abdel Kader, son destin ressemble à sa statue, plus d’interrogations que d’exclamations. "Abd el Kader est, parmi les grands hommes du monde arabe, l’un des seuls qui aient eu droit de cité, en France, dans les manuels scolaires et l’image d’Epinal. Célèbre, il reste pourtant inconnu." Où classer un personnage célèbre et inconnu ? On se rappelle la main tendue de Boudiaf fantasmant sur une démocratie transparente quelques secondes avant d’être assassiné. Et Camus, le seul prix Nobel algérien, crucifié pour avoir préféré son handicapée de mère à la liberté des «braves». Dans "L’Envers et l’Endroit", il écrit : "Lui se sentait placé devant le plus affreux malheur qu’il eut encore connu : celui d’une vieille femme infirme qu’on abandonne pour aller au cinéma..." Heureusement la Régence d’Alger a fermé les salles de cinéma dès l’Indépendance pour permettre aux Algériens de jouir de la liberté sans abandonner leur mère. Seulement, les ex indigènes sont malheureux d’après les Américains, névrosés et terroristes d’après tout le monde, mabouls paresseux sales ingrats cupides capricieux et louches d’après le Système qui le sous-entend dans ses discours et fictions via ses médias «uniques". Pourtant, le pedigree présentait bien à l’origine. Ibn Khaldoun n’avait que d’éloges envers nos bougnouls d’ancêtres. Dans son livre, "Le Génocide voilé", l’anthropologue et économiste Tidiane N’Diaye évoque leur originalité. Parlant des razzias arabes en Afrique subsaharienne concernant la traite des Noirs qui a duré 13 siècles, ce grand spécialiste des civilisations négro-africaines précise que les Algériens, contrairement aux Tunisiens et aux Marocains, avaient très peu d’esclaves. Généralement monogames et travailleurs, nos fiers aïeux n’avaient nul besoin d’eunuques ni d’esclaves. C’est les Turcs et leurs sanguinaires janissaires qui ont fait de celle qui a été Blanche un repaire de pirates écumant la mer Méditerranée en se mettant à dos tous les pays européens jusqu’à l’Amérique. L’ambassadeur anglais n’hésitait pas à payer le Dey pour sécuriser les navires de l’Empire britannique... Cette piraterie s’exerçait dans tous les sens et le djihad était aussi adaptable qu’aujourd’hui.

Le 4 mai 1830, quelques jours à peine avant l’invasion des troupes françaises, Ahmed Bey écrivait de Constantine au Dey Hussein : "J’ai fait une razzia sur une ferka des Ouled Saïd, en révolte contre le cheikh de l’Aurès. Je lui ai pris 2000 moutons, 2000 chèvres, 600 bœufs, 70 bêtes de charge. J’ai coupé 500 têtes (hommes femmes et enfants)…". On comprend pourquoi certaines tribus ont refusé de suivre l’émir Abd el Kader qui n’a pas hésité à se venger, quitte à s’armer auprès des roumis. Un Irangate avant l’heure. Comme aujourd’hui, seule la Kabylie a résisté sur tous les fronts. Cette "maudite bourgade" qui refuse de s’arabiser, cette collectionneuse du non et de la malchance. Cette amoureuse de liberté de démocratie de savoir et savoir-faire constamment suspectée et arnaquée. "Les émigrés kabyles en métropole ont été les premiers touchés par le programme de Messali Hadj. Ils ont fourni les militants de base…" Comment éviter que les plus prudents, souvent les meilleurs, optent pour les eaux mêlées ? À peine l’indépendance acquise des dizaines de milliers d’Algériens, sans compter les harkis, prirent la nationalité française dont nombre de moudjahidins. 200000 adeptes de l’Algérie française d’après les historiens étaient dans l’armée française, 200000 victimes de la terreur algéro-algérienne 30 ans plus tard. Pour finir, des millions avec la nationalité gauloise et en premier les "révolutionnaires" mythiques qui ont confisqué l’Algérie pour eux et leur famille. Sans oublier les milliers de faux moudjahidins qui ont pris la place des vrais et les repentis gavés à ne laisser aux patriotes survivants que le couffin du Ramadhan. Djihad ou pas, l’histoire de l’Algérie est parsemée de "décennies noires" où le frère assassin prive sa victime du visa de martyr lui bloquant ainsi la porte du paradis céleste. Seule consolation : "Il y a Dieu !" Dans l’Exception algérienne, Djamel Guerid écrit : "L’année est scandée par le ramadan, le pèlerinage, les fêtes religieuses… la grande prière du vendredi. Dans la vie de tous les jours, les rendez-vous se fixent en fonction de telle ou telle prière et souvent à la sortie de la mosquée. Dans l’espace public, les lieux de culte se multiplient…universités, administrations, entreprises, aéroports…"

