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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 11:39
Farid Ikken au sol à côté de policiers qu'il a agressé avec un marteau.

Farid Ikken au sol à côté de policiers qu'il a agressé avec un marteau.

Bien que la menace terroriste soit réelle en Europe, l'affaire Farid Ikken, cet Algérien d'à peine quarante ans d'âge, fils d'Akbo, issu d'une famille nombreuse mais aisée, dit-on, est troublante. Jeune déjà, il perdit ses parents. Ex-correspondant d'Al Watan. Il est décrit par les médias français comme un individu à esprit ouvert, démocrate et opposant au pouvoir, selon témoignage de ceux qui le connaissent. Son parcours académique commence à la faculté d'Alger où il eut une licence de traduction et interprétariat. 

Il quitta l'Algérie pour la Suède ; en 2001, suite au printemps berbère. Son divorce, ses projets avortés. Des revers à répétition et son isolement, expliqueraient-ils sa «radicalisation» insoupçonnée? C'est du moins, ce que semblent nous vouloir vendre les médias de l'hexagone. »En mars 2014, quand j'ai rejoint Charlie Hebdo, il était l'un des rares à me féliciter pour cette percée, alors que d'autres voyaient ça comme une trahison et une transgression vis-à-vis de la religion» , disait Ghilas Aïnouche, caricaturiste du site d'information TSA.» 

Cette affaire, pose moult questions et laisse planer beaucoup de zones d'ombres. Que s'est-il vraiment passé dans la tête de Farid Ikken, en ce mardi 6 juin 2017, à Notre-Dame de Paris où il s'attaqua et d'une manière convulsive et machinale à un policier, marteau en main et sous le cri de »C'est pour la Syrie»? S'interrogent les médias français. Cet homme n'entrait absolument pas dans le profile classique du terroriste endoctriné puis enrobé pour la cause islamiste en dépit de sa foi qu'il n'a jamais reniée. Décrit comme un homme malchanceux qui,vivant seul est d'une façon précaire. Le profil idéal pour un sujet de la «psychiatrie sécuritaire» quoi! Farid, aurait-il été victime d'une magouille sécuritaire, via des procédés psychiatriques de la part des services de renseignement? Aurait-il été conditionné puis manipulé psychologiquement afin de passer à l'acte? Bien que «complotiste», ce scénario est rejeté par ces mêmes médias qui, les premiers, ont évoqué son état mental et tenté de reconstituer son parcours de vie. Comprendre le pourquoi de cet acte était primordial. Alors qu'aucun média n'ait été tenté d'avancer l'hypothèse, que quelqu'un aurait eu le temps suffisant d'étudier Farid pour pouvoir exploiter ses »failles physiologiques», pour le faire sombrer et le pousser à l'acte délétère? 

Il est bien connu qu'aussi bien Daech que les services semble se donner à cœur joie à cet investissement dans la fragilité psychologique des individus ciblés, pour les enrôler d'un coté comme dans l'autre. Forts dans les techniques de conditionnement psychologique ; les services de renseignement de l'Europe du sud sont particulièrement réputés par l'usage de ce genre de techniques à caractères coercitives. Leurs cibles de prédilection, ce seraient des individus psychologiquement vulnérables. Des personnes comme Farid, en situation de solitude ou de précarité sociale. Ces «maillons faibles», sont les plus aptes à être « travaillés à dessein «, en reprenant, pour ainsi dire, le jargon sécuritaire. 

Une fois installés sur leur territoire, ils sont filés jour et nuit et étudiés d'une façon minutieuse. Profil admis, certains marchent volontairement dans leurs combines en échange de quelques avantages : tels carte de résidence et une rémunération. Les autres, les récalcitrants, seront soumis à un matraquage psychologique continu sur plusieurs années parfois. 

Les empêcher de gagner leur vie,d‘étudier, de tisser des relations humaines stables ou de mener un train de vie normal, seraient très importants pour ne pas foutre en l'air tout le processus de conditionnement psychologique qui doit s'inscrire dans le temps. Le but : les déstabiliser, les perturber et les rendre hyper excités donc, très impulsifs. 

Des antécédents psychiatriques seraient, nécessairement crées au préalables; afin de justifier un possible suicide. L'usage de ces techniques non conventionnelles, redoutables, qui ne laisseraient aucun bleu sur le corps mais démoliraient en profondeur le psychique d'un homme. 

Ces procédés viseraient à leur soutirer des aveux, les contraindre à marcher dans des magouilles sécuritaires : comme infiltrer des cercles islamistes ou leur faire faire des trucs à leur insu. 

Le passage à l'acte» terroriste» arriverait, suite à une réaction de rage ou carrément, via l'usage de méthodes d'induction psychiatrique. À l'image de ce que l'on voit chez un patient soumis à l'hypnose. On induirait chez la victime une idée, une suggestion ou même un ordre. Réveillé, celle-ci, l'exécuterait machinalement et sans savoir pourquoi elle l'aurait fait!     L'utilisation de drogues puissantes est à même de catalyser le processus d'aliénation et d'asservissement mental, jusqu'à rendre n'importe qui un zombie ou une épave humaine. 

Ce serait le plan B pour rentabiliser, amortir en quelque sorte, toutes ces années de matraquage psychologique et gagner, pourquoi pas »un acte terroriste provoqué» légitimant ? 

Le «black Project» sécuritaire imposé par cette guerre universelle contre le soi-disant terrorisme religieux n'en serait que mieux consolidé. Un » Project», auquel le monde entier s'y est inscrit, mais que seule l'élite tiendrait les ficelles et saurait la vérité. Une guerre qui ignore le droit et piétine la souveraineté des pays et vise toute autre chose. 

Ce monstre de Frankenstein façonné à desseins puis lancé à la face du monde. L'acte consommé, on y glisserait des documents audiovisuels sur sa page Fb, à travers laquelle, l'hypothétique terroriste serait montré en train de prêter allégeance à ce Deach de malheur. 

Mais sous quelles conditions psychologiques cela aurait-il été réalisé? Là est toute la question! 

L'affaire Merah, qui a fait couler beaucoup d'encre nous dit bien des choses. Merah avait fait tamponner son passeport par neuf pays du Moyen-Orient dont Israël. Dit-on ! Fiché »S» depuis 2006. Il avait même fait l'objet d'une enquête en 2011. Sa relation « presque familière» avec les services français est plus que troublante. Il y avait même, parait-il, un correspondant au sein du DCRI. Alors, Merah, collaborateur occasionnel des services ? On ne peut que s'interroger. Finalement, la Justice française estima que des «erreurs d'appréciation» ont été commises par les services de renseignements. « L'État n'a commis aucune faute lourde (…) susceptible d'engager sa responsabilité » dans la surveillance de Mohamed Merah avant qu'il devienne le funeste « tueur au scooter » de Toulouse et Montauban en mars 2012... ». Merah été tué, d'aucun disent qu'il a été liquidé. On aurait pu, avec un meilleur professionnalisme, l'arrêter vivant ! Mais bon. 

Le cas d'Adel Kermiche, l'égorgeur du malheureux père Jacques Hamel à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, de Rouen qui était ; lui-aussi, bien connu des services. Assigné à résidence depuis 2006 et mis sous bracelet électronique et oui! 

Ce gadget appelé aussi, Placement sous Surveillance Électronique est une mesure d'aménagement de peine, mais également une mesure de contrôle judiciaire. Ce sinistre individu put, quand même, passer à l'acte avec un autre acolyte, Abdel-Malik Nabil Petitjean. Et n'en parlant point de ces pièces d'identitées abandonnées sur les lieux du crime, comme une sorte de signature macabre de l'acte terroriste abominable. Pour que nulle confusion ne soit faite quant au nom de la bête. S'inscrivant dans une véritable guerre psychologique sans merci, contre le soi-disant terrorisme religieux, devenue universelle. 

Ces procédés illégaux, seraient exécutés, en catimini, en dehors du contrôle de l'état de droit et en concomitance avec l'action sécuritaire conventionnelle et parfois même en la supplantant. 

L'Europe, cet espace de droit et de justice est entrain de perdre t la course face à un tout sécuritaire qui ose même, persécuter via ces techniques des résidents, une fois de retour chez eux, au titre de la collaboration honteuse et illégale avec les services de leur propres pays. 

Par rapport à ces malheureux événements, le tout sécuritaire qui cherche à protéger ses hommes et ses plans, ne laisserait aucune chance à une autre lecture ou interprétation que la sienne. Définir les responsabilités de chacun serait donc impossible et impensable. La médecine psychiatrique auprès de ces services, feraient apparemment, un sale boulot, digne du stalinisme. Amnesty International elle-même, aurait été informée de certains cas. 

Il est évident qu'aussi bien le terrorisme religieux, qui est un phénomène réel, faut-il le rappeler! Que le banditisme sécuritaire, posent un défit majeur aux démocraties occidentales et mettent en rude épreuve leurs systèmes judiciaires et leur état de droit, lui-même. 

Loin de moi de vouloir justifier l'injustifiable ou chercher des circonstances atténuantes à ce genre de crimes répugnants ou dédouaner leurs auteurs. Il n'en demeure pas moins qu'il est de mon devoir d'évoquer ces schémas qui peuvent paraître fabuleux mais probables. 

Indiquer du doigt un sécuritaire, visiblement incontrôlable de tous les cotés de la Méditerranée est une obligation morale. Un sécuritaire qui cherche à leur troquer leur liberté par leur sécurité et qui se hisse parfois, au-dessus de l'Etat de droit lui-même et fini par paralyser tout le système. Un système de droits, qui jusqu'à présent, fonctionne relativement bien, mais parfois, il navigue à vue. 

Au fur et à mesure que les coups portés par les terroristes gagnent en intensité et en fréquence, et sous couvert de l'impératif de protéger les vies de leurs concitoyens, ces services ne sentiraient aucune gène à sacrifier celles des autres. L'impunité, l'inhibition de l'état de droit sériaient en marche en Occident. 

L'éventail des profils des protagonistes potentiels au projet terroriste, semble s'élargir de plus en plus, en s'ouvrant vers un genre non conventionnel et donc complètement atypique. Ce qui donne un peu plus de crédit aux scénarios «complotistes». Une chose est sûre! Le monde est devenu trop dangereux. 

 Chaalal Mourad

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 10:27
L'affaire Tahkout montre les limites de la culture de la rente en Algérie

L'affaire Tahkout montre les limites de la culture de la rente en Algérie

L'homme d'affaires qui a certainement paniqué à cette offensive médiatique, notamment sur les réseaux sociaux, a tenté de contre-attaquer par les mêmes moyens d'ailleurs en vain. 

Il accuse ses concurrents en nommant les marques qui pourraient l'ester en justice pour diffamation, il se contredit sur les chiffres en lançant un effectif du simple au double, une production journalière du nombre de véhicules très loin de ce qui était annoncé lors de l'inauguration de cette usine qui a couté la bagatelle de 250 millions de dollars. De l'autre côté, le gouvernement surpris par la diffusion des vidéos, dépêche pour certainement noyer le poisson une commission expéditive qui est passée en quelques heures du doute aux félicitations. Plus grave, on a même permis au partenaire Sud Coréen de s'exprimer pour se vanter de pouvoir transférer une technologie dans les délais des engagements pris. Pourtant, les vidéos diffusés sont formelles, des véhicules totalement assemblés dans un container sans les pneus. Plus loin, les ouvriers montent les rouent. On peut se demander quel est ce concurrent ou citoyen jaloux qui supporterait des dépenses pour ramener des moyens logistiques lourds afin monter ce scénario pour nuire à cet homme d'affaire dont l'unité vient à peine de démarrer et pourquoi ? Quels sont les critères pour qu'une grande marque s'installe dans un pays ? Comment peut-on situer l'affaire TMC par rapport à son concurrent Renault et Peugeot ? Que vise l'Algérie par ces usines de montage ? Pourquoi ces ombres dans les chiffres annoncé ? Enfin quelles est la leçon à tirer de cette affaire ? 

Le rêve des pouvoir publics s'est estompé avec cette affaire 

L'Algérie a toujours rêvé de construire sa propre voiture. On se rappelle le projet de la voiture Algérienne qui a fait long feu, la MINA-4 en 1967. Depuis la puissante Sonacom en partenariat avec des géants de l'automobile comme Berliet, Deutrz a monté des camions comme le M-210, la Série des « B » le moteur Cirta plus tard la « Fatia » etc. Dans un modèle de développement autocentré, reconnaissent plus tard de nombreux analystes l'industrie Algérienne avait toutes les chances de faire progresser le taux d'intégration. Malheureusement la réorientation de l'économie nationale, début des années 80 a tout ramené à zéro en déstructurant le processus intégré des puissantes sociétés nationales dont le peu de savoir et savoir faire qu'elles ont capitalisés s'est effrité. Plus proche de nous, les années 2000 l'objectif de «la voiture algérienne» a bénéficie d'un véritable matraquage médiatique. L'Algérie a pris la ferme décision irrévocable de créer une industrie automobile pour produire des voitures et des véhicules industriels sous la conduite d'Abdelhamid Temmar, ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements. Il a ravivé le fantasme de la voiture sur les cendres de ce qu'il a appelé lui-même : « la quincaillerie algérienne » terme qui qualifie de ce qui reste du secteur industriel des années 70. De nombreuses tentatives ont été faites après lui mais n'ont pas drainé de partenaires crédibles pour des raisons évidentes : absence de clusters de sous traitance et pollution du climat des affaires. Il fallait attendre prés de 47 ans pour voir la première voiture montée en Algérie sortir d'Oued Tlelat la fameuse « Symbol » L'usine Renault de Oued Tlelat est en effet une entreprise qui dotée d'équipements sophistiqués pour le montage de véhicules de haute gamme car son investissement est le deuxième en Afrique après celui du Maroc. Pour le cas algérien, des estimations donnent une cadence de 75.000 voitures par an avec une possibilité d'augmenter la production pour l'exportation vers d'autres pays africains mais ceci n'est qu'un objectif. Toutefois Renault devrait œuvrer pour élargir progressivement le taux d'intégration de départ retenu à 12% à d'autres opérateurs algériens chacun dans son domaine de spécialisations à savoir le verre, la pneumatique et d'autres accessoires utiles pour le véhicule. Rappelons que le contrat signé entre le groupe Renault et la partie algérienne est régi sur la base de la règle 51/49 auquel la SNVI détient 34 % avec 17 % détenus par le Fond national d'investissement et les 49 % sont détenus par le constructeur français. Pour l'heure, l'usine qui fait travailler 200 ouvriers algériens continuera le recrutement pour l'encadrement technique parmi les diplômés des écoles algériennes et la formation continue sera appliquée telle que l'une des clauses du contrat le stipule. Bien que tout le monde sait que le Renault visait un « marché » et non un partenariat, les intentions des uns et des autres étaient et ne souffraient d'aucune ambigüité. L'usine existe, elle produit mais n'a rien changé au cours du marché qui s'est enflammé. Les autres constructeurs comme Peugeot, Volkswagen, Hyundai ont suivi pour proposer des projets sentant bien entendu la bonne affaire qui non seulement ne les engage en rien mais partageront la croissance avec les Algériens en toute quiétude. L'affaire TAHKOUT justement rentre dans ce cadre là. 

