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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 14:52
Gel des projets d’équipement Confusion et opacité

Gel, report, retard, blocage ou ajournement… Avec la crise et ses répercussions sur le budget de l’Etat, les membres du gouvernement ne savent plus quels concepts utiliser. Après avoir écarté toute idée d’austérité et clamé que le pays a les moyens de faire face sans dégât à la crise, le gouvernement doit effectuer des arbitrages douloureux concernant les dépenses d’équipement à geler ou à maintenir.

Gel, report, retard, blocage ou ajournement, avec la crise et ses répercussions sur le budget de l’Etat, les membres du gouvernement et ses démembrements ne savent plus quelles terminaisons utiliser. L’objectif est de faire passer la pilule de la cure d’amaigrissement sans alarmer les Algériens et surtout sans se désavouer quand on a écarté toute idée d’austérité au tout début de la crise.

Difficile pourtant de ne pas évoquer l’austérité quand on observe les chiffres officiels. Une comparaison entre les trois dernières lois de finances (lois de finances 2015, loi de finances complémentaire 2015 et la toute récente 2016 qui doit encore être adoptée par le Parlement) donne une idée sur l’ampleur de la cure.

Il en ressort que les Autorisations de programmes (AP), en d’autres termes le montant du plafond des dépenses que le gouvernement est autorisé à engager pendant l’année pour l’exécution des investissements a baissé de 52% entre 2015 et 2016. Pour l’année prochaine, le gouvernement a plafonné les autorisations de programme à 1894 milliards de dinars couvrant «les réévaluations des programmes en cours ainsi que les nouveaux programmes susceptibles d’être inscrits durant l’année.» Dans la loi de finances 2015, ce plafond était deux fois plus élevé avec plus de 4000 milliards de dinars inscrits.

S’il a été retenu comme principe de ne geler que les projets qui n’ont pas été lancés, selon les instructions du Premier ministère, il semble toutefois que cette dernière notion reste assez vague. Ainsi, au ministère des Travaux publics par exemple, on affirme que ce secteur n’est pas concerné par les mesures d’austérité. «Aucun des projets inscrits ne sera annulé ou bloqué», a assuré un représentant de ce département ministériel devant un panel du Forum des chefs d’entreprises et leurs homologues espagnols.

Difficile de le croire quand on connaît le caractère budgétivore de ce secteur et sa part dans la consommation des dépenses publiques d’équipement durant les quinze dernières années. Depuis l’année 2000, le secteur a consommé pas moins de 70 milliards de dollars (selon le ministère des TP), soit 10% environ de ce qui a été globalement dépensé par l’Etat durant ces trois derniers quinquennats.

Coupes draconiennes

Dans les coupes budgétaires qui sont prévues par le gouvernement, à commencer par l’année prochaine, tout porte à croire que c’est ce secteur qui en subira le gros des effets au vu de ce qui est prévu dans le projet de loi de finances pour 2016. Ainsi, au chapitre des dépenses en matières d’infrastructures économiques et administratives, les AP ont baissé de plus de 86% (voir graphe en page II), passant de près de 2000 milliards de dinars en 2015 à moins de 300 milliards de dinars en 2016. En matière de soutien à l’accès au logement, c’est une baisse de 90% qui est prévue entre 2015 et 2016. Le montant des AP a aussi diminué des 2/3 dans le secteur de l’Education et de la Formation. Le ministre insistait pour que tous les engagements soient «justifiés dinar par dinar». 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 11:39
Mohamed Gharbi

Mohamed Gharbi

«La Cour suprême, par un arrêt rendu le 22 juillet 2010, a rejeté le pourvoi en cassation formulé par Gharbi Mohamed-Tounsi, contre le jugement du tribunal criminel de Guelma du 7 juin 2009, le condamnant à la peine de mort. Ainsi, ce jugement est devenu définitif», annonce son avocat, maître Abderrahmane Boutamine. «Nous constatons que le même moyen de défense ayant entraîné la cassation d’un précédent jugement, en 2006, n’a pas été retenu pour ce jugement», a-t-il ajouté dans un communiqué rendu public hier. «Gharbi Mohamed-Tounsi, ancien moudjahid, 69 ans, ancien chef de Groupe de légitime défense, est ainsi condamné, définitivement, à la peine de mort, sans recours judiciaire possible», a-t-il conclu.

Gharbi est condamné pour avoir tué le chef terroriste de la région souk-ahrassienne, un certain Ali Merad. Ce dernier, «repenti» et donc libéré, sort de sa tanière et se pavane impunément dans la ville. Se sentant protégé par le nouveau pouvoir algérien, il devient de plus en plus arrogant et se permet même de menacer de mort Mohamed Gharbi. Se sentant menacé, ce dernier informe toutes les autorités en place. Celles-ci ne réagissent pas alors que le terroriste devient de plus en plus menaçant. «Ton jour approche», lui-dit-il à chaque fois qu’il le croise, en lui montrant un revolver. Abandonné par les autorités, Gharbi décide de se faire justice. Le 11 février au matin, il attend Merad devant son immeuble. Au moment où ce dernier sort, il l’abat d’une rafale de kalachnikov tout en criant «Allah ou Akbar», «Tahya El Djazaïr». Il traîne ensuite le corps vers un caniveau «pour que son sang ne souille pas cette terre sacrée d’Algérie», dit-il, et attend patiemment l’arrivée des services de sécurité pour l’arrêter.

Jugé par le tribunal criminel de Guelma, il est condamné le 21 janvier 2001 à 2 ans de réclusion criminelle. Rejugé en appel le 24 mars 2007, il est condamné, à la surprise générale, à la prison à perpétuité après seulement 15 minutes de délibérations et sous les applaudissements de criminels. Jugé une troisième fois après l’introduction d’un pourvoi en cassation, un verdict de la honte sera prononcé par la présidente de la cour, Mme Fatma Kaarar : la peine capitale. Aucune circonstance atténuante n’a été accordée à cet homme qui a tout donné à l’Algérie. La confirmation de sa condamnation à mort vient opportunément rappeler que l’actuel pouvoir est résolument pro-intégriste et qu’il est prêt à mater durement toute opposition au projet islamiste. Après 2007, des comités de soutien à Gharbi ont été créés à travers le pays, mais le pouvoir a refusé de tenir compte de l’expression du peuple, préférant celle du wahhabisme. La moudjahida Annie Stener, dans un article publié dans El Watan du 18 juin 2009, a écrit sur Gharbi : «Il a dû en voir mourir, des innocents assassinés, avant de reprendre les armes. J’ai en mémoire, dès les premières années du terrorisme, des centaines de moudjahidine assassinés sans que le ministère des Moudjahidine, qui en était informé, n’en parle.»

Source : El-Watan

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 13:15
Abdelmadjid Tebboune

Abdelmadjid Tebboune

Après le scandale de détournement de 200 milliards de centimes sur des logements fictifs de l’AADL, qu’attend le ministre de de l’Habitat pour rendre des comptes ou démissionner ?

Les affaires de gros sous se suivent et la justice garde les bras croisés. Etrange, étrange ! Cette fois c'est le département de l'Habitat qui est éclaboussé. Un scandale révélé par Le Soir d’Algérie de mardi 20 octobre 2015 et qui a dévoilé toute l’ampleur de l’escroquerie perpétrée par un groupe de gens qui ont créé une AADL parallèle avec des documents officiels de l’AADL mais tout l’argent des souscripteurs allait dans une caisse noire.

L’enquête judiciaire en cours nous révèlera-t-elle les tenants et aboutissants de cette scabreuse affaire qui paraît-il courrait depuis sept longues années sans que les responsables du ministère ne s’en aperçoivent. Auraient-ils fermé les yeux ? L’équivalent de 800 logements fictifs ont été vendus sur plans sur des sites incognito pour pigeonner de un grand nombre de souscripteurs tombés naïvement dans l’arnaque et qui étaient peut-être contraints, malgré eux, de voter pour le candidat du système aux dernières présidentielles. Une arnaque farcie d’une autre arnaque sans que cela fasse réagir ou faire démissionner notre ministre de l’Habitat Abdelmadjid Tebboune.

H. Khelaf

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 15:30

Les institutions politiques issues de la fraude électorale sont illégitimes. Le système politique, qui a privé le peuple de sa souveraineté et l’Algérien de sa citoyenneté au sens plein et entier du terme, n’a pas attendu que le pouvoir lui soit donné démocratiquement par les urnes, il l’a pris par un coup d’Etat, par les armes, puis par les urnes. Le peuple algérien est détenteur de la souveraineté nationale et personne ne peut l’exercer à sa place.

Du coup, tout le monde est placé en porte-à-faux entre cette souveraineté du peuple et l’illégitimité de quiconque prétend l’exercer à sa place. Où est la souveraineté du peuple, où est la citoyenneté de l’Algérienne et de l’Algérien ? Les élections sans surprise, dont les résultats sont connus d’avance, qui ne garantissent pas la sincérité du scrutin, ne sont qu’une mascarade, car la voie des urnes est faussée et le suffrage universel perverti.

Des clans du pouvoir se sont emparé de pans entiers du pouvoir politique, stratégique, économique, exercent une influence déterminante sur la politique du pays, sans aucune légitimité. La politique s’invite sur la scène publique et nous réserve des surprises. Les dirigeants à l’ego démesuré ou surdimensionné polluent la vie politique. Les partis, vieux routiers de la politique, qui se sont accaparé du pouvoir par des élections truquées se parent de toutes les vertus, alors qu’ils cultivent la culture de l’échec qui se concrétise par un bilan catastrophique que le peuple ne cesse de condamner par son indignation.