Les Algériens remplissent les mosquées, mais ils n’écoutent pas l’imam. Le prêcheur salafiste, qu’on croyait éradiqué avec l’éradication du terrorisme, a plus de succès. Pas étonnant que nos dirigeants donnent des cours de bonne gouvernance à leurs homologues arabes. Géniale tactique. D’un côté, nous avons le cheikh officiel cool zen et de l’autre le clandestin, le psychopathe, le cheikh de l’apocalypse. Pourtant, l’un doit sa survie et sa baraka à l’autre. Interchangeables, les deux compères se protègent mutuellement modelant ou saignant une populace à la dérive selon les directives reçues… Dans son livre, Osons dire la vérité à l’Afrique, Bernard Lugan assure : "Accrochés à des % de PIB désincarnés ou artificiels, experts et médias mentent à l’Afrique quand ils lui font croire qu’elle a démarré et qu’une classe moyenne y est née. En effet, non seulement le continent ne se développe pas, mais au Sud du Sahara, il est même revenu à une économie de «comptoirs ».

Au 18e siècle, ces derniers étaient esclavagistes, en 2005, ils sont pétroliers, gaziers ou miniers. Comme ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui n’enrichissent qu’une infime minorité d’acteurs-profiteurs… que la masse de la population subit en tentant de survivre. Allons-nous continuer de mentir à l’Afrique quand, confrontées à la misère et pour échapper au désastre dont elles sont les premières victimes, ses jeunes générations risquent leur vie dans de mortelles traversées vers le supposé "paradis européens ?" De nos jours, ces jeunes générations se livrent volontairement à l’esclavage en enrichissant leur passeur. En 2015, le bazar maudit s’est enrichi avec Aqmi, El Qaîda, Daech, les kidnappings, le gaz de schiste et le trafic de drogue. L’auteur parle du spectaculaire naufrage de l’Algérie et de l’Afrique du Sud, deux anciennes colonies gâtées par la nature et pourvues d’un impressionnant legs colonial (routes, ponts, ports, aérodromes, hôpitaux, universités etc.). Il donne 10 raisons de l’échec algérien. En premier, il met la "prétendue arabité du pays alors que le fond de la population est Berbère." Au propre et au figuré, de gré ou de force, les Algériens expulsés de leur pays en arrivent à ne plus savoir s’exprimer dans aucune langue au point d’arabiser le français, de franciser l’arabe et momifier ce qui reste de la langue amazigh. Ce qui a permis de gouverner le bled non par des idées, mais par «l’alliance des baïonnettes et des coffres-forts» ( Omar Benderra). Boumediene, grand fossoyeur de l’intelligentsia indigène, n’a pas hésité à envahir Alger avec ses chars flambants neufs, jamais servi contre l’armée coloniale, afin de détrôner son complice Ben Bella. Boumediene, qui sans rire explique son coup d’Etat en ces termes: "Le pouvoir personnel, aujourd’hui consacré, toutes les institutions nationales et régionales du Parti et de l’Etat se trouvent à la merci d’un seul homme qui confère les responsabilités à sa guise, fait et défait, selon une tactique malsaine et improvisée, les organismes dirigeants, impose les options et les hommes, selon l’humeur du moment, les caprices du bon plaisir." Pour finalement faire kif-kif avec plus de zèle et de cruauté. Autoproclamé Guide Suprême, il a pris soin de garder les commandes de l’armée en lançant à ses généraux : enrichissez-vous ! Plus tard, le roi Hassan s’empressa de le copier afin de neutraliser les hauts gradés qui rêvaient de se débarrasser de lui. Le Sahara Occidental est venu à point pour occuper l’armée des deux côtés de la frontière et faire le bonheur des vendeurs d’armes et des barons de l’informel. Seulement, le monarque a hérité le Maroc de son père pour le remettre à son fils qui le laissera au petit-fils etc. Le père ne sabote pas trop un héritage qu’il désire transmettre à son enfant chéri. Il faut se méfier du paternel qui ne laisse aucune empreinte que celle de sa fuite et des trous dans le coffre. Le fantasme d’un Marocain : "un jour, il changera" ; celui d’un Algérien : "un jour, il partira." Combien de destructeurs, de vampires ont occupé la Régence avant de disparaitre engloutis par un monde parallèle ? Le drame de l’Algérie c’est de ne connaître que des passades avec de vils aventuriers qui se goinfrent de ses entrailles en la poussant à se flageller, se zébrer de profondes fissures.