Tahkout n'est pas un industriel mais un homme d'affaires 

Certains diront mais où se situe la différence. Elle est de taille. L'industriel donne à ses projets une portée stratégique, dans ce cas ces gains évolueront en dents de scie doucement mais surement et pour plusieurs générations. L'homme d'affaires par contre recherche le gain facile et s'appuie sur un « pay out time » le plus court possible pour amasser des capitaux qu'il fructifie par diversification dans tous les domaines. L'objectif est seulement de gagner plus. Il n'est pas loin du spéculateur. C'est la raison pour laquelle l'actif de cet homme d'affaires est passé d'un bus à 1000 et d'un million à plusieurs milliards en un temps record. Même si sur le plan éthique et moral, cette évolution reste discutable, elle est économiquement humaine. Elle a trouvé une brèche dans le système, il saisit l'opportunité. Il a un défaut, il parle trop. La révélation de son projet avec l'Iranienne Saipa lui attire des ennuis et des envieux car comme l'a fait la compagnie Maruti avant lui, se lancer dans les petites voitures low cost gêne le lobby français qui détient prés de 70% des parts du marché en Algérie. Donc à ce niveau, l'homme n'a pas tort car il est dans le collimateur. La voiture est devenue un statut social en Algérie dont la couche moyenne a rejoint celle pauvre par conséquence la faible bourse aspire à une quatre roues en fonction de ses moyens. Reste la question que de nombreux experts se posent. Comment il a réussi habillement à contourner les règles et les procédures ? Rappelons d'abord qu'il n'est pas extraordinaire et ceci teste fort probable que les vidéos diffusées soient réellles, seulement une situation passagère. Une panne d'un maillon de la chaine, met l'unité à l'arrêt provisoire. Son partenaire Sud Coréen lui envoie des voitures toutes prêtes à la commercialisation en lui montant uniquement les pneus pour ne pas rompre la cadence de production. N'importe qui à sa place le ferait. Rappelons à l'occasion que l'unité Renault de Oued Tlélat devait connaitre plusieurs arrêts suite à, une rupture d'approvisionnement en kits de montage de Roumanie causée par la vague de froid. En tout cas, l'intéressé a paniqué en ouvrant son usine à la presse mais qu'est ce qu'on y voit comparé à l'unité marocaine ou mexicaine supposées de même gabarit : un immense garage artisanal de mécanicien juxtaposé à un autre de tôlerie. La partie numérique est jalousement contrôlée par des coopérants techniques sud coréens par le biais de boites noirs. 

Ce projet est passé par le Conseil National des Investissements(CNI) 

Si l'on se réfère au décret exécutif N° 06-355 du 9 octobre 2006 relatif aux attributions, à la composition, à l'organisation et au fonctionnement du Conseil national de l'investissement, c'est le premier ministre qui le préside avec un secrétariat réservé à l'industrie et les mines. Les collectivités locales, les finances, l'industrie, la promotion des investissements, le commerce, l'énergie, le tourisme, la petite et moyenne entreprise et artisanat, l'aménagement du territoire,l' environnement et tourisme en sont membres. L'action de ce conseil s'exerce désormais en matière de décisions stratégiques relatives à l'investissement et en matière d'examen des dossiers d'investissements présentant un intérêt pour l'économie nationale. Comment cet ensemble de structures d'élite, ce beau monde a laissé passer un kit contenant un châssis peint, portant même les phares, les garnitures, les sièges, le tableau de bord, et même le logo Hyundai. Comment a-t-il permis au Sud Coréen de faire travailler ses usines en Corée et les transférer presque montées en Algérie et qui reviennent aux mêmes que pour un concessionnaire. 

Pourquoi n'a-t-il pas obligé le partenaire de s'impliquer dans le projet ? Donc l'arnaque ne se situe pas au niveau de Tahkout mais tout lui a été permis par les pouvoirs publics eux-mêmes dont le premier responsable du gouvernement qui a la charge de trancher sur les projets de cette envergure. Alors, qu'il s'étonne en dépêchant une inspection pourrait être compris par le commun des mortels comme de la poudre aux yeux. 

Tahkout et le dispositif CKD /SKD 

Lorsqu'un projet selon son envergure a eu l'aval de l'ANDI ou de la CNI, il est mis en œuvre en respectant scrupuleusement le cahier des charges. Pour les assembleurs tous secteurs confondus, ils restent soumis annuellement au respect d'un dispositif dit CKD/SKD régit par le décret N°74-2000 du 02 Avril 2000 qui fixe les conditions d'identification des activités de production à partir de collection destinée aux industrie de montage et aux collections CKD/SKD. La mise en œuvre de cette procédure a été complétée et précisée le 24 Février 2014 par un autre décret exécutif N°14-88. Les assembleurs doivent donc chaque année adresser une demande à Madame la secrétaire générale du ministère de l'industrie et des mines qui fait ressortir les produits pour lesquels l'assembleur sollicite un avis technique pour les produits qu'il compte importer avec leur position tarifaire correspondante. Pour cela il devra, s'il est ancien comme le cas de TMC présenter un dossier administratif et un autre technique qu'une commission étudiera minutieusement envoie des enquêteurs sur le terrain pour constater de visu la chaine de production et la véracité des information fournies. Si tout est en ordre, on lui délivre un agrément valable une année. Dans le canevas d'avis technique, l'assembleur doit donner tous les détails : les kits à importer, les décisions antérieures pour comparer l'évolution, l'évolution des investissements consentis par l'assembleur dans le matériel de production pour vérifier le transfert annuel de la technologie, la liste détaillée des équipements de la chaine, l'évolution des emplois par rapport aux engagements de l'assembleur, la décomposition détaillée de la collection, les éléments qui peuvent permettre à la commission d'apprécier l'évolution du taux d'intégration qui devra évoluer de 15 à 40% au bout de la cinquième année sous condition que le partenaire qui a autorisé l'assembleur à exploiter son brevet s'implique dans le capital social de la société en question. Et ceci, sans compter bien entendu les détails sur l'évolution du chiffre d'affaire et un aperçu sur les perspectives de l'assembleur. Au vu donc de cette procédure, l'observateur se pose la question pour le cas de Tahkout pourquoi le premier ministre a décidé de dépêcher une commission alors qu'il aurait pu exiger immédiatement le rapport de l'industrie et des mines de la région de Tiaret et qui a autorisé TMC à importer les Kits en 2017. Comment se fait-il que l'activité de TMC n'a pas été arrêtée ou mise en demeure pour non-conformité à la souscription au capital social du partenaire Sud Coréen et une surestimation des engagements de la capacité de production et des emplois à créer. Pour rappel, ce projet évalué à plus de 250 millions de dollars devra débuter avec une cadence de 60 000 voitures par an et employer plus de 400 agents. Or à raison de 80 à 85 voitures par jour et en supposant que l'unité travaille 365 jours par année ce qui est peu probable pour ne pas dire impossible, elle en donne à peine la moitié pour une centaine d'emplois. Cela voudra dire que l'assembleur n'est pas soumis à ces contrôles annuels pour des raisons qui laissent le commun des mortels à deviner. 

Conclusion 

Il faut peut être reconnaitre que cet homme d'affaires n'est pas le seul dans ce cas, s'il a été visé en premier c'est qu'il n'a rien derrière lui et qu'il commence à gêner les lobbies en présence dans son domaine d'activité. Il n'y a pas de fumée sans feu. La leçon qu'il conviendrait de tirer c'est la confirmation incontestable de l'échec de la politique industrielle en Algérie. Il y a trop de lois qui ont tué la loi. Cet arsenal juridique a alourdi la bureaucratie, crée des niches pour la corruption et les passes droits qui polluent le climat des affaires et donc attirent les spéculateurs et les adeptes du gain facile. Les investisseurs véritables ne viendront pas en Algérie tant que ce rouage n'est pas assaini. La décision que vient de prendre les pouvoirs publics pour contingenter les kits de la collection CKD/SKD pour les soumettre elles aussi à une licence d'importation est un pas dans ce sens. 

R. Rabah

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 15:50
Le niveau de vie des Algériens est en dégradation constante.

Le niveau de vie des Algériens est en dégradation constante.

   Il est difficile de définir ce qu'est une bonne idée. On peut avancer que c'est celle qui apporte une solution ou qui ouvre de nouvelles  perspectives. En étant plus terre à terre, voire cynique, on peut avancer qu'une bonne idée est celle que l'on peut réaliser. Quoi qu'il en soit, s'il y a bien une chose que l'humanité est capable de produire en masse, pour le bien comme pour le pire, ce sont les idées. La semaine dernière, avec l'organisation de La Nuit des idées, il m'est apparu que ce sujet était peu souvent abordé.

 

    Nous connaissons tous dans notre entourage des gens qui sont des producteurs incessants d'idées. Certains sont totalement désintéressés. Ils ne revendiquent aucune exclusivité et se contentent d'œuvrer à la diffusion de leur pensée. D'autres sont bien moins généreux. Pour eux, les idées sont une marchandise de l'esprit et elles sont soumises, comme le reste, à des droits de propriété. Dans le monde des sciences politiques il y a, par exemple, de véritables haines entre de doctes et très connus spécialistes en raison d'une revendication commune sur une idée ou un concept le tout étant accompagné par des accusations réciproques de plagiat.

 

   Une idée ne naît jamais seule et de son propre fait. Le mécanisme demeure mystérieux et on ne saurait le décrire de manière uniformisée. Les uns ont besoin de beaucoup lire pour être capables de faire des propositions. Les autres préfèrent marcher ou échanger. Et ne parlons pas de cette idée qui surgit au beau milieu du sommeil, conséquence du travail permanent du cerveau, et qu'il faut le plus souvent noter dans la foulée si l'on ne veut pas la perdre pour toujours. Dans tous les cas, et pour reprendre une expression que j'aime beaucoup, on ne fait que se dresser sur les épaules des géants qui nous ont précédés. Idées, discours, techniques de réflexion, l'immense arsenal qui existe aujourd'hui était déjà disponible à l'Antiquité et il faut donc prendre certaines idées pour ce qu'elles sont, autrement dit des recyclages intelligents ou des adaptations.

Venons-en maintenant à une idée simple dont il a été beaucoup question durant la campagne des primaires d'une partie de la gauche française. Il s'agit du Revenu universel (RU). Avant d'aller plus loin, relevons que Benoit Hamon, qui s'est fait le champion de ce thème, n'a fait que reprendre un sujet en discussion depuis des années dans de nombreux pays européens (les Suisses ont voté contre l'adoption d'un RU lors d'un référendum au printemps 2016). Les économistes sont divisés quant aux bienfaits de cette disposition et les politiques commencent à peine à le découvrir.

Le Revenu universel est une idée qui aurait dû faire débat en Algérie depuis longtemps. Au lieu de s'égarer sur les questions identitaires, la « classe » politique - faisons semblant de considérer qu'il en existe une - aurait dû s'emparer de ce thème. De façon générale, j'avoue être souvent surpris de voir que les idées alternatives sont si peu discutées ou si peu relayées dans notre pays.

Un revenu pour tous, jeunes ou vieux, femmes ou hommes, voilà pourtant une proposition qui ferait sens dans un pays où l'un des griefs majeurs adressé au pouvoir est la mauvaise redistribution, pour ne pas écrire la confiscation, de la rente pétrolière.

Bien entendu, il est nécessaire de mener des études, notamment économétriques, pour déterminer la faisabilité d'un tel projet ou, tout du moins, la manière dont il sera appliqué. Faut-il un salaire mensuel ? Et de combien ? Au vu de l'importance démographique, faut-il juste une gratification annuelle voire semestrielle ? On en revient là à la définition même de la bonne idée. C'est celle qui, une fois formulée, est soumise au feu roulant des critiques et des discours sceptiques. Ce n'est qu'ainsi qu'elle finit par s'imposer (ou pas) et qu'elle ne se discute plus.

Certains vont estimer qu'un revenu universel en Algérie sera synonyme de gaspillage. Que les quatre ou cinq milliards de dollars qu'une telle mesure coûterait seront plus utiles ailleurs. C'est bien là le problème. Cela fait des années que la rente pétrolière est synonyme de gabegie et de dépenses totalement improductives. Si l'on parle de gaspillage, alors donner de l'argent aux Algériens serait un « gaspillage intelligent », moins grave que d'importer des milliards de tonnes de marchandises inutiles ou de lancer des projets qui ne serviront à rien. Et un revenu universel aurait pour vertu de relancer la consommation.

Surtout, cela atténuerait les tensions sociales en amoindrissant la rancœur de la population à l'égard d'un pouvoir qui ne se préoccupe guère du bien-être général.