Les Algériens sont de plus en plus exigeants en termes de droits politiques et tout doit être fait pour les traiter avec hauteur de vue, pugnacité, lucidité. Pour être écouté et entendu, le peuple doit chercher des solutions originales aux maux engendrés par la dictature. Il faut ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans le pays, pour se rendre compte qu’il est dangereux de continuer dans la même direction, quand on a fait fausse route qui mène à l’impasse. Il faut parcourir l’Algérie profonde, tendre l’oreille et écouter ce qui se dit, à savoir que les Algériens dans leur très grande majorité remettent en cause un pouvoir illégitime qui a engendré la dictature. Le pays s’enlise dans le statu quo et l’immobilisme.

Remonter des conséquences aux causes, c’est ne pas confondre buts et moyens, c’est investir dans la compétence, c’est se réapproprier les leviers du pouvoir avec détermination. L’idée que l’opposition nationale puisse arriver au pouvoir de manière démocratique fait son chemin, prend consistance. Elle réunit différents courants politiques, sociaux, culturels et est consciente de la situation critique du pays et a la capacité de remettre debout la nation.

Le pouvoir, le président de la République en tête, dépend toujours de l’armée.

Les quatre élections de Bouteflika à la magistrature suprême n’ont pas dépendu du choix du peuple consacré souverain par la Constitution, mais de celui des décideurs de l’armée qui lui ont assuré à chaque élection une victoire à la Pyrrhus sans risque et sans gloire. Le scrutin pour l’élection du président de la République n’est qu’une cooption par les décideurs de l’armée, suivie d’une parodie d’élection digne d’une république bananière. Le DRS, qui est l’instrument idéologique d’oppression et de répression, fidèle à ses principes et à ses convictions, a ouvert à Bouteflika un boulevard politique qui lui permet de rester à vie au pouvoir.

Les militaires à la retraite, les généraux et les colonels en particulier ont plus de liberté pour s’exprimer, mais sont partagés entre leur conscience et les principes militaires dans lesquels ils ont été éduqués. Le Président est porté au pouvoir par des fraudes électorales massives qui ont laissé de grands traumatismes. Le coup d’Etat constitutionnel de 2008 est une dérive du pouvoir dictatorial qui a affirmé sa stratégie politique par la révision de la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de deux mandats prévus par la Constitution. L’armée s’est inclinée devant cette décision qui est une faute politique majeure.

L’ex-président du Sénégal, Abdou Diouf, qui a été 19 ans à la magistrature suprême de son pays, a dit : «Les peuples ne peuvent plus supporter que les mêmes restent à la tête de leur Etat trop longtemps. Un mandat renouvelable une fois est suffisant.» Depuis son accession à la présidence de la République, Bouteflika a consolidé le système politique corrompu, dont les représentants les plus emblématiques ont occupé la scène politique et se sont accaparé des secteurs les plus riches de l’économie.

Le succès en politique passe par l’affirmation de soi, la pensée unique qui a engendré l’homme providentiel qui croit à son talent, à son savoir-faire ; ses capacités intellectuelles, tout en prêchant le narcisisme qui conduit tout droit à l’imprudence, à la faute et à la chute, qui l’inscrivent dans la filiation historique et politique de Messali et de Ben Bella qui le mène à l’impasse qui dessine une fracture entre le pouvoir et le peuple. L’homme qui arrive au pouvoir dans un pays choisit l’homme d’Etat à qui il veut ressembler. Bouteflika a choisi le président tunisien Ben Ali. Il l’a dépassé. Bouteflika n’est pas le président de tous les Algériens, mais seulement celui des puissants et des riches toujours plus riches.

Le patronat, particulièrement le FCE, travaille avec le pouvoir. Le contrat entre le pouvoir néolibéral dont l’esprit est le primat de l’argent et de la force, et le patronat est : «Servez-vous et servez-moi.» Le pouvoir n’est bien servi que par l’argent qu’il distribue largement, l’argent toujours l’argent, maladie infantile du néolibéralisme, pour maintenir son règne despotique au lieu de le consacrer au développement du pays pour en faire un pays émergent.

Le discernement politique et éthique qui aiguise l’intelligence et offre un regard lucide sur le pouvoir permet de dire que les puissants et les riches font la loi, n’ont que des droits et que les faibles, les pauvres qui ont des fins de mois difficiles, n’ont que des devoirs. Les mœurs rappellent ce qu’écrivait Victor Hugo dans Ruy Blas : «Bon appétit messieurs ! Ô ministres intègres et conseillers vertueux, voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison.»

Les dossiers de corruption des hommes du pouvoir qui agissent en toute impunité ne sont pas transmis à la justice. «Le pouvoir absolu corrompt absolument», disait le philosophe anglais Lord Acton. Ce qui est moral, vérité absolue, peut-il le rester quand se développent des pratiques immorales ? Les questions d’ego ne prévalent pas devant l’éthique et l’esthétique. Les députés et les sénateurs sont pour la plupart liés au pouvoir qui les a élus par des élections truquées.

Ils ne sont pas représentatifs du peuple. Les walis, grands féodaux pour la plupart, issus des clans du pouvoir, règnent en maîtres sur leurs terres et ont pouvoir de vie et de mort politique sur les présidents d’APC. Les partis du pouvoir donnent l’impression de reproduire mécaniquement ce qu’on leur demande de faire quand il y a une finalité politique. En politique, ont dit ce que l’on fait et surtout on fait ce que l’on dit.

L’ultralibéralisme a produit des effets catastrophiques

Des effets qui ont généré une forte augmentation des prix des produits de première nécessité, ont obligé les pauvres à vivre dans l’incertitude et la précarité, ont fait exploser les hautes rémunérations et l’élargissement des écarts de revenus. Si les Algériens dans leur grande majorité ont de mauvaises conditions de vie malgré les abondantes ressources en hydrocarbures, pétrole et gaz, c’est la faute du pouvoir qui les a dilapidées. Le pouvoir remet en question la société civile, son existence-même. La loi contre les associations, loi scélérate, dénoncée par 46 membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, est une dangereuse restriction des libertés publiques, un glissement du droit, une inflation pénale contraire à l’Etat de droit.

La question sociale est la donnée dominante, avec la justice sociale et la solidarité. Comment réduire la fracture sociale que le pouvoir n’a pu résorber ? Le pouvoir ne soigne pas sérieusement les Algériens les plus modestes, créant de nombreux obstacles à leurs soins, mais prend en charge la caste politique qui préfère se soigner à l’étranger. Les hôpitaux sont une médecine pour les pauvres, qui est devenue une pauvre médecine. Avec quel salaire peut-on survivre et même vivre ? L’Education est une grande cause nationale.

La réforme ne peut se faire sans la participation des enseignants qui doivent l’appliquer. Le dialogue social a besoin de syndicalistes puissants, bien documentés, pour faire face aux provocations du pouvoir. Les jeunes universitaires issus de milieux modestes n’ont pas trouvé leur place dans la société et leurs conditions de vie se sont dégradées. Leur départ vers l’étranger pour trouver du travail est à déplorer. Les syndicats autonomes sont frappés par la désespérance sociale.

Le combat pour les droits de l’homme qui sont aussi les droits de la femme, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant, est comme le football : «Si vous ne descendez pas sur le terrain, vous êtes sûr de perdre par forfait. Si vous y allez, vous n’êtes pas sûr de gagner, mais aurez l’honneur de vous être battu pour la bonne cause.» L’Algérie, qui n’est plus une étiquette du passé, une colonie servile et corvéable à merci, ne cesse de donner des gages à l’Occident dont l’intérêt pour le soutien inconditionnel aux dictateurs n’est que matériel, stratégique, économique. Le FFS veut être après avoir été.

Le fonctionnement interne de ce parti n’a pas été démocratique durant 49 ans parce qu’il a suivi l’aphorisme de Georges Clemenceau : «Pour prendre une décision, il faut un nombre impair de personnes, et trois c’est déjà trop.» L’instance présidentielle du FFS, squelette sans base sociale, sans maillage politique sur le territoire, ne peut être un recours pour un pouvoir en fin de règne. Elle croit rassurer l’opinion publique en lui expliquant que ses retournements d’alliance avec un pouvoir totalitaire, qui a adopté l’ultralibéralisme opposé au socialisme qui est la raison d’être de ce parti, sont tactiques.

Elle a déclaré en mai 2012 que sa participation aux élections législatives était tactique, ignorant qu’il n’y a pas de tactique sans stratégie, sans théorie et sans vision. C’est de l’amateurisme politique. Les maîtres du jeu politique sont sortis des bois pour lui dire : «La récréation est terminée, rentre dans les rangs du pouvoir.» Le FFS, le vrai, qui subit la conjoncture actuelle, ce sont ces cadres et militants qui sont en marge du parti qu’ils ont servi et porté haut. Ils sont l’honneur de l’Algérie.

La défense de la liberté d’expression est un bon terrain de combat

Saïd Sadi serait, selon la justice, coupable d’une culpabilité sans cause… Etre présumé innocent signifie que l’on n’a pas à prouver son innocence et donc que toute culpabilité doit être établie par l’accusation. Remonter le temps chargé d’histoire est un sujet sensible qui permet de s’instruire et de se cultiver, de répondre aux questionnements sur la Révolution qui est détournée de son sens et vidée de sa substance, ce sera la victoire à titre posthume des martyrs. «La Révolution n’a pas appartenu à ceux qui l’ont déclenchée, mais à ceux qui l’ont terminée et qui l’ont tirée à eux comme un butin.» Le procès de Saïd Sadi, s’il a lieu, permettra au peuple algérien de se réapproprier son histoire, toute son histoire.