Pourquoi est-ce si compliqué de trouver l’homme providentiel ? 2 éléphants sur 100 à peu près naissent avec des gènes qui bloquent les défenses. On a remarqué que ce pourcentage a plus que doublé et ne cesse de croître. Les scientifiques fidèles à Darwin parlent de sélection naturelle. Grosso modo, les éléphants plus intelligents ont appris à développer ces gènes pour survivre. Les anti darwiniens voient plutôt une sélection de géniteurs. Les éléphants dépourvus de défenses n’ont aucune valeur marchande pour les trafiquants d’ivoire. Ils sont épargnés par les chasseurs. Contrairement aux autres, ils peuvent se reproduire plus facilement. Etant donné que le mécanisme de la survie des espèces est le même, on peut passer des éléphants aux mammifères pensants que nous sommes. Les pays arabes se classent derniers pour le facteur humain. Les têtes qui essayent d’émerger sont décapitées illico. Résultat, seuls les survivants se reproduisent : l’idiot enfante l’idiot, la crapule enfante le crapule, le terroriste enfante le terroriste, le maboul enfante le maboul, le zombie enfante le zombie, le caïd enfante le caïd, l’esclave enfante l’esclave, le con enfante le con, la prostituée enfante la prostituée, la sorcière enfante la sorcière etc. On se retrouve à la longue avec une masse sélectionnée naturellement dont le dernier souci est "où va l’Algérie ?" Convaincue que personne ne va nulle part sans plaire au Palais. Les contes de fées où les gentils finissent par vaincre les méchants et vivre heureux jusqu’à la fin de leurs jours restent des contes de fées. La force des salopards c’est leur union. Le talon d’Achille de leurs victimes c’est leur incapacité de s’unir. D’après les psychologues, le sentiment d’infériorité est bien partagé par les "minorités" opprimées qui finissent par se haïr et se déchirer. Qui se souvient de la Kabylie enterrée en pleine fête de l’Indépendance ?

Qui se souvient d’In Salah et son gaz de schiste ? Ghardaïa et le martyr de Mozabites à qui vient s’ajouter celui des travailleurs espagnols qui peine en ce Ramadan caniculaire à résister à un verre d’eau ? Or si les potentats arabes et leurs mollahs avaient un chouia de matière grise, ils auraient fait une fatwa pour permettre aux jeûneurs de boire de l’eau afin de résister à la fournaise solaire et travailler sans importer de la main d’œuvre. Combien de malheurs la déshydratation a causé en ce mois pourtant sacré ? Boire de l’eau ne permet pas seulement au corps privé de nourriture de résister, mais d’éliminer les toxines cause de la plupart de nos maladies. Une vérité que la médecine moderne vient de découvrir des milliers d’années après les yogis indous. A moins que le but est "Tuez-les tous !" à la baraka du cheikh Karadaoui et qu’on en finisse… N’est-ce pas la Régence d’Alger qui a décrété notre arabité dans le ventre de nos mères ? Ni Arabes ni Amazighs, les Algériens ont fini par devenir des entités pathologiques et explosives. N’est- ce-pas ses agents qui pourchassent les non-jeûneurs au point que des malades ont peur de s’alimenter au risque de leur vie ? N’est-ce pas ses Bouchkaras qui ont encensé la chkara et décrété papier de toilettes le chèque utilisé partout même en Afrique ? Maintenant c’est trop tard. Dans le bled du faux, du plagiat, des combines louches, des banques antédiluviennes, des banquiers mafieux et d’une justice nommée et répudiée avec la chkara, la populace a fini par perdre définitivement le 0,00…01 % de confiance. On constate qu’il est toujours trop tard pour bien faire, mais pour mal faire, jamais. C’est malheureux, on a fini par penser comme le FLN. Les communistes qui ont survécu sans trop de dégâts se sont bien mués en islamistes. On nous l’a bien dit, les extrémités finissent toujours par se rejoindre. Pourquoi chercher où va l’Algérie, quand on sait qu’elle n’a jamais décollé de sous les pieds de nos maîtres, les sultans d’Alger ?