D'autres vont avancer que le revenu universel est une mesure immorale car elle consiste à donner de l'argent aux gens sans qu'ils travaillent. Certes, mais, de toutes les façons, une bonne partie des Algériens ne travaille pas. Et plus important encore, cette rente pétrolière leur appartient et il serait normal qu'ils en bénéficient de manière directe. Dans ce genre de problématique, les arguments moraux ne comptent pas. Et relevons qu'il y a des similitudes dans le discours de ceux qui critiquent le revenu universel et ceux qui expliquaient au début du vingtième siècle que les congés payés encourageraient le vice et l'oisiveté chez les salariés notamment les ouvriers.

Qu'elle soit ou non réalisable, l'idée du revenu universel mérite de devenir une revendication chez les Algériens. Reste donc à trouver ses relayeurs et ses défenseurs.

Akram Belkaïd

 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 10:53
La bureaucratie est la maladie n°2 après la corruption en Algérie.

La bureaucratie est la maladie n°2 après la corruption en Algérie.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante un premier responsable de l’exécutif commente une loi de finances juste après sa signature en utilisant les medias lourds et une préparation minutieuses par un choix d’une tranche d’horaire pour toucher un large auditoire. Cela dénote sans doute l’inquiétude des pouvoirs publics autour d’un agenda pour l’année 2017 très controversé.

Pourtant un peu plus d’un mois avant, ces mêmes médias ont préparé l’opinion publique à une année sans embauche grâce à l’accord "historique" arraché par l’Algérie pour redresser le baril du pétrole. Par cette offensive médiatique, le citoyen lambda pensait que tous ses déboires étaient finis à partir de l’entrée en vigueur du système de quota fixé et contrôlé par le comité technique laissé aux bons soins à l’Algérie.

Après cette euphorie, le Premier ministre se veut pragmatique en déclarant maintenant que ces efforts déployés par l’Algérie auprès des producteurs OPEP et non-OPEP étaient certes, nécessaires mais pas suffisants pour ne compter que sur le redressement incertain du baril du brut. Il n’a pas tord car de nombreux experts ont déjà averti que la progression du prix du baril autour de quelques cents de dollar au-dessus des 50 est la conjugaison de plusieurs facteurs dont la rudesse de l’hiver en Occident, la diminution des stocks américains et vient après la rumeur autour de cette entente des pays producteurs de pétrole qui entre en vigueur qu’à partir du premier mois de cette année. Quand bien même chacun des acteurs respecte ses engagements, ce qui est fort probable, les producteurs se doivent d'éponger près 1800 000 barils par jour des quelques 2 millions de barils par jour représentant le surplus de l’offre actuellement sur le marché.

En supposant que tout se passe comme prévu, ce qui est cette fois-ci le vœux de tout le monde, on aboutirait à une correspondance entre l’offre et la demande. Dans ce cas de figure, aucun acteur n’aura une influence quelconque sur les prix car la demande du pétrole ne pourra être tirée vers le haut que par une croissance forte des pays émergents et ceux développés. Or, les chiffres perspectifs montrent que cette dernière restera molle du moins durant l’année 2017. Donc ne pas trop miser uniquement sur la hausse du prix du baril est la sagesse même du premier ministre pour l’avoir dit d’emblée dans son intervention le soir du 30 décembre 2016. Par contre, les indicateurs, que certainement les différents ministères lui ont préparés pour les annoncer à l’opinion publique n’ont, comme chacun le sait pas convaincus grand monde. Les commentaires et les déchainements qui en découlent dans les réseaux sociaux sont édifiants. Pourquoi ? Les chiffres sur la croissance et l’encouragement des investissements hors hydrocarbures et surtout le niveau d’endettement sont des génériques que les citoyens entendent depuis les années 80. Il a raté l’occasion pour ramener son intervention à la dimension d’équité dans la gestion des affaires et donner plus de détails pratiques sur le "ciblage" des couches défavorisées qui devraient bénéficier des différentes subventions de l’Etat. Il aurait dans ce cas répondu aux différentes grognes qui menacent la stabilité du pays en 2017. Les jeunes étudiants qui appellent sans arrêt aux recrutements équitables dans les entreprises publiques et notamment Sonatrach dont il n’a trouvé mieux que de remercier ses travailleurs pour leur effort de production et quelle production ? Il n’a pas répondu non plus à l’unification des caisses de retraites que les fonctionnaires réclament par des grèves. Enfin, il a totalement ignoré le conflit des commerçants qui a commencé à Tizi Ouzou mais pourrait se généraliser à toutes les wilayas car la bureaucratisation et la lourdeur des systèmes fiscaux et parafiscaux sont devenus étouffants et découragent l’acte de commercer, seul moyen pour renflouer les caisses de l’Etat.

En dépit d’un arsenal juridique considérable, l’acte de commercer continue à relever d’un parcours du combattant. Depuis la dénomination d’une affaire en passant par le registre du commerce jusqu’à l’acquittement des impôts.

 

1- Le rouage du commerce dans son ensemble incite à la fraude fiscale

Pour donner un nom à votre entité, on vous remet un ordre de virement qu’on arrondi à 500 dinars, ensuite il faudrait passer une demi-journée à la banque pour le formaliser. Parfois beaucoup plus si vous tombez avec la fin du mois ou avec l’arrivée d’un commerçant qui ramène un montant important à verser dans son compte et qu’il mobilise tous les caissiers de cette banque. Le registre du commerce demande parfois plusieurs allers et retours pour finaliser le dossier demandé d’une lourdeur insupportable allant du casier judiciaire jusqu’aux imprimés avec des rubriques à renseigner incompréhensibles. Plus grave, celui qui construit une maison qui y réserve une aile commerciale et dispose d’un acte de propriété en toute légalité, on lui refuse le registre si sa façade ne correspond pas aux normes qu’ils ont arrêtées et ne présente pas un certificat de conformité. Il suffit qu’il loue sa maison à quelqu’un d’autres pour que tout soit possible dans les mêmes conditions initiales. Près de 80% du secteur informel fuient le fisc parce qu’ils n’arrivent pas à obtenir un registre du commerce exigé pour s’acquitter en toute légalité de ses impôts. Pourquoi ? Ils font partie du million de constructions illicites que l’Etat vient de différer sine die l’application de la loi qui les oblige à leur conformité.

La règlementation qu’applique la Chambre nationale du registre du commerce ne suit pas les décisions prises par le sommet de l’Etat pour justement inciter le secteur informel à intégrer le rouage économique normal. Les recettes des impôts et les inspections correspondantes sont beaucoup plus plongées dans la paperasse de leurs contribuables que l’argent qu’ils doivent verser dans les caisses de l’Etat. Les dossiers sont lourds et non numérisés et font l’objet le plus souvent à des pertes qui impliquent des réclamations inextricables. Vous déclarez une activité pour vous acquitter de vos impôts, on vous les refuse sans présentation d’un dossier décourageant à constituer donc vous vous versez dans l’illégalité. Le comble, si le fisc vous attrape, il vous régularise d’office sans cassement de tête de ce dossier. N’est-ce pas une incitation à la fraude et aux fautes pour obtenir des droits que vous n’avez pas réussi à obtenir en toute légalité. La Caisse nationale de l’assurance sociale refuse de délivrer des attestations d’affiliation qui continuent à être exigés dans toutes les administrations et notamment pour les aides aux logements des salaires bas. Il faut parfois une journée complète pour payer sa cotisation à la CASNOS.

C'est pour toutes ces incohérences dans l’application et la coordination des différentes institutions de l’Etat que les citoyens évitent les circuits légaux pour la voie informelle. Les pouvoirs publics, au lieu de redresser ces incohérences, choisissent les solutions soit contraignantes comme celles préconisées par le directeur général d’une caisse sociale de confisquer les biens des contrevenants ou d’autres de facilités comme l’augmentation de deux points de la TVA qui va faire flamber les prix en 2017. Comment peut-on s’étonner que Zaibet Toufik, ce fameux inventeur du RHB ne soit pas docteur lorsque le médecin, l’avocat l’épicier, le consultant et le plombier se trouvent dans le même casier fiscal. D’ailleurs certains cabinets médicaux n’appellent plus leurs malades des "patients" mais carrément des "clients".

2- Les promoteurs d’investissement ne sont pas non plus épargnés par la bureaucratie

Lors de l’installation du nouveau PDG de Sonatrach, dans son intervention le premier ministre a profité de l’occasion pour interpeller les membres de son gouvernement de ne plus exposer les investisseurs aux fonctionnaires des CALPIREF (01) relevant des wilayas qui ont tendance à s’accrocher plus à la forme qu’au contenu des projets que les différents promoteurs présentent. Deux mois après une circulaire interministérielle regroupant le ministre de l’Industrie, celui des Finances et le dernier de l’Intérieur limite le rôle de ces commissions de wilayas à de simple secrétariat et transfert le pouvoir de décision directement aux walis. Elle fixe avec précision les délais de dépôt et de réponse pour ne pas laisser les investisseurs dans l’expectative. Voilà prés d’une année que les choses sont pires de ce qu’elles étaient. Dans certaines wilayas, les promoteurs sont reçus par des secrétaires qui passent leur temps à leur corriger des fautes d’orthographe négligeant carrément le fond que l’idée du projet apporte. Des investisseurs dépensent une somme faramineuse pour présenter une étude économique complète pour ne recevoir aucune réponse aussi bien positive que négative.

Conséquence, ces promoteurs tentent leur chance dans d’autres cieux. Ainsi, durant l’été 2016, l’équipe de l’ambassade de Tunisie a organisé une rencontre à l’hôtel Aurassi pour inviter les porteurs de projets à visiter leur payer qui semble offrir de nombreuses opportunités à saisir. On apprend dernièrement par un journal Tunisien repris par les réseaux sociaux qu’un projet de production et de séchage du lait ainsi que celle de viandes rouges et blanches d’un coût de près de 230 millions d’euros (596 MD) pouvant employer dans une première étape 2000 employés spécialisés et 3000 autres non spécialisés est en voie d’être créé par un investisseur algérien qui vient de présenter une étude complète au gouvernorat de Jendouba en Tunisie selon une étude que ce dernier a présenté au gouvernement tunisien. Le projet comporte la création d’une plantation pour l’élevage de 32 000 vaches dont 12 000 seront distribuées aux éleveurs à condition que leur production soit vendue à l’usine de séchage du lait qui sera réalisée à Sakiet Sidi Youssef, outre la mise en place d’une unité de réfrigération d’une capacité de 100 mille litres cube de lait et d’une autre destinée à la transformation de la bouse de vache. Ce type de projet que des centaines d’Algériens n’arrêtent de proposer pour contribuer à l’allégement de la facture que les pouvoirs publics payent pour cette denrée de première nécessité sans compter sa dépendance depuis plusieurs décennies à la France et aux Pays Bas, ne semble pas trouver écho au niveau national. Ces recherches d’opportunité selon des rumeurs ne vont pas s’arrêter à la Tunisie mais vont même se concrétiser dans certains pays émergents comme le Mexique, le Brésil, l’Argentine etc.

3- Conclusion

A travers toutes ses interventions depuis sa nomination en tant que Premier ministre, Monsieur Sellal développe des discours qui montrent un sens de responsabilité élevé. En management, on attribue à cette dimension la conscience, l’esprit de patriotisme et surtout l’émulation d’entreprendre dans l’intérêt général. Une telle qualité est certainement nécessaire mais pas suffisante pour compléter l’équation du leadership. Il faut donc un pouvoir ferme et surtout une autorité non seulement incontestée mais aussi incontestable pour conduire une économie de crise. La crédibilité quant à elle constitue un caillou dans le pied de celui qui veut exercer un pouvoir.

 

Rabah Reghis, Consultant et Economiste Pétrolier.

 

Notes

01- Comité d’Assistance à la Localisation et à la Promotion des Investissements et de la Régulation du Foncier

 

 

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 10:16
Identités et cultures : pour un monde pluriel !

ll n'est pas très commode de commencer une chronique par une interrogation mais j'avoue que la complexité des problématiques de notre époque nous y pousse. La mondialisation, ce mot d'apparition relativement récente (fin des années 1950) et qui s'est répandu à partir de la décennie des 1980, en est une. Peut-on dire que celle-ci étant synonyme d'uniformisation, voire de "dissolution" au sens le plus large du terme des identités et des cultures, des us et des traditions, des comportements et des manières de perceptions, des modes de vies, etc? Ou qu'elle favorise en vrai, comme prétendent d'ailleurs les défenseurs du mythe de la "mondialisation heureuse", ce que l'on appelle le syncrétisme culturel ?

Vieille, éculée et stéréotypée certes, cette redite interpelle pourtant encore les consciences. L'homme n'a, semble-t-il, pas encore cerné le danger des facteurs qui l'acculent à la perte et l'anéantissement. Compte-t-il par exemple réfléchir à son avenir ou l'imaginer en dehors de l'outil technologique ? Et peut-il, en même temps, arrêter de se réfugier dans les réminiscences nostalgiques du passé "traditionnel" qui, somme toute, lui seraient de peu de secours dans l'ère moderne ? Autrement dit, quel sera le profil de l'homme de demain : postmoderne ; internationalisé ; "hypertech" ou tribalisé ; communautaire ; xénophobe ? En effet, au cours de ces dernières décennies, les crises se multiplient, une sensation d'apocalypse ravage les cœurs, les identités se décomposent de façon inquiétante, les traditions considérées figées et sclérosées sont jetées à la remorque de la locomotive du progrès. De même, les souverainetés nationales meurent alors que, curieusement, les frontières, réelles ou symboliques soient-elles, restent vivantes dans les esprits. En revanche, l'on remarque bien que ces identités-là qui se décomposent, se recomposent par l'effet inverse dans des schèmes et des représentations "faussement" consensuelles, en quête d'une implacable dimension de l'absolu "la globalisation de la fin du XXe siècle a cré", dixit le sociologue Edgar Morin, des infrastructures communicationnelles, techniques et économiques d'une société-monde : internet peut être considéré comme l'ébauche d'un réseau neuro-cérébral semi-artificiel d'une société-monde" (voir Edgard Morin, La Méthode, Seuil, 2004). Sans doute, l'enfouissement des fondations anciennes dans le modernisme est un prétexte suffisant pour poser une autre question, toute proche de la première quoique de nature différente : les identités dépérissent-elles au contact de la globalisation qui cherche à les faire reproduire à l'identique ou, à l'inverse, le fait de subir l'altérité suite au choc brutal contre «la culture hégémonique» les fera sortir d'elles-mêmes, échapper au rouleau compresseur de la standardisation, innover, prospérer, etc.?