C’est contre le despotisme qu’il faut mener ensemble le combat politique

Le changement de système politique, et non le changement dans le système, s’impose par le vieillissement de ceux qui le dirigent où la pyramide des âges est l’inverse de celle qui existe dans le pays. Aux despotes et au despotisme — pour qui toute critique, tout désaccord, toute pensée non conforme à la politique du pouvoir sont perçus comme une trahison, la main de l’étranger — il faut opposer le primat de la liberté porté par les indignés qui sont la principale force de contestation qui a ouvert la voie au combat politique. La violence n’est pas une solution à la violence.

L’Instance de suivi et de coordination de l’opposition (ISCO), qui a fédéré l’opposition nationale, a droit à la reconnaissance de la nation. Elle s’enracine dans le paysage politique, social et culturel, et est actrice de la transition démocratique qui mènera le pays à la démocratie. Elle est active auprès de la société civile qui concourt à l’exercice de la démocratie, lui concède un rôle important, retient ses propositions.

L’égalité des chances, la justice sociale, la solidarité, le pluralisme politique, culturel et linguistique sont les conditions nécessaires à la cohésion nationale et à la stabilité sociale. C’est durant les périodes de crise et de mutation de la société que le problème de la démocratie se pose avec acuité. Algériennes, Algériens, indignez–vous, mobilisez-vous, conjuguez vos forces pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, et surtout plus juste.

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 15:25

«J’ai fait les frais d’une lutte d’intérêts». «L’affaire Saipem dépasse largement le niveau du PDG». «Le dossier Sonatrach 1 ne pèse rien par rapport à celui de Sonatrach 2, où mon nom n’a jamais été cité». «Je n’ai jamais connu Farid Bedjaoui». «Tous les contrats que j’ai signés sont passés par les commissions des marchés et le comité éxecutif de la compagnie». «Le jeu était ailleurs, nous n’étions rien…»

Par signés sont passés par les commissions des marchés et le comité exécutif de la compagnie.» «L’affaire Saipem dépasse largement mon niveau de PDG.» «J’ai fait les frais d’une lutte d’intérêts.» «Le jeu était ailleurs, nous n’étions rien.» «Le dossier Sonatrach 1 ne pèse rien par rapport à celui de Sonatrach 2, où mon nom n’a jamais été cité.» Telles sont les principales déclarations de l’ex-PDG de Sonatrach, à quelques semaines de son procès, prévu le 15 mars.

C’est un homme détruit, terrorisé, que nous avons rencontré. Arriver à lui arracher quelques déclarations a été le fruit d’un travail de longue haleine. Lui, c’est Mohamed Meziane, ancien PDG de Sonatrach. En raison de notre continuelle insistance, il a fini par accepter de répondre à nos questions.

Pas toutes, puisqu’il évite d’aborder les détails relatifs à l’affaire qui le concerne en raison du procès qui l’attend le 15 mars prochain au tribunal criminel près la cour d’Alger. Mais à ce sujet, il interpelle «la conscience des uns et des autres», sans les nommer, sur certains points qu’il estime très importants. «Tous les contrats pour lesquels je suis poursuivi ont été traités et étudiés par le comité exécutif et les commissions des marchés. Je n’ai fait qu’appliquer la procédure interne, qui est la R15.

Aucun des 247 témoins interrogés par le juge d’instruction n’a trouvé à redire sur ma gestion, qui était la plus transparente mais aussi celle qui faisait participer les cadres dans toutes les décisions. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, je me retrouve chef d’une association de malfaiteurs ?» Sur sa relation avec le ministre, M. Meziane déclare : «Je suis du genre qui respecte beaucoup sa hiérarchie. Même si je ne m’entendais pas avec le ministre, je lui vouais tout le respect. Je savais qu’il ne voulait pas de moi puisqu’en 2008, on m’a clairement signifié qu’il avait l’intention de me remplacer.

Mais je faisais mon travail normalement. Je recevais ses directives et ses instructions par écrit et par téléphone. Il était informé de tous mes actes de gestion, par les courriers que je lui adressais, mais surtout par les comptes rendus qui lui parvenaient de mon chef de cabinet, Réda Hameche.» Homme de confiance de Chakib Khelil, Hameche (ainsi que son épouse) fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par le tribunal d’Alger, dans le cadre du dossier Sonatrach 2. Quelle relation liait Meziane à Hameche ? Sa réponse : «Il a été nommé par le ministre et n’avait de compte à rendre qu’au ministre. Son bureau, au fond du couloir, lui permettait d’avoir l’œil sur toutes mes allées et venues, mais aussi sur toute personne qui venait me voir.

Il recevait mon courrier alors qu’il y avait un secrétaire général pour assumer cette fonction. Il agissait au nom du ministre.» Pour M. Meziane, Hameche «était comme un électron libre» au sein de la compagnie. Par contre, en ce qui concerne Farid Bedjaoui (qui fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt internationaux), l’ex-PDG est formel : «Je ne l’ai jamais connu.

J’ai lu son nom et j’ai vu son visage dans les journaux…» Avec le recul et à la lumière des révélations qui parviennent d’Italie, Mohamed Meziane «pense» que «des choses auraient pu se passer à haut niveau» sans qu’il soit informé. Il révèle : «C’est vrai que j’avais quelques soupçons, rien que des soupçons, pas de preuves formelles sur des choses qui auraient pu se passer à plus haut niveau, à propos de certains contrats, mais rien de plus.

Maintenant, quand je lis les comptes rendus de la presse, je suis surpris mais pas étonné.» Il revient en arrière et rapporte quelques exemples : «Tous les contrats passaient par des avis d’appel d’offres. Nous recevions de nombreux soumissionnaires, mais en cours de route, nombre d’entre eux disparaissaient. On se retrouvait avec seulement deux ou trois soumissionnaires. Parfois, nous étions obligés à ne pas refaire un autre avis d’appel d’offres en raison soit de l’urgence, soit de la complexité du marché. Souvent, c’était le ministre lui-même qui nous instruisait de ne pas refaire la procédure d’avis d’appel d’offres et de continuer avec les soumissionnaires qui restaient. Mais, je prenais cela comme une décision liée à l’urgence, pas plus.»

M. Meziane évoque le marché GK3 avec Saipem : «Au début il y avait plusieurs offres, mais à la fin seules deux étaient restées, dont celle de Saipem, qui était de 60% plus cher. Il y avait une différence de l’ordre de 6 milliards de dinars. Fallait-il refaire l’avis d’appel d’offres ou continuer ? Nous étions devant un dilemme parce que le projet était urgent. J’ai demandé une négociation autour du prix en tablant sur une baisse d’au moins 25 à 30%.

Le ministre n’était pas d’accord. Il a proposé par écrit un niveau de 12,5% de baisse de prix. J’ai dit au vice-président de l’activité transport que l’offre était trop chère et qu’il fallait arriver à une baisse. Tullio Orsi, le responsable de Saipem Algérie, a dit qu’il ne pouvait pas aller au-delà de 12% de rabais. Il a même menacé de se retirer en cas où nous insistions. Il était très sûr de lui. Pour nous, le projet était une urgence.

Le retarder, c’était prendre le risque d’une hausse des prix sur le marché international, mais aussi compromettre d’importants projets pour le secteur de l’énergie. J’ai insisté auprès du vice-président pour obtenir une baisse de 15%. Saipem a fini par accepter une baisse de 15%. Nous avions économisé 105 millions de dollars. Nous sommes passés d’une offre de 680 millions de dollars à 575 millions de dollars. Comment pourrais-je être corrompu et chef d’une association de malfaiteurs tout en économisant une telle somme à la compagnie ?»

«Nous sommes victimes d’un règlement de comptes»

Selon Mohamed Meziane, il est important de revenir sur les procédures internes de Sonatrach : «La R14, par exemple, nous obligeait à annuler l’appel d’offres s’il n’y avait qu’un seul soumissionnaire. La R15, que j’ai moi-même signée, plaide pour l’élargissement des soumissionnaires. S’il y en a moins de trois, l’avis d’appel d’offres doit être annulé et refait. Savez-vous qu’à l’époque, 40% des contrats étaient à caractère urgent ?

Cela étant, les prix n’étaient pas dans mes prérogatives. Ce sont les experts des commissions des marchés, les membres du comité exécutif, qui connaissent la mercuriale des prix ; c’est à eux de dire si une offre est trop élevée ou non. Ma mission à moi consistait à organiser la stratégie de la compagnie. Mon rôle n’était pas d’intervenir dans les contrats. Je peux dire, peut-être, qu’il y a eu entente à un plus haut niveau…»

Le «haut niveau», l’ex-responsable de Sonatrach le situe «à celui du ministre ou encore plus haut», sans être plus précis. Cependant, il rappelle un fait qu’il a eu à vivre durant l’exercice de ses fonctions, lorsque «quelqu’un», sans le nommer, l’a appelé «de la Présidence» pour lui demander de «recevoir» le patron d’une compagnie, Petrofac, «venu à bord d’un véhicule de la Présidence». «Il voulait prendre un marché de 4,5 millions de dollars, mais nous ne pouvions pas le lui donner parce qu’il n’avait pas de garanties suffisantes pour le réaliser.

Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas l’obtenir», dit-il. M. Meziane ne «trouve pas de réponse» à ces interférences, tout comme il affirme «ne rien comprendre» à l’affaire Chawki Rahal, ex-vice président chargé des activités commerciales, placé sous contrôle judiciaire et qui doit comparaître avec lui devant le tribunal criminel près la cour d’Alger, le 15 mars prochain. «Je sais une chose : lorsque Chawki Rahal était à Londres et qu’il a été informé de son rappel par le ministre, il m’a demandé d’intercéder pour qu’il reste sur place en raison de la scolarité de ses enfants. J’ai plaidé en sa faveur, mais le ministre n’a rien voulu entendre. Il a insisté pour qu’il rentre. Pourquoi et dans quel but ? Je ne sais pas», révèle Meziane.