M.M

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:02

Les affrontements qui ont repris dans la vallée du Mzab ont fait plusieurs victimes. Trois selon certaines sources. Mais, il est à craindre que des milieux bien structurés travaillent à un embrasement irréversible.

Une vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis le début de l’après-midi de ce mercredi 7 juillet 2015. Donnant à voir de sérieux dégâts dans le quartier de Baba Saad, elle tente d’incriminer la communauté Mozabite et de lui imputer la responsabilité de ce forfait. Des maisons ravagées, ou livrées aux flammes, des murs éventrés, un décor de désolation. Pourtant rien ne vient corroborer que les Mozabites ont fini par adopter la Razzia, un comportement qui a toujours été étranger à leur rite et à leurs coutumes.

Des commentaires racistes et empreint d’une profonde haine confessionnelle accompagnent le partage de cette vidéo. Très orientés sans apporter la moindre preuve, ils affabulent les Mozabites des pires qualificatifs : "terroristes", "sanguinaires", "sauvages", mais le pire de tous, dans l’esprit de ces détracteurs, reste celui désignant le culte de cette communauté connue pour sa haute spiritualité et son humanisme : Ibadites.

"في يوم 07/07/2015 الموافق ل 20 رمضان 1436 يحدث هذا الاجرام الاباضي, بني ميزاب الاباضيين الذين ينسبون انفسهم للأمازيغ لأدخالهم معهم في القضية, يقومون بهجوم همجي ارهابي على حي باب سعد ببريان ولاية غارداية و قتلو شخص و الآخر في حالة حرجة و حرق ما تشاهدونه من منازل و ممتلكات للعرب المالكية و الدليل تمعنوا جيدا مع الصوت, يحدث هذا في شهر رمضان المبارك, نشروه في صفحتهم المحرضة و حذفوه خوفا ان يفضحوا انفسهم لكن الحمدلله تم تحميله قبل الحذف"

Cette propagande colportée par de nombreux comptes sonne comme un appel au Djihad, promesse de génocide froid et démentiel. Pourtant, rien ne corrobore que les dégâts visibles sur la vidéo soient consécutifs à une décente punitive, et encore moins que celle-ci soit le fait de Mozabites.

Le silence et la passivité des autorités, devant ce qui semble avoir mis des dizaines de famille à la rue, mais aussi devant l’instrumentalisation éhontée qui en est faite par certains milieux, sont criminels. C’est le scénario du pire dans un pire déjà atteint qui se met en place.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 10:01

Les vœux que le président Bouteflika a présentés pour la célébration du 5 juillet ont montré comment il a dédain des espoirs de démocratisation du système politique algérien.

Le discours qu’a fait Abdelaziz Bouteflika pour le 53e anniversaire de l'indépendance du pays qui est aussi la Fête de la jeunesse, montre que le gouvernement algérien a décidé de se moquer d’elle. Elle pourrait d’ailleurs être connue comme la génération des damnés d’Abdelaziz Bouteflika, tant ses actes seront graves pour elle. Le pillage des capacités économiques publiques et privées dans tous les secteurs à travers tout le pays touche directement les jeunes. Malgré son inaptitude manifeste au service, l’homme de 78 ans s’accroche pourtant au pouvoir et affirme vouloir aller jusqu’au bout de son quatrième mandat. C’est d’ailleurs en parlant des plus riches Algériens qu’il rappelait dans son discours que ceux-ci le poussent à continuer sa mission d’écrémage des ressources à leur profit.

Le clan au pouvoir continuera donc à priver le pays de ses richesses légitimes en les transférant dans un très petit nombre de mains qui les dilapide. Devant les défis énormes auxquels il fait face et des centaines de milliers de familles sans demeure ni revenu, le pays est donc vidé de ses ressources par quelques individus sans scrupule. La destruction nationale menée pendant des décennies a créé d’importantes d’insuffisances. Cela mène à une asphyxie financière qui a généré une régression économique et sociale. Le peuple fait une halte sur son parcours vers la liberté et le progrès.