Subtils, les Américains à l'origine de ce système globalisé, ont vite compris que sans multiculturalisme, leur société ne résistera jamais plus aux changements mondiaux. Alors qu'ils incitent les autres pays de la planète à se conformer à leur culture, ils essaient de privilégier intramuros la diversité par l'encouragement d'une immigration graduelle, rythmée et distributive (quotas), étonnant! Leur choix n'est pas chimérique, tout au moins, utopique. L'homme politique britannique Harold Macmillan (1894-1986) notait déjà en septembre 1952 dans son journal ce qui suit : "Nous sommes menacés de la part des Américains d'un mélange de pitié et de mépris. Il s'en prennent à notre influence politique et commerciale partout à travers le monde...C'est en réalité un peuple étrange. Peut-être notre erreur est-elle de continuer à les regarder comme un peuple anglo-saxon. Leur sang est désormais très mélangé. C'est une mixture latine et slave avec une bonne part d'Allemands et d’Irlandais" (la citation est tirée de l'ouvrage "Ce monde qui vient" de Alain Minc, Grasset, Paris, 2004). Décidément, à cette description donnée de la société américaine en pleine guerre froide par un leader européen s'ajoutent actuellement d'autres variantes qui enrichissent cette dernière. Les Hispaniques sont aujourd'hui la première communauté immigrée au côté d'Indiens, de Chinois et d'Asiatiques dont une élite considérable occupe de hautes fonctions dans le domaine culturel et scientifique. Contrairement à "la mentalité latine" restreinte par les préjugés de race, origine, culture, religion à propos de ceux qu'elle accueille, les Américains, eux, jouent la carte de la compétence, pragmatisme, attractivité scientifique et stratégie économique, absorbant de la sorte d'énormes contingents d'immigrés venus de toutes les parties du monde pour nourrir les ferments d'un "melting-pot générationnel". Ce qui explique en partie l'hyperpuissance de l'Oncle Sam et sa qualification par certains analystes de "Pays-Univers" ou "Pays-Monde". Et puis, cela montre aussi pourquoi ces Américains-là, et à travers eux tous les Occidentaux, ont toujours "le monopole de la narration du monde, de la dénomination de la réalité et de la hiérarchie des valeurs" pour reprendre la belle expression de l'ex-patron du Quai d'Orsay Hubert Vedrine (Voir l'article de François Soudan, L'Occident et son nombril, Jeune Afrique, 09 mai 2016).

Cette mondialisation a, à ce qu'il paraît, deux visages diamétralement opposés, le premier construit les civilisations si l'on constate bien sur le terrain "la voie américaine de la modernité" et le second est, exemple à l'appui, complètement destructeur de la diversité et surtout du patrimoine culturel mondial. Beaucoup de scientifiques sont à la fois conscients et inquiets du fait que 50% à 90% des langues mondiales disparaîtront en ce XXIe siècle à cause de l'hégémonisme anglo-saxon dans la science, les technologies, la littérature, la communication, l'aviation, le commerce international, la diplomatie, les arts et la culture, etc. Une véritable catastrophe s'il en est! Et dans le souci de préserver ce legs en perdition, les linguistes du think-tank américain "The Long Now Foundation" ont créé une sorte de "méga-système de données universelles" (Rosetta Project), lequel rassemble d'importants documents recensant la grammaire de 1500 langues dans un grand Larousse de 15000 feuilles disponibles sur trois supports distincts (livre imprimé, archives en ligne et numérisées, et des disques en nickel inaltérables à lire seulement au microscope). Sur ce dernier, il existe environ 13000 pages d'information gravées au laser. Le but est d'actualiser les connaissances humaines dans ces langues et leur permettre une grande vulgarisation. (Voir Laura Welcher, "Molecular Foundary Award Goes to Rosetta Project to Develop a wearable Rosetta Disk", 18 février 2016).

Les fâcheuses conséquences d'aujourd'hui sont, à vrai dire, prévues depuis longtemps. En rétrospective, on remarque que l’effondrement du Mur de Berlin et la chute de la citadelle du communisme ont amené dans leur sillage un changement capital dans la boussole du monde. En voici quelques exemples : Les Balkans divisés entre le Danube, le Save et la Mer Noire étaient livrés à une véritable crise d'identité. La Roumanie tenue de main de fer par Ceausescu (1918-1989) se débattait alors dans des problèmes économiques, et puis après sa mort, dans l'anarchie. Les Macédoniens, les Serbes, les Croates, les Bulgares, les Slovaques sont enfoncés dans la phase critique d'un conflit généralisé. Ainsi tous les pays de l'Europe de l'Est se sont-ils détachés de la tutelle soviétique sans pouvoir mûrir leur conscience "identitaire" nationale. Cette cruelle vérité se trouve la même dans d'autres régions de la planète à l'ère de la décolonisation que ce soit en Afrique, en Amérique Latine ou en Asie. J'ai parlé dans l'un de mes précédents papiers des "Rohingyas", cette minorité musulmane persécutée en Birmanie et en proie à un génocide systématique et structuré dont la communauté internationale néglige la portée. Un sinistre destin qui ne diffère pas de celui des paysans de Chiapas au Mexique. Éparpillés à travers le Guatemala, l’Équateur, la Bolivie et le Mexique, ces derniers se sentent plus Indiens que Mexicains ou Latinos en général. Or leur revendication est réprimée. Espérant en finir avec 5 siècles de racisme intériorisé, d'oppression et de soumission et, en même temps, effacer certaines images d’Épinal qu'on leur colle dessus comme une marque de discrimination, cette "minorité du silence" méprisée et marginalisée ne s'est réveillée que tardivement, hélas, à "l'insurrection de la parole". Certes, pas de problème religieux comme dans le cas des Rohingyas Birmans mais un inextricable fossé ethnique et culturel. Il semble que la brutale conquête de l'Amérique et la traite d'esclave restent des survivances putrides qui s'agrègent à la souffrance de la méconnaissance de ce peuple d'Indiens, en quête de son identité usurpée "en bas dans les villes et les haciendas, écrit Anna Maria, nous n'existions pas. Nos vies valaient moins que les machines et le bétail. Nous étions comme les pierres, comme les plantes au bord des chemins. Nous n'avions pas la parole. Nous n'avions pas de visage. Nous n'avions pas de nom. Nous n'avions pas d'avenir. Nous n'existions pas" (Voir, Chiapas, Paroles d'accueil lors de la rencontre internationale Chiapas, 1996). Toujours est-il, en effet, que l'identité est et doit être plurielle. Cela rappelle cette métaphore saisissante du ressac des vagues de la mer. Difficile de rebondir quand on nous met des boulets aux pieds et nous enchaîne par des amarres à des récifs lointains de notre rivage, notre culture. Il serait encore plus dur d'échapper à la maladive crispation de l'identité si l'on était privé de parole.

Où que l'on soit, la parole est là, blottie dans le mystère des êtres. Et le silence n'est qu'une mélodie qui la berce et la porte à une sorte d’accomplissement dans le pacifisme et la non-violence! Le silence est nutritif de l'âme rebelle qu'il couvre. Douceur féminine cachée dans le ventre du monde, voix insondable, profonde, enracinée, intrinsèque qui se répète à l'infini dans la destinée de l'homme. La musique du silence ne peut-elle pas rendre le monde meilleur, en lui donnant un visage d'humanité, de compassion, d'empathie et surtout d'enfance ? C'est un cycle en transformation, "un vent d'autan qui rend fou" comme écrit l'un de mes amis toulousains, un cri intérieur qui nous pousse à nous replier sur nous mêmes pour préserver la semence de notre résurrection, notre révolte, notre existence, notre vie. C'est peut-être là seulement que «l'île serait le rêve de l'homme et l'homme la pure conscience de l'île» pour reprendre à mon compte la métaphore de Gilles Deleuze (1925-1985). Une géographie qui ferait union avec l'imaginaire sans doute. Bref, l'île déserte qui, ayant pris conscience de l'Homme, est prête à recommencer le monde, l'habiter, le reconnaître, le réinventer, etc., "la première chose qui ne se puisse nier, c'est la vie d'autrui", affirme le philosophe Albert Camus (1913-1960) dans L'Homme Révolté. Cette vie qui nous exige de nous reconvertir dans l'univers de l'autre, qui ne nous appartient pas en propre, mais qui est la porte de la connaissance de soi. En gros, les identités ne se forgent pas seulement dans l'acte d’accueillir en son sein un étranger à la famille, à la société, au pays, en l'aidant à se joindre à nous sans se fondre mais aussi dans les ruptures, l'éloignement de la communauté originelle, les migrations, l'exil, etc. La prise de recul est le moyen idéal pour se définir par rapport à son groupe ou son pays d'origine. Le brassage et le mélange interculturel nous remettent le pied dans l'étrier -"c'est seulement après être restée cinq ans en Russie que je suis arrivée à comprendre tout ce qui est bizarre à Paris et ailleurs" répondit avec enthousiasme une étudiante parisienne en anthropologie culturelle à son prof qui voulait savoir comment celle-ci a pu affiner tas de connaissances aussi précises que variées sur la France -"et les 23 ans que tu as vécus à Paris?" interpelle le maître intrigué -"une année passée en exil vaut tous les 23 ans de France" -"c'est-à-dire?" -"La notion du temps n'est pas pareille. L'exil est comme une prison ouverte qui t'apprend à apprendre à vivre avec toi-même et la solitude" -"c'est profond! Peux-tu expliquer davantage?" -"C'est une question de regard. Un Français te regarde d'une façon donnée, un Russe d'une autre! L’œil de ce dernier, différent du mien bien sûr, m'interroge toujours, se jette et me jette aussi dans le mien, différent du sien. Et lorsqu'il y a eu cette opposition des regards et des visages, ce fut pour moi, le déclic de 5 ans de ruminations et de questions sur moi, ma société, mon pays, etc.". La réplique de cette étudiante m'amène à l'explication de mon prof de littérature comparée à l'université d'Alger sur cette "dualité entre la méconnaissance des siens et la reconnaissance des autres" et vice versa sous le prisme interculturel. Le Raï et le Tango, deux musiques internationales confinées depuis des années dans les quartiers pauvres d'Oran et los Barrios de Buenos Aires en Argentine n'ont été reconnues, selon lui, qu'une fois applaudies et approuvées à Paris. C'est "le phénomène de la fragmentation-défragmentation", argumente-t-il. Autrement dit, lorsque l'original (tes racines), te renie, c'est la photocopie qui t'accepte et lorsque cette dernière te rejette, l'autre te ramasse. Ainsi va la vie. D'ailleurs, c'est probablement à cause de cela qu'on dit que "nul n'est prophète en son pays" ! A méditer.

Kamal Guerroua

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 11:42
Algeria on the brink?

Amid the political turmoil that has shaped the Middle East and North Africa since 2011, the Algerian regime has proved resilient. Over the past five decades, the country has undergone periods of instability and crisis. After a brutal war that brought Algeria its liberation in 1962, French rule was replaced by a single-party state, military authoritarianism, and an oligarchy that still dominates the country 54 years later. As the Algerian lawyer and human rights activist Ali Yahia Abdennour once said, “We liberated the land, but not the people.” Even now, Algeria remains ruled by an opaque combination of military and security personnel and political elites. Yet Algeria’s regime remains standing, even as signs of decay pervade the country’s hollowed-out political system.

In February, I arrived in Algiers a day after parliament approved a new constitution. An atmosphere of discontent lingered in the streets. There was talk of crisis—oil prices had slumped and the dinar had depreciated—but Algerians have long grown used to such talk. Indeed, the country’s recent history has been filled with constant tension.

Today, however, Algeria’s apparently unchangeable status quo faces a combination of internal and external challenges that could plunge the country into disorder. The collapse in global oil prices has ramped up the pressure on the country’s economy, leading to rising unemployment. Frustration at corruption and an overbearing state bureaucracy have strengthened protest movements across the country.

The pressure comes at a bad time for Algeria’s ruling elites, who are struggling to work out what will happen when President Abdelaziz Bouteflika’s rule comes to an end. Now 78, Bouteflika has ruled the country since 1999. But after suffering a stroke in 2013, he has rarely been seen in public, leading many to wonder what role he actually plays in managing daily affairs. When he does appear, wheelchair-bound and frail, he is the embodiment of the regime he represents: aged and aloof, part of a generation of 70-year-olds presiding over a country in which roughly 67 percent of the population is under 30.

A CIVILIAN STATE?

Yet some change may be afoot, although Algeria’s opaque governing system—which Algerians call le Pouvoir (“the power”)—makes it hard for observers to know. The ruling elite is setting the stage for a transition into the post-Bouteflika era. In January 2016, the president took a major step when he dissolved the Département du Renseignement et de la Sécurité, Algeria’s all-powerful secret service. The government created a new agency, the Direction des Services de Sécurité (DSS), directly supervised by the president and headed by General Athmane Tartag, a former chief at the DRS.