De toute façon, souligne-t-il, «c’était le ministre qui choisissait les vice-présidents, les nommait et les dégommait. Je n’avais aucun pouvoir sur eux. Moi-même lorsque j’ai émis le vœu de partir, à la lumière des incidents qui ont coûté la vie à des employés de la raffinerie de Skikda, des cadres supérieurs du groupe m’ont dit clairement qu’à Sonatrach on ne démissionne pas, on se fait démissionner….» L’ancien PDG «ne comprend toujours pas» pourquoi les autorités ont accepté la «décapitation» de Sonatrach pour une affaire «aussi banale si l’on prend en compte ce qui s’est passé à Rome».

Cette décision, dit-il, «a eu de lourdes conséquences» sur la compagnie. «Pourtant, l’affaire Saipem est de loin plus grave, avec un préjudice évalué à plus de 200 millions de dollars. Le nom du ministre est revenu à plusieurs reprises sans que le mien n’apparaisse. La compagnie a été décapitée pour un préjudice évalué, faut-il le rappeler, par ceux-là mêmes qui avaient pris part à l’étude des contrats objets de l’enquête, d’un montant de 4 millions de dollars. Est-ce normal ?»

«Nous avons fait les frais d’une lutte d’intérêts à un très haut niveau. Les enjeux peuvent être autant politiques que financiers. Nous sommes victimes d’un règlement de comptes, peut-être pour avoir annulé des marchés d’équipement des unités du Sud en matériels de protection et véhicules dotés de GPS, que devaient prendre certaines sociétés qui ont pignon sur rue», conclut M. Meziane.

Pour lui, le procès du 15 mars «révélera beaucoup de choses» à l’opinion publique. Il dit trop souffrir de cette affaire qui a coûté la vie à sa femme et à sa mère, mais aussi l’incarcération depuis plus de 5 ans de ses deux enfants pour des délits. Même s’il a dit ce que tout le monde sait, il exprime sa «peur de représailles» tout en se déclarant «très confiant» en la justice.


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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 14:17

Dans la mesure où chaque Algérien est à lui seul une cacophonie linguistique ambulante et que son rapport à la croyance religieuse n'est pas vécu sereinement, il ne faut pas s'étonner que le trouble et l'inconfort qui le caractérisent soient une entrave à la communication et, partant, empêchent le lien social de se tisser. Or, pour faire « société » il faut disposer d'une langue commune dont le statut ne pourrait être remis en cause. S'agissant de religion, on ne peut certes contraindre personne à croire contre son gré. La foi est par essence individuelle. Toutefois, nous devons des valeurs civilisationnelles à l'établissement de l'Islam, ou plutôt à une forme de syncrétisme des cultures qui a réalisé leur symbiose avec les usages en vigueur chez les Berbères. Il ne s'agit pas de syncrétisme religieux. L'Islam a été adopté dans sa globalité. Pour autant, une grande partie des usages locaux ont été respectés et maintenus. C'est cette fusion qui fait l'algérianité d'aujourd'hui. Ce sont ces valeurs, largement intériorisées mais « oubliées », qui devraient donner le ton aux relations humaines.

Faire société ?

Qu'est-ce qui s'y oppose ?

Faire « société », c'est échanger et vivre ensemble ; c'est aussi partager un projet, avoir le même horizon. C'est ressentir une ardente et commune obligation d'œuvrer à l'atteindre. Ces conditions créent la confiance indispensable pour être dans une relation durable avec les autres. Pour l'heure, c'est plutôt la défiance qui prévaut dans les relations humaines. Elle est présente, en permanence. Elle est parfois justifiée, il est vrai. Les passe-droits sont devenus la norme. Les différents concours organisés pour l'accès à un poste dans l'administration, pour intégrer un cursus de magister ou de médecin spécialiste, les décisions judiciaires, sont frappés du sceau du soupçon. On se méfie aussi du collègue que l'on imagine en conspirateur travaillant à sa promotion individuelle au détriment des autres. Même les tirages au sort organisés pour les voyages aux Lieux Saints suscitent l'incrédulité. Alors, chacun se débrouille, tout seul. Une pratique est en train de se généraliser et qui donne une idée assez juste du climat qui règne dans le pays. Il est d'usage désormais de dissimuler tout de son activité. On n'annonce pas un départ en voyage, même à ses proches. Il y a parfois des conséquences gênantes. Ainsi, ces deux amis oranais qui se séparent un soir après une pause dans un café de la ville, en se disant « Bonne soirée et à demain » et se retrouvent le lendemain matin dans l'avion qui va à Paris… Un tel climat explique l'absence de relations paisibles et durables entre les gens. Il explique aussi l'agressivité, voire la violence, qui imprègne les rapports humains. La « défaillance » de la société laisse l'individu seul, désarmé, impuissant. Il trouve alors un palliatif dans des comportements de débrouillardise, dans des systèmes d'identification et d'appartenance partiels : la famille, quand elle n'est pas elle-même en crise, ce qui est courant, le clan, la tribu, la région, l'ethnicité. En fait, on privilégie la sphère intime pour tenter de recréer le réflexe de solidarité…

Une autre forme de dévoiement se traduit par la corruption, la transgression, le refus des limites. Ces pratiques sont à l'œuvre tous les jours. Elles touchent l'ensemble de la société. Bien qu'anecdotique, la circulation automobile est un reflet fidèle de cette situation. Conduire en Algérie est une véritable épreuve de force permanente. Personne ne veut céder un pouce de terrain. Les feux rouges sont allégrement ignorés. Cette conduite, ou plutôt cette inconduite, a plusieurs pendants, souvent tragiques, tel celui qui fait de l'Algérie l'un des pays dont les routes figurent parmi les plus meurtrières au monde. La corruption est un fléau qui n'est même plus considéré comme tel. Il imprègne les modes de vie. Ceux qui peuvent payer paient, ceux qui ne le peuvent pas mendient, supplient. Ce sont eux qui forment la majorité des prisonniers, des hittistes, des laissés-pour-compte. Ce sont eux qui font l'ordinaire des poissons cannibales de la Méditerranée, eux encore qui ont pris l'habitude de s'immoler par le feu dans une quasi indifférence générale.

Une illustration concrète de l'absence de « société »

Une anecdote révélatrice : dans une ville moyenne, quelque part en Algérie, un nouveau lycée est construit. Les autorités de la ville, toujours soucieuses d'annoncer des bonnes nouvelles de nature à leur valoir les faveurs de la haute administration, décident de l'inaugurer… un mois de décembre. En plein milieu de l'année scolaire donc ! Le lycée n'est pas équipé, pas chauffé, dépourvu de toilettes en état de fonctionner. Qu'à cela ne tienne. Les autorités soutiennent mordicus que le lycée sera livré en décembre. Se pose la question des élèves. En cette période, tous les jeunes gens en âge d'y être fréquentent les autres lycées de la ville. Jamais en panne d'inspiration, les autorités, toujours elles, enjoignent aux élèves qui relèvent du secteur géographique du nouvel établissement de quitter leurs lycées pour le rejoindre immédiatement. Cette injonction crée l'émoi que l'on imagine. Chez les élèves de terminale, c'est carrément la panique. Les parents des élèves concernés par ce déménagement brutal décident de faire front. Ils se constituent en collectif et font le siège de la mairie, de la wilaya, de la direction de l'éducation. Ils obtiennent gain de cause en ce qui concerne les élèves de terminale. Ils seront autorisés à rester dans leurs établissements jusqu'à la fin de l'année scolaire. En revanche, les autres devront se plier aux ordres des autorités. Le collectif des parents maintient la pression mais celle-ci va en s'affaiblissant. Le nombre de protestataires diminue. Seul, un noyau dur continue de manifester pour faire rapporter cette règle à la fois injuste et stupide. Ce noyau dur se saborde quand ses éléments se rendent compte que les parents qui l'ont quitté ont obtenu gain de cause pour leurs propres enfants, en faisant jouer leurs relations. Ceux qui ont poursuivi le combat jusqu'au bout ont vu, la mort dans l'âme, leur progéniture quitter les lycées où ils avaient leurs amis, leurs habitudes, l'atmosphère familière si propice à leur épanouissement, pour retrouver le froid glacial d'une bâtisse inachevée, ouverte aux quatre vents, une triste gamelle au fond de leurs cartables pour pallier l'absence de cantine et de vendeurs de sandwichs. La citoyenneté s'apprend à l'école. Comment persuader ces jeunes gens, ayant vécu l'ostracisme et l'injustice, de la noblesse et de l'efficacité de l'action collective, dans le respect du droit, quand leurs aînés leur en donnent une si piètre illustration ?

Des contre-exemples ? Il y en a !

L'Algérie est le théâtre d'une sorte de théâtre d'un « entredeux » permanent. Le meilleur y côtoie sans cesse le pire, et dans tous les domaines. Les contre-exemples relatés ci-après en donnent une excellente illustration.

Ces dernières années, on a assisté en Algérie à l'éveil d'une réelle conscience écologique. Trois exemples peuvent notamment être cités pour témoigner de son existence. En mai 2011, des relevés topographiques sont effectués dans une petite forêt, le Bois des Pins à Hydra, quartier huppé d'Alger. Les habitants apprennent que ces activités préparent l'arrachage de l'ensemble des arbres de cette forêt pour faire place à un complexe de 12 étages. La procédure légale a été bafouée. Aucune enquête préalable de commodo et incommodo n'a été menée auprès des riverains, tenus dans l'ignorance totale, y compris de l'existence d'un permis de lotir. Devant cet état de fait, les riverains s'organisent en collectif et décident de mener la bataille pour faire capoter le projet. Les autorités ne s'attendaient certes pas à cette levée de boucliers. Ils n'imaginaient pas que des Algériens pouvaient se révolter pour sauver des arbres ! Le combat a été très rude. Les recours légaux ont tous échoué, en dépit de l'article de la loi algérienne qui « punit de dix ans de prison l'arrachage volontaire d'un arbre sans autorisation ». Des affrontements sévères ont opposé les habitants aux forces de police, faisant plusieurs blessés. En définitive, la forêt a été rasée mais le comité de quartier continue de se battre sur le plan juridique pour récupérer l'assiette de terrain et y replanter une nouvelle forêt.