Tout cela se fait dans une parodie de démocratie et la transgression de la parole donnée. La Secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune est formelle à ce sujet. Selon elle, le président Bouteflika n’a pas tenu les promesses de son 4e mandat puisque les orientations économiques qu’il prend ne sont pas celles qu’il a promises pendant la présidentielle d’avril 2014. Les programmes publics de développement ne répondent plus aux besoins en logement, en santé et surtout en formation. Le pays est classé au 130e rang sur 155 pays en matière d’efficacité commerciale. Il est aussi 148e sur 187 pays pour la création de richesses et au 86e rang sur 100 dans le classement sur la compétitivité mondiale. Le seul fait que Bouteflika, un an à peine après le début de son quatrième mandat, se sente dans l’obligation de justifier cette usurpation de pouvoir en évoquant des amis qui l’ont poussé à prolonger son règne montre l’inextricable situation dans laquelle il est.

Les conséquences de la baisse des recettes en devises, suite à la chute des cours du pétrole, risquent d'être désastreuses pour l'Algérie, si une transition politique et économique n'est pas engagée. Ce signal d'alerte a été lancé par des économistes algériens lors d'une récente conférence-débat animée au siège de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme à Alger. Malheureusement, en avouant dans son discours que l’Algérie est confrontée à un effondrement des cours des hydrocarbures et que cela affecte les revenus extérieurs de l’État, le gouvernement met la table pour que ce soit la population ordinaire qui paie. Il leur annonce donc qu’il effectuera une rationalisation accrue dans la gestion des finances publiques. Le sacrifice dont parle le président dans son discours n’est pas le sien, mais plutôt celui des plus pauvres de son pays à qui il refuse tout droit de parole. Le résultat de ce qu’implique ce discours est clair. Le déclin économique continuera année après année.

Ce discours du président était d’ailleurs particulièrement odieux. Bouteflika a tenu à saluer les acteurs de l’opposition et les médias qu’il a honteusement dépouillés de leur pouvoir de changement en faisant de la démocratie algérienne une coquille vide ou il monopolise les leviers de l’État. Les journalistes qui ont osé dénoncer ce fléau ont été combattus sévèrement avec le glaive de la loi pendant le vol du quatrième mandat. Au 121e rang sûr 180 dans le classement mondial de la liberté de presse 2015 de Reporters sans frontières, l’Algérie est à la tête du peloton de queue.

Le président a même osé dire que son pays n’est pas un champ de prédilection de la corruption. Pourtant, pendant les 16 ans de sa présidence, les institutions ont été saccagées. L'Algérie est 133e sur 167 pays au niveau des fraudes électorales. Tous les organismes internationaux concernés demandent actuellement à Abdelaziz Bouteflika de respecter la liberté d’association et le droit de réunion pacifique. Le rapport rendu public le 25 juin du département d'État américain sur les pratiques des droits de l'homme dans le monde constate aussi que la corruption est un problème important de ce gouvernement.

L’Algérie dispose pourtant d’un potentiel économique important à valoriser. Elle a aussi une jeunesse capable de relever les défis modernes. La population paye malheureusement très chèrement le prix de la démagogie du gouvernement et de sa destruction du pluralisme politique, associatif et syndical. Pour permettre aux acteurs de la société algérienne de s’atteler ensemble à relancer la construction nationale, il faudra leur donner droit au chapitre. L’Algérie a besoin d’un nouveau sursaut national et d’une mobilisant du peuple partout à travers le pays et au sein de la diaspora. Sans paix civile ni unité nationale, l’Algérie ne pourra se relancer. La reconstruction de l’Algérie se fera quand ceux qui la dirigent seront empêchés de la détruire.

Michel Gourd

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:30

Ces jeunes gens ont été touchés jeudi dernier dans la cité Emile-Cordon de Saint-Ouen réputée comme étant une plaque tournante du trafic de drogue.

Des enfants de la nomenklatura au cœur d’un affrontement à l'arme automatique. Voilà l’information rapportée par Le Parisien aujourd’hui. La fusillade a éclaté dans cette cité de Saint Ouen de la banlieue parisienne en plein après-midi. Les victimes de tirs sont tous trois des enfants du système : un fils de général, un fils de député et un fils d’une avocate du barreau d’Alger.

Les trois jeunes, âgés d’une vingtaine d’années, ont indiqué se trouver là pour des raisons touristiques. Deux d'entre eux ont reconnu être des consommateurs de cannabis. Hospitalisés dans un état jugé "sérieux", les deux blessés "plus gravement touchés" sont désormais hors de danger, annonce France 3.