Although the secret services have always wielded great power in Algeria, their influence expanded even further during the civil war of the 1990s. Under the pretext of fighting terrorism, the DRS spread its reach into political parties, companies in critical sectors, universities, and media outlets. But in September 2015, the government removed the head of the DRS, General Mohamed Mediène, from his post. This was a powerful gesture: although most Algerians know little of Mediène, also known as “Toufik,” he was essential to Bouteflika’s rise to power. Under him, the DRS helped Bouteflika secure all of his election victories, including the one that brought him his fourth term in mid-2014. The president and his associates have portrayed the break-up of the DRS as a much-needed move to transform the security branch from a sort of political police into a counterterrorism agency. But it also removes a potential barrier to the regime’s succession plans: a strong DRS would have likely weighed in on who should succeed the current president.

Unemployed Algerians hold a Algerian national flag as they protest outside the employment ministry building in Algiers, February 2011.

Zohra Bensemra / Reuters

Unemployed Algerians hold a Algerian national flag as they protest outside the employment ministry building in Algiers, February 2011.

The dismantling of the DRS also fits within the government’s narrative that Algeria has become a normal state; “A Civilian State” has become one of the ruling elite’s favorite slogans. But whether or not the Algerian regime is truly aiming for this goal is uncertain. The slogan rings hollow given that for the past 25 years, the internal security services have operated entirely unchecked. And so when the government claims that the security services need to be dismantled, many Algerians ask, why now? From helping to rig elections to supervising the activities of political parties and activists, the DRS has long wielded power in Algeria. This makes it unlikely that the government will simply discard it altogether. A “cleaned-up” version of the security services, one that the president and his allies can easily tame, is a more probable outcome.

Until recently, the army, the security services, and the presidency formed the structural backbone of the regime. But, as Hacen Ouali, a politics writer for the newspaper El Watan told me in February, under Bouteflika, a new source of influence has emerged: money. A financial oligarchy has arisen, a network of businessmen around Bouteflika’s brother, Saïd, who benefit from state contracts and dealings with international companies that operate in Algeria. This injection of money into the system has destabilized the traditional way in which the regime has operated.

CONSTITUTIONAL AMENDMENTS

Reform of the secret services is one way the regime has tried to give the impression of modernization; constitutional reform is another. In February, the new constitution was approved by the parliament. The changes include the reintroduction of a limit of two five-year presidential terms and the recognition of Tamazight, spoken by Algeria’s Berbers, one of the country’s ethnic groups, as an official language. The new constitution also decrees that the prime minister must now be selected from the parliamentary majority, as opposed to being designated by the president.

The government first announced constitutional reform to quell protests in 2011. But it is hard not to see these changes as another move by the authorities to create the perception of change without the reality of it. Instead of an open discussion in parliament, the government itself designed the constitutional reforms, leading opposition parties, to call it a missed opportunity for real democratic opening. Most of the opposition then boycotted the vote. Opening the session, Abdelkader Bensalah, the speaker of the Council of the Nation, Algeria’s parliament, mentioned that Bouteflika had sent a message congratulating the members of parliament for their approval of the revised constitution. Yet parliament had yet to hold the vote. Even prominent members of the state, it appears, have a difficult time maintaining the fiction that the parliament plays any role in governing the country.

The government also didn’t seek the approval of the Algerian people in a referendum—perhaps because it knows that it is unpopular. Algerians know how their country is managed: decisions are first made in secret and then passed on to a council of ministers or to the parliament where they receive a veneer of legality and political legitimacy. This has been true ever since independence. In the 1962 elections for the Constituent Assembly, the first to take place in independent Algeria, the newly liberated people were allowed to vote but only for a list of candidates drawn from one party: the National Liberation Front (FLN). They were permitted to validate decisions that party apparatchiks had already made earlier that year in meetings in Tlemcen and Tripoli.

The single-party rule of the FLN defined independent Algeria until the crisis of the late 1980s, when the regime was forced to open the system to new political forces. In 1997, during the civil war, the National Rally for Democracy (RND) was established to contest elections when public fatigue with the FLN’s long hold on national politics reached its peak. But even though Algeria has multiple parties today, real power still resides in the shadows, in political dealings that take place outside party politics. Both the FLN and the RND are the political instruments of the ruling oligarchy. Both of them, as well as a myriad of smaller pro-government parties, supported the constitutional changes.

Part of the reason the opposition parties and Algerian society in general have seemed so uninterested in the constitutional changes is that the country’s constitution has typically applied very differently to the governing elite and to the governed majority. For instance, in the latest revision, the government added a paragraph to article 51 to limit “high state responsibilities and political roles” to citizens of exclusively Algerian nationality. But when parliament voted on the constitutional reforms, several high-ranking government officials still held dual nationality. The authorities then clarified that they would announce which posts would be barred to dual citizens later.

Since becoming president in 1999, Bouteflika has presided over three constitutional changes: in 2001, 2008, and 2016. But in Algeria, constitutional changes, like elections, can produce whatever result the governing elite desires. In 2008, Bouteflika changed the constitution to remove the two-term presidential limit. This allowed him to contest the election in 2009 and to secure his fourth presidential mandate in 2014. Now that the regime wants to demonstrate the progress it has made toward democracy, it has reinstated the two-term limit.

THE ARAB WINTER

In January 2011, mass protests toppled Tunisian President Zine el-Abidine Ben Ali, who had ruled Tunisia for 23 years. Almost simultaneously, protests swept across Algeria, initially sparked by rising food prices, but spurred on by the events in neighbouring Tunisia. But the Algerian regime kept a firm grip on power, placating social unrest by increasing wages and swiftly repressing any protests. Travelling through the country in early 2011, I was surprised to see how quickly and effectively authorities would head off the slightest hint of a demonstration. They would close city squares that were scheduled to host protests, shut down public transport into the capital, usher away people who gathered in the street or stopped to see what was happening, separate protesters into small groups, and detain activists. In any of the handful of protests I witnessed at the time, in Algiers and other cities, there always seemed to be more police officers than protesters.

What’s more, the memory of Algeria’s past conflict prevented protest groups from reaching a critical mass. In the 1990s, a brutal civil war left between 150,000 and 200,000 dead; many more were raped and tortured. Stability was preferable, friends told me, to joining the regional protests that were challenging neighbouring autocracies. In February 2016, Ouali, the writer, repeated that sentiment: “Algerians have every reason in the world to want a revolution every day in the morning, but one big reason not to want a revolution. Our protest movements in the past led to a brutal civil war.”

The authorities also offered a handful of political concessions. In February 2011, the regime lifted the state of emergency that it had imposed in 1992. Two months later, in April, the government promised constitutional changes to allow for more political openness, and in September 2011, it opened the broadcasting sector to privately owned radio and television channels. Libya’s collapse into civil war, and the growing presence there of militants affiliated with the Islamic State (also known as ISIS), has sustained the regime’s narrative that an uneasy peace is still far better than chaos.

Yet every day, people still take to the streets. They protest about jobs, inflation, and the lack of housing and other services. For the most part, their demands are social, not political. The protesters lack the means to voice their demands that political parties or labor unions generally provide. As the French historian Benjamin Stora wrote in the early 2000s, as the country slowly recuperated from the worst years of its brutal conflict, “Algerian citizens are not demanding: ‘Down with the state!’ More modestly, they are asking that the state fulfill its obligations to protect, to hold regular trials, to assume fully its constitutional duties. The demand for a state of law includes the separation of the political and the religious, of the political and the military.”

The memory of Algeria’s past conflict prevented protest groups from reaching a critical mass.

The same could be said today. Although the regime has traditionally calmed discontent through public spending, the collapse in oil prices has made this much harder. Recently, some local protests have gained a national standing, such as the movement of the unemployed, which began in the southern towns of Algeria and has spread across most of the country.

Yet young Algerians complain about more than the lack of jobs. They are frustrated by an all-powerful state that refuses to treat them as citizens. They describe this daily struggle as hogra, or “contempt.” My first contact with its destructive consequences came in 2011. In El Achir, in the province of Bordj Bou Arréridj, I met the father of Abderrazak Lachhab, a 25-year old who had committed suicide a few weeks earlier by drenching himself in gasoline and lighting a match. Just like other victims of self-immolation, he acted out of frustration and revolt, his father told me. Despite several attempts, Abderrazak was unable to get an identity card from local authorities to take up a work position in Algiers, telling his father that bureaucrats insulted and verbally abused him. Because the local municipality refused to help him, despite his repeated requests, his job was eventually given to someone else. His father told me that after his son’s suicide, he wrote a letter to Bouteflika explaining that Abderrazak had killed himself because of the administration’s indifference. When he finally got a meeting with a local judge, to whom he gave the letter, the government official tore the letter apart, claiming that the Prophet does not pray for those who kill themselves.

Abderrazak’s self-immolation was one of several that took place at the time, spurred by protests about price hikes in late 2010. Many more have occurred since. Algerians are aware that whenever they need to interact with state bureaucracy, they will most likely be subjected to indifference, at best, and abuse, at worst. To avoid this, or to speed up what should be routine administrative procedures, it is best to know the police chief, or someone working at the local prefecture.

Small bribery is mirrored by large-scale cases of corruption involving infrastructure projects and large state contracts. Algerians have closely followed cases involving the state-owned hydrocarbon firm Sonatrach or the construction of a 1200-kilometre highway. Some have resulted in heavy fines and jail terms for company officials and foreign contractors operating in the country, but most Algerians are certain that those closer to the regime are judged by different rules. Former Sonatrach boss Mohammed Meziane, for example, who was found guilty of corruption, received only a five-year suspended jail term and a fine of 17,000 euros (roughly $19,100).

These cases have highlighted the true nature of Algeria’s judicial system. According to Amine Sidhoum, an Algiers-based lawyer, the Algerian judiciary remains vulnerable to political influence because the president still appoints judges to key posts. “The judicial system has never been independent,” Sidhoum told me. “On paper, there is the mention of an independent justice. But when you consider that judges are designated by presidential mandate and that the president can relieve them of their duties, you understand that justice in Algeria is really under the executive branch.” The government’s current reforms include no significant changes to the way judges are selected.

FORCED AMNESIA

Politically stagnant and economically strained, Algeria is also crippled by the legacy of its two wars. The first was the war for liberation, which lasted from 1954 to 1962 and which established many of Algeria’s national myths. Walk into any bookstore in Algiers, and the national heroes who defeated the French and founded the country stare back from the cover of almost every book. Those same heroes are also immortalized in commemorative tiles across the city’s winding streets. The price of liberation was over one million dead Algerians. The reward was an independent nation.

The vestiges of the second war, the conflict of the 1990s in which the state fought Islamist insurgents, are less visible. But its legacy runs deeper. By most accounts, that second conflict cost between 150,000 and 200,000 lives. It is impossible to ignore this second conflict, for although no monuments commemorate it, most living Algerians are a constant reminder of it: the survivors of state torture; the memories of lost family members who were disappeared; former enemies forced to live as neighbours again in an artificial truce. Yet Algeria has never properly addressed the consequences of this war. “The regime and the military have decided that this period of Algerian history should be put aside. There is no public space of discussion about the black decade,” Omar Belhouchet, publisher of El Watan told me. “As if there were no victims and no victimizers, they want us to forget what happened.”

In 1999, the regime passed an amnesty law that allowed thousands of insurgents to disarm. A Chart for Peace and National Reconciliation was later approved in a national referendum in 2005. These two laws brought peace, but they also ruled out investigations and prosecutions regarding the fate of thousands of Algerians disappeared by security forces or killed by terrorists during the conflict. Thousands of Algerians have never learned what happened to their loved ones.

I met Dr. Salah-Éddine Sidhoum at his home in February. One morning in 1995, he woke up to learn about a failed attempt on his own life through the Franco–Moroccan radio station Medi 1. After he had spoken to an international television network about extrajudicial killings and forced disappearances perpetrated by the government, a death squad was sent to his home. Fearing for his life, he had taken refuge in a friend’s home the previous evening, a decision that saved him. He was then forced to spend nine years in hiding and a stint in the notorious Serkhadji prison in Algiers after being sentenced to 20 years in jail on spurious terrorism charges.

According to Sidhoum, Algeria’s military regime changes only to remain the same. “The dismantling of the DRS is for appearances, to appease the international community. These modifications are periodic, every couple of years something similar happens. Every time there is a crisis inside the regime, they change the window-dressing,” Sidhoum told me. He was sitting in the living room of the home where he has lived his whole life, and where, over half a century before, during the war of liberation, he saw French soldiers barge in to look for his grandfather. Like Sidhoum years later, his grandfather was saved because he was away at the time. “But even this regime will not last forever,” Sidhoum went on. “Everything has an end.”

CHEAP OIL

Since President Houari Boumédienne nationalized the oil and gas industry in 1971, hydrocarbon exports have paid for the Algerian state and kept the regime in power. But the dependence on oil revenues comes with risks. The collapse in oil prices in the mid-1980s and the reductions in subsides that followed set the stage for the civil war of the 1990s. Today, oil revenues continue to determine the government’s ability to quell popular discontent. Hydrocarbons account for 97 percent of Algeria’s exports and 60 percent of the state’s fiscal revenues. But oil prices have plummeted from about $100 per barrel in mid-2014 to just under $40 in March 2016. Oil export earnings fell by 41 percent in 2015 to $35.7 billion, and Algerian authorities have said that energy-export earnings could fall even further in 2016, to just $26.4 billion. Lower oil prices have slashed the country’s foreign reserves, which fell from $194 billion in 2013 to $143 billion at the end of 2015. The budget deficit has nearly doubled, reaching 16 percent of GDP in 2015.

The country’s oil and gas reserves have allowed the regime to buy peace, but they have also thwarted its efforts to develop other sectors of the economy. Algeria is dependent on imports, which makes it vulnerable to increases in international commodity prices—in late 2010, protests broke out in response to rising food prices. Lower export earnings have transformed the country’s trade balance: a $25 billion surplus in 2011 became a $13 billion deficit in 2015.

Hydrocarbon exports have paid for the Algerian state and kept the regime in power.

In the medium-term, the government can dip into its reserves or borrow from international markets. But in the long-term, such measures might prove insufficient.