En 2014, l'ARC (Association des Résidents de Canastel), une association de jeunes habitants de Canastel, près d'Oran, décide de s'opposer à des promoteurs immobiliers qui visent à détruire une partie de la célèbre forêt pour y construire des villas. La déforestation a déjà commencé. Des constructions ont émergé. Il s'agissait donc, dans un premier temps, d'arrêter le massacre puis, dans un deuxième temps, de raser ces constructions. A force de ténacité et d'intelligence collective, l'association est parvenue à ses fins. La forêt de Canastel est désormais sous protection et rendue à ses riverains. Bien sûr, les appétits sont encore présents mais les citoyens veillent. Il faut noter que l'association est toujours restée cantonnée aux formes légales de protestation. Le gouvernement algérien a décidé de se lancer dans l'exploitation du gaz de schiste. Les premières fracturations ont eu lieu dans le Sud, dans la région d'In Salah notamment. Les autorités comptent bien sûr sur cette nouvelle manne pour suppléer la baisse des réserves d'hydrocarbures classiques et la chute actuelle des prix. La population d'In Salah a manifesté une très forte opposition aux forages. Elle n'était sans doute pas guidée principalement par des considérations écologiques. Cette population est pauvre, déshéritée. Des décennies d'exploitation pétrolière ont permis au pouvoir d'engranger d'énormes rentrées de devises. Ces rentrées n'ont bénéficié en rien aux populations qui vivent à proximité des puits. Le trachome, l'analphabétisme, la mortalité infantile, sont des réalités très présentes dans ce Sud si généreux. Et voici que ces populations, oubliées de la période faste du pétrole abondant et cher, sont sommées d'accepter que leur eau, leur environnement, soient empoisonnés pour que l'Etat puisse continuer d'engranger de la richesse dont ils ne verront pas les effets, de la richesse dont se goinfreront les prédateurs habituels... C'est donc une révolte à caractère plus social qu'écologique. Il se trouve que de très nombreux Algériens du Nord sont désormais sensibles aux risques que fait courir ce type d'exploitation. Comment ne le seraient-ils pas puisque des entreprises françaises s'engagent dans cette entreprise en Algérie alors qu'elle est interdite en France ? Il y a donc eu jonction entre le social et l'écologie et formation d'un arc suffisamment large pour inquiéter le gouvernement et l'amener à composer. Pour l'heure, il n'a toujours pas reculé. Il teste sans doute la ténacité et la pérennité du mouvement…

Le Pouvoir, un alibi commode !

Ne nous voilons pas la face. Ces réactions restent minoritaires, mais elles rencontrent un vrai capital de bienveillance auprès de la population. La bienveillance ne suffit pas toutefois. Elle ne saurait masquer les tares de la société, celles-là même qui donnent la puissante impression d'improvisation, de désordre, voire de chaos, que l'on éprouve quand on observe les Algériens dans leur vie au jour le jour… Conscients tout de même de cela, ils en imputent la responsabilité aux gouvernants, à qui ils prêtent des pouvoirs presque surnaturels. Ainsi, ils assument le fait de ne pas avoir la moindre part dans ce qui leur arrive, qui ne peut être que le fruit de la volonté d'hommes de l'ombre machiavéliques, tout-puissants, qui gouvernent, manipulent, tirent les ficelles…Les gens, majoritaires, qui tiennent ce discours ne réalisent sans doute pas qu'ils accréditent l'idée qu'ils ne sont que des marionnettes et donnent corps au mépris dans lequel les tient le Pouvoir. Que celui-ci s'accommode de l'absence d'une « société » est infiniment probable. Quoi de plus banal, en somme ? Sous tous les cieux, le Pouvoir aspire à durer. C'est encore plus vrai en Algérie. Qu'il se satisfasse de l'inexistence d'une force susceptible de le contester n'a donc rien d'étonnant. Que l'on en tire argument pour expliquer l'immobilisme actuel est tout simplement ahurissant ! Parmi les indices patents de l'absence d'une société, il y a le fait que la majorité des gens refuse d'examiner l'idée qu'ils pourraient avoir une part de responsabilité dans leur situation personnelle et dans l'état du pays. Cette majorité s'en affranchit en désignant un pouvoir démiurge, capable de façonner à sa guise une population inconsistante. En réalité, il n'y a pas un « bon peuple » asservi par des « mauvais gouvernants ». Il y a, au contraire, une parfaite complémentarité entre eux.

La responsabilité du peuple

La férule est plutôt légère en Algérie. Il y a des espaces de liberté que l'on devrait mettre à profit pour s'organiser, débattre, réfléchir. Il y a des pays qui ont ou sont encore dictatoriaux, voire totalitaires. Pourtant, il y a eu une société soviétique. Il a bien fallu qu'elle existe pour assurer la permanence du Bolchoï, de Boulgakov. Il a bien fallu qu'elle existe pour que, y compris sous Staline, on continue d'écouter Rachmaninov ou de lire Dostoïevski. Il y a eu une société cubaine, une société roumaine. Certes, à l'époque des dictatures, il n'y avait pas de société civile. Le débat, la critique, étaient proscrits. Mais il y avait le souci collectif de faire en sorte que perdure, au-delà des vicissitudes de la politique, l'âme d'un peuple… Que faisons-nous de notre liberté en Algérie ? Plutôt que de l'utiliser à des fins bénéfiques, nous l'utilisons le plus souvent pour la violence. Les émeutes sont devenues la réponse indépassable au malaise collectif. A la faveur de ces émeutes, on brûle les bâtiments administratifs, mais il arrive que l'on incendie des écoles, et même que l'on agresse des citoyens innocents. Il y a des intelligences individuelles innombrables. C'est l'intelligence collective qui fait défaut. Ce qui l'empêche d'émerger, c'est la dissociation identitaire dont la conséquence peut aller jusqu'à un trouble du comportement, rendant impossible l'existence d'un lien social.

Nous rendrons compte dans notre prochaine livraison des causes qui nous paraissent relever du politique.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:50

C’est ainsi que la mission colonisatrice Foureau-Lamy est partie à l’assaut d’In Salah il y a plus d’un siècle après l’effondrement du repaire des pirates, la Régence, plusieurs décennies plus tôt.

Aujourd’hui, Alger est toujours aux mains des mêmes spécimens avec la cervelle en moins. La malédiction est donc à son apogée. Avec tout l’argent généré par le sous-sol saharien, il y avait de quoi faire la fortune de tous les Deys allongés sur leur divan en réservant quelques miettes pour vaincre l’hostilité du désert et préserver l’hospitalité de ses habitants. À défaut d’en faire un paradis, les vampires ont multiplié des enfers à ciel ouvert avant même l’existence du gaz de schiste. Au moindre soupir, ils exhibent illico la "main étrangère", pendant que le petit peuple à la conscience constamment torturée se fait hara-kiri en se demandant où est passée la sienne, «la main de Fatma».

Certes pour n’importe quel observateur blasé, la perfide main est visible aux quatre points cardinaux de l’Algérie. Sûrement pas avec la complicité de la bourgade d’In Salah. Ses prestigieuses marques s’exhibent avec fierté autour de la poule aux œufs d’or noir et les 2% du territoire où végètent les 80 % de la populace. Contrairement aux colons, les nouveaux envahisseurs sont accueillis sur un tapis rouge par des potentats autoproclamés qui crient au loup quand les moutons résistent à l’anesthésie. La bourgade a fini par vieillir en bourgade. Elle ne se bat plus pour sa liberté, mais pour sa survie. Un manifestant a lancé à la caméra : "Nous sommes pauvres, malades, nous ne voulons pas d’hôpitaux de logements, du travail, de l’argent, nous voulons seulement qu’ils ferment leurs puits et qu’ils partent !" Sait-il au moins qu’il y a des gens qui font des procès en Amérique contre les pompeurs du schiste et deviennent millionnaires. Comme cette femme qui a eu le réflexe d’analyser l’eau de son puits avant et après, une preuve irréfutable pour le juge.

Mais en Algérie, le juge n’est élu que par Dieu et ses saints, les femmes ne font au mieux que des analyses de sang et le sous-sol appartient au mirage appelé Nation représentée par le Club des Pins et la Résidence de Zeralda. Dès l’annonce du PDG par intérim que les forages d’exploration ne seront pas interrompus, le "comité des 22" meneur de la contestation s’est scindé en deux (El Watan 9 février 2015). Le noyau dur probablement bien infiltré par la Pieuvre d’Alger consciemment ou inconsciemment, s’est fissuré dès le froncement des sourcils du Pouvoir. Bienvenue aux bonnes questions : Pour ou contre le gaz de schiste ? Ses dangers sont-ils réels ou surfaits ? Suis-je manipulé par les pros ou les antis ? Suis-je un vrai Algérien ou un vrai harki ? Vais-je sauver mes enfants en obéissant ou les condamner à la guerre civile, à la famine en m’opposant ?... On rappelle le cas de cette universitaire de Tizi-Ouzou qui avait critiqué les autorités locales au micro d’Al Maghribia. Menacée, elle a expliqué sur Facebook sa "trahison" : "…si j’étais seule, j’irais jusqu’au bout, mais j’ai un mari et un petit garçon à protéger…" Méthode infaillible d’après la psychologie contemporaine et les spécialistes du renseignement, section la torture : viser le faible pour faire tomber le fort. Les cobayes d’In Salah dont les pieds reposent sur les braises depuis belle lurette ne se posent pas ce genre de questions. Leur revendication n’a aucune chance d’aboutir lorsqu’on sait qu’ils se battent contre le duo : Sonatrach-Total.