Que venaient faire en Seine-Saint-Denis (Ile-de-France), sur un haut lieu de revente de cannabis, un fils d'un général de l'armée algérienne, celui d'un député de l'Assemblée populaire algérienne et celui d’une avocate ? Question sans réponse pour l’instant.

La police a procédé mardi à l'arrestation de quatre individus soupçonnés de trafic de drogue, indique France 3. Ces prévenus ont des antécédants judiciaires et sont connus pour trafic de drogue.

Yacine K.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:29

Abdelkader Bensalah, ce président du Sénat installé par Bouteflika se voit dans le collimateur des invisibles et s’apprêterait à quitter le parti-éprouvette créé dans les laboratoires des décideurs.

Le RND est créé le 21 février 1997. Le 6 juin 1997, trois plus tard, il devient le premier parti politique avec 156 sur les 380 sièges que compte l'APN. Le MSP, deuxième avec 69 et le FLN 62. Un fait unique dans l’histoire politique du pays, tant ce parti né dans les laboratoires du régime s’est permis le grand chelem en quelques mois. Cette élection a connu une fraude massive et le rapport sur celle-ci est encore dans les tiroirs des faiseurs de roitelets.

Devenir première force politique après trois mois d'existence ne peut arriver qu'en Algérie, un pays détenu, partagé, squatté, déchiré par des personnes qui ne jurent que par la force des armes et de la manipulation.

Revenons au sort réservé à Bensalah. Des militants, sans doute ceux-là mêmes qui l’avaient applaudi et loué, lui demandent de quitter la maison sans résistance. Mais Bensalah est aussi président du Sénat. Donc deuxième homme important dans l’ordre. Et, bien entendu, c'est le président lui-même qui la intronisé. Rappelons-nous, Bensalah a été nommé comme sénateur dans le quota réservé au président, c'est-à-dire le tiers présidentiel.

Serait-ce possible qu'un chouchou du président soit débarqué de cette manière, par un désaveu de ses camarades du parti, du Sénat et de l'APN si le climat politique national n'était pas gangrené, délétère, empoisonné, explosif ? Serait-ce possible si, en haut lieu, la guerre n'était pas rude ? Si des calculs échappant au bon sens n'étaient pas "aiguisés, tranchants et sournois"?

Mais, diable, pourquoi ce genre de méchanceté politique a toujours lieu dans les partis du et au pouvoir ? Avant la fin de mission de Bensalah, c'était Ouyahia qui a été invité à quitter la poudrière RND. Il l’avait fait sur la pointe des pieds, dans la discipline, sans dire un mot. Avant lui, ce fut Benbaïbèche qui n'avait pas fait long feu. Mais bien avant toute cette clientèle du pouvoir, ce fut Benhamouda qui était pressenti avant d’être assassiné devant le siège de l'UGTA. L’ancien patron du syndicat maison a eu, quand même, le temps et le réflexe de lâcher :" Vous m'avez eu"! Un message lourd de sens. Au fait, qui pouvait le trahir au point de le liquider ?

Le cas du RND ressemble à s’y méprendre à celui du FLN avec Belkhadem. Deux formations politiques du pouvoir. Au sein de l’ancien parti unique, on a eu même eu recours à des dobermans, des coups de poings, des coups de pieds, à une justice de nuit.

Lorsque nous savons que tous les responsables de ces partis sont imposés par le chef de l’Etat et qui se livrent à des scènes indignes, honteuses, scandaleuses, déshonorantes, et, débarqués comme des pestiférés, il nous est loisible de comprendre pourquoi la réconciliation a été décidée, pourquoi la corruption est agressive, pourquoi la justices réprime, pourquoi tout est interdit, pourquoi le chômage et pourquoi l'Algérie sombre!

Le ver est dans le fruit.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 11:00

Les quatre sinistres individus qui ont terrorisé un enfant de 7ans en le poussant aux griffes d’un chien de race, et dont les images ont fait ces jours-ci le tour de la toile via Youtube et Facebook, ont été arrêtés, aujourd’hui à Oran, par les éléments de la sûreté nationale.

Le chien a lui aussi été capturé par les policiers, et confisqué à ses propriétaires. Depuis quelques jours, des scènes insoutenables circulent sur Internet, où on voit un jeune enfant qui tente de s’échapper des crocs d’un chien dangereux, sous l’œil amusé de quatre adultes qui, au lieu de le sauver, le poussait au contraire aux griffes de l’animal.