Algerians are nervous; they realize that things will likely get worse before they get better. They expect increases in electricity and gas prices in the 2016 budget, and they worry that unemployment will rise as both the private and public sectors start laying people off. Now, more than ever, people in Algiers constantly ask travellers for foreign currency. Besides the usual black market sellers, who stand by Port Saïd Square holding large stacks of dinars in their hands, every business interaction has become an opportunity for Algerians—taxi drivers, hotel receptionists, restaurant owners—to ditch the local currency for something more valuable. In a cartoon published in February in the newspaper Liberté, Algerian cartoonist Dilem drew a 200 dinar coin, with the title “Algeria presents the new 1 Euro Coin”—the value of the Algerian dinar on the black market.

The authorities have promised to diversify the economy and free up the private sector. But these measures will take time. The regime’s failure to diversify Algeria’s economy when oil prices were high in the early 2000s may prove to be one of its worst mistakes, but the regime prioritized reestablishing peace after the civil war. According to the IMF, Algeria accumulated yearly primary budget surpluses that averaged 7.7 percent of GDP between 1998 and 2008. Some of these revenues were used to pay off the country’s external debt, which fell from 60 percent to 5 percent of GDP over that period. Oil revenues also allowed the country to save money. The country’s national oil fund grew to 40 percent of GDP by 2008, which helped the country navigate the financial crisis.

Since then, however, Algeria has racked up budget deficits, even before the recent collapse in international oil prices. Since 2006, oil and gas output has fallen, mostly due to insufficient investment. Meanwhile, expenditures have risen, driven by ambitious infrastructure programs and by subsidies on milk, electricity, cooking gas, and housing—subsides that, in 2015, reached about 30 percent of GDP.

The regime has trapped itself in an ongoing spending spree to maintain stability. According to the IMF, Algeria’s fiscal breakeven oil price—the oil price necessary to balance its budget—has risen from $20 per barrel in 2003, to $125 in 2012, to $130.5 in 2015.

In response, the government has frozen or postponed several infrastructure projects. But as the authorities struggle to establish a succession plan, they will probably be reluctant to embark on a comprehensive reform of Algeria’s system of subsidies.

Other measures would also help galvanize the economy. Excessive red tape constricts the country’s private sector. According to the World Bank Group’s 2016 Doing Business ranking, Algeria was ranked 163 out of 189 countries for its business environment. This makes it hard to attract foreign investment and cripples local businesses. It takes about 20 days and 12 different procedures to open a company in Algeria, compared to ten days and four procedures in Morocco and 11 days and ten procedures in Tunisia. In Algeria, this has created a divided business world: in one group, there are those businesses that benefit from political connections. In the other group, there is everyone else.

The regime has trapped itself in an ongoing spending spree to maintain stability.

In its 2016 budget, the government introduced new measures to attract private investors. One of its more surprising moves was to grant permission for state-owned companies to sell up to 66 percent of their shares to private investors, with the possibility of a complete sale five years later, although the government would have to approve these deals. In theory, freeing up some of the major state-owned business in Algeria to private capital might improve their performance. But this measure alone will have limited impact.

THE ENEMY WITHIN

At the same time, Algeria faces a high risk of terrorism. Every day, the newspapers proclaim a new achievement. “One terrorist surrenders in Tamanrasset,” “Three terrorists were eliminated in the Tizi Ouzu wilaya,” “Two terrorists shot down near Bouira.” The government claims that security forces killed 109 terrorists in 2015. The daily reports list the number of terrorists killed and the location, but they never describe the links between the terrorists or explain their activities or plans.

In most cases, these reports point toward the Kabylie region, to the east of Algiers. Driving around the area, you can understand why armed insurgents would choose it as a base. Outside the overpopulated villages lie deserted forested hills and high rocky peaks. On these roads, armed personnel guard every crossing. The army recruits always look too young for their uniforms and Kalashnikov machine guns, as they wave traffic through or watch from behind protective cement barriers. Sandbags guard the walls of the military outposts, small, makeshift barracks surrounded by barbed wire. The Algerian military tries to occupy all of the wild, unpopulated areas, lest the enemy take hold of them. But it’s unclear who exactly this enemy is.

There are two narratives about terrorism and the military presence in Algeria’s most important Berber region. To some, the terrorist activity in Kabylie, is the legacy of the civil war. Terrorist organizations such as the Salafist Group for Preaching and Combat, which later became al Qaeda in the Islamic Maghreb, formed as the civil war ended. They then took root in the region during the Black Spring of 2001, when the police killed a teenager and sparked a series of protests. The crackdown that followed led to a reported 126 deaths, most of them young people. Some point to this tension between government forces and the people who live in Kabylie as one of the reasons why the militant groups have established themselves there.

Others believe, however, that the authorities encourage, or at least permit, the terrorist groups to operate as a way to justify a heavy military presence in the region. They see the strong government presence as a continuation of previous policies that aim to “Arabize” Algeria’s Berbers. The truth is likely a mix of both these narratives. The regime may find it useful to allow a minimum level of violence as a justification for an inflated armed forces budget (Algeria remains the continent’s biggest arms buyer).

In the south, Algeria’s security challenges are more obvious. Militants have infiltrated across the porous borders with Libya and Mali. In early 2013, for instance, terrorists attacked In Amenas gas plant, resulting in the deaths of 39 hostages and 29 militants. The collapse of security in the Sahel and North Africa since 2011 has strengthened Algeria’s role as a critical ally of the west in the fight against terrorism, and cooperation with France and the United States has intensified in recent years. Algeria is now a member of the U.S.-led Trans-Sahara Counterterrorism Partnership. But, as the regime is well aware, such cooperation will help deter international pressure on the country’s rulers to liberalize.

Algeria’s regime will thus stagger on. The price of oil will, in part, determine the regime’s capacity to stave off rising discontent, but so too will the steps the current leadership takes to prepare for Bouteflika’s exit. The regime is fortunate that the opposition remains divided. But if the Algerian government does not enact the necessary reforms, public discontent, long simmering, may soon bubble over.

By Francisco Serrano in Foreign Affairs.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 09:23
Rachid Tlemçani

Rachid Tlemçani

Rachid Tlemçani, enseignant et chercheur à l'Institut d'études politiques à Alger et auteur de nombreux ouvrages,, analyse à chaud les tenants et aboutissants du dernier conseil des ministres et donne un éclairage saisissant sur les pratiques du pouvoir.

Le Matindz. Il a fallu attendre cinq mois pour que le chef de l'Etat préside un deuxième conseil des ministres dans lequel il n'y a eu aucune orientation politique et économique majeure...

Rachid Tlemçani : Deux ans après la chute brutale des revenus extérieurs, le pouvoir n'a pas changé de cap. Il tourne autour du pot, comme si la profonde crise que traverse le pays pouvait encore attendre. Aucune décision stratégique n'a été prise jusqu'au jour d'aujourd'hui. Il semble que les scandales financiers révélés par Panama papers et les autres à venir le poussent à se recroqueviller sur lui-même et ses alliés extérieurs. La crise n’est pas évaluée à sa juste mesure. On pense qu’elle est passagère et éphémère. La stabilité du pétrole, à la hausse, serait atteinte du jour au lendemain. Il ne faut pas paniquer par conséquent, «la baraka» est de notre côté», tel est le message du discours officiel. La tendance haussière est en cours puisque le pétrole vient de dépasser les 50 dollars le baril ! Le dernier Conseil des ministres n’a pas présenté d’orientation particulière d’autant plus que la crise n’est pas perçue comme structurelle. Tout le modèle d’accumulation et de consommation est pourtant à revoir de fond en comble. Il n’y a pas de feu dans la baraque !

Le problème majeur n'est pas la crise, de type structurelle, mais la baisse du prix du pétrole et par conséquent l’état des caisses de l’Etat. Comment renflouer momentanément les caisses pour équilibrer le déficit commercial qui ne cesse de se creuser. On impose à la hussarde des mesures draconiennes sans consultation avec les partenaires sociaux comme sous le régime des pénuries. C’est le citoyen lambda qui a commencé à payer les effets dévastateurs de la chute de la valeur du dinar et de l’inflation. En dépit de cela, le pouvoir en place pense tenir le cap d'ici à la fin du 4e mandat. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a récemment déclaré à Tizi-Ouzou pour rassurer la population à la veille de Ramadhan qui s’annonce très difficile pour les Algériens que le pays pourrait tenir facilement 2 à 3 ans .... D’ici là, le prix du pétrole serait plus stable et varierait entre 60 à 80 dollars. En bref c’est l'immobilisme, toujours l'immobilisme, comme sortie de crise ! Une situation de fuite en avant que le scandale de Panama papers a renforcé, malheureusement.

Le Matindz : Le chef de l'Etat évoque la mise en place d'une instance de surveillance des élections. Ne répond-il pas par-là à une revendication de l'opposition ?

Rachid Tlemçani : C'est vrai que l'opposition a toujours revendiqué une instance de surveillance des élections. Serait-elle réellement indépendante, quelles sont ses prérogatives ? Qui nomme les membres de cette instance ?... Qui organise les scrutins, du début de l’opération jusqu’à la proclamation des résultats en passant par le fichier électoral ? Qui a élaboré la loi électorale, une assemblée constituante ou un cabinet noir ? A-t-on une administration citoyenne ? En réalité, les élections dans un régime autoritaire sont toujours entachées de fraude. La fraude électorale est enchâssée dans le système de prédation gouverné par des kleptomanes. Cette instance comme les précédentes ne servirait pas à grand-chose. Les résultats électoraux dans une telle configuration politique sont connus à l'avance.

Le Matindz : Comment expliquez-vous toute cette inflation d'organisme dits indépendants, quand on sait qu'en réalité il n'en est rien.

Rachid Tlemçani : Lorsque les libertés individuelles, collectives, de réunion, de manifester, ne sont pas respectées dans la vie de tous les jours, les nouvelles instances ne serviront que comme un paravent pour la communauté internationale. Le pouvoir ne peut plus se passer de la crédibilité internationale. Demain, pour se présenter aux bailleurs de fonds, il faut avoir au moins une tenue correcte. On risquerait autrement de ne pas avoir de quoi payer le blé et le lait.

Cependant, contrairement à ce que tu dis, la panoplie d'instances et d'organes que le pouvoir va créer dans le cadre de l'application de la nouvelle constitution servirent à beaucoup de choses. Le pouvoir tente d'intégrer une large section de l'élite qui est restée en marge du 3e et 4e mandat. Il va faire de telle sorte de récupérer ceux qui ont refusé de prendre le train en marche en leur offrant une dernière chance, un poste dans ces instances, une rente. Au niveau idéologique, ces éléments ne seront plus en mesure de développer des voix discordantes; ils porteront la voix du prince. Ces intellectuels sous d'autres cieux encadrent le mouvement social qui tente d’imposer un nouveau modèle de développement face au néo-libéralisme. Chez nous, le mouvement social sans direction et leadership est livré à lui-même face à l’Etat sécuritaire.

Le Matindz : L'armée s'est lancée dans une vaste opération de modernisation et d'acquisitions à un moment où l'Algérie la crise économique frappe à la porte. Quelle lecture faites-vous de celle-ci ?

Rachid Tlemçani : Rappelons que le budget militaire et sécuritaire est de 33%, il est égal aux budgets de 14 ministères mais cette lancinante question n'a pas été soulevée par les économistes médiatiques qui se gargarisent de chiffres, macro-data et graphes. La crise sécuritaire contrairement à la thèse militariste, représente une menace soft, elle n'est pas hard. Par contre, c'est la crise socio-économique qui reste la plus brûlante et la plus déstabilisatrice. Le scénario du Venezuela est à nos portes...

Le Matindz : L'affaire du rachat du groupe El Khabar révèle la volonté du pouvoir de ne laisser aucune brèche pour tout force qui lui est étrangère. Comment voyez-vous son développement ?

Rachid Tlemçani : L'affaire du groupe de presse El Khabar est très sérieuse. Elle dépasse de loin l’acte commercial de la reprise du groupe par un oligarque. Elle pose la question de la liberté de la presse, tant publique que privée. Dans cette relation triangulaire, presse privée – gouvernement - argent, l’acteur pivotal, qui est le lecteur, est malheureusement absent de l’échiquier médiatique. A la veille de toute échéance électorale, on tente de manipuler par tous les moyens les électeurs… C’est de bonne guerre. Mais que font les acteurs contestant l’ordre dominant ? Après une aventure de liberté de ton de la presse, unique dans son genre, il est opportun, après un quart de siècle d’existence, de faire un bilan, de définir les véritables enjeux. Autrement dit, les quelques espaces de liberté qui restent disparaîtront à tout jamais. Le verrouillage systématique de la sphère publique en marche depuis la promulgation de «la profonde réforme politique» atteindra un point de non-retour. Une information crédible, fiable et indépendante des pouvoirs institutionnels et occultes s’impose donc aujourd’hui plus qu’hier. Sans la liberté de la presse, il serait très difficile de mettre sur rails un ordre sociétal prospère et plus équitable. Il y va de l’avenir du pays en tant qu’Etat et nation.

Entretien réalisé par Hamid Arab

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:52
Le poulpe de la corruption.

Le poulpe de la corruption.

L'état lamentable et navrant de Tangentopoli ne va pas durer longtemps puisque le peuple est de bonne race et les trois verbes refuser, résister et vaincre sont au cœur de son identité. L'histoire de ce peuple invincible renait dans la volonté de ses petits-enfants qui marchent des kilomètres pour aller à l'école dans les campagnes.