En 1978, l’Exterminator a contaminé les réserves d’eau de l’une des plus grandes et des plus fertiles oasis du Sud, Ouargla, avec l’effondrement de son puits pétrolier bien conventionnel. Des hydrologues du monde entier ont été sollicités en vain. D’après ceux de l’Unesco, ce désastre écologique menace la nappe profonde, une réserve vitale pour l’Algérie et les pays voisins. Avec ce genre de calamités, cratères et radiations, plus ça dure plus ça s’empire et moins on en parle. En 1998, «forcés» d’en parler Total a déclaré «C’est de l’histoire ancienne» et Sonatrach par la voix de son directeur adjoint de la communication a conclu :"«Je ne suis pas autorisé à parler au nom de la Sonatrach, mais quand la Sonatrach estimera opportun de réagir, la Sonatrach réagira…" Traduction : Sonatrah s’appartient et possède l’Algérie, ses puits et ses serfs. Sur Google on peut lire que la Banque mondiale avait voulu s’engager, mais a refusé de verser l’argent directement à la Sonatrach craignant son détournement. Que dire de plus sur la réputation sulfureuse et toxique de l’Unique l’Omniprésente Compagnie. Contrairement aux monarchies arabes, dans son dictionnaire maison, le pot-de-vin à deux chiffres n’a rien à voir avec la part du butin réservé à l’émir. «Pourquoi In Salah ne serait pas comme Dubaï, avec une forêt de gratte-ciel alors qu’elle fournit le pays en gaz ? Pourquoi nos routes sont-elles défoncées, les délestages en plein été ? Pourquoi notre eau, l’eau que nous buvons est salée à nous rendre hypertendus ?

Pourquoi In Salah ne ressemble pas aux grandes villes pétrolières de par le monde ? Pourquoi notre hôpital n’a pas de spécialistes ? Pourquoi nos femmes meurent pendant le trajet vers Adrar ? Pourquoi y a-t-il un cimetière à Adrar réservé aux gens de In Salah qui meurent dans les hôpitaux de la ville ?...» (1) Dans ces amères interrogations de l’enseignant-photographe du Collectif, beaucoup d’Algériens se reconnaîtront avec résignation et soulagement. Quand on a commencé à exploiter le gaz de la bourgade maudite dans les années 50, Dubaï n’était qu’un bourg de pêcheurs de perles ignoré du monde, d’après Wikipédia. Il est devenu l’un des principaux pôles mondiaux des affaires, du tourisme de luxe, du sport, du commerce…. Le «génie» de la Compagnie nationale c’est d’avoir initié les pots-de-vin à deux chiffres qui tuent illico les affaires dans l’œil sans perte ni tracas. Pour «cuire» le festin, on a démoli la maison (version Ibn Khadoun) et pris la précaution d’éliminer les témoins sous les ruines. Pas besoin de faire la liste de ce que le deuxième chiffre du pot-de-vin coûte à la masse. La camelote, l’arnaque, le vol, la mauvaise foi, les mirages du navire rempli de gravats, des Japonais qui ne savent plus construire des autoroutes, ces accidents causés à 80 % par des voitures neuves… la pollution omniprésente, le cancer incurable, le terrorisme chronique, l’oxygène des poubelles et les produits ratés que la Chine au lieu de jeter, envoie au port d’Alger pour les recycler dans les poumons et les estomacs des bougnoules. Sans oublier les sempiternels classements internationaux en compagnie du trio Soudan-Somalie-Yémen. Quant à Total, il suffit de taper sur le clavier scandale et de lire la presse française pour s’apercevoir que c’est vraiment la totale. Même en France, accusé de pollution, il gagne ses procès. Total est le 3e plus gros émetteur de CO2 et la République française en est si fière qu’elle oublie de lui demander une taxe exceptionnelle contrairement aux USA, à l’Angleterre et la Chine. Pourtant, c’est «la première entreprise française et le champion des profits et le roi des dividendes». Elle réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’étranger.

Depuis 2010, le patron de Total a vu son salaire grimper de 13%, 3 millions d’euros, 185 ans de SMIC bruts. Pour ce traitement de nabab, Total a ses astuces. Par exemple de 2002 à 2005, les investissements ont augmenté de 22% alors que les profits de 106% pendant que les travailleurs ont vu leur salaire diminué de 8%. Elle est impliquée depuis des décennies dans le désastre au sud du Nigeria «… Entre 9 et 13 millions de barils y ont été déversés depuis 50 ans…loin des caméras 30 millions d’habitants du delta du Niger, région pauvre quadrillée d’oléoducs et parsemée de puits, ont vu leurs ressources se dégrader au fil des ans…une épaisse nappe de mazout lèche le sable… il y a 20 ans, il y avait du poisson…«la terre n’est plus fertile à cause du pétrole. Nous inhalons cette chose, nous l’inhalons chaque jour et cela nous rend malades… Il y a des centaines de sites contaminés…» (2) D’après les Amis de la Terre : «la situation est dramatique, qu’il s’agisse d’environnement ou de dialogue avec les populations impactées par les activités de Shell, ENI et Total.»Tellement dramatique qu’en avril 2012, des milliers de militants et sympathisants d’Amnesty International de plus de 16 pays se sont mobilisés pour aider le Nigeria et le Niger. La pollution écologique ouvre la voie à d’autres pollutions. Au Nigeria, des milliers de personnes trouent les pipelines pour voler du pétrole brut qu’ils raffinent avant de le vendre. D’après le blog environnement du Gardian : «il y a de plus en plus de preuves que les vols les plus importants ne viennent pas des villageois et des agriculteurs du delta, mais des rackets sophistiqués, venant de gangs organisés au cœur du gouvernement local et même national et de l’armée qui volent et déversent le pétrole à grande échelle...» En Somalie, on a vu de paisibles pêcheurs se transformer en Shebabs parce que leur mer a été polluée et l’Algérie qui à peine une génération d’indépendance se réveille en plein terrorisme de masse pour finir avec Aqmi et Compagnie en Seigneurs du Sahel... D’après le Monde.fr (05 août 2011), le vaste système de corruption mis en place par Saddam Hussein, le scandale «Pétrole contre nourriture), on retrouve le PDG de Total, des ministres français et des cadres de l’ONU. Total a fui les USA en «laissant des plumes» expression de son PDG. Chassé de Pologne, interdit de gaz de schiste en France et sur tout le territoire européen, il voit son eldorado dans la maudite bourgade. Sous le titre : «Quand les anciens «cobayes» veulent un statut de citoyens» on peut lire sur El Watan : «Début 2000, les experts de la compagnie In Salah Gaz( BP, Sonatrach, Statoil) nous annonçaient qu’ils allaient faire du stockage de monoxyde de carbone…prétendant que la compagnie avait tous les moyens, la technologie, l’imagerie satellite, la 3D et la 4D. En dépit des mises en garde des experts algériens quant au risque de pollution de l’aquifère, la compagnie persistait qu’il n’y avait aucun risque. Nous, on s’est dit qu’il s’agit d’abord de Sonatrach, entreprise nationale, qui maitrise la technologie et qui plus est a un partenaire étranger qui a de l’expérience.

Après dix ans, on apprend qu’il y a eu une fuite importante de CO2…» On parle ici d’énergie dite conventionnelle qui a pompé au Sahara toute sa beauté multimillénaire. On a cru longtemps que les touristes l’avaient déserté à cause du terrorisme, le voilà effacé de la «planète bleue» avant de libérer son schiste. Pendant qu’on inaugurait le gaz d’In Salah, à 250 km, à Reggane, explosa la première bombe atomique 4 fois celle d’Hiroshima et des déchets nucléaires magnifiant le soleil pour l’éternité : «Sauf qu’hier c’était le colonisateur et aujourd’hui c’est l’Etat qui veut se remplir les poches au risque de nous exterminer.» L’Algérie est un pays à 90 % aride 70 % hyperaride, le Sahara abrite dans ses profondeurs abyssales dit-on les réserves aquatiques les plus importantes au monde et quand on y parle d’eau, c’est pour dénoncer sa pénurie ou sa contamination par les pétroliers. Pour se suicider, le sudiste n’a qu’à étancher sa soif. Pour se justifier face à la Bourgade, la Sonatrach parle de ses experts en gaz de schiste bio, étant donné son pedigree et les casseroles de son «casier judiciaire», la raison exige des preuves. Un seul moyen pour convaincre les ignares têtus. Que les génies de notre «boîte de Pandore» aillent fissa confirmer le miracle en décrochant le prix Nobel en la matière. Ils sauveront ainsi le monde d’une pénurie énergétique. Une revanche vis-à-vis de la France qui avoue par la voix de son ex ministre de l’écologie, Delphine Batho, n’avoir aucune expertise que celle des USA : «3 milliards de m3 d’eau polluée à l’air libre, des nappes phréatiques empoisonnées par le mercure jusqu’au manque d’eau et la provocation de séismes…».