Cette scène innommable s’était déroulée, il y a deux mois de cela, à Oran, plus précisément dans le quartier populaire de Victor Hugo, relevant du secteur urbain d’Ibn Sina. Cela dit, ce n’est que ces derniers jours, après avoir posté la vidéo de cet acte ignoble sur Internet, qu’elle a provoqué l’émoi et l’indignation générale en Algérie.

Les parents de la jeune victime n’avaient déposé aucune plainte au moment des faits, d’où le fait que la police n’avait pas eu vent de cette affaire plus tôt. La victime de cet acte cruel s’appelle Aymen Nour El Islam. Agé d’à peine 7ans, Aymen est en première année du cycle primaire.

Après que la vidéo montrant cette scène d’une rare violence a provoqué un tohu-bohu sur la toile, et mis en émoi tous les Algériens, le procureur de la République près le tribunal d’Oran a ordonné, ce matin, aux services de la sûreté nationale de mener une enquête afin d’identifier les individus sans-cœurs, auteurs de cet acte ignominieux. Ces derniers ont aussitôt été arrêtés, et devront comparaître pour répondre de leur acte ignoble.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 10:34

Saïda Benhabylès, présidente du Croissant rouge algérien, dans une émission de Canal Algérie, s'attaque à la politique de l'UE concernant l'immigration clandestine. Elle dénonce son hypocrisie, elle dénonce le fait qu'elle ne cherche pas les causes!

Aie, c'est le ridicule qui ne tue pas le ridicule algérien. Où, quelles sont ces causes qui préoccupent notre défenderesse de la dignité, une dignité foulée aux pieds par un régime despotique, totalitaire qui ne se soucie que des intérêts claniques.

Dans l'Algérie de Benhabylès, des jeunes ont fui dans des barques de fortune, dont certains ont disparu, d'autres arrêtés et d'autres encore, chanceux, sont arrivés en Europe. Plus grave encore, plus atroce, plus douloureux, il y a, en Algérie, des citoyens qui s'immolent par le feu en réaction à l'injustice étatique. Au désespoir ambiant qui enserre plusieurs générations d'Algériens.

Ne pouvant, ou ne sachant, voire n'arrivant plus à régler leurs problèmes, à trouver un logement, à décrocher un travail, à se soigner ou à soigner un membre de leurs familles, à se faire respecter en tant que citoyens, eh bien, ils se tournent vers la mort par le feu: un supplice libérateur à leurs yeux. Et qu'en pensent les supporters du régime ? Pour eux, le méchant coupable est vite trouvé. Comme souvent le danger, la menace vient de l'étranger. Jamais des tenants du pouvoir.

Ainsi, Madame Saïda Benhabylès tire à boulets rouges sur l'Europe. Elle s'arroge le droit, ose incriminer des pays, un continent vers lequel fuient nos souffre-douleurs, un continent en qui nos concitoyens ont confiance et pour lesquels ils lancent des SOS quotidiens.

Il suffit juste d'aller, à partir de 7 h 30 du matin au Consulat Général de France à Alger, pour voir, de visu, le nombre d'Algériens qui déposent leurs demandes de visas pour fuir la misère que Madame Behabylès tente de nous maquiller !

La mission du Croissant algérien n'est-elle pas de venir en aide aux démunis, aux défavorisés, aux laissés-pour-compte ? Sa mission n'est-elle pas de s'occuper à "adoucir" la misère plutôt de faire de la politique pour déplacer les termes et la nature de la problématique migratoire ?

Si cette dame l'ignore, qu'elle sache que des Algériens n'arrivent pas à subvenir à leurs besoins et, lorsqu'ils se présentent dans des cliniques pour des radios, ils demandent d'abord le tarif de la...radio ! J'ai eu à le vérifier à plusieurs reprises. Mais lorsque le président se soigne à Paris, le patron de l'UGTA, en Belgique, il est normal que madame Benhabylès "s'amuse" à se moquer de notre misère et à rendre l'UE responsable de nos maux.

Dans un sens, elle n'a pas tort, celui d'avoir cautionné l'intronisation d'un président malade en avril 2014. Ces jeunes ne disent-ils pas : Mieux vaut mourir en mer dévorés par les requins que de vivre ici rongés par les asticots ?

La Méditerranée est le cimetière de la dictature africaine.

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