Dans les esprits de ces jeunes, une nouvelle Algérie se construit derrière cette Tangentopoli qui semble plongée dans la magouille et la corruption. Une nouvelle mentalité doit remplacer les anciens réflexes qui s'évanouissent dans un espace de laisser-aller et acceptent incontestablement l'anesthésie du laisser-faire. Une autre Algérie se dessine et un autre esprit de patriotisme se développe. Le pays ne manque pas d'idées jeunes qui ne se mélangent pas avec celles qui se fatiguent ou se découragent face aux difficultés créées de toutes pièces par certains politiciens malhonnêtes. Nous voyons venir une autre génération dont les idées ne s'affaiblissent pas devant les défis de ce siècle. Cette nouvelle génération ne baissera pas les bras comme ceux qui se rendent les mains sur la tête dans la grande bataille contre la corruption. Une génération qui ne se fait pas trahir par ceux qui se sont fait trahis par leur propre saison. Les idées jeunes n'acceptent jamais la corruption comme une fatalité tombant du ciel. Une idée jeune ne laissera pas la nuit abattre le jour et combattra avec foi et courage l'ignorance et le despotisme moral sur tous les fronts.

Après cette introduction qui annonce une lumière d'espoir, je vais essayer de vous divertir politiquement. J'illustre ce texte par une discussion entre un enfant et son papa "Kada le soufi". Kada est un petit fonctionnaire qui vit à Tlemcen dans le quartier d'El Eubad à proximité de la mosquée. Il écoute le "Samaa" un chant du soufi et ses fréquentations sont très limitées.

"Papa, je sais très bien que tu ne fréquentes jamais les salons politiques et tu m'as toujours dit que les Algériens sont honnêtes quand ils s'éloignent de la politique des salons qui pousse les faibles de caractère vers l'incorrection et l'injustice; maintenant, je te demande de me parler un peu de l'histoire des trois malfaiteurs algériens qui font la une des journaux: Abdel Moumène, Khelil et Farid". Kada hésite un petit moment puis répond comme un bon éducateur qui évite la polémique dans sa leçon: " J'ai lu dans notre histoire la vie du célèbre berbère Abdel Moumène. Il était un fidèle d'Ibn Tûmart. C'était un calife très puissant. Son empire s'étendait de Tripoli à Guadalquivir en Espagne. J'ai lu dans le Saint Coran que Khalil est le qualificatif du prophète Abraham. Pour Farid, je sais qu'il était un célèbre chanteur égyptien. Il chantait l'amour et les sentiments des années soixante". L'enfant rigole et dit: "Papa, tu n'es pas à la vraie page de notre histoire. Je te conseille de renouveler tes connaissances pour rafraichir ta mémoire. Abdel Moumène n'est pas un calife en Espagne, il est un Khalife en Algérie. C'est l'homme des grands scandales qui ont noirci la république et la justice de notre État. Khalil est l'homme intouchable. Il n'a rien avoir avec Abraham le grand prophète." Une rumeur circule dans les cafés maures à Nedroma, on raconte que cette personne prétend être le beau-frère d'Abraham Lincoln. Les Américains le connaissaient sous le nom de "His excellency Chakib" quand il protégeait leurs intérêts. Enfin, Farid n'est pas un chanteur oriental. Il est le spécialiste et le compositeur des affaires énergétiquement louches. Il s'appelle Bedjaoui et on le nomme "le conseillé particulier de Khelil".

"Papa, permets-moi de t'informer. Je sais très bien que tu n'es pas familier avec la langue grecque et la langue italienne, le mot "Tangentopoli" se compose de deux mots. Le mot italien tangente qui veut dire "pots-de-vin" et le mot grec "poli" qui veut dire cité. Tangentopoli est la cité des pots-de-vin. A Tangentopoli, les Hauts Cadres détournent les sommes astronomiques et restent impunis parce qu'ils sont bien protégés par des gangsters des affaires hors-la-loi. A Tlemcen, de petits fonctionnaires qui échangent un extrait de naissance contre un repas dans une gargote à El Ourit sont écroués ou poursuivis en justice par l'application de la loi. Papa ! C'est l'image que j'ai dans ma tête lorsque les gens parlent corruption et justice à Tangentopoli ou à Tlemcen. Papa, tu sais que la corruption fait des ravages dans l'ensemble des entreprises publiques tangentopoliennes." Le scandale de la Sonatrach n'est que la partie apparente de l'iceberg. La corruption incontrôlée provoque un cynisme généralisé dans une population démoralisée par l'insécurité, l'ignorance, la pauvreté, le chômage et la drogue. Les dirigeants ont beau promettre qu'ils n'hésiteront pas à sévir jusqu'au plus haut niveau, le citoyen ne les croit plus. Les fonctionnaires honnêtes ont plutôt l'impression que ce sont toujours les lampistes qui payent. Ils lèvent les mains vers le ciel et attendent sa volonté pour mettre un terme à la corruption.

"Papa, tu sais que le papa de mon copain est un petit fonctionnaire, au même rang social que toi, il attend sa retraite conditionnelle et trop maigre depuis des mois. Il a entendu son papa dire "ça n'a aucun sens de voir certains employés baigner dans la richesse venue de nulle part, sans qu'on leur demande d'où provient cette fortune acquise illégalement en si peu de temps. Ce phénomène si largement répandu ronge la légitimité du pouvoir et il est fort probable qu'il mettra fin à l'existence de l’État". Le petit garçon continue son raisonnement: "Transparence International classe chaque année plus de 170 pays sur une échelle allant de 0 (corruption perçue comme la plus faible) à 100 (corruption perçue comme très forte). L'année dernière, l'Algérie fut classée 105e avec un indice de 34% au même rang que le Mali, la Gambie et les Philippines. Papa, je pense que ces chiffres nous suffisent pour faire un constat".

Face à cette situation déplorable, Kada est réellement troublé par l'ouragan Tangentopoli qui secoue notre pays ces derniers temps. J'évite de dire qu'il est extraordinairement dérangé ces jours-ci par le silence des hommes responsables de cet état. Il sort de son fatalisme et nous dit: "Avant d'aller à l'école tôt le matin, nos enfants sont bien informés par leurs amis du Facebook et Twitter. Ils constatent qu'une part de notre vieille élite politique est corrompue. Certains vont plus loin dans leur imagination. Ils se demandent à quoi sert une école si leurs parents sont devenus d'excellents trafiqueurs ou trafiquants. Pour fuir leur désarroi, ils demandent à leurs copains de chanter une chanson de rap pour oublier la réalité amère de leur vie à Tangentopoli."

Écoutons Kada parler d'un jeune musicien algérien. Ce jeune, choqué et déçu par le comportement corrompu de certains hauts responsables, chante dans un style rap les paroles de Rousseau "Ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n'entendront jamais rien à aucune des deux". Le refrain de sa chanson est bien réfléchi "Nous ne sommes pas tous corrompus et nous ne sommes pas tous des Chakib ou des Bedjaoui". A travers sa chanson engagée, Kada constate que la mise en examen d'hommes politiques ou de dirigeants de grandes entreprises publiques n'étonne plus personne chez nous. Le spectacle passionne pour quelque temps l'attention puis se sauvegarde dans l'oubliette du temps. Les médias s'intéressent au spectacle pour quelques jours puis oublient aussi vite tout détail de ce décor. Pour ce jeune homme, cet abandon est justifié puisque les malfaiteurs jouissent de la double nationalité ou ils ne sont plus là pour être punis. Dénonçant le laxisme de la justice et la magouille politique, voici comment ce jeune musicien s'adresse, à la manière du fils de Kada, à son papa.

"Papa, réveilles-toi, notre maison est en danger. Papa, l'ouragan Tangentopoli attaque notre cité et va sans doute détruire notre maison. L'histoire de notre maison ressemble à la maison décrite dans un conte des mille et une nuits de Bagdad. Dans ce conte, une magnifique histoire trouve une bonne place et un sens chez nous. Elle nous raconte l'histoire d'un berger appelé Kaddour qui découvre un béret magique made in Italie. Une fois sur sa tête, ce béret le rend invisible et puissant. Jouissant de cette invisibilité et abusant de sa puissance, Kaddour séduit l'occident, trompe le roi pour lequel il gardait un troupeau dans une forêt dont le bois servait comme source d'énergie. Profitant de la confiance du roi, Kaddour nuit au royaume, dévore ses richesses, brule la forêt et s'enfuit. Il laisse le pauvre roi dans un grand embarras. Papa tu dois comprendre cette histoire pour éviter d'être comme ce pauvre roi."

"Papa! Je ne peux plus te cacher la vérité pour te faire plaisir. Papa, tu oublies souvent de faire ta promenade nocturne après minuit dans les parages de notre maison. Tu es trop naïf quand tu penses que les frères de Kaddour ne travaillent pas la nuit. Écoute-moi papa! Je te rappelle le bon sens de maman. Ce bon sens démontre que le quotidien dans notre maison est ordure et corruption." Refusant d'accepter la vérité qui sort de la bouche de son enfant, le père ne pense pas vraiment que son petit enfant veut une lutte sérieuse contre la corruption. Il pense qu'il accepte tout simplement une peinture sur la pourriture.

Malheureusement pour papa, nos petits-enfants sont convaincus qu'une pourriture bien peinte ne peut plus durer pour longtemps. Ils sont sûrs que la peinture ne peut plus cacher la réalité de leur maison. Prenant cette histoire comme référence, Kada pense que nous ne pouvons plus mentir à nos enfants. Les enfants de ce temps sont très éveillés. Ils savent que dans l'obscurité tous les chats sont noirs, toutes les perdrix ressemblent aux hiboux et tous les humains sont pris pour des fantômes. Les enfants ont appris que la justesse s'applique à la loi alors que la justice s'applique au droit. Ils informent leurs papas et disent "dans l'obscurantisme politique, la justice est aveugle et ne voit jamais le Droit au bon endroit". En plus clair, nos enfants veulent dire "quand la gouvernance de la maison manque de clarté, la mise en œuvre et l'application des lois et des politiques assurant la sentence et la transparence deviennent très difficiles". Kada remarque que la fierté algérienne n'existe plus puisque la honte l'a remplacée. Il s'interroge. "Que dire alors? Sommes-nous condamnés à vivre entre la borne pourrie et la borne corrompue?"

Entre ces deux bornes, l'argent n'a ni origine, ni couleur, ni odeur. Kada le soufi se recherche entre Tangentopoli et Tlemcen. Égaré non loin de Nedroma, Kada allume une bougie en pleine clarté du jour pour chercher un homme honnête dans cette cité. Hélas! Cet homme honnête ignore comment la corruption est vue par les enfants de Tangentopoli.

Omar Challal

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:49
Le désastre de la génération Bouteflika.

Le désastre de la génération Bouteflika.

Deux événements. Deux destins. Tragique pour l'un, politique pour l'autre mais qui convergent pour dénoncer la mal-vie et le désespoir des jeunes d'Algérie. Les harraga disparus au large de la Sardaigne et les assurances de Hamel sur la coopération de la police algérienne pour le rapatriement de nos sans-papiers teutons reflètent outrageusement la situation d'une jeunesse écartelée entre envie de réussite et horizons bouchés. Au centre de ces deux informations, des destins brisés, des familles décomposées, des espoirs trahis et au bout l'exil amer et dangereux ou le retour dans un cercueil, pour les plus chanceux.

Aborder le sujet des sans-papiers, les boat-people qui partent des plages de Annaba, Témouchent ou Oran équivaut à un exercice d'introspection de tout un peuple appelé à des réflexions sur les raisons qui poussent des milliers d'Algériens à risquer leur peau pour un ailleurs moins oppressant. Si l'Eldorado était hypothétique, un certain temps, les candidats à l'exil savent que là-bas il fait très froid dans les rues et les cœurs. Pourtant, ils tentent leur chance quitte à rencontrer leur Créateur en cours de mer. Malgré l'arsenal répressif ou les primes à l'Ansej, les jeunes préfèrent plutôt jouer à la roulette russe, misant toute une vie sur une traversée où il n'est nulle part mentionné «satisfait ou remboursé».
Un pari avec la vie. La mort. Pour fuir un pays vorace, mangeur de ses propres enfants. Au bout du bout et comme seul trophée un exil forcé, une vie de clandestin, une peau de paria et un statut d'apatride. L'Europe n'est plus bienveillante, la France encore moins avec des caricatures comme Ménard ou Zemmour. Non, il ne fait plus bon vivre nulle part si on est Algérien, sans-papiers, ne possédant ni bien immobilier à Paris ni compte offshore. Si on n'est pas fils de diplomate ou fille de ministre. En Algérie, on reste conditionné par son lieu de naissance, son nom sans connotation au pouvoir, ses origines rurales sans attaches avec Alger et on devient une statistique dans un quelconque ministère.

Les opportunités d'affaires et de carrière, c'est pour les autres : les privilégiés du système. Sinon le choix est simple : essayer de survivre, s'acheter un litre d'essence, rejoindre Daech et compagnie ou payer sa place sur le radeau de la dernière chance. Une fois débarqués en territoire ami, les rafles policières, les centres de rétention et un pied dans le derrière. On rappelle que le nombre des Algériens expulsés d'Europe a atteint un seuil effrayant avec 7.835 personnes en 2015. Houari Kaddour, le secrétaire national chargé des dossiers spécialisés de la LADDH, avait condamné la façon «inhumaine» de la déportation et des mauvais traitements subis par les Algériens, encouragée par le silence des autorités algériennes.