Dans le site français «Stop Gaz de Schiste ! (Ni ici Ni ailleurs)» (21 décembre 2012) on peut lire : «…quelle que soit la technique utilisée pour libérer les minuscules concentrations de gaz et de pétrole, la roche-mère doit être fracturée et les fissures gardées ouvertes, à l’aide de particules injectées par un liquide porteur. Les risques de remontée à la surface des contaminants naturellement présents dans la roche (métaux lourds, arsenic, éléments radioactifs, etc.) restent donc inchangés. De même, ni la fracturation au méthane, ni la fracturation pneumatique, ni la fracturation par arc électrique, ni la fracturation au CO2, techniques extrêmement complexes en soi, ne permettront d’éviter les fuites de méthane et n’inverseront la tendance à l’aggravation de l’effet de serre…le Président avoue la responsabilité de l’ancienne métropole d’avoir instauré en Algérie un système colonial «profondément injuste et brutal», dans la réalité, la France considère toujours ses ex-colonies comme des laboratoires pour les sales besognes impossibles à mener sur le territoire national. Les Algériens peuvent remercier les dirigeants français et algériens qui s’entendent sans vergogne pour envisager ces projets au mépris de leur avenir. Mais nous considérons que leur avenir est aussi le nôtre. Les collectifs français en lutte contre l’exploitation et l’exploration des gaz et pétrole de schiste se joignent aux Algériens et à tous les Maghrébins ; Ni ci ni ailleurs, ni chez vous ni chez nous ! Ni aujourd’hui, ni demain ! NON, c’est NON, quelle que soit la technique !» Ni ici ni ailleurs parce que des études européennes sur le pic de pollution en Corse à Paris et à Londres ont démontré qu’ici c’est ailleurs et ailleurs c’est ici. On a trouvé des particules fines (cancérigènes) véhiculées par le vent du Sahara. De mars 2002 à décembre 2004 à Barcelone, des chercheurs du Creal, centre espagnol en épidémiologie environnementale, ont constaté une augmentation de 8,4% de la mortalité quotidienne quand souffle le vent du Sahara chargé de poussière. Qui pourra nous chiffrer cette augmentation concernant la population d’In Salah et des 40 millions d’Algériens ? Sans parler de la Méditerranée, "véritable réceptacle de toutes les pollutions".

Les Européens reconnaissent avoir sous-estimé la pollution du Sahara et en bons capitalistes, ils avouent qu’elle coûte cher. On estime que 25 villes européennes économiseraient 31,5 milliards d’euros par an si elle suivait les recommandations de l’OMS pour diminuer la pollution. La Cour européenne de justice menace la France de 100 millions d’euros si elle ne réduit pas avant 2025 ses particules cancérigènes. Que représente cette somme face aux milliards par an engrangés par Total ? Que représente cette somme face aux avoirs des caïds de Sonatrach en Suisse ? Le philosophe et psychanalyste Cornelius Castoriadis, mort avant la crise économique de 2008, dans «Une Société en Dérive» parle de l’Occident comme d’une démocratie sans démocrates, que dire quand on n’a ni démocratie ni démocrates. Le duo Total-Sonatrach fonctionne bien, il ne reste qu’à l’imiter : un duo "Bourgade-Ni Ici Ni Ailleurs". Les chiffres le confirment : ici c’est ailleurs. Ils vont hurler aux harkis, et ils ont raison. La pire trahison n’est-elle pas celle que les Algériens se sont faites à eux-mêmes en les subissant ? On le sent, il y a un avant et après In Salah, les colons ont été de bons prophètes : elle est maudite. Maudite pour maudite, dans l’impossibilité de vaincre, il ne reste aux gueux de la bourgade qu’à copier leurs frères Syriens. Se déplacer avec femmes enfants et bêtes vers le Nord de préférence le plus près du Club des Pins pour dresser les tentes.

En Afrique, les Pygmées ont résisté à l’esclavage et à la colonisation, mais ils sont en train de disparaitre avec leur forêt… Si dans le doute, il faut s’abstenir ; pour le gaz de schiste, on craint de ne jamais pouvoir méditer sur ce proverbe faute de survivant. Ferhat Abbas rappelle (3) : "Un vieux Kabyle qui faisait grief à Amirouche de la triste «nuit rouge» de la Soummam : "Nous avons raison de châtier les traîtres, répondit Amirouche. Dieu est avec nous.» Et le vieillard de répliquer : "Si tu continues dans cette voie, il ne restera en Algérie que toi et Dieu." Parlant du désastre de la forêt amazonienne, un vieil indien a murmuré à un journaliste : "Quand ils arracheront le dernier arbre, ils se rendront compte qu’ils ne peuvent pas manger l’argent."

Mimi Massiva

Renvoi

(1) (Watan 10 février 15)

(2) Dans le delta du Niger, la pollution pétrolière est quotidienne (AFP 02 juillet 2010)

(3) Le Point.fr 03/03/11

(4) Ferhat Abbas, une autre Algérie (Benjamin Stora-Zakya Daoud)

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:49

Ali Haddad est-il ce pur cheval en chair, de course ou de guerre, qui conquiert les vastes territoires à la recherche de ses repères et tout mérités grands titres de gloire ? Sinon cherche-t-il à plutôt devenir cet autre oiseau de fer qui part, longtemps suspendu dans les airs, à la vitesse de la lumière de cet hémisphère vers cet autre lointain hémisphère dans son voyage de prospection de notre grand univers ?

Est-il, en fait, ce chétif et très rétif bourrin à qui l'on donne bien souvent de violents coups de gourdin pour le faire avancer à un rythme cadencé, afin de ne pas se faire distancer par les autres rapides équidés, de peur de rater ce chemin emprunté par l'ensemble de la caravane ?

Ou alors est-il cet autre gros volatile, si magnifique et de consistance bien métallique, qui parcourt dans tous les sens et directions la voûte céleste, sans jamais soucier de la moindre alerte, fonçant sur son aérien trajet qui nous répercute ses empreintes en lignes lumineuses et très parallèles au dessus de nos têtes ?

Est-il ce véloce coureur pur sang qui arrive à mettre tous ses nombreux concurrents dans le vent,à la moindre incartade ou simple accélération imprimée à ses longs jarrets qui ne marquent jamais un quelconque arrêt jusqu'à cette ligne d'arrivée qui fait triompher les grands héros et recaler les véritables tacots ?

Sinon se prend-t-il désormais pour ce légendaire et très léger être humain, aux mains palmées et au buste super plat, pour faire aussi bien dans les airs que ces oiseaux grands-migrateurs qui planent très haut dans le ciel et changent, selon leur convenance et aisance, constamment d'espace de mouvance ?

Où faut-il donc placer cet homme à la fulgurante ascension qui est aussi rapide qu'un pur-sang Arabe dans ses courses préférées à très court trajet et vole aussi très haut dans le ciel algérien jusqu'à faire de l'ombre sur les grands Astres de la politique du pays ?

Qui aurait parié un seul sou sur ce petit hôtelier de la région de la Grande Kabylie pour lui prédire de passer outre toutes autres Universités et leurs nombreux ateliers de formation qui consacrent l'élite de demain qui milite sur le terrain ?

Mais lorsque le destin de longue ou grande chevauchée ne dépend pas seulement du calibre du poulain que produit notre écurie, il devient dès lors très difficile aux nombreux observateurs de reconstituer le tracé de ce long trajet qui mène avant terme à cette parfois inattendue ou usurpée consécration !

Chez les pépites des jeunes et très prometteurs équidés, la bonne graine est déjà visible bien avant même leur première montée ou chevauchée ! On y décèle déjà ce tout nécessaire gène qui nous fait en bout de course triompher ! Qui aide à gagner haut la main et à la série les trophées mis en jeu !

Mais Ali Haddad faisait-il déjà partie de ces pupilles qui étaient prédestinées à cet avenir radieux sans même avoir à longtemps y observer cet itinéraire tortueux aux chemins escarpés d'un Savoir bien difficile à s'en accaparer ?

Comment a-t-il encore fait pour trôner très haut dans les airs sans jamais se tromper d'escalier à prendre ou de palier à atteindre ? A-t-il emprunté cet ascenseur ‘'classe affaire'' de l'espoir qui ne s'arrête qu'aux gares principales pour les besoins typiquement commerciaux et de très haut niveau ?

Sinon a-t-il bien calculé son coup, passant en coup de vent au soleil levant par cette autre porte dérobée du fameux «enrobé» pour être finalement le premier à l'arrivée qui foule aux pieds ce tapis rouge réservé aux hôtes de prestige et autres grands souverains ?

Cheval en chair ou oiseau de fer, Ali Haddad cultive tout de même ce grand mystère qui entoure l'extraordinaire réussite de l'époustouflante carrière d'homme d'affaires qu'il est désormais devenu. Loin de nous toute idée de faire sa longue rétrospective, l'on admet qu'il est plutôt devenu cet homme ‘'touche-à-tout'' dans le terrain de prédilection s'étend de celui du foot et son monde de gens vraiment fous à celui de la politique et ses acteurs très hypocrites, en passant par celui très syndical au cliché bien libéral.

En prenant vraiment de l'envergure, il bascule de temps à autre au devant de la scène, propulsé qu'il le soit très souvent au fur et à mesure que se bousculent les évènements du champ politique national.

Ainsi donc, ce petit peuple de ces Algériens d'en bas le découvre pour la première fois, communiquant comme nos gouvernants d'aujourd'hui dans la langue de ce colonialisme d'autrefois.

Il en prend donc note à mesure qu'il découvre au fil des jours ce nouveau chef du patronat algérien coopté et boosté à son tout nouveau poste, à la manière d'un président de la fédération algérienne de football (FAF) dont personne ne peut vraiment jouer à son hypothétique concurrent, sachant à l'avance la nature de la résonance des urnes.

Aussi, sa candidature à la tête du forum des chefs d'entreprises (FCE) est passée comme une lettre à la poste, n'enregistrant ni un quelconque obstacle ni la moindre objection quant à sa nouvelle promotion.