Moncef Wafi, in le Quotidien d'Oran.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:16
Kamal Guerroua

Kamal Guerroua

Sans me laisser forcément tenailler par l'envie pressante de pleurer sur le sort de ma patrie, j'aimerais bien plutôt être optimiste. J'aimerais bien surtout gagner quelques arpents d'espérance dans ce vaste champ fertile mais en jachère qu'est l'Algérie. J'aimerais bien dire non au fatalisme et à la désolation qui ravagent la chair de notre jeunesse. Toutefois, mes rêves sont vite remisés au placard, rattrapés qu'ils sont par une réalité sans pitié. Et je me rends compte avec une douloureuse sensation d'impuissance que les choses ne sont pas telles que je les imagine, ou du moins les pense. Mais l'Algérie se dirigerait-elle, inévitablement, vers le gouffre? Bien que tous les indicateurs (économiques ; sociaux ; politiques, etc) soient en couleur orange, il n'est pas du tout facile d'affirmer ni d'infirmer une telle supposition. Et puis, n'est-il pas irraisonnable, voire inepte d'appliquer une description peu avenante destinée à l'origine à une nomenclature vieillissante en fin de cycle à l'endroit d'un si jeune pays de 40 millions d’habitants? Et encore si la colère crue qui couve dans l'Algérie profonde n'est-elle pas à prendre dans le sens d'une probable mobilisation citoyenne dans l'avenir? Qui ose dire le contraire? Personne bien sûr! Ce ne serait pas si mal déjà si c'était le cas. Et, en plus, la psychologie des foules populaires n'est-elle pas souvent mystérieuse ; insaisissable ; intempestive ; indiscernable? En ce sens qu'elle peut à tout moment basculer vers des «choix brutaux» auxquels on s'y est attendu le moins. De toute façon, on voudrait bien qu'il y ait éveil pour le grand bonheur de notre pays. Car, jusque-là, on est atterrés de remarquer qu'il y a quelque chose d'indéniablement «frustrant», voire de maladif, si j'ose le mot, dans cette façon bizarre d'attendre le changement surgir de nulle part sans que nous ne nous dépensions la moindre énergie. En cela, nous sommes peut-être le peuple le plus amoureux dans le monde des paradoxes, sinon le champion!


Pour l'anecdote, j'avais eu l'occasion de croiser l'année dernière dans un marché populaire de la banlieue algéroise, plus précisément à Bab El-Oued un jeune algérois aux alentours de la quarantaine qui me confie ceci sur le vif« moi, ça m’intéresse pas de changer quiconque ni rien! L'Algérie va bien, Bouteflika est un président sympathique, il nous a octroyé des voitures, des camions, des fourgons,...des prêts bancaires, des logements, des projets de l'A.N.S.E.J, etc.! …Il ne faut pas qu'on soit ingrats, nous les Algériens. Avant, on le savait pourtant tous, il n'y avait rien...oui pratiquement rien pour nous les jeunes» et d’enchaîner catégorique, un peu sûr de lui-même, «vous voulez dire quoi par «changement»? Qu'on devienne comme la Libye ou la Syrie? Qu'on tombe dans la pagaille et le chaos? Qu'on retourne, la queue entre les jambes, aux années de larmes et de sang? Non merci!...Y en a marre, sincèrement!». En revanche, à quelques encablures de là, un autre jeune la trentaine accomplie celui-là, fraîchement diplômé d'une école de commerce et déjà «trabendiste» à ses heures perdues confirme un rien sceptique tout le contraire du premier « nous sommes devenus la risée du monde entier! Les nôtres doivent arrêter ce cinéma...la jeunesse en a ras-le-bol...ça y est, elle sait tout, elle se tait seulement par fatigue et allergie au désordre politique mais attention pas pour longtemps» avertit-il menaçant «pourquoi, tu crois encore au changement par les émeutes et la révolte?» M'empressai-je de l'interrompre pour l'amener à aller au bout de sa pensée « le silence du peuple est fragile mon ami! C'est pas possible! Un enfant de 2 ans sait bien que Bouteflika vieux, malade et assis sur son fauteuil roulant ne gouverne pas et qu'il y a des gens derrière lui qui tirent les ficelles,...et que, ce sont eux qui continuent de cacher la vérité par un tamis. Regardez un peu autour de moi ici à qui on a offert gratis ce scénario de mensonges : que des jeunes désœuvrés et sans le sou---comme la majorité de ceux du reste du pays sans doute-- qui souffrent, dans l'ennui et l'incompréhension de la société, c'est extrêmement pitoyable ce qui arrive! Nos responsables ont maintenant tout le temps devant eux pour imaginer la réaction de la rue, surtout avec cette baisse des prix du pétrole et la politique d'austérité qu'ils ont mise en place...» «tu parles du président?» coupe un deuxième jeune vendeur à la sauvette de son état «oui» répondit avec verve mon interlocuteur «mais dis-moi honnêtement pour le remplacer par qui?» «par un jeune de la nouvelle génération!» «mais tu ne vois pas que la gangrène est montée jusqu'au cou et que la gestion de la nation se fait au jour le jour? Pas de relève, pas de compétences, pas de transparence, rien.. Dommage pour l'Algérie... et sa jeunesse!». Pour un simple touriste occidental, une pareille mosaïque d'opinions dans une discussion populaire relève de la diversité sociale dans une rue algérienne trop jeune en matière de démocratie mais pour un connaisseur averti de l’anthropologie du terroir, cela ne peut illustrer que les terribles fissures ayant été provoquées ces dernières années dans le psychisme de l'Algérien. D'une part, le poison de la rente a subverti les comportements, en les contaminant pour, enfin, les clouer au statu quo. De l'autre, un sentiment diffus de peur et d'incertitude des lendemains a descendu sur les esprits comme un gros nuage qui empêche la visibilité. Où va-t-on? Qui gère le pays? Que se passera-t-il si Bouteflika meurt demain, si les réserves de changes finissent, si..., si...?, etc. Or comment fuir pour toujours le reflet de notre image dans le miroir du monde? Comment taire nos failles et les escamoter? Comment peupler le vide de nos incohérences? Et puis, comment espérer le salut, en esquivant d'affronter nos vrais problèmes? Un facteur encore plus alarmant s'ajoute à la liste combien longue de nos inquiétudes : le pays est en plein milieu de foyers de tensions régionales et il y a lieu d'en prendre vite note au risque de subir des impacts négatifs.

Il importe de remarquer en effet que sans transformation de soi, aucun changement n'est possible. Cela commence, tout naturellement, par ce que l'on appelle «changement microscopique», c'est-à-dire, des réformes au niveau individuel (éducation, culture, savoir-vivre, etc) avant de culminer par le «changement macroscopique» (conscience citoyenne, participation et engagement politique) , lequel imprégnera toute la société. «Soyez le changement que vous voulez dans le monde» dirait un jour à ses compatriotes, le dirigeant indien Ghandi (1869-1948). Or rien de tel n'a eu lieu chez nous, hélas! Et pire, de manière surprenante, la plupart de nos citoyens se déchargent à bon compte de la responsabilité du désastre national sur le dos de leur classe dirigeante. Celle-ci étant accusée d'avoir accouché du bilan amer de leurs désillusions. Est-ce à dire par là qu'aucune chance ne nous reste? Est-ce à dire aussi qu'on est à jamais grillés et que ce cancer, le nôtre, est en entré dans sa phase terminale? Le désespoir vertigineux que l’intelligentsia aux commandes relaie insidieusement aujourd'hui mériterait, à coup sûr, autre chose que «ce bourbier du fatalisme» qui nous pousse sans relâche à l'auto-dénigrement, l'auto-flagellation, l'auto-culpabilisation et «la haine obsessionnelle de soi». Bref, on ne sait pas réfléchir par nous-mêmes en Algérie mais seulement à partir d'une conception aussi erronée que stéréotypée de la réalité. Somme toute, une conception qu'on importe ou que l'on nous prête parfois même d'ailleurs, c'est-à-dire, chez ceux-là à qui on impute, jusqu'à nos jours, nos errements, violence, régression, sous-développement...., décadence (l'ex-puissance coloniale). On dirait que notre force d'explication du monde qui nous entoure est stagnante. Autant dire, elle ne sort guère d'elle-même pour nous inviter à l'exploration de notre soi intérieur, hors du temps qui défile, à partir de n'importe quel angle situé à l'extérieur. Peut-être est-ce, qui sait, une ramification malsaine des effets du colonialisme, de notre problème d'identité et surtout de notre refus à nous accepter tels que nous sommes, nous les Algériens au passé à la fois riche, confus et complexe? Or «l'homme ne peut vivre, dirait le poète algérien Jean El-Mouhouv Amrouche (1906-1962), s'il ne s'accepte pas tel qu'il est, s'il ne se sent pas accepté par la société, s'il ne peut avouer son nom (…) on peut affamer les corps, on peut battre les volontés, mater la fierté la plus dure sur l'enclume du mépris. On ne peut assécher les sources profondes où l'âme orpheline par mille radicelles invisibles suce le lait de la liberté..». Il est clair que «le fonds de commerce du pessimisme» pour emprunter l'excellente expression du penseur Alain Minc a cassé toute volonté ou curiosité du savoir, sapant ce rare enthousiasme à l'état brut qui, une fois réactivé, peut relancer la quête volontaire du changement. Pire, il a détruit le cordon ombilical des solidarités durables tissées dans les tripes de famille traditionnelle. Or si l'Algérien veut peser, fût-ce marginalement, sur son destin, ce ne peut être qu'en se projetant sur son être profond, son identité plurielle ; tolérante ; diverse et l'héritage authentique de ses ancêtres.

Le problème est en nous, décidément, pas chez les autres. C'est pourquoi, on devrait discuter sans œillères de notre mal-être général ; nos impasses économiques ; la souffrance de notre jeunesse à qui on a séché toutes les ressources de l'espoir. Comme on devrait réfléchir aussi sereinement sur nous-mêmes avant de nous jeter en accusateurs zélés sur les autres. Il est tentant toutefois pour certains d'arguer qu'il y a des dizaines de priorités avant, je dirais non d'autant que si on arrive à résoudre ces dilemmes qui paraissent pourtant a priori superflus (culture du dialogue, communication sociale, respect de l'altérité, etc), tout sera facile après. Cette assertion n'est pas à prendre, bien entendu, au premier degré mais elle est le noyau substantiel de ce que subit le gros lot de nos masses .... Si, par exemple, tous les citoyens frétillent à la perspective de la mise en place d'une justice plus équitable, ils n'en manifestent presque aucun engouement. Et cela même si leur vie quotidienne est «une grande crise d'angoisse» : aller dans une administration publique quelconque pour se renseigner sur un dossier ou une formalité est une corvée, demander à voir un maire en est une autre, solliciter une autorisation de construction dans une daira (sous-préfecture) ou un logement compte parmi leurs pires cauchemars, etc. «La main invisible de la maârifa» est pendue aux basques de l'imaginaire collectif des masses. Une force malveillante qui ne s'épuise jamais, semble-t-il. Plus constante que d'ordinaire, elle enfonce les réflexes des uns et des autres dans «l'abîme de l'incivisme». Ce qui met en exergue l'opportunisme moralement répréhensible sévissant dans les entrailles de notre société. Pas de fraternité construite dans les ferments de la citoyenneté mais seulement des bribes du cynisme cachés dans des comportements anormaux, se déguisant sous le moule du «conformisme religieux et social». On connaît tous l'antienne : mon proche construit ou achète une villa de haut standing, je dois faire pareil même si je n'en avais pas les moyens. Mon voisin va à la Omra (pèlerinage à la Mecque), en trichant et volant l'argent du fisc, j'en ferai autant. Une de mes connaissances détourne le matériel de l’hôpital où elle travaille comme médecin pour sa clinique privée, je l'imiterai... Tout est licite pourvu qu'il mène au but : s'en remplir les poches. Les heureux bénéficiaires ne sont pas nécessairement les plus méritants mais les plus sournois, les plus hypocrites, des gens sans scrupules, aux méthodes peu orthodoxes. Et là le retard n'est qu'un cercle vicieux que chaque génération d'Algériens a tendance à reproduire dans des circonstances quasiment identiques aux précédentes pour l'offrir, elle aussi, en héritage aux autres.

Ainsi l'échec des aspirations de la nation force-t-il le saut dans l'inconnu. Mais pour quand une «insurrection des consciences» en bonne et due forme alors que tout un chacun sait que la culture est le grand absent de notre quotidien? Selon une étude de Emrhod Consulting (un bureau d'études de marché nord-africain) menée en marge de la foire internationale du livre tenue en Tunisie entre le 25 mars et le 03 avril dernier, la lecture n'est pas la priorité n°1 des Maghrébins, encore moins des Tunisiens. En Tunisie par exemple, un pays culturellement nettement en avance par rapport à l'Algérie, au moins depuis le début des années 1980, 75% des sondés ne possèdent pas de livres chez eux, exception faite des livres scolaires et du Coran, 82% n'ont pas acheté de livres les 12 derniers mois et 77% des Tunisiens n'ont pratiquement lu aucun bouquin au cours de la même période [Voir à ce sujet l'article de Marouen Achouri, «Tunisie. Un peuple qui parle mais ne lit pas», Courrier International du 17 avril 2016]. D'ailleurs, un de mes amis tunisiens que j'avais rencontré en Hexagone n'a jamais pu cacher son étonnement, voire sa consternation, en comparant les marques de voitures flambant neuf qui circulent dans les rues de Tunis à celles plus modestes en France, pourtant plus développée «les nôtres ont l'esprit matérialisé à fond la caisse» me dit-il d'un ton résigné «en descendant la dernière fois à Tunis où j'habite, j'ai remarqué le vide dans les discussions familiales, le culte fou du paraître, l'argent qui achète tout, même l'humain, l'absence de compassion pour les pauvres, etc». «mais pourquoi tout ça?» L'ai-je interrogé sur le coup «Avant la révolution, on sent que la société est fermée, la liberté cadenassée, les pulsions tues mais après le Printemps du Jasmin, les jeunes se découvrent transformés dans un nouveau décor qu'ils ne connaissent pas avant, ils se lâchent alors» -«Mais, ils ont changé en positif ou en négatif?» «Dis-moi depuis quand une voiture est-elle un luxe alors qu'elle n'est qu'un simple moyen pour se déplacer? En quoi l'apparence peut-elle te donner droit à des avantages mieux que les autres? Tous les vices cachés de la société ont explosé avec la montée de l'islamisme, le spectacle flirte avec le ridicule, la Tunisie en est le théâtre, plus vrai que nature» «presque la même chose qu'en Algérie donc?» «Peut-être pire» conclue-t-il.

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