Mieux encore, contrairement aux anciennes traditions et aux cérémonies d'investiture ou d'usage ayant été organisées par ses nombreux prédécesseurs, toute une bonne brochette de ministres de départements-clefs de l'activité quotidienne des Algériens y était alors conviée et invitée ; ce qui laisse désormais amplement deviner la nature de l'appui très conséquent qui lui est apporté par cette équipe gouvernementale. Ainsi donc, de l'image qui nous est pompeusement véhiculée ou savamment répercutée, l'on est même tenté de croire en de bien nouvelles ou meilleures mœurs a qui se sont désormais ancrées au sein de notre misérable paysage politique ; sauf qu'au lieu d'en faire dans un cadre global et très général cela ne concerne que quelques entités, le plus souvent tirés sur le volet.

Ali Haddad, ce forgeron par le nom, connait une fulgurante ascension dans le monde des affaires qui donne un véritable tournis à ses nombreux pairs et différents concurrents, contrôlant désormais conjointement avec les hommes du pouvoir les grands leviers de la rente pétrolière nationale.

C'est donc à travers le tourbillon de la poussière soulevée du sol et propulsée en l'air en véritables colonnes de nuage de terrepar le mouvement continu et cadencé des pattes arrièrede ce nouveau poulain du pouvoir que le petit peuple évalueà juste titre cette interconnexion contre nature ou mélange douteux d'intérêtspublics et privés qui ne profiteront jamais à la société, suscitant au passage les courroux de Madame Louisa Hanoun, ce leader du parti des travailleurs PT).

Ce grand galop jusque-là bien réussi en ligne droite et direction très verticale par ce plus ou moins jeune cavalier lui ouvre-t-il, par conséquent, droit à tous ces nombreux galons engrangés à la pelle et sans la moindre peine pour que l'effet de la moutarde lui monte si fort au nez jusqu'à opter dorénavant pour ce vol plané et durable d'un véritable oiseau de fer !

Seul un cheval en chair qui a les nerfs en acier peut garder la tête froide et bien fixée sur les épaules devant pareilles séduisantes sollicitations ! Comme quoi il faut disposer de ce mental qui résiste ou défie la force reconnue au métal.

Slemnia Bendaoud

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:48

La dernière crise sociétale (tout particulièrement au Sud du pays) liée à ce que l'on pourrait appeler «l 'Affaire du gaz de schiste» a mis, en exergue, une fois de plus, qu'il y a, en ce royaume, quelque chose qui manque. De la communication, tout simplement. De la communication, tout bêtement !

Depuis déjà plus de trois décennies, ou bien plus, les discussions, réflexions et autres séminaires (autour du, et) sous le thème de la communication institutionnelle (disons plus simplement, plus bêtement, publique) ont fleuri. Hélas, les fleurs n'ont pas eu le temps d'éclore et de s'épanouir. Elles se sont très vite fanées sous le poids des organisations bureaucratiques et ... tout simplement, tout bêtement, sous la botte des comportements suffisants et prétentieux de décideurs croyant tout savoir de la chose publique et citoyenne et voulant tout faire par eux-mêmes... toujours, bien sûr, «dans l'intérêt général».

Le pays, et tout particulièrement son Administration, ne possédant ni ne gérant une «mémoire active», c'est-à-dire des écrits et des documents complets, vrais, archivés et disponibles à tout moment, a donc passé son temps à se «refaire», à renaître dans bien des domaines... chacun des décideurs pensant être le premier et le seul à savoir y faire... comme avec une membrane mille une fois déflorée et mille et fois recousue. L'illusion d'être le seul, le premier, le plus fort, le meilleur, le plus grand...

L'inexistence de contenu (s) consistants et structurés dans notre système internet institutionnel encore balbutiant quoi que l'on en pense et malgré les progrès enregistrés ça et là (je ne parle pas des sites et autres blogs des réseaux sociaux qui pullulent, qui brassent de l'information bien souvent sans vérification, sans hiérarchisation, sans tenir compte, pour bien d'entre-eux,de «l' intérêt général»,et qui tirent sur tout ce qui bouge et dans les coins ) ou, bien plutôt le retard mis à le (s) développer, pour des raisons plus égoïstes que raisonnées, relevant surtout du règlement de comptes et de l'incompétence, n'a fait que renforcer le constat de carence.

Etude de cas rapide : Cette «histoire» de gaz de schiste, tout le monde, au Nord comme au Sud, le citoyen lambda comme le spécialiste, savait de quoi il retournait. Ce que ça pouvait rapporter au Trésor public et ce que cela pouvait engendrer comme nuisances à l'environnement des citoyens ! Les télés du monde entier en parlaient. Avec, l'idée, bien assurée, que le pays (l'Algérie) allait immanquablement y venir un jour ou un autre... en prenant toutes les précautions afin d'éviter on ne sait quelle catastrophe. Fallait-il en douter ?

Mais, l'Appareil d'Etat, était alors trop grisé par les effluves sonnantes et trébuchantes générées par l'atmosphère bienheureuse d'un marché international du pétrole euphorique. Préoccupé par des luttes internes liées à l'exercice effectif du pouvoir (celui du moment ou celui à moyen et long termes). Dédaignant ou méprisant les capacités réflexives des cadres «éjectés» des cercles de pouvoir bien souvent manu militari et qui, de guerre lasse ou tout simplement par rancune à l'endroit d'un pouvoir ingrat, se sont alors réfugiés soit dans les oppositions partisanes ou associatives, soit dans les cafés ou dans les colonnes de la presse. L'Appareil d'Etat n'a pas écouté. Même pas entendu les critiques ou accepté les suggestions ou suscité des débats.

Les discussions, les critiques ou réserves sur l'exploitation de cette nouvelle richesse suivirent donc leur petit bonhomme de chemin, surtout à travers la presse privée et les réseaux sociaux, et les «cafés de commerce»... jusqu'au jour où, la bureaucratie arrogante annonça fièrement et brutalement (13 décembre, je crois) au monde, d'ici et d'ailleurs, que «que le forage du puits de gaz de schiste d'Ahnet est achevé»... Presque aucun témoin ! Point final ! Le fait accompli ! Dossier classé ? Toutes les interprétations étaient alors permises.

Explication d'une telle démarche, habituelle au système, il est vrai : frapper vite et fort ; certainement pour faire barrage aux propos pessimistes liés aux baisses continuelles des prix du brent sur le marché international.

Ajoutez-y l'action des écolos (grâce notamment aux réseaux sociaux plus réactifs et plus rapides que les chargés de communication institutionnels toujours en attente du feu vert des «boss»...qui, eux-mêmes, attendent le «feu vert» de leur «boss», qui lui-même...) ; plus, les manipulations politiques et politiciennes... de la part soit de partis, soit de parties ; plus, le chômage des jeunes du Sud qui ne voyaient pas encore arriver les retombées de l'or noir sur leur vie de tous les jours ; plus, le verrouillage, pour raisons sécuritaires impérieuses, des frontières qui ne permettaient plus les circulations informelles de biens, de marchandises et de personnes ; plus... ; plus...

Trop tard ! L'émeute, chez nous, a désormais cette ressemblance avec la vague de mer qui ne s'arrête pas de rouler... devenant même, au bout d'un moment, une sorte de jeu, parfois tragique et pas drôle du tout, en tout cas toujours dommageable économiquement et socialement. Aux foules en colère (ou en «fête», car on ne sait plus faire la part des choses), on peut envoyer mille et un missi dominici, rien n‘y fera. Même le sécuritaire ne fait plus peur. Quand on sait que des personnels en colère des Urs qui sont, un jour, «montés» jusqu'aux portes officielles du Palais d'El Mouradia, ont failli pénétrer dans le saint des saints... puis ont obtenu gain de cause !!!!

Tout cela en raison d'une absence de communication. Pis encore, d'une «mal-communication». Confuse, parcellaire, parfois fausse, précipitée, émanant d'une source peu fiable, même si c'est un «haut responsable» (c'est, peut-être, là, le nœud du problème)...

Tout cela en raison du mépris affiché à l'endroit de l'information publique... et à cause de l'inorganisation (ou de l'inexistence) de centres d'émission de l'information, connus et reconnus. Pour tous les problèmes, par tous les citoyens. On en est, toujours, dans «l'information maquisarde», toujours dans l'information centralisée ! Le mépris des capacités réflexives des «autres» ? La peur de la transparence ? La prise de risques minimisée, pour ne pas gâcher sa carrière ? La peur des émeutes ? La peur du Chef ? Dans l'attente de la «Voix de son maître » ?

Ce qui est certain, c'est que, de nos jours, les foules ont pris conscience de toutes ces angoisses et peurs de leurs dirigeants, élus, imposés ou désignés. Pour un oui, pour un non, elles se mettent à exprimer leurs sentiments, bien souvent sur des problèmes vrais... parfois, rien que pour «emm...» des décideurs, toujours taxés, à tort ou à raison, de menteurs ou de cachottiers. La vérité vient toujours en retard, trop tard, avec des coûts sur-multipliés. A ce stade-ci, la presse et tous les experts du monde ne peuvent plus rien «rattraper» et la thèse du «complot étranger» devient ridicule.

Le gaz de schiste sera, inéluctablement, exploité. Les dollars pleuvront une fois de plus et feront taire les «protestataires». Mais, tout cela, au prix de combien de «fractures» sociales et politiques ?... l'environnement étant, en réalité, la «dernière roue de la charrette» d'une société qui se soucie peu de l'hygiène de ses rues et de ses plages, de la richesse de ses terres agricoles et de la santé du voisinage. Et, salut aux vrais et gentils écolos !

Belkacem Ahcene-Djaballah